Résidence temporaire

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Cette note rapide, juste pour vous signaler que je prends mes quartiers ce mois-ci dans la "Villa réflexive", un carnet de recherches participatif qui accueille un·e invité·e tous les mois et parle de genre toute l’année. J’y reviens dans un premier billet sur la controverse autour du Gender (du point de vue de la recherche, cette fois), puis j’évoquerai le rapport entre militantisme et recherche, la difficulté de mener des recherches sur les réalités liées au genre, des questions linguistiques… (clic clic)

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Je publie bientôt sur ce blog, j’ai dû le laisser de côté un temps pour cause de déménagement. A très vite!

Arguments anti-féministes (5) "Mais les hommes aussi…"

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Je reprends ma série sur les arguments anti-féministes là où je l’avais laissée, notamment parce qu’on m’a fait remarquer que sur mon tumblr "Conseils aux féministes" je ne donnais pas de clés pour répondre aux arguments présentés. Ce n’est pas le but du tumblr, mais cette série d’articles en propose quelques-unes.

Un argument très récurrent consiste à présenter les situations des femmes et des hommes comme symétriques. Quelques exemples (qui viennent avec un trigger warning pour l’évocation des violences conjugales, violences faites aux femmes, viol):

- Quand on parle de male gaze (soit le fait, pour les femmes, d’être soumises en permanence au regard hétéro masculin et jugées selon leur apparence): "mais les femmes aiment aussi regarder les hommes!"

- Quand on parle de jeux vidéo et de féminisation/sexualisation à outrance des personnages féminins: "Mais les personnages masculins aussi peuvent être sexualisés!" Aussi connu sous le nom de "point Nathan Drake". Tout un article de Mar_Lard sur ce sujet: "Genre et Jeu vidéo (3) : Des muscles et des couilles".

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Premier Congrès des études de genre en France

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Le premier Congrès des études de genre aura lieu à Lyon, du 3 au 5 septembre prochains (site internet). Je copie ci-dessous la présentation du site.

"A l’heure où la pertinence et la légitimité scientifiques des études de genre sont enfin reconnues en France, l’Institut du Genre CNRS/Universités organise le premier Congrès dans ce domaine à l’échelon national.

Il permettra de faire la démonstration de l’importance scientifique, de la vitalité et de la diversité des études de genre en France et dans le monde francophone, en dressant le tableau le plus complet possible des recherches menées actuellement dans ce domaine. Le Congrès accueillera à la fois des ateliers portant sur des thématiques ou des objets de recherche déjà bien identifiés, et des ateliers portant sur des thématiques émergentes, fruits de croisements disciplinaires ou de questionnements nouveaux. En même temps qu’aux avancées scientifiques reconnues, place sera donnée aux tournants épistémologiques récents et aux nouvelles perspectives théoriques. Enfin, suivant les engagements scientifiques de l’Institut du Genre, recherches interdisciplinaires, approches transversales et confrontations inédites de langages et de paradigmes, seront à l’honneur.

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Dans ma bibliothèque – David Leland, I wish you were here (1987)

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Traduction française: Too much ! La notice Wikipédia que je mets en lien révèle l’intrigue du film, je vais essayer de l’éviter au maximum ici.

Dans cette rubrique, je parle de livres (fiction et non-fiction) et de films qui m’aident à réfléchir au féminisme et au genre. Aujourd’hui il s’agit d’un film britannique de 1987 réalisé par David Leland, qui a fait sa notoriété.

leland

Lynda a 16 ans et vit, dans les années 1950, dans une petite ville britannique en bord de mer avec son père et sa petite soeur, qu’elle déteste. Lynda s’ennuie et refuse de se fondre dans le moule dessiné pour elle. Elle jure beaucoup (son juron préféré est "up you bum!", "dans ton cul"), insulte tout le monde, a quitté l’école et ne parvient à garder aucun travail auquel elle s’essaie ou qu’on la force à prendre. Le film se centre sur ses premières expériences sexuelles.

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Conseils aux féministes, etc.

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- Je commence un nouveau Tumblr, alimenté par les nombreux conseils, reçus ou lus ça et là, sur la façon d’être une Bonne Féministe. Conseils donnés par des non-féministes, évidemment. Conseils aux féministes

- Pour les adeptes de podcasts, je recommande cette série d’émissions (4 en tout) intitulée "Genre: une question internationale". Elles ont été diffusées la semaine dernière sur France Culture.

Présentation de la série:

Du « printemps français » et sa lutte conservatrice contre les théories du genre, aux « printemps arabes « et leur lien avec les mouvements féministes, le développement et la diffusion des études de genre dans le monde soulèvent bien des paradoxes.
Comment concilier lutte féministe sur le terrain et reconnaissance scientifique à l’université ? La mondialisation des « gender studies » implique-t-elle une domination américaine de la conception du genre ? Existe-t-il une école européenne de l’étude de genre ?
De Providence (USA) à Dakar, en passant par Alger et Barcelone, le monde entier pense désormais la construction sociale du genre. Et cela ne va pas sans quelques frictions et quelques crispations…

- Je découvre, 10 ans après tout le monde apparemment, le site AuFémininPointConne ("Pour notre profit, soyez bonnes, soyez connes"). Ce site parodique met le doigt sur ce qui fait mal et sur ce qui ne tourne pas rond dans la presse dite "féminine". Une lecture nécessaire et vivement recommandée!

C’est l’histoire d’un tueur misogyne qui n’intéressait personne…

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… à part les féministes (qu’est-ce qu’elles nous emmerdent celles-là).

L’histoire se passe en Californie. Elliot Rodger, 22 ans, a tué le 24 mai 6 personnes et blessé au moins treize autres avant de se suicider. Un détail intéresse beaucoup la presse: il est le fils du réalisateur Peter Rodger, qui a participé au film Hunger Games.

Il y a cependant une partie de l’histoire qui n’intéresse pas grand-monde. Avant de commettre cette tuerie, Rodger a publié sur Youtube une vidéo. Je cite un article du Monde:

On y voit Elliot Rodger, assis derrière son volant, se filmer et raconter pendant sept minutes sa solitude, sa haine du monde et son amertume d’être rejeté par les femmes. Il affirme notamment qu’il s’agit de sa « dernière vidéo » et annonce le « jour du châtiment », disant vouloir prendre sa « revanche sur l’humanité » et notamment sur les femmes. Le jeune homme dit avoir souffert de solitude et de rejet.

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Féminisme, racisme et harcèlement de rue

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J’ai reçu récemment un commentaire en réaction à mon article-témoignage sur le harcèlement de rue. J’ai hésité longtemps et finalement décidé de ne pas le publier car il va à l’encontre de mes critères de modération. Je le considère en effet comme raciste, mais ce racisme n’est pas évident pour tout le monde, donc je considère utile de m’expliquer sur ce sujet ici.

Le commentaire en question:

Je trouve incroyable que, par lâcheté intellectuelle, on ne mentionne pas l’origine culturelle des harceleurs en question. La jeune Belge qui a fait le fameux film en caméra cachée dont on a beaucoup parlé sur Internet a avoué du bout des lèvres que la très grande majorité d’entre eux étaient d’origine maghrébine. Ce phénomène n’existe pas en Pologne, en Russie, au Canada (trois pays dans lesquels j’ai vécu et où on peut se promener à moitié nue sans être insultée). Mais il est très présent en France, notamment dans certains quartiers… qui rappellent les images que l’on peut voir des foules masculines huant les femmes au Caire, à Alger ou à Tunis… Que ce dernier argument soit repris ad nauseam par des franges de l’extrême droite est une chose, l’occulter complètement comme vous le faites en est une autre…

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Un livre pour comprendre le genre, et autres nouvelles

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Il m’arrive plusieurs choses sympathiques en ce moment, toutes en lien avec le grand méchant Gender.

D’abord, je participe à un livre collectif intitulé Genre! L’essentiel pour comprendre, publié aux éditions Des ailes sur un tracteur (LGBT +). Il est sorti le 15 mai. Plus de 30 auteurs, universitaires et/ou militant·e·s, y ont participé, et l’ensemble se veut très accessible. Le livre se présente sous la forme de fiches thématiques, de fiches définitions et de fiches auteurs, accompagnées de textes classiques du champ des études de genre. Ma contribution est un extrait d’un article sur la "police du genre", que j’avais publié en juin 2012, quand Cécile Duflot avait été sifflée à l’Assemblée Nationale parce qu’elle avait osé, la malheureuse, y porter une robe.

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Rassemblement pour les écolières enlevées au Nigéria

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Je reblogue un post des Dé-chaînées. Merci à elles d’organiser ce rassemblement.

« Lundi, cela fera trois semaines que le groupe de militants nigérians Boko Haram a kidnappé 191 adolescentes et les retient dans la forêt de Sambisa en toute impunité. On est sans aucune nouvelle des jeunes filles, âgées pour la plupart de 16 à 18 ans, depuis le 14 avril.Ce soir-là, la veille de leur examen final à la Government Girls Secondary School de la ville de Chibok, au nord-est du Nigeria, elles ont été réveillées par le bruit d’hommes armés qui défonçaient les fenêtres et mettaient le feu à leurs salles de classe.

En quelques heures, 234 d’entre elles avaient été entassées dans des camions et emmenées dans la jungle. 43 ont réussi à s’échapper. Certaines ont sauté des camions du convoi, qui roulait lentement, d’autres se sont enfuies en atteignant la forêt.

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Harceleurs, agresseurs ou simples "relous"?

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L’expression est utilisée par des militantes contre le harcèlement de rue, qui ont inauguré hier une "zone anti-relous" à Paris. Cela, quelques jours après une agression sexuelle dont a été victime une femme à Lille et qui a beaucoup fait parler; non pas, malheureusement, à cause de son caractère exceptionnel, mais parce que personne n’est intervenu pendant les 30 minutes qu’a duré son calvaire.

L’initiative de ces militantes est louable et il faut absolument agir contre le harcèlement de rue. Mais leur choix de vocabulaire me pose vraiment problème.

Les hommes qui harcèlent et agressent les femmes dans l’espace public ne sont pas des "relous". Les désigner ainsi revient à minimiser l’acte en question. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de harcèlement: ce ne sont pas des cas isolés, des types lourds, des exceptions. C’est une des manifestations de la domination masculine et de l’appropriation masculine de l’espace public. Une manière de "remettre les femmes à leur place" en leur montrant bien qu’elles ne peuvent échapper ni au regard, ni à l’emprise des hommes. Que quoi qu’elles fassent, il ne faut jamais, jamais qu’elles oublient leur statut de femmes, c’est-à-dire d’objets sexuels à disposition du sexe masculin.

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