Le « male gaze » (regard masculin)

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Après l’article de Thomas la semaine dernière sur le « slut-shaming », on continue avec les concepts féministes difficilement traduisibles. To gaze signifie en effet « regarder fixement », « contempler »; on peut le traduire par « regard masculin », que j’emploierai alternativement avec l’expression anglaise.

Issu de la critique cinématographique, ce concept est devenu central dans le vocabulaire du féminisme anglophone. Le « male gaze » peut en effet être étudié au cinéma, mais aussi dans d’autres domaines de la culture visuelle (BD, publicité, jeux vidéo…). Selon moi, on peut aussi l’étendre à l’expérience quotidienne, celle d’un regard omniprésent, un regard qui est aussi jugement et auquel on ne peut pas échapper.

Origines du concept: Laura Mulvey, « Visual pleasure and Narrative cinema »

En 1975, la critique de cinéma Laura Mulvey forge et définit le concept dans un article intitulé « Plaisir visuel et cinéma narratif ». Cet article a exercé une très grande influence sur les études cinématographiques. Elle utilise le cadre de la psychanalyse freudienne et lacanienne (analyse du rôle joué par le regard dans le stade du miroir) dans une perspective féministe et polémique. Je ne reprendrai ici que ce qui concerne le concept lui-même et ce qu’il apporte à la théorie féministe.

Mulvey distingue trois types de regards: celui de la caméra sur les acteurs et actrices, celui du public regardant le produit final, et celui des personnages se regardant les uns les autres au sein du film. Pour renforcer l’illusion cinématographique et réduire autant que possible la distance du public avec le film (il faut faire en sorte que le public oublie qu’il regarde un film), le cinéma narratif (qui raconte une histoire) efface les deux premiers regards au profit du 3ème. Le résultat est qu’on voit le film à travers les yeux des personnages, mais pas n’importe lesquels: dans l’écrasante majorité des cas, il s’agit du regard du héros masculin. Dans cette configuration, Mulvey décrit les personnages masculins comme actifs, par opposition aux personnages féminins passifs, regardés. Le rôle traditionnel du personnage féminin est donc double: elle est objet érotique pour le personnage et pour le spectateur masculins. Les spectatrices se voient en outre dans l’obligation d’adopter, elles aussi, le « male gaze », le regard masculin.

Melvey analyse notamment des films de Hitchcock, fasciné comme on sait par le voyeurisme (dans ses films comme dans la vie). Je trouve cette image, tirée de Fenêtre sur cour, film dans lequel le regard est évidemment central, particulièrement éclairante.

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Au premier plan, Grace Kelly (Lisa Fremont) est allongée dans une attitude faussement nonchalante, consciente du regard de James Stewart (L.B. « Jeff » Jefferies) sur elle alors qu’elle lui tourne le dos. Le regard du spectateur n’épouse pas exactement celui du personnage masculin, puisqu’il la regarde de face alors que Jeff la regarde de dos; mais elle est offerte aux deux, qui fonctionnent de manière complémentaire, l’embrassant dans un regard unique et omnipotent. On peut lire ici une analyse du « male gaze » dans ce film, en anglais.

Cela n’est évidemment pas valable que pour le cinéma. Mulvey voit dans ce dispositif un avatar du rôle traditionnel de la femme dans les représentations artistiques, à la fois exhibée et regardée, passive, pour le plaisir du regard masculin.
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Cette situation provoque une asymmétrie de pouvoir:

    le pouvoir du protagoniste masculin contrôlant les événements coincide avec le pouvoir actif du regard érotique, tous deux procurant une impression satisfaisante d’omnipotence. Les caractéristiques glamour d’un acteur star ne sont pas celles de l’objet érotique du regard (« gaze »), mais celle de l’ego idéal plus parfait, plus complet, plus puissant conçu dans le moment originel de reconnaissance en face du miroir [référence à la théorie lacanienne mentionnée ci-dessus].

La femme fonctionne comme icône, et peut être en tant que telle montrée fragmentée (gros plans sur des parties de son corps), alors que la figure masculine active a besoin d’un espace en trois dimensions pour se réaliser et pour provoquer un phénomène de reconnaissance et d’identification de la part du spectateur.

On voit donc que ce concept est un outil majeur pour l’analyse des représentations du féminin et du masculin et la mise en évidence des asymmétries qui les sous-tendent. Avant de montrer en quoi il s’applique à d’autres domaines de la culture visuelle, il faut signaler que ce « male gaze » est aussi la plupart du temps un regard hétérosexuel et blanc.

The white, male, heterosexual gaze

Cette vidéo montre très bien que le « regard masculin » est aussi, quasi automatiquement, un regard hétérosexuel. L’argument est résumé d’entrée: « because most films are made by heterosexual men, they are shot from the perspective of a straight man and force that perspective on the audience » (parce que la plupart des films sont faits par des hommes hétérosexuels, ils sont tournés selon la perspective d’un homme straight et obligent les spectateurs/trices à adopter cette perspective). On nous force, en d’autre termes, à voir le film (ou n’importe quoi d’autre) du point de vue d’un homme hétéro, ce qui contribue à ériger ce point de vue comme la norme et à rendre invisibles les types de sexualités et de rôles de genre qui ne rentrent pas dans ce schéma regardants – regardées.

La vidéo n’est malheureusement pas traduite mais les images parlent d’elles-mêmes.

Les exemples illustrent la dimension « iconique » évoquée plus haut, qui autorise à fragmenter l’image pour se concentrer sur des parties de corps féminins. Nous sommes complètement habitué-e-s à cette manière de filmer le corps féminin (gros plans, caméra remontant des chevilles au visage…); pourtant, cela met en danger l’illusion cinématographique, avec comme seul objectif le plaisir du spectateur masculin hétérosexuel.

Selon l’auteur de la vidéo, certains plans sur des corps masculins (on remarquera qu’ils sont alors traités comme les corps féminins « iconiques », c’est-à-dire fragmentés) sont de toute évidence destinés à un public féminin et gay (le public lesbien pouvant, selon lui, trouver son compte dans le « male gaze », ce qui me semble discutable). Mais ces scènes sont destinées soit à un public très spécifique, soit, dans des films visant un public hétéro, à présenter le personnage masculin comme un modèle. Ces plans ne viseraient pas à objectifier les personnages en question mais à les présenter aux spectateurs masculins hétéro comme une version idéalisée d’eux-mêmes — ce qui est aussi l’argument de Laura Mulvey quand elle parle de « l’ego idéal plus parfait, plus complet, plus puissant » . Il fait remarquer que ces plans sont souvent statiques, vus de loin, et montrent presque l’intégralité du corps, par opposition aux gros plans en ralenti sur des parties de corps féminins (à partir de 3’36). Ce sont là « des images de force et de pouvoir », et il ajoute: « les hommes hétéros retirent de ces images quelque chose de différent que, par exemple… moi ».

Une autre théoricienne féministe du cinéma, E. Ann Kaplan, a proposé quant à elle le concept de « imperial gaze » dans une perspective post-colonialiste. Elle s’appuie sur le concept de « male gaze » pour mettre en évidence d’autres rapports de pouvoir à l’oeuvre dans le regard, par lequel les observé·e·s se trouvent défini·e·s en fonction des valeurs et des préférences des observateurs/trices privilégiée·e·s. L' »imperial gaze » reflète l’hypothèse selon laquelle le sujet occidental blanc est central, tout comme le « male gaze » implique la centralité du sujet masculin.

Male gaze et culture visuelle

Le concept est devenu central dans la théorie féministe et les « media studies ». J’en donnerai juste quelques exemples.

Jeux vidéo

Dans un article publié sur ce blog, « Pour le plaisir des yeux masculins », Mar_Lard analyse (brillamment comme toujours) la façon dont le « male gaze » fonctionne dans les jeux vidéo, même si elle n’emploie pas le concept lui-même. Elle cite par exemple le créateur du personnage de Lara Croft, Toby Gard: « Si le joueur va regarder un cul pendant des heures et des heures, autant que ce soit un joli cul.» Il s’agit en effet d’un jeu d’aventure à la 3ème personne, où la perspective du joueur (ou de la joueuse, mais cela ne compte visiblement pas pour T. Gard) ressemble à ça:
lara

On ne peut évidemment pas analyser un jeu vidéo comme un film, mais on peut remarquer que ce jeu vidéo comme de multiples autres présuppose un regard masculin. Dans Lara Croft, ce regard est porté sur le personnage principal, qu’on ne saurait accuser d’être passive; mais le plus souvent, la fonction principale des personnages féminins dans les jeux vidéo est, comme le dit Mar_Lard, la satisfaction des « yeux masculins ».

Bande dessinée et comics

Les exemples sont innombrables. Dans cet article, par exemple, Karen Healey parle (« éxécute » serait plus juste, et c’est joussif) de All Star Batman And Robin, the Boy Wonder de Frank Miller. Elle évoque notamment cette image que j’aime particulièrement, puisqu’elle représente le derrière parlant de Vicki Vale (et non le derrière de Vicki Vale parlant, la nuance est importante).

Vicki's talking butt

On a également droit aux instructions de Miller au dessinateur Jim Lee:

Vicki continue. Elle penche la tête, secoue les cheveux. Détaille son SOUTIEN-GORGE. Ca va les rendre dingues, Jim.

Vicki continue. Elle penche la tête, secoue les cheveux. Détaille son SOUTIEN-GORGE. Ca va les rendre dingues, Jim.

Plan sur son corps - haut des cuisses. Donne-nous un angle encore meilleur sur la poupée. De face. Marchant droit sur nous. Elle sait ce qu'elle vaut. Fais-les baver.

Plan sur son corps – haut des cuisses. Donne-nous un angle encore meilleur sur la poupée. De face. Marchant droit sur nous. Elle sait ce qu’elle vaut. Fais-les baver.

OK, Jim, je n'ai peur de rien. Faisons un PLAN SUR SON CUL. Détails de sa culotte. Ballons vus du dessus. Elle marche, comme toujours elle n'arrête pas de bouger. On ne peut pas cesser de la regarder. Surtout qu'elle a un cul magnifique.

OK, Jim, je n’ai peur de rien. Faisons un PLAN SUR SON CUL. Détails de sa culotte. Ballons vus du dessus. Elle marche, comme toujours elle n’arrête pas de bouger. On ne peut pas cesser de la regarder. Surtout qu’elle a un cul magnifique.

Dans cette scène, Vicki est seule et se parle à elle-même. La scène est donc purement destinée à satisfaire le public masculin. Les instructions sont sans ambiguïté. « It’ll drive them crazy » (ça va les rendre fous); « Walking right at us » (marchant droit sur nous), « Make them drool » (fais-les baver), « We can’t take our eyes off her » (on ne peut pas cesser de la regarder): ce qui est désigné tantôt par « ils », tantôt par « nous », c’est un public exclusivement mâle et hétérosexuel. Du pur fan service au profit du « male gaze ».

Publicité

J’ai publié il y a plus d’un an ici-même une série d’articles intitulée « Malaise dans la pub », où l’on trouvera plusieurs exemples du « male gaze ». J’évoquais en outre la présomption d’hétérosexualité qu’on retrouve dans d’innombrables publicités, qui pré-supposent un regard masculin hétérosexuel. Quelques exemples:

Celle-ci a été censurée, on se demande bien pourquoi

Celle-ci a été censurée, on se demande bien pourquoi

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Publicité pour Digital, marque d'électroménager (oui oui)

Publicité pour Digital, marque d’électroménager (oui oui)

Lynx

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Virgin

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Les exemples ci-dessus (sept parmi des millions; pour d’autres exemples, vous pouvez faire un tour sur mon tumblr) illustrent deux types de représentation extrêmement répandus. Le premier, dont j’ai déjà parlé à propos du cinéma, est la fragmentation: femmes sans tête, déshumanisées, de purs objets de contemplation pour le plaisir du « male gaze ». Le second est plus subtil mais non moins répandu. Avez-vous remarqué le regard de ces femmes? Elles vous regardent, souvent droit dans les yeux. Elles savent que vous les regardez, elles aiment ça et elles en jouent.

Dans Gender Advertisements, Erving Goffman fait remarquer que dans les publicités, les femmes posent souvent avec la tête inclinée, dans une attitude qu’on peut lire, selon lui, comme « une acceptation de la subordination, une expression d’intégration, de soumission et d’apaisement ». Cette attitude est souvent combinée avec un doigt posé sur la bouche (avec signification sexuelle claire, cf. la pub Foire de Paris) ou sur le visage dans une attitude enfantine.


Si vous n’êtes pas convaincu-e du caractère étrange de ces poses, et du fait qu’elles connotent la soumission, imaginez des hommes à la place (à partir de 2’50).

Les exemples ci-dessus sont donnés dans un « web-essay » très intéressant, qui souligne qu’elles sont tirées pour la plupart de magazines féminins — et destinées, donc, à des regards féminins. Alors comment peut-on expliquer ces attitudes, ces poses? Même si ces publicités sont destinées à des femmes, nous sommes appelées à nous identifier à la personne regardée (le mannequin) et à un spectateur masculin hétérosexuel. Nous voulons être cette femme parce que les hommes veulent avoir cette femme.

Les auteurs font remarquer que dans ces publicités, on fait poser les mannequins de manière à montrer non seulement qu’elles savent qu’on les regarde, mais qu’elles contrôlent ce regard. Ces attitudes en apparence enfantines ou soumises sont donc présentées comme stratégiques: le vrai succès, le vrai pouvoir résiderait dans le fait d’attirer et de contrôler le regard. En d’autres termes, le pouvoir pour les femmes passe par le contrôle qu’elles exercent sur le regard masculin. Même quand il est absent, même quand il n’est pas le premier destinataire, il est toujours sous-entendu, impossible de lui échapper.

Comme l’écrit John Berger dans Ways of seeing: « Les hommes ‘agissent’ et les femmes ‘apparaissent’. Les femmes se voient étant vues. » Les femmes ont l’habitude de se voir à travers les yeux d’un homme, réel ou non, parce que le spectateur idéal est toujours, implicitement, masculin.

L’expérience permanente de « se voir vue »

Cette analyse ne vaut pas seulement pour les produits de la culture visuelle. C’est une expérience que vivent en permanence les femmes, même si elles en ont plus ou moins conscience.

Dans le Deuxième sexe, Simone de Beauvoir évoque une anecdote que lui a racontée une femme:

    A 13 ans je me promenais, jambes nues, en robe courte. Un homme a fait en ricanant une réflexion sur mes gros mollets. Le lendemain, maman m’a fait porter des bas et allonger ma jupe: mais je n’oublierai jamais le choc ressenti soudain à me voir vue.

Si vous êtes une femme, pensez à la première fois où vous avez pris conscience du « male gaze », et du fait que cela ne s’arrêterait plus. Pensez à la première fois qu’on vous a klaxonnée dans la rue, qu’on vous a crié « Eh Mademoiselle » pour vous demander numéro de téléphone, sourire ou fellation.

Rien ne permet d’échapper au « male gaze », qui est aussi, toujours, un jugement. Vous êtes une grande athlète? Oui, mais si vous êtes moche, vous ne méritez sans doute pas de gagner.

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Tous ces tweets ont été écrits par des hommes, ce qui ne veut pas dire que des femmes ne peuvent pas tenir des propos similaires. Au contraire: l’un des aspects les plus pernicieux du « male gaze » est qu’il devient naturel, omniprésent, nous l’intégrons comme le nôtre et nous jugeons entre femmes en fonction de cela. On en revient à l’analyse de Laura Mulvey: le point de vue masculin est implicite mais omniprésent.

Dans un chapitre consacré au mariage, Simone de Beauvoir écrit que, socialement, « l’homme est un individu autonome et complet », par opposition aux femmes (ainsi, par le mariage, la femme passe traditionnellement du contrôle du père à celui du mari, ce qui est toujours perceptible aujourd’hui à travers le changement de nom). Les femmes ne sont pas des individus autonomes et complets: elles n’existent que par et pour le regard masculin. D’où, notamment, le phénomène d’invisibilisation des lesbiennes (élément majeur de la lesbophobie) : une femme n’existant pas pour le regard masculin n’existe tout simplement pas — à moins, bien sûr, que le lesbianisme ne soit qu’une manière d’attirer l’attention des hommes, idée ô combien répandue. Quand je vous dis qu’on ne peut pas y échapper.

AC Husson

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Pour aller plus loin

« What is the male gaze » sur le (très utile) site d’introduction au féminisme Feminism 101.
« Notes on ‘The Gaze' », par Daniel Chandler.
« The Male Gaze » sur The Gender Ads Project.
John Berger, 1972, Ways of Seeing, British Broadcasting Corporation and Penguin Books.
Erving Goffman, 1979, Gender Advertisements, MacMillian (traduction française partielle ici: « Le déploiement du genre »).
Erving Goffman, 1977, « La ritualisation de la féminité », dans Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 14, avril 1977, pp. 34-50 (extrait de Gender Advertisements).
Laura Mulvey, 1975, « Visual Pleasure and Narrative Cinema », Screen, vol. 16 (3), pp. 6-18. Disponible en ligne.
Laura Mulvey, « Repenser ‘Plaisir visuel et Cinéma narratif’ à l’ère des
changements de technologie », trad. française dans Lignes de fuite, en ligne.
Thomas Streeter, Nicole Hintlian, Samantha Chipetz et Susanna Callender, « This is not sex. A Web Essay on the Male Gaze, Fashion Advertising, and the Pose ».

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77 réflexions sur “Le « male gaze » (regard masculin)

  1. « Au contraire: l’un des aspects les plus pernicieux du « male gaze » est qu’il devient naturel, omniprésent, nous l’intégrons comme le nôtre et nous jugeons entre femmes en fonction de cela. »
    « Nous »ne l’intégrons pas, non. Ces tweets sur Marion Bartoli sont hyper choquants. Et je pense/j’espère qu’ils le sont aussi pour les hommes.

    • Je ne suis pas d’accord avec votre remarque. Certes, ces commentaires sont choquants mais ils peuvent aussi bien choquer les hommes que les femmes, tous les hommes ne sont pas les mêmes.
      Mais « dans la vie », combien de fois ai-je entendu dire qu’il était impossible que telle ou telle femme sorte avec tel ou tel homme parce qu’elle était « moche » et cie ? Il t’a quitté pour elle ? Bah, elle est grosse et laide, il va la quitter, tu es bien plus jolie, tu en trouveras d’autres.
      Les femmes sont donc en compétition sous ce male gaze et en sont venues à adopter ces normes de langage et ces mécanismes de défense véhiculés par les médias. Et malgré ces commentaires (déplorables…) sur cette tenniswoman, la beauté est un problème en sport (paradoxalement) comme peut le montrer ces réactions récentes sur une joueuse de volley : abina Altynbekova est trop belle pour jouer au volley: « impossible de travailler dans ces conditions », affirme son coach
      http://www.huffingtonpost.fr/2014/07/28/sabina-altynbekova-joueuse-volley-trop-belle-pour-jouer_n_5625998.html (lire aussi les commentaires, évidemment style « Je ne vois pas en quoi cela est incompatible, dans une équipe il y a toujours une personne plus charismatique que les autres, à mon avis c’ est la jalousie des autres qui font que sa ne fonctionne pas, c’ est terrible le sexe féminin.. Alors cela voudrait dire que Ronaldo, ne devrait plus jouer au foot, parce que les supportrices le trouve trop beau!!??, c’ est du grand n’ importe quoi..  » ou « RI-DI-CULE. Qu’on la laisse jouer la pauvre ! D’autant qu’elle n’a rien d’extraordinaire, elle est jolie d’accord, mais bon. »)
      Ca donne à réfléchir, il y a de nombreuses choses que l’on a tellement intériorisé qu’on n’ose pas les remettre en question, mais cela vaut pour les hommes et les femmes. D’ailleurs, une femme est censée porter un miroir sur elle, refaire son maquillage, vérifier sa coiffure, prendre soin de ses vêtements dans la journée alors qu’on fait peu de cas d’un homme « imparfait » (style braguette ouverte), et inconsciemment, les femmes vérifient leur apparence très souvent (ma jupe est bien mise, ma coiffure a résisté au vent, etc), mais un homme qui se regarde souvent dans le miroir ou vérifie son apparence a tendance à être vu comme narcissique…

  2. merci pour cet excellent article!
    j’ai une question qui m’obsède et vous pourrez peut être m’aider: un pote avec qui j’ai eu une conversation sur le féminisme m’a soutenu que si les femmes sont oppressées c’est de leur faute car l’enfant étant le plus proche de sa mère, c’est d’elle qu’il reçoit sa vision du monde… et que donc les petits garçons reçoivent une éducation qui les rend sexiste de la part de leur mère. Je vois bien que ça cloche quelque part mais je ne sais pas quoi répondre, ma réflexion n’étant pas très développée ni assez construite. Pardon de ma naïveté mais cette histoire me rend dingue car finalement moi-même je n’arrive pas à trouver d’arguments valables pour contrer cette réflexion.
    si jamais vous avez le temps, ça m’aiderait beaucoup et sinon, je comprendrais bien sûr, en tout cas merci pour vos articles, continuez, je me rends compte que j’en ai bien besoin.

    • Je tente ma chance même si je saurai sans doute moins bien le faire que les auteurs du blog.
      Déjà, tu peux dire (gentiment ou pas :) ) à ton ami qu’il est un pur produit du patriarcat et le féliciter pour ça (ironiquement).
      Ensuite, mais quelle blague ! On n’est pas élevé que par ses parents/sa mère ! Ce n’est qu’une des composantes qui fait ce que nous sommes, mais il y a aussi le milieu social/intellectuel, l’école, la religion, la société…
      J’hallucine du culot de ton pote ! C’te façon de décharger tous les problèmes du patriarcat sur les femmes ! De décharger complètement la faute sur les femmes… c’est comme un type qui m’avait dit que les écarts salariaux entre genres étaient dus au fait que les femmes étaient moins enclines à demander des augmentations… mais ouiii…
      Sans parler des orphelins, des enfants élevés par leur père, par des homosexuels, dans des familles où c’est la mère qui travaille et où le père est à la maison, etc…
      Enfin bref, sa « logique » est pernicieuse de tant de façons que j’ai du mal à donner des contre-arguments plus convaincants

      • Ah les écart salariaux.
        La preuve irréfutable que le féminisme moderne est devenu une paranoïa.

        En tant qu’homme, on ne m’a jamais fait un Clin d’œil à la fin d’un entretien d’embauche en me disant que mon salaire serait marger de 20 % parce que je fais partis de la « male brotherhood ». Désolé mais travaillant dans l’informatique, mon salaire est plus élevé que celui d’une puéricultrice (avec tous le respect qui leur ai dû blah blah blah), parce que le marché du travail est ainsi fait.
        Ah non c’est vrai, j’ai choisi cette vocation parce que la « société patriarcale » (d’autres disent « le système » mais ils ont moins la côte que les féministes dans les médias) m’a interdit de jouer à la poupée quand j’avais 2 ans et demi.

        Le fait est qu’a poste/compétence/temps de travail égal, la différence salariale est de quelque %, sans que l’on sache si il s’agit de réel discrimination ou d’autres facteurs inconnues.

    • Hum. Déjà, j’hallucine du culot de ce type, pour affirmer un truc pareil et décharger complètement les hommes de leurs responsabilités (le beurre et l’argent du beurre, avez-vous dit ?)
      Déjà, c’est complètement aberrant de croire que tes valeurs et codes moraux sont entièrement dictés par tes parents : l’école, le milieu socio-intellectuel, la zone géographique, la religion, la société, sont autant de facteurs qui jouent un rôle au moins aussi important que l’éducation parentale !
      Ensuite, je ne sais pas si ton ami est au courant, mais euh, le modèle familial où le père va travailler pendant que la mère garde les gosses un un chouïa dépassé : les familles homoparentales, les orphelins de mère, les enfants de chômeurs, les familles où les deux parents, ou bien le père bossent, etc.
      Voilà, je ne sais pas si ce sont des bons arguments, mais c’est peut-être déjà un début.

      • Bonsoir,

        oui, il est très irritant d’entendre ces sortes de propos: c’est implicitement rendre les femmes les premières responsables de leur aliénation. En somme elles l’auraient « bien mérité ». Ce qui est évidemment nier l’incroyable disproportion du rapport de force en jeu.

        Cependant, comme dans tout système oppressif, celui-ci se maintient aussi parce que les dominés l’acceptent. C’est pourquoi l’éducation populaire, le débat d’idée, la lutte sont si essentiels.
        Concernant la perpétuation du patriarcat par les femmes elles-même, j’avais lu ça (sur un autre blog qui est une émanation de celui-ci, si j’ai bien compris):

        http://cultures-genre.com/2012/10/06/le-courrier-des-lecteurs-des-shadoks-une-reaction-genree/

        Prendre sa place de dominé(e) dans le patriarcat est une stratégie, c’est toujours avoir une place… Cela ne dédouane nullement les oppresseurs, mais il faut être conscient-e du mécanisme pour le contrer.

    • J’ai entendu souvent cet « argument » qui rejette la responsabilité du patriarcat sur les mères. Ça montre que la personne ne comprend pas ce qu’est un système d’oppression. Pour qu’un système fonctionne il faut que les dominéEs intègrent leur propre soumission dans leurs comportements. Si il fallait un homme armé d’un fouet derrière chaque femme pour la faire obéir le système ne fonctionnerait pas. Le patriarcat c’est une machine dont dominants et dominés forment les rouages presque toujours sans en avoir conscience. Le patriarcat valorise les femmes lorsque elles obéissent, c’est logique qu’il y ait des femmes qui intègrent ces rôles. Et c’est bien pratique pour les sexistes de se servir de ces cas pour se déresponsabiliser de leurs privilèges de mâles et de dominants.

    • Merci à vous.

      Pour votre question: je suis atterrée et je comprends que ça vous rende dingue. Plusieurs commentateurs ont déjà répondu. Rejeter la faute de l’oppression sur les oppressé-e-s est malheureusement très courant. On invoque leur « nature » (l’esclavage était ainsi justifié par le caractère soi-disant naturellement docile et soumis des noir-e-s), on parle de la longueur de la jupe que portait une femme lorsqu’elle a été violée… Il faut dénoncer avec force ce genre de raisonnements. Demandez à votre « pote » comment il explique l’homophobie, le racisme. Demande-lui aussi s’il a été élevé dans un gynécée (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gyn%C3%A9c%C3%A9e), sans contact avec des hommes ni avec le monde extérieur jusqu’à sa majorité. Le processus de socialisation ne se fait pas qu’à travers la mère: les deux parents (si 2 parents il y a) sont impliqués, mais aussi l’entourage, les éducateurs et éducatrices à la crèche, puis les profs à l’école, les ami-e-s… Un commentateur a cité des travaux sur la construction de la masculinité, qui se fait surtout entre garçons.

      Si vous voulez discuter avec lui de ce qu’est la socialisation, voici quelques pistes.
      Une définition de ce concept sociologique: « l’ensemble des processus par lesquels l’individu est construit – on dira aussi ‘formé’, ‘modelé’, ‘façonné’, ‘fabriqué’, ‘conditionné’ – par la société globale et locale, dans laquelle il vit, processus au cours duquel l’individu acquiert – ‘apprend’, ‘intériorise’, ‘incorpore’, ‘intègre’ – des façons de faire, de penser et d’être qui sont situées socialement. » (Muriel Darmon, La socialisation).
      En ce qui concerne le genre, les sociologues s’intéressent aux processus par lesquels les individus apprennent à se comporter, à sentir et à penser en fonction de leur identité « féminine » ou « masculine »; cela inclut la façon dont les individus apprennent à percevoir le monde en fonction de la différence des sexes. On apprend à percevoir cette différence, mais aussi à la percevoir comme provoquant une hiérarchie symbolique entre les hommes et les femmes.
      Le rôle de la famille est central dans cette socialisation, mais il ne faut pas sous-estimer l’influence des objets qui nous entourent dès le plus jeune âge et qui contribuent à nous faire comprendre le genre et la hiérarchie qu’il implique: jouets, vêtements, livres, publicité… Il ne faut pas non plus oublier, comme je l’indiquais plus haut, le rôle de l’école.

      Voilà, j’espère que cela pourra vous aider :-)

    • Pour ajouter une couche par rapport à ce que les autres ont dit, mettons un couple composé d’un homme et d’une femme, avec des enfants élevés essentiellement par la femme (on est donc dans la situation d’un couple non égalitaire). Mettons qu’ils correspondent à l’image typique de « maman fait la vaisselle pendant que papa lit le journal en fumant sa pipe ». Supposons maintenant que malgré cette situation très inégalitaire, la maman ait un discours très féministe et tente une éducation qui s’éloigne du modèle qu’elle et son conjoint suivent effectivement.

      Que vont en retenir les enfants, surtout pendant les premières années ? Les paroles, ou ce qu’ils expérimentent au jour le jour ? Un énorme partie de l’apprentissage des enfants passe par l’exemple. Et sur les rôles genrés, la société dans son ensemble assène un message écrasant qu’il est difficile de combattre, même lorsqu’on donne un exemple autre au sein du couple. Alors quand on se conforme au modèle dominant, les discours font peu de choses…

    • En fait, rien que de ramener les femmes à leur rôle de mère, et de les tenir fautives de la mauvaise éducation des enfants, c’est du sexisme.
      Une femme n’est pas mère par essence et ce n’est pas son devoir de remplir à elle seule le rôle social d’éducation. Dire que les enfants sont plus proches de leur mère, c’est déjà tenir des propos sexistes au prétexte d’un argument d’autorité, qui se rattache bien plus au poncif qu’à la réflexion scientifique.

      Ensuite, c’est effectivement oublier toutes les autres formes de socialisation et d’acculturation auxquelles les individus sont confrontés. Tu n’es même pas obligée de lui expliquer les complexités de l’aliénation, de la domination quasi consentie des aliénés, parce que ce n’est pas le débat. Les propos de ton ami ne relèvent pas du débat, mais de l’affirmation concrète de son statut de dominant.
      L’argument de ce jeune homme est est un faux argument, et ce n’est jamais qu’un prétexte pour cacher son attachement à ses privilèges.

  3. Pingback: Théories | Pearltrees

    • Oui la loi autorise les hommes à prendre le nom de leur épouse. C’est très peu appliqué et un seul cas est connu en france depuis que la loi à été rendu plus équitable. L’homme en question à rencontrer beaucoup de difficultés pour faire respecter ses droits. Dans les faits les hommes ne sont pas prêts à laisser leur noms disparaître, l’effacement de son identité reste un « privilège » féminin.
      Et pour la remarque ironique sur mademoiselle, c’est du pure troll.

      • Bonjour Meg,

        quid du troll, contrairement à ce que tu sembles croire – et oui, en Bretagne Gael est aussi bien féminin que masculin, l’apanage de la francisation n’étant que peu connu du reste de notre chez pays – je suis une femme. Il va falloir que je demande pardon d’avoir été prénommée comme ça par mes parents en plus de devoir m’excuser d’être une femme comme on me le fait sentir assez souvent???? Toutes victimes/bourreaux du slut shaming hein…

        Peu appliqué ou pas, la loi est là, comme le mariage pour tous. Il faut bien un commencement quelque part, et ce n’est pas parce les mentalités semblent moisies qu’elles ne peuvent pas laisser germer de beaux plants bien résistants.

        Sans rancune.

        • Gael désolé je suis sur la défensive. Tu est une femme, ca me fait plaisir pour toi mais que tu soit une femme ne change pas grand chose à notre échange. Toutes les femmes ne sont pas féministes, et je ne peut pas deviner ton sexe par télépathie.
          L’argument du « mademoiselle » est tellement utilisé par les antiféministes que j’ai cru que tu parlait ironiquement quelque soit ton sexe. Désolé si ce n’est pas ce que tu voulait dire.
          Sinon je ne comprend pas pourquoi tu parle du changement de nom ou de Slut shaming ici, mais j’ai du raté un de tes commentaires.
          Sinon c’est bien de positivé, mais l’égalité dans la loi est très différente de l’égalité dans les faits. Dans la loi les femmes doivent avoir un salaire égale à qualification égale et nous savons que c’est loin d’être le cas. Alors c’est vrai que ca pourrait être pire, que ca l’a été, mais ca ne me suffit pas pour me réjouir.

          Sans rancune et bonne journée

      • Hello,

        effectivement mon commentaire n’a rien à voir avec le titre du post^^ en fait il était en réaction à ceci:
        (dernier paragaphe).

        Concernant le slut shaming, c’était en rapport au fait que les apparences sont parfois trompeuses (par extrapolation de l’expression; là je parlais de mon prénom).

        Bien sûr tu ne pouvais pas le savoir, ni que je venais de poster une réaction sur l’article du slut shaming! Tu ne pouvais pas savoir non plus que je ne suis pas adepte des trolls; tout comme la rédactrice du blog je n’aime pas les conflits et je ne vois pas du tout l’intérêt de flooder une discussion élaborée et argumentée, juste sous prétexte que je ne suis pas d’accord (et-que-je-suis-traditionaliste XD). J’ai eu le cas justement ce matin au sujet des bienfaits/effets néfastes de la punition corporelle sur un autre blog: c’est bien quand on dit qu’on n’est pas d’accord, mais quand on a des oeillères c’est difficile de voir les choses autrement… Bwef. En tout cas je comprends ta réaction maintenant.

        Pour le « Mademoiselle » je ne savais pas que c’était un point de moquerie des antiféministes… un peu le même genre que le mariage entre 2 assassins détenus pour les anti-mariage-pour-tous? (> ok je sors XD)

        Moi non plus je ne me réjouis pas encore tout à fait de la situation actuelle, surtout que ce n’est pas franchement près de s’améliorer tant que ça quand je vois les gros boeufs qui m’entourent (hommes et femmes, dans les département ruraux c’est costaud la mentalité)… mais oui, il faut positiver, il faut persévérer, il faut radoter et monter au créneau parce que c’est nécessaire, et si on ne le fait pas pour nous on le fait pour les autres, celles d’à côté et celles à venir! Et il faut aussi convaincre que laisser faire c’est soutenir… les gens de façon générale ont peur de défier « la norme », c’est quand même grave, on ne vit pas sous une dictature!!! J’ai été très contente de voir que près de chez moi un mariage entre 2 hommes avait été célébré, ac grand plaisir qui plus est, par le maire de la commune… il y a de l’espoir!

        Bonne journée :)

    • Ce qui est hallucinant, c’est qu’en France, les femmes ne prennent plus légalement le nom de leur mari depuis… la Révolution. Ce n’est pas tout récent… Or je ne compte plus le nombre de gens qui tombent du ciel en découvrant que les femmes ont le *choix*.

      N’empêche, mon mari et moi nous sommes payés de bonnes tranches de rire (un peu jaune) lorsqu’après notre mariage, il s’est pointé à la mairie pour faire ajouter mon nom au sien sur ses papiers. Ça allait de l’incompréhension totale de la demande (« Heu, vous voulez dire, c’est votre épouse qui veut changer son nom, c’est ça ? ») à du déni pur et dur (« Mais ce n’est pas possible, monsieur ! »). Il a quand même fini par avoir gain de cause.

  4. Bonsoir,

    merci pour cet article. Je m’étais fait ces réflexions sans les formaliser. Cela me rappelle la réponse usuelle que l’on fait aux personnes qui protestent contre l’exhibition hors de propos de jolies jeunes femmes plus ou moins nues: « les femmes font pareil avec les hommes, va voir sur le site bonjour monsieur ». Or, ce site qui présente des photos d’hommes effectivement érotisés me semble l’être selon un regard lui aussi masculin (donc plutôt homosexuel en l’occurrence). Car je pense que le regard féminin n’est pas construit, puisqu’il commence seulement à avoir des lieux de représentation (musée, cinéma, etc…) et que les artistes féminines peinent à offrir un regard vraiment détaché du point de vue masculin.

  5. Je partage votre indignation par rapport à ces images, qui n’honorent ni les hommes ni les femmes, ni ceux qui les ont faites ni ceux qui les regardent.

    Mon analyse (théologique) diffère cependant un peu de la vôtre (sociologique) :

    – Plutôt que d’y voir un « male gaze » – straight ou gay – et de l’opposer à un « female gaze », je propose d’y voir un « distorted gaze » (un regard malsain / tordu) opposé à un « chaste gaze » (un regard chaste, qui ne craint pas de voir le corps de l’autre mais s’attache à voir la personne qui se manifeste par ce corps..)

    – Cette analyse qualifie moralement l’image (clairement désordonnée) indépendamment du contexte sociologique : même dans une société parfaitement égalitaire, une telle image est à mon sens insupportable. Car le corps n’est juste pas fait pour être représenté ainsi.

    – Cela me mène à évoquer deux concepts qui me semble manquer à une analyse qui se veut sociologique : le péché et la rédemption. Le premier permet de constater l’écart entre ces images et ce que devrait être le rapport homme-femme ; la seconde d’espérer que ce rapport sera guéri.

    • Pour tout vous avouer, je suis d’abord restée assez perplexe face à votre commentaire (intéressant par ailleurs). Nous ne parlons pas de la même chose, ni dans la même langue. Vos prémisses sont religieuses et nos deux analyses ne sont pas « un peu » différentes, ni incompatibles, mais seulement étrangères l’une à l’autre.

      Au-delà de cela, quelques remarques.

      Je ne parle pas seulement d’images, puisque j’utilise aussi le concept pour parler du regard posé sur des personnes en raison de leur sexe.

      Vous refusez de considérer que ce rapport établi à travers le regard est, fondamentalement, un rapport de pouvoir, marquant la domination du regardant sur la regardée (pour les configurations que j’évoque). Vous refusez aussi de considérer le facteur du genre dans ce rapport, pourtant essentiel, j’espérais que mes exemples suffisaient à le montrer.

      Vous semblez croire que j’oppose male gaze et female gaze. Peut-être mon article donne-t-il cette impression. Il ne s’agit pas d’une opposition; un signe de cela est que le female gaze peut se confondre avec le male gaze. Du coup, l’opposition que vous présentez me paraît encore plus problématique: doit-on comprendre qu’il existe une correspondance male gaze – regard malsain et female gaze – regard chaste?

      A propos de cette opposition elle-même, j’imagine qu’on peut la lire de façon existentialiste (vous aurez sans doute compris que je ne peux pas partager vos prémisses): regard sur l’autre comme moyen ou comme projet, c’est-à-dire comme individu. Dans ce sens là, oui, d’accord. Reste que le facteur du genre ne doit pas être rendu invisible, or c’est ce que vous tentez de faire.

      Dans le cadre d’une analyse féministe, je ne ressens pas le besoin de formuler un jugement en termes moraux. Cela est, à nouveau, étranger à mon cadre d’analyse, et cela ne m’intéresse pas. Est-ce à dire que la morale est étrangère au féminisme? C’est une question à laquelle je réfléchis en ce moment et à laquelle je n’ai pour l’instant pas de réponse. Merci en tout cas pour votre commentaire qui me fournit matière à réflexion.

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  7. Légère remarque : c’est « Fenêtre sur cour » le film de Hitchcock. On vient de me troller en me disant que ton article n’est pas crédible juste à cause de ça..-

    • Merci pour la correction -_- » Je viens de relire « Chambre avec vue » de Forster, j’ai mélangé les deux. (Et bon courage avec les trolls…)

  8. Excellent article décriptant ce regard masculin qui nous juge et nous jauge en permanence.

    Un passage a particulièrement retenu mon attention, celui ci-après :

    « Si vous êtes une femme, pensez à la première fois où vous avez pris conscience du « male gaze », et du fait que cela ne s’arrêterait plus. Pensez à la première fois qu’on vous a klaxonnée dans la rue, qu’on vous a crié « Eh Mademoiselle » pour vous demander numéro de téléphone, sourire ou fellation.
    Rien ne permet d’échapper au « male gaze », qui est aussi, toujours, un jugement. »

    Je me rappelle aussi de cette première fois où je me suis sentie jugée. C’était à l’adolescence, comme sans doute beaucoup d’entre nous, et c’est depuis cette époque que j’ai décidé de refuser à chercher à correspondre à ce regard masculin, même si bien sûr on finit parfois par se sentir rejeter, pas assez bien, pas comme il faudrait, pas comprise par les femmes bien souvent étrangement (ou pas ?!) .
    J’en ai fait un principe de vie, qui n’a fait que se confirmer avec les années. Pas facile au quotidien de déprogrammer de notre esprit ce conditionnement que nous subissons, cette lutte est permanente, épuisante parfois aussi.
    Mais ce n’est qu’en luttant que l’on peut essayer de changer les choses.
    Mais le chemin est encore très très long !!

  9. Ce « male gaze » me rappelle une discussion que j’ai eu avec mon boss. Il me faisait un résumé de la présentation d’une partie mon travail qu’il a eu à faire au Senior Management Team Meeting. Il m’expliquait avoir du faire le clown pour garder l’audience attentive. C’était son moyen à lui. Un autre gars, lui, demande à la chef Marketing (35 ans passés) de faire ses présentations. Moi naïvement, je pensais que c’était parce qu’elle présentait mieux que lui, au sens parler… non non c’était au sens « elle est jolie, elle capte naturellement l’attention »…
    Sans parler du fait que la DRH est obligée de se cantonner aux présentations ennuyeuses. Qui voudrait d’une DRH qui fait le clown pour garder l’attention ?

    Donc au final, pour qu’une femme qui a réussit puisse capter l’attention, soit il faut qu’elle soit jeune et jolie, soit… ah bah non en fait.

    Bref, on est pas sorti de l’auberge…

    • Certains ne se pointent aux réunions que s’il y a de jolies femmes… même au gouvernement, sisi — »

      Ca me rappelle le tollé et les sifflements quand Cécile Duflot est intervenue à l’Assemblée Nationale, c’est dégradant au plus haut point. De ce que je peux constater dans la vie de tous les jours, même s’ils ne cautionnent pas cela, beaucoup d’hommes laissent courir. Pour ma part je pense que ne rien dire c’est cautionner. Il y a une citation à ce sujet, je ne m’en rappelle plus^^.

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  11. «  »j’ai une question qui m’obsède et vous pourrez peut être m’aider: un pote avec qui j’ai eu une conversation sur le féminisme m’a soutenu que si les femmes sont oppressées c’est de leur faute car l’enfant étant le plus proche de sa mère, c’est d’elle qu’il reçoit sa vision du monde… «  » » »

    Dans les travaux que j’ai menés, lorsque l’on demande aux hommes de raconter les événements marquants de leur biographie individuelle, ils parlent beau- coup d’une socialisation masculine qui se fait dans les cours d’école, les clubs de sports, la rue ; tous ces lieux dont les garçons s’attribuent l’exclusivité d’usage, ce que j’ai appelé, par référence aux travauxde Maurice Godelier. « la maison des hommes ».

    C’est dans le groupe des pairs que, dès le plus jeune âge, les garçons apprennent qu’ils doivent se différencier des femmes : ne pas se plaindre, apprendre à se battre, apprendre aussi à être les meilleurs… Tout ce qui n’est pas conforme à la conduite virile va être classé comme féminin Le garçon qui n’y adhère pas va être la risée des petits camarades, exclus du groupe des hommes, souvent violenté. De fait, les hommes vont être socialisés à la violence masculine des plus forts sur les plus faibles. C’est d’ailleurs cette même violence qu’ils vont reproduire par la suite dans le monde du travail, dans le couple… Les ordres de pouvoir masculin (politiques, professionnels, sociaux) reproduisent d’une façon ou d’une autre ces injonctions….

    La construction du masculin, Entretien avec Daniel Welzer Lang

    http://lplm.fr/spip/spip.php?article1145

  12. Bonjour,

    cet article est aussi une révélation. Ou comme se trouver en face de notre conditionnement. Même si nous pouvons croire, en toute bonne fois, chercher dans nos relations un équilibre et une réelle égalité, l’esthétique qui nous est renvoyée par cette industrie de la pub et de la monde, nous sape inconsciemment ce travail.

    Un grand merci pour cet article qui permet de formaliser un sentiment diffus, et qui renvoie aussi aux regards que nous pouvons porter sur l’autre sexe sans comprendre ce qu’ils sous tentent… Bref une claque

    Comment construire alors quelque chose de réellement nouveau ? Comment ne pas faussement croire que nous nous sommes détachés des anciens modèles.

    Bonne journée

  13. Pingback: Madame Fourmi (madamefourmi) | Pearltrees

  14. Bel article.

    Je ne dirais toutefois pas que le regard masculin ne fait toujours que jauger/juger/objectifier et qu’il soit toujours forcément dans un rapport de pouvoir. Très souvent, il se contente de désirer. Il n’y a que la morale chrétienne pour associer la concupiscence à une intention de nuire, même si les débordements quotidiens d’un paquet de connards machos semblent justifier l’amalgame.

    Et personnellement, j’aimerais voir un peu partout le regard réciproque représenté – ça arrive mais doucement. Que les hommes aussi soient représentés comme des objets de désir (dans des représentations ni chastes, ni respectueuses de culs, de torses, d’épaules, de déhanchés), pour le plus grand bonheur visuel des femmes hétéro et des hommes gays.

    http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2013/03/28/je-veux-etre-un-objet/

    PS : si on a l’impression que les femmes peinent à réinventer une nouvelle forme d’érotisation du corps des hommes, peut-être faut-il se demander si la seule explication est l’aliénation par l’omniprésence du male gaze ou bien s’il est possible que le regard concupiscent ne soit en définitive pas aussi genré que la pruderie voudrait nous laisser croire.

    • C’est pas une question de pruderie ou de chasteté, le « male gaze » peut être très bien considéré comme prude ou puritain. Être incapable de désirer des sujets libres et pensants et devoir les réduire en tranche de seins-fesses-bouche, ca me semble être une forme de puritanisme. Le problème du « male gaze » c’est qu’il est un regarde prédateur, dominant, objectivant. Il faudrait que l’on désir des sujets pas des objets. Le projet ce n’est pas d’objectivé les hommes pour donner la réciproque, mais de respecter la subjectivité de touTEs. Une égalité par le bas me semble peu enviable.
      Ensuite dans ton PS, tu confond femmes et féministes. Toutes les femmes ne trouvent pas problématique d’être traiter en objet et je trouve un peu étrange de reprocher aux femmes de ne pas inventer de nouvelles formes d’érotisme. Est-ce que les femmes en ont vraiment les moyens quant elles sont éduquer à intégrer le « male gaze » pour elles même ? En plus ton reproche n’est pas fondé, il y a des féministes (femmes et hommes) qui cherchent de nouvelles formes de sexualité (renseigne toi sur les féministes pro-sexe, le mouvement Queer, les écrits de Andrea Dworkin et ceux de son compagnon John Stoltenberg).

      • Merci beaucoup à la personne qui a écrit cet article de faire sortir ce débat de l’ombre, et merci à vous pour votre commentaire.

        Il me semble en effet qu’il est un peu facile (voire simpliste) de reprocher aux femmes de ne pas inventer un érotisme « à leur sauce » alors qu’on les oblige à regarder les choses selon un point de vue destiné uniquement à servir le « masculin » tel qu’il est aujourd’hui défini par la société.

        D’autre part, est-il en effet souhaitable de s’approprier un concept « dominateur » (je découpe le corps en morceau pour désirer un objet) au lieu de s’engager dans un aspect de relation réellement égalitaire où on reconnaît l’autre comme une personne à part entière ?

        Votre commentaire pose, dans ce contexte, la question véritable du féminisme : s’agit-il de faire « pareil » que les hommes et de nous réapproprier leurs comportements ou bien de réinventer des façons de faire dépourvues de dominance ?
        Il me semble bien que la réponse est la deuxième solution.

        • Ce n’est certainement pas moi qui dis que les femmes ont du mal à réinventer une érotisation originale du corps masculin. C’est en filigrane à la fin de l’article, et c’est quelque chose que j’ai lu explicitement sous la plume de quelques unes (je pense particulièrement à Maïa Mazaurette mais je n’arrive pas à retrouver l’article précis) qui déplorent que les femmes n’arrivent pas à reprendre ‘à leur compte’ cette érotisation, qu’elles ‘retombent’ dans les clichés du regard des hommes sur les hommes (en particulier les esthétiques gay).

          Perso, je ne suis pas d’accord et je pense que les femmes s’en sortent très bien, j’aimerais bien qu’on fasse plus de place aux images érotiques où les hommes sont plus ou moins objectifiés (et je ne pense pas que l’objectification en soi soit mauvaise, et qu’il faille toujours la caution de l’affectif pour dédouaner le côté brut du désir — tant que les actions demeurent respectueuses, à moins de rétablir le « péché en pensée »), mais je n’ai aucune crédibilité, vu que je suis un homme (éternelle question de la crédibilité de la parole d’homme dans la question féministe).

    • Audren, vous avez fait l’impasse sur ce qui me semble le plus important dans ma réponse. L’Objectivation est inhérente à une sexualité puritaine, une sexualité libre n’a pas besoin de transformer les sujets en objets pour les désirés. Objectiver les hommes vous semble amusant mais ce n’est qu’un retournement de la domination, et la grande majorité des féministes (dont moi) ne veulent pas une nouvelle domination (des femmes sur les hommes) le but n’est pas la vengence ou l’alienation pour tous, mais l’abandon de nos habitudes prédatrices. Vous ne voyez pas le problème avec l’objectivation, mais un objet ne peut pas accepter ou refuser quoi que ce soit, un objet ne peut consentir. Un objet c’est posé là et on peu le prendre, s’en servir, en user, et puis le jeter quant on l’a casser ou quant on en trouve un nouveau…

      • Parce que je ne suis pas d’accord avec l’équation « objectivation = prédation/domination ». Je pense qu’il s’agit de deux choses bien distinctes tant qu’on ne parle que de désir dans le virtuel (ce qui est l’essence des images, à moins que je n’aie pas compris l’article). Il y a des photos/dessins érotiques d’hommes (y compris de garçons à peine majeurs) par des artistes femmes, et qui sont parfaitement objectivants. Je n’en ai jamais vu qui me mettaient mal à l’aise ou semblaient prédateurs (alors que les mêmes en inversant les genres soulèveraient probablement l’indignation cf. mon avis sur la chanson de bony lapointe http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2013/04/26/comprend-qui-peut/)

        Evidemment que quand il s’agit de passer au lit, le consentement ne vient pas d’un torse, d’un cul ou d’une poitrine, il vient d’une personne, et c’est là qu’on fera la différence entre un prédateur et un amant.

        • Je vais probablement me faire l’avocat du diable, mais quel relation peut-on avoir avec un objet ?
          Aucune, vous le dites vous-même. Alors, selon vous, on peut estimer que regarder les gens sans entrer en relation (n’importe laquelle) est possible ?
          Quand ce sont de véritables gens, c’est tout simplement impossible. Nous regardons, nous sommes vus, et nous nous apercevons de ces éléments, nous agissons les uns par rapport aux autres par rapport à ces éléments. Difficile de dire que nous n’entrons pas en relation… Donc une personne ne peut pas simplement être un objet. Ou alors c’est la considérer comme… non humaine, par définition, et impossible « d’être » dans la relation. C’est juste ne pas considérer l’autre comme une personne en somme.

          Sur une photographie, une image, c’est un peu différent… Mais là encore… l’éthique suggère souvent (et pas uniquement dans ce cas) de penser aux gens qui ont participé à l’élaboration de ce que nous avons en main, pour comprendre d’où vient cette chose, et ce qu’elle nous apporte. Finalement, même si la relation est hypothétique, elle exige l’empathie, c’est à dire de se mettre à la place de cette autre personne. C’est donc la reconnaître dans sa conscience, et pas seulement comme un objet…

          Si vous avez une autre théorie, je suis preneuse, mais je ne suis pas persuadée que considérer une personne comme « objet » ne soit pas représentatif d’une idée un tant soit peu « dominante ».

  15. Pingback: Le "male gaze" (regard masculin) | f&...

  16. Je suis juste effarée comme les filles se considèrent comme « étant vue » très jeune.
    Que la copine de ma fille ait réussi à la convaincre qu’elle serait « plus jolie » avec des cheveux lisses. 11 ans, non pubères, et certaines ont déjà cette idée qu’elle doivent être « plus belles » qu’au naturel; que des poils sur leur bras ou leur jambe « c’est moche »; qu’elles sont forcément plus jolies avec les lèvres et les yeux peints.

    • je vous rassure, même les garçons à 4 ans ont leurs codes (certes surtout vestimentaires). Un peu étonnants mais bien affirmés (« non, pas ces chaussures, après on va dire que je suis moche »). Tout le monde se sait regardé. On ne s’habille essentiellement que pour le regard des autres (si on s’habillait pour la météo, les gens en général et les ados en particuliers mettraient des manteaux, des bonnets, des imperméables ou des chapeaux de soleil selon qu’il fait -15, qu’il fait +35 ou qu’il pleut).

      Et difficile de savoir à quand cette pression du regard est la pression des pair-e-s (je m’habille sexy parce que mes copines s’habillent sexy et me font des remarques si je mets un bête jean), la pression culturelle, la pression publicitaire ou la pression de l’autre sexe, tellement tout est mélangé.

      • Justement, le fait qu’il s’agisse de vêtements fait pour moi toute la différence.
        Peu de garçons pensent que leur corps doit être modifié pour être socialement acceptable, alors que beaucoup de fille, très jeunes, en sont persuadé. Elle pensent qu’elles devraient avoir les cheveux plus lisse, les lèvres plus rouges, les jambes plus lisses, les cuisses plus fine, etc… Bref, qu’elle ne devraient pas être ce qu’elles sont.
        Il ne s’agit pas de jouer avec les codes vestimentaires pour « avoir l’air » cool, sexy, raffiné, mais bien d’ « être » autrement que ce qu’elle sont.

      • Personne n’a dit que les dominants ne connaissent pas de domination. Mais il ne faut pas tout confondre. Un homme connaîtra toujours moins l’objectivation qu’une femme. Les impératifs de genre font souffrir les hommes qui n’y collent pas/qui veulent y coller/etc. Mais ils briment les femmes, toutes les femmes, celles qui y conviennent et celles qui s’en démarquent, car la nature même du genre féminin est une nature de dominée. Ce qui n’est pas le cas du genre masculin.

        Ce qui m’agace profondément avec les hommes qui viennent nous raconter que l’objectivation n’est pas forcément malsaine, c’est qu’il ne la vivent pas au quotidien. Vous ne vous faites pas constamment commenter dans la rue, on ne regarde pas prioritairement votre apparence lorsque vous prenez la parole en public, vous ne changez pas de trottoir lorsque vous croisez un homme seul dans la rue, vous n’êtes pas les plus touchés par les troubles alimentaires, vous subissez beaucoup moins la honte de votre propre corps, vous n’êtes pas en permanente contradiction ni dans un perpétuel dédoublement entre vous et votre corps, et vous venez geindre parce que tout le monde est soucieux de son apparence. Ou encore parce que les petits garçons aussi subissent des pressions. C’est vrai. Mais ils ne sont pas dominés. Sauf, sans doute, par leur propre mode de domination.

        En plus de cela, vous avez l’air de dissocier des choses qui sont intrinsèquement liées. La culture, la société et les pairs, tout se retrouve dans un même ensemble.

        Par ailleurs, votre différenciation prédateur/amant est très ambiguë. Vous ne parlez que du consentement, alors même que vous ne décriez pas l’objectivation, des femmes notamment. Or, l’objectivation, soit le fait de réduire une personne à un objet, implique que le consentement est impossible, car un objet ne consent pas – il subit. Vous faites sans doute l’amalgame désir-objectivation, tout comme beaucoup font l’amalgame compliment-harcèlement de rue. Ou alors vous ne comprenez rien à ce que vous dites.

  17. Salut, excellent article. Juste pour information, il y a un article d’Alain Korkos qui s’en prend au votre. Cependant, pour être honnête, il s’est fait mouché dans le forum d’arrêt sur image.
    Je ne sais pas si vous êtes déjà au courant ou pas, mais comme cela n’apparaît pas dans les commentaires, j’ai pensé que cette information vous intéresserait.

    http://www.arretsurimages.net/chroniques/2013-07-20/Male-Gaze-l-analyse-etait-presque-parfaite-id6018

    Attention le contenu n’est disponible gratuitement (pour les non abonnés) uniquement pendant 24 heures a priori. Donc il faut aller voir rapidement.

    Bonne continuation pour votre blog que je trouve très intéressant :)

    • Oui c’est d’une parfaite mauvaise fois !!!
      Il n’arrive même pas à trouver un exemple convainquant de « Female Gaze »: Marlon Brando, n’est pas du tout morcelé par la caméra ! (ils auraient mieux fait de montrer la pub coca cola light, même si elle est plus un gender bent parodique)

  18. Excellent article, une fois de plus. Merci.

    Cet article et la vidéo associée m’ont fait d’ailleurs penser au succès des productions à visée d’un public homosexuel masculin pour les femmes hétéro. Là aussi, ce sujet provoque généralement un sexisme absolument effrayant envers les femmes s’intéressant à ce type de production (il faut être zen…). Pourtant, les exemples donnés par l’auteur de la vidéo mettent en valeur le fait que les images de corps masculins érotisés (et non pas magnifiés, donc) n’apparaissent, mis à part dans de rares cas de productions faites clairement à l’usage d’un public féminin, que dans des pubs comme celles de Dolce & Gabanna ou dans la série « Queer As Folk ». Ces exemples ne sont pas anodins : il s’agit d’images créées clairement à destination d’hommes, encore, mais homosexuels, par contre. Le concept du corps sans tête comme objet de désir/de fantasme, ainsi que celui où la caméra filme d’abord le(s) corps avant d’arriver à la tête, et qu’on retrouve finalement assez fréquemment dans les pubs/les films concernant des représentations féminines, mais qu’on ne retrouve, concernant des représentations masculins, que dans des créations à visée d’un public homosexuel masculin sont très parlants à ce sujet.

    Du coup, il semble logique que ces productions à visée d’un public homosexuel masculin (ou, pour son pendant directement adressé aux femmes mais n’existant encore que pour un public relativement restreint, soit le yaoi ou slash) aient du succès auprès chez les femmes hétérosexuelles, puisqu’elles proposent quelque chose qu’on ne trouve, sans dire pas, que très rarement ailleurs. A voir ensuite comment les choses évolueront à l’avenir…

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  25. « Regard masculin » c’est très bien comme terme, tout le monde comprend.
    Pourquoi toujours se la péter avec des termes anglo-saxons à la con ?
    Le mâle gaze, certes, mais je dois avouer que ça m’arrive aussi parfois.

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  31. Parce-que le terme anglophone « mâle gaze » est le nom d’un concept et d’études qui lui sont rattachées… anglophones à la base. Et que puisque les choses et idées n’existe qu’à partir du moment où elles sont nommées, qui plus est communément partagé, commençons donc par faire accepter ce concept dans une unité de discours certaine avant de commencer à fractionner les messages avec des termes disparates que chacun ne manquera pas de réarranger à sa sauce.

    Vous ne vous insurgez pas de la non-traduction d’expressions couramment usitées en anglais ou américain comme « déjà-vu », « champagne », « bon voyage », « bon appétit », « ménage à trois », « rendez-vous », « fiancé » et j’en passe.

    Vous pourriez aussi vous plaindre de l’emploi de « cranberries » dans nombre pubs et produits alors que nous avons l’équivalent français : la canneberge.

    bref, un troll gras et nauséabond, comme le suggère la blague de conclusion qui tombe à plat (ainsi que son mépris)

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