Arguments anti-féministes (1) "Les féministes d’aujourd’hui…"

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Je commence une nouvelle série de billets destinés à répondre de manière (je l’espère) simple et claire aux arguments anti-féministes les plus courants. Je ne parle pas des arguments sexistes en général, mais plus particulièrement de ceux qui visent à faire taire les féministes, et j’exclus d’emblée les "mal-baisée" et autres "si t’étais belle tu dirais pas ça" que je ne considère pas comme des arguments (bien que d’autres aient visiblement du mal à faire la différence).

Voici une liste d’arguments que je me propose de traiter, elle est susceptible d’évoluer en fonction de vos suggestions. N’hésitez pas à m’en faire, ces billets sont destinés à répondre soit à vos questions, soit aux arguments et questions auxquels vous avez du mal à répondre.

    - Les féministes d’aujourd’hui ne veulent pas l’égalité: elles veulent [dominer les hommes, etc.].
    - L’égalité est un leurre, les hommes et les femmes sont complémentaires; les hommes et les femmes ont des destins naturels différents.
    - Les féministes sont trop agressives.
    - Les féministes détestent les hommes.
    - Pourquoi parler de féminisme et pas d’humanisme?
    - Les combats féministes sont futiles par rapport à la souffrance des femmes en Afghanistan (ou d’autres pays, si possible très loin).

Aujourd’hui donc, tous les arguments commençant par "les féministes d’aujourd’hui", et en particulier "Les féministes d’aujourd’hui ne veulent pas l’égalité, elles veulent dominer les hommes". Généralement, le sous-entendu est le suivant: "l’existence des féministes était justifiée quand les femmes ne disposaient pas des mêmes droits que les hommes. J’aurais d’ailleurs été féministe à cette époque. Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas."

Il faut distinguer deux choses dans cet argument: la distinction féminisme d’hier / d’aujourd’hui et l’idée que les féministes revendiqueraient non pas l’égalité mais la supériorité sur les hommes.

Féminismes "d’hier" et "d’aujourd’hui"

D’abord, l’apparence de consensus à propos des féministes "d’hier" (quant à la date de péremption de cette catégorie, mystère). On en croirait presque que les combats féministes de l’époque, centrés sur l’égalité des droits, faisaient l’unanimité. On croirait presque qu’être féministe était tout naturel; ou alors, on contourne la difficulté en disant "mais bien sûr qu’à l’époque j’aurais été féministe". C’est oublier que jamais, à aucun moment de son histoire, le féminisme n’a été un mouvement prédominant ni n’a fait l’unanimité. Jamais les revendications féministes n’ont été bien accueillies positivement au moment où elles étaient formulées – que dis-je: qu’elles ont toujours été décriées, moquées, violemment réprimées par la société contemporaine.

C’est vrai pour des choses aussi évidentes aujourd’hui que la possibilité de travailler hors du foyer ou de voter; c’est vrai, ô combien, pour le droit à la contraception et à l’avortement, toujours à défendre aujourd’hui.

anti-suffragettesanti-suffragettes_2anti-avortement

Il est donc bien joli de se revendiquer du féminisme historique, ou de décréter que le féminisme "d’aujourd’hui" n’est pas acceptable. C’est l’un des nouveaux visages de l’anti-féminisme. Il est devenu théoriquement impossible, avec le temps, de contester aux femmes l’égalité des droits. Ce n’est pas parce que la société est féministe, oh là non; c’est parce que les combats féministes d’hier, victorieux, sont devenus des évidences. Ils ne sont plus des combats, justement. Personne ne dirait sans ridicule aujourd’hui "je suis féministe, je soutiens le vote des femmes" ou "je suis féministe, ma femme a ouvert un compte en banque sans ma permission". Facile, donc, de reconnaître la validité des combats d’hier, quand les féministes ont triomphé; facile aussi, surtout d’un point de vue de dominant, de balayer d’un revers de main les combats d’aujourd’hui.

Egalité ou inversion de la domination?

Sous prétexte que l’égalité des droits aurait été atteinte, il est courant d’entendre aujourd’hui que les féministes ne peuvent désormais désirer que dominer à leur tour les hommes. Cet argument suppose, donc, l’existence de l’égalité.

Il est devenu habituel de distinguer féminismes de la 1ère et de la 2ème vague. Pour résumer, la 1ère vague revendiquait l’égalité des droits, tandis que la 2ème, qui commence dans les années 60-70, vise l’égalité réelle, en s’attaquant aux fondements de la domination masculine et en cherchant à changer les mentalités. On a donc beau jeu de dire "mais vous l’avez, l’égalité!" si par cela on entend l’égalité des droits. Oui, certes, les femmes peuvent aujourd’hui voter, étudier, travailler hors du foyer, ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari. Cette égalité restera cependant théorique tant que persisteront les discriminations, les stéréotypes limitant les possibilités des femmes, les violences de genre, la culture du viol.

Non, l’égalité n’est pas atteinte, c’est pourquoi les féministes continueront à se battre.

Et si vous pensez que l’objectif des féministes est d’inverser les rapports de pouvoir, vos prémisses sont différentes: vous reconnaissez bel et bien que les femmes sont dominées et vous souhaitez perpétuer cette situation. Vous avez donc inventé un mythe anti-féministe (un mythe, oui, car je vous mets au défi de trouver un texte féministe exprimant cet objectif) afin de sauvegarder votre position de dominant. En un mot, vous êtes masculiniste.

AC Husson

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122 réflexions sur “Arguments anti-féministes (1) "Les féministes d’aujourd’hui…"

  1. les féministes sont des lesbiennes (et c’est apparemment un problème)/mal baisées/poilues
    je n’aime pas les trucs en isme
    le féminisme est un truc imposé par le libéralisme pour détruire la famille (et vous vous faites avoir)
    le féminisme oui. après la lutte des classes
    oui enfin c’est qui qui eduque les enfants et excise les filles : les femmes !!!
    si les hommes dominent c’est qu’ils sont plus forts physiquement et vous voulez aller contre la nature
    tu ferais pas du womansplaining ?

    • Tu as oublié : "Oui mais les hommes peuvent pas tomber enceinte"
      "Les féministes se battent pour des trucs à la con genre supprimer Mlle des formulaires"
      et aussi : toute référence à FEMEN

      • Mon préféré : Mais les femmes se sont les femmes qui s’imposent des contraintes esthétiques (epilation, maquillage, minceur…), les hommes se sont libérés de ces contraintes il y a longtemps…

        Le concept que les femmes ont responsables de leur propre domination… Personne n’oserai dire à un noir qu’au fond ils sont responsables du racisme.

        • Oh, si, on entend souvent, sur le passage de jeunes plus ou moins bronzés, des "et on s’étonne que le FN monte". C’est le même schéma de pensée.
          Il est possible que le mouvement féministe ait été récupéré, dans les années 60, pour ne plus revendiquer que le droit au travail pour les femmes (et évacuer le droit à l’orgasme et autre position de la femme dans cette construction récente qu’est l’éducation en foyer restreint, etc.). Aujourd’hui, le féminisme est effectivement pollué* par des revendications qui amènent un sourire condescendant chez les mâles dominants en place (comme JPP au 13h de TF1).

          *Quand je dis pollué, c’est que les médias et les politiques cristallisent leur communication sur les revendications périphériques dans la mesure où elles leur permettent de pirouetter à leur guise. Le "Mlle", par exemple, est amusant. Appeler une femme "Mlle" et la voir rougir, c’est 80% des scènes d’approches amoureuse des films de notre enfance… Et oui, ces scènes de drague sont profondément machistes, mais… "T’as d’beaux yeux, tu sais"…

          Bon, il y a des thèses sur le sujet, et on ne peut pas vraiment expédier le sujet aussi facilement en étant sûr d’être compris. La conclusion de l’article est très exacte.

  2. Je crois que les féministes sont avant tout victimes parce qu’elles sont des femmes en luttes. On ne sait pas discriminer parce qu’on est féministe mais bien parce qu’on est une femme (cis ou trans, j’essaye d’inclure le tout avec ce terme) qui se révolte contre une société sexiste, patriarcale, discriminante.
    Mais, dans l’idée, c’est plus facile pour les gens d’entretenir cette idée d’une "nature féminine" et une "nature masculine" complètement fausse. Alors, il y a cela dit de "bonnes raisons" pour des catégories de femmes de ne pas se reconnaitre dans le féminisme : je pense aux femmes noires et au womanisme, aux femmes trans, à toutes celles qui sont exclut aussi d’un féminisme qui a été et peut être pour des femmes privilégiées là dedans mais ces critiques doivent venir de l’interne. Parce que souvent, j’entends également de la part d’anti féminismes l’instrumentalisation des propos des femmes noires ou des femmes voilées "oui mais le féminisme est raciste / islamophobe / excluant" : alors oui, y a du féminisme qui a ces soucis là et fait beaucoup de mal mais ces critiques ne doivent ps servir et faire le jeu de personnes déjà foncièrement anti féministe en fait.
    Mais c’est une critique que j’ai déjà entendu là dessus.

  3. Après ce victorieux premier commentaire, je voulais donner un exemple d’argument anti-féministe qu’on m’a donné il y a peu: "je n’aime pas les associations féministes car elles ne savent pas communiquer (à la presse) et médiatiser positivement leurs combats". En gros si les gens ont une si mauvaise image du féminisme c’est la faute des assocs qui ne savent pas utiliser les médias. Et bien pour une fois, j’ai pas trop su comment contre-argumenter…

      • C’est l’argument qui revient à chaque fois qu’un sujet nécessite plus de 5 secondes pour être compris/apréhendé/intellectualisé. "ah mais ça, j’adhère pas, parce que leur comm est trop agressive/leur comm est nulle/leur comm est inexistante/leur porte parole est trop agressif/leur porte parole est moche/leur porte parole est inaudible". Ces gens ne font que signifier qu’ils ne souhaitent pas s’intéresser à ce sujet (ni à aucun autre d’ailleurs, ils expriment clairement qu’ils ne sont pas politisés).

  4. Clair, efficace et directement réutilisable ! Merci pour cet article !

    J’avais d’autres idées de sujets en tête mais elles figurent déjà dans la liste placée par tes soins en tête de ce post et/ou dans le commentaire de Valérie ci-dessus. Je n’ai donc plus qu’à attendre la suite… et à partager.

  5. Attention tout de même à ne pas faire l’amalgame entre "le féminisme" et "les féministes". Personnellement je suis d’accord avec la plupart des arguments féministes, et j’aime rembarrer les machos comme tout un chacun au quotidien, mais il m’arrive de temps à autre de tomber sur des femmes qui se disent féministes, avec des arguments qui n’ont rien à voir avec ce que c’est censé être, du moins de mon point de vue. Refuser de faire la vaisselle ou de débarrasser la table parce que "y’a des mecs" dans la pièce ? Partir du principe que si on laisse son sac à main au restaurant sous la garde de deux hommes (fiancé, copain, ami…) il y a des risques qu’ils fouillent dedans ? (non, parce que c’est bien connu aucune fille n’oserait faire ça, mais ça tombe sous le sens que chez les hommes c’est inné, la perversion). Les discours à la "en fait c’est nous les filles qui avons le POUVOIR (sur les hommes)"? Non, je ne peux cautionner rien de tout ça, et je trouve que ça donne une image vraiment horrible du soi-disant féminisme. Où est l’égalité là-dedans ? Enfin, pour moi, ça n’en est pas, même si ces filles-là aiment le clamer haut et fort.
    J’aime assez la subtilité et la complexité des idées qui sont défendues ici, autrement.

    • et pire : c’est les quelques discours comme ça tenus par des personnes qui se prétendent féministes qui sont relayés et amplifiés par tous les machos…

    • D’accord avec toi… Mais je dois avouer que, quant au premier argument concernant le fait de débarrasser la table et faire la vaisselle, si, en effet, il n’y a que des mecs autour de la table qui ne se bougent pas le cul, une remarque bien sentie à leur égard ne fait pas de mal! :)

      • en même temps, c’est pas une question de "refuser de faire la vaisselle" parce que "on est une fille" dans ce cas :x c’est une question de statistiques :x

        • Oui, justement dans ce cas-là ce qui m’a choqué c’était le : "les gars au boulot." sans une once d’humour, d’amabilité, ou de bonne humeur. Bien sûr, j’apprécie d’être aidée dans les corvées quotidiennes, mais je ne vois pas l’intérêt de partir du principe que quand il y a des gars, on doit forcément se dérober parce qu’on est des filles ><. (là on était en parité égale, et la remarque a fusé avant que qui que ce soit ait véritablement le temps de se bouger, de manière "évidente", et pas aimable.
          Tiens d'ailleurs en parlant de ça, je ne dis pas que le combat pour l'égalité des sexes n'ait que des points que l'on peut prendre avec humour et/ou amabilité, mais n'empêche que ça peut aider, non seulement à faire adhérer les gens, aussi à leur faire sentir où peut être le souci. Je pense justement entre autres aux "petits" aspects, au quotidien, aux gens qu'on croise dans la rue. Anecdotes ? Idées ? (je lance l'idée)

  6. Excellente idée que cet article. J’ai pensé à l’éternel "Les féministes feraient mieux de s’occuper de choses plus importantes que de ça", lorsque est pointé du doigt le sexisme ordinaire par exemple. Et le fameux "les féministes n’ont pas d’humour / elles sont hystériques"… Pour ce qui est soulevé dans l’article, je pense que ça va m’aider à compléter mon argumentation à l’avenir, donc merci :)

  7. Valerie, personne ne te force à réclamer des droits. Personne ne te force à ne pas demander à ton mari si tu peux ou non ouvrir un compte en banque. Grand bien te fasse si tu te sens heureuse ainsi. Mais sache, et ne sois pas égoïste: Moi, je ne veux plus vivre dans un monde où je peux me faire violer au coin d’une rue ou dans mon propre lit, par un inconnu, ou par mon copain. Je ne veux pas ça. On ne t’a jamais demandé de jouir de tes droits, mais laisse simplement celles qui veulent en avoir, y arriver. Rien ne t’empêche d’élever tes enfants de deux façons: Laisse ton fils apprendre à manier l’épée et mets ta gamine à la broderie.

    Personnellement, ma famille a été détruite il y a bien longtemps quand ma mère est décédée, on a pas attendu une féministe pour ça. Et ce qui m’a permit de m’en sortir, c’est l’éducation de mon père, une éducation libre, où il ne contrôlait pas ma vie sexuelle, ou ma vie tout simplement. Aujourd’hui, je fais des études, je veux des enfants, je veux concilier les deux sans être forcée de rester chez mon mari/copain.

    (En plus, tu me pardonneras, mais je ne comprends pas en quoi c’est mal d’être poilue. Je ne comprend tes deux première phrases, en fait… C’est pas vraiment cohérent et bourré de préjugés.)

      • Oh ! Mais j’avais pas compris ça du tout ! Je me sens très très honteuse :D.
        (Mais bon, au fond ça montre que ce sont bien de réels arguments de la part des anti-féministes, machos,etc)

  8. -Les féministes sont sexistes puisqu’elles ne s’occupent que des problèmes des femmes alors que les hommes aussi se font violer ou agresser dans le métro
    -Les féministes nuisent à leur cause à être aussi [synonyme quelconque d'agressives. Je rajouterais bien quand même "hystériques" pour son caractère sexiste]

  9. C’était Crêpe Georgette le premier commentaire? Un simple clic sur le nom m’aurait évité de tomber dans le panneau!

  10. Une suggestion :
    Il y a l’argument ; "les féministes ne se rendent pas compte qu’elles ont déjà obtenu l’égalité" (qui va avec, quand il est battu en brèche, le déjà mentionné : "ce n’est rien face à ce qui se passe ailleurs").
    Merci pour cet article et les suivants. Ce qui est difficile, c’est que c’est arguments sont présentés comme des arguments, justement, mais que ceux qui les avancent ne les traitent souvent pas comme tels en refusant de les soumettre à vérification.

    • En fait, déjà traité dans l’article, que j’avais parcouru trop vite. Pardon d’avoir pollué les commentaires, et merci encore…

  11. "Ta définition du féminisme est fausse/n’est pas la même pour tou-te-s les féministes" (quand on explique à quelqu’un qu’être féministe c’est juste vouloir l’égalité hommes-femmes).
    Le délire sur la novlangue féministe aussi, que je rencontre de plus en plus (han vous mettez des "e" partout, c’est 1984).
    Et y a aussi "les féministes veulent l’égalité sur ce qui les arrange mais veulent garder la galanterie par exemple". Là j’aurais tendance à juste répondre "non", mais en suivant on a "ben pas toi mais la plupart des féministes si".
    Et je plussoie particulièrement la proposition de Valérie sur "c’est la nature", même des mecs pas forcément anti-féministes ont tendance à demander d’où vient la domination masculine, à dire qu’il doit bien y avoir une raison.
    Merci :)

    • Oui cette histoire de la galanterie c’est pas faux non plus ! Encore une fois je vais me garder de globaliser, mais on l’entend, et encore une fois aussi dans la bouche de certaines qui se disent féministes.

      • Oui, on l’entend beaucoup, et plus généralement "vous avez voulu l’égalité et maintenant vous vous plaignez parce qu’on ne vous respecte pas". Quelqu’un sur Twitter racontait qu’on lui a sorti ça après l’avoir bousculée parce qu’elle râlait (?)…

        • Alors, moi dans ce genre de cas, ma réponse c’est que je tiens la porte à toute personne masc / fem / trans etc et que ce que la plupart des gens appellent la galanterie, j’appellerais plutôt cela le respect et le civisme basique… :)

  12. Allez, je me lance, soyons anti-féministes!!! Une fois n’est pas coutume :D
    - Les féministes veulent imposer un mode de vie aux femmes : les forcer à travailler, les forcer à ne pas avoir d’enfant
    - Les féministes prônent l’égoïsme
    - Les féministes se sentent supérieures aux autres
    - Féministe=castratrice

  13. Tiens un autre : les féministes passent leur temps à récupérer des drames (viol, violence conjugale, violence homophobe) pour les faire coller à leur idéologie.

  14. Aussi entendu : "les féministes ne parviennent à rien parce qu’elles excluent les hommes de leur combat par la non-mixité" et dans le même genre "les féministes sont trop agressives et pas assez prêtes à dialoguer donc elles ne convainquent personne", et "les féministes veulent simplement rendre les femmes plus masculines pour qu’elles puissent accéder à ce qui est réservé aujourd’hui aux hommes, elles laissent de côté beaucoup de femmes/ leur imposent leur vision, et ne font que remplacer un cliché par un autre". Et beaucoup beaucoup entendu moi aussi le "c’est la nature, les hommes sont plus forts physiquement".

  15. hahaha ça défoule :
    -les féministes entretiennent la victimisation des femmes en se plaignant tout le temps
    -les féministes sont des bourgeoises et n’ont pas de légitimité à parler pour les non-bourgeoises
    -les féministes ne comprennent pas les vrais problèmes
    -le féminisme c’est du néo-colonialisme

      • Particulièrement celui sur les bourgeoises : "vous vous occupez de vous libérer en renforçant le classisme et en laissant les femmes non bourgeoises de côté." Et les deux derniers se contredisent plus ou moins : "occupez-vous des femmes afghanes", mais si on le fait…

      • absolument : féministe tu as toujours tord : quand tu me parles du sexisme dans la pub je te dis que ce n’est pas le vrai problème , le vrai problème c’est l’emploi et les salaires,
        quand tu parles de la difficulté à être mère célibataire quand on est payée le smic et qu’il n’y a pas de crèche, de l’accès à la contraception et aux centres d’IVG dans certains coins, des atteintes à la liberté de circuler des femmes dans certains ghettos, je te réponds que tu es une bourgeoise qui donne des leçon aux femmes défavorisées qui ont des problèmes plus importants à gérer , et puis la France c’est pas l’Afghanistan non plus /
        quand tu parles de l’Afghanistan, de l’excision, de l’instruction des filles dans le monde , je t’accuse d’ingérence, de vouloir imposer ton mode de pensée , ta façon de voir le monde à des cultures qui ne t"ont rien demandé , et oui , je te traite de néo-colonialiste . J’ai lu/entendu cet argument trois fois le mois écoulé.

  16. Donc, le féminisme c’est la défense des pauvres femmes sans défense, quand le masculinisme lui est l’infâme oppression exercée par le patriarcat sur ces dernières. Bien bien bien.

    • Je vois ce que tu sous-entends, mais cette symétrie est trompeuse. Dans un contexte de domination (ici masculine), il n’est pas équivalent de défendre l’opprimé ou l’oppresseur. Les féministes se battent pour l’égalité des droits, et les masculinistes pour le maintient de la domination. D’où effectivement, la condamnation de ces derniers par les féministes. Il ne s’agit pas d’une lutte hommes vs femmes pour la domination, comme expliqué dans l’article.

  17. Dans les commentaires je n’ai pas encore vu ce classique censé décrédibiliser nos arguments (sans avoir à y répondre sur le fond) : "les féministes sont des puritaines moralisatrices".

    Outre le fait qu’ils sont eux-mêmes en train de porter un jugement moralisateur sur les féministes, ceux qui disent ça confondent le fait de porter un jugement moral, et un jugement moralisateur.

    Porter un jugement moralisateur, c’est une posture ostentatoire qui vise à culpabiliser les autres pour des raisons pas toujours éthiques (narcissisme, manipulation, etc). Les discours moralisateurs sont généralement ennuyeux et ont été en partie délégitimés dans notre société post-soixante-huitarde, au point qu’aujourd’hui, être moralisateur c’est souvent être réactionnaire.

    Mais avoir un jugement moral, c’est simplement chercher à départager ce qui est bien, juste, utile au bien commun, de ce qui est mal, injuste, nuisible. C’est une attitude de réflexion constructive, pas de culpabilisation des autres.

  18. Argument contre le féminisme :

    En accusant systématiquement TOUS les hommes d’entretenir et de reproduire le patriarcat, vous excluez de facto de votre mouvement les hommes modérés , à la base plutôt réceptifs à la lutte contre les discriminations de genre… Ceux là même qui pourraient être un soutient de poids pour faire évoluer les mentalités et donc servir votre cause.

    • Thomas,

      Même inconsciemment, même si on est modéré, on vit dans une société patriarcale. On rappelle constamment aux hommes qu’ils doivent être fort / puissant / riche…

      Qu’on le veuille ou non, on est influencé par la société. Et même dans le cas ou tu as réussi le miracle de déconstruire la totalité de tes réflexes de domination, il te restera toujours le privilège d’être un homme aux yeux des autres.

      En tant qu’hommes on es privilégié qu’on le veuille ou non ;)

      Je t’invite à lire l’article de Valérie sur le sujet: http://www.crepegeorgette.com/2013/08/22/quest-ce-que-le-privilege-masculin/

      • J’ajouterais que le fait de dire ça n’exclue pas les hommes des mouvements féministes, mais les invite à s’y joindre en étant lucide sur leur position.

        • Evidemment que je suis conscient du privilège masculin, pas de soucis là dessus.

          Par contre, je vous jure que le discours communément admit pour une immense majorité de féministes : "TOUS les hommes reproduisent les inégalités en vue de défendre leurs privilèges " est vraiment très très excluant pour un homme sympathisant (car il nie son existence) !

          Je rêve, comme vous d’une société dans laquelle un mec de 20 piges irait déplorer/mépriser/dénoncer/combattre chez ses autres potes mecs de 20 piges le moindre comportement sexiste ou participant de la culture du viol…

          Et c’est pour ça que le discours "TOUS les hommes perpétuent les inégalités" aura pour le féminisme la même efficacité stratégique que le discours "TOUS les blancs sont des racistes" pour les anti-discrimination raciale, c-a-d aucune.

          Je pense que la clef dans une lutte, pour un résultat tangible, c’est de susciter l’adhésion des "opposant-modérés" et que le féminisme n’est pas efficace dans ce domaine.

          Si vous voulez changer concrètement la mentalité du plus grands nombres, il vous faudra, à un moment ou un autre faire un pas vers les mecs modérés, pour qu’ils embrassent votre cause à pleine bouche ;-) et deviennent des agents actifs de la lutte.

      • Mouais… rappeller constamment aux aux hommes qu’ils doivent être fort/puissant/riche, c’est un privilège pour celui qui est fort/puissant/riche. Pour les autres c’est juste un calvaire, de même que les injonctions putassières à être belle et désirables sont invivables pour les femmes hors des standards. Affirmer que tous les hommes sont des privilégiés, c’est un raccourci honteux envers tous les hommes qui souffrent de ce système qui nous met tous en concurrence, stéréotype de genre ou pas.

      • @Thomas : il s’agit peut être de ta perception, mais quand tu dis : "Par contre, je vous jure que le discours communément admit pour une immense majorité de féministes[...]", tu décris quelque chose d’opposé à ce que j’observe moi-même, à savoir que la majorité des féministes que je connais n’ont jamais tenu ce genre de discours, et qu’il s’agit d’une caricature (soit liée à un malentendu, soit à une intention de décrédibiliser).
        Le seul genre de phrase commençant par "tous les hommes" qui me semble avoir sa place dans un discours féministe a pour but de décrire une situation concrète de domination, sans nier le fait que même les hommes peuvent s’y opposer, puisque tout autant que les femmes ils sont libres et capables de faire des choix.
        J’ai l’impression que souvent l’idée de la féministe (enragée ou cherchant la domination par exemple) se fonde non pas sur une connaissance large du féminisme dans sa diversité, mais sur le discours de quelques féministes dans un contexte trompeur : plateau télé (biais de recrutement) ou soirée arrosée…

    • en voilà un autre d’argument bateau qui revient sans cesse . Il suffit de lire quelques écrits féministes et d’être d’une bonne fois convenable pour savoir que cette accusation est fausse . Accuser les autres de faire des généralités sans même avoir pris la peine de se renseigner n’est pas un signe d’ouverture d’esprit ou de modération, il n’est pas étonnant qu’en dégainant ce genre d’accusations absurdes vous soyez rejeté : cette accusation est un signe habituel d’agressivité à l’égard des féministes, elle se fonde sur un jugement basé sur l’ignorance.

      • A lire Thomas, je n’y vois pas une accusation, mais un ressenti. Certes sans doute subjectif, mais je le partage aussi.

        Et comme dit par ailleurs, il y a DES féminismeS. Et, pour avoir ramené ma fraise au cours de conversation féministes, j’ai été témoin de nombre de "de toute façon les hommes…", ce qui se lit dans ma tête, comme dans la tête de la plupart des "sympathisants modérés" (dixit Thomas), par "de toute façon TOUS les hommes…".

        C’est aussi réducteur que, quand dans une conversation de lutte des classes, on parle des "patrons" sans distinguer l’X à la tête d’une société du CAC40 et le BEP boulanger à la tête de son commerce.

        • ON passe notre temps à se justifier là dessus, à chaque fois que je parle d’un sujet identifié comme féministe (à savoir que je n’ai même pas besoin que me dise féministe pour qu’on me dise féministe) , on me dit qu’il ne faut pas mettre TOUS les hommes dans le même sac . Concrètement : je parle de discrimination, on me répond ça, je parle des viols en RDC , on me répond ça , je parle des manuels scolaires , on me répond ça …….. des fois de manière hyper agressive , alors que je n’ai jamais parleé "des hommes" . voilà mon ressentis, je n’ai jamais entendu les féministes parler "des hommes " .

      • Donc non seulement on se fait taxer d’agressif, mais en plus d’ignorant. Merci, c’est très aimable.

        Je suis désolé, mais quand on détour d’une conversation avec quelqu’un se réclamant féministe (je n’ai pas de détecteur portable de véritable féministe, n’en déplaise) on ME sort un généralisant "mais tous les hommes sont…", oui, je me sens rejeté et insulté.

        Notez que je ne généralise pas, moi, en "accusant" toutes les féministes de réagir comme ça. D’ailleurs je n’accuse personne, je constate et je donne mon ressenti, mon sentiment (ce qui n’a rien à voir avec une opinion).

        Je dis juste que certaines (et donc pas toutes) attitudes verbales de certaines (et donc pas toutes) personnes se réclamant féministes sont contre-productives à l’égard de personnes qui font montre d’une sympathie à la cause féministe.

        C’est d’ailleurs assez paradoxal, ce que vous (Orri) me/nous reprochez: de vous obliger (ce qui est faux) à vous "justifier là-dessus" (dixit) alors que c’est précisément ce que nous ressentons quand "on" généralise négativement sur l’ensemble des hommes.

        Et je conclus en disant que jamais au grand jamais je n’ai tenté ni même pensé utiliser ce ressenti pour minimiser (ou exiger une justification) les sujets des luttes féministes.

  19. quelques question plus ou moins délicates et qui me viennent comme ça :
    - qu’un homme se dise féministe, c’est juste absurde (ou c’est pas crédible)
    - le féminisme oublie qu’il y a aussi énormément d’hommes victimes silencieuses du patriarcat (de l’obligation de machisme aux victimes de la guerre)
    - comment réconcilier le féminisme avec le phénomène 50 shades / le mommy porn / le woman-friendly porn ?
    - comment réconcilier le féminisme avec l’allaitement long ?
    - quand le mot "féminisme" entre dans un débat (surtout sur un forum), la discussion part rapidement en live et les gentil-le-s membres se transforment souvent en affreu-x-ses trolls. Pourquoi tant d’animosité à fleur de peau (y compris entre personnes qui se conçoivent comme féministes) ?
    - et une question corrélée : comment lutter contre l’inculture féministe du grand public ?

    • Pour ce qui est du "mommy porn", personnellement je suggèrerais de commencer renoncer à l’appellation "mommy porn" qui sous-entend que les mères n’aiment qu’un "faux porno" et se retrouve de ce fait à peu près aussi insultante que l’appellation (déjà croisée) de "Trône de Fer pour filles" au sujet d’un livre de heroic fantasy mettant l’accent sur les relations amoureuses.

    • le féminisme n’est pas une prescription comportementale : d’où l’allaitement long , les féministes te diront de faire ce que tu veux, mais dénonceront les pressions dans un sens ou dans l’autre / 50 shades of grey : les féministes te diront de lire ce que tu veux mais t’encourageront à décrypter les messages sous-jacents/ les féministes n’ont jamais rien oublié, les hommes victimes du patriarcats sont un thème d’article récurent ( et oui , avant de taxer les autres d’oubli il n’est pas absurde de se renseigner) / les débats, forum et autres espaces de discussion, sont investi par des personnes anti-féministes qui viennent pourrir volontairement les débats , ce n’est pas de la faute des féministes , c’est une constante avec laquelle on compose et par rapport à laquelle on adopte différents comportements (argumentation, indifférence, blocage , exclusion…) / l’inculture féministe du grand public : par exemple en commençant par soi-même .

  20. Sinon, depuis que l’article sur le vagin qui n’est pas un organe sexuel est sorti, beaucoup de gens se servent du site féministes-radicales pour justifier que toutes les féministes (ou du moins toutes les radicales) sont des lesbiennes qui ont peur de la quéquette et veulent génocider les hommes. D’où, une chose que j’essaie souvent d’expliquer mais qui est rarement comprise : toutes les féministes ne sont pas forcément d’accord entre elles, il y a plein de courants, et même des personnes qui se disent féministes et sont en fait juste misandres. Avec internet tout le monde peut écrire ce qu’il veut sous n’importe quel titre… Donc comment on fait dans ce genre de situation ? :)

  21. J’entends de plus en plus souvent « Non mais t’es féministe parce que c’est à la mode », depuis que le féminisme est plus visible, plus discuté (même avant la médiatisation des FEMEN), avec un vieil arrière-goût de « T’es mignonne, tu sais pas quoi faire de ta vie, t’as vingt ans, donc t’as choisi ton petit combat comme toutes les autres ». Gnnnn. Taper.

    • Heu, mais c’est une bonne "mode" non ? Enfin, c’est quelque chose de juste, de légitime comme combat et pas un "je porte féminisme 15, le dernier parfum à la mode !".C’est nouveau comme argument tiens.

      • Bah oui c’est une bonne « mode » :D c’est très bien que ça devienne de plus en plus accessible, médiatisé et documenté. Mais c’est vraiment dit comme « t’es mignonne avec ta petite passade vénère », genre être féministe c’est pareil que d’être une ado de 14 ans anarchiste pour deux semaines quoi. TSSSSS.

  22. "quelques question plus ou moins délicates et qui me viennent comme ça :
    - qu’un homme se dise féministe, c’est juste absurde (ou c’est pas crédible)"

    À une époque il était absurde et pas crédible qu’une femme puisse avoir une opinion. Aujourd’hui… il est absurde qu’un homme puisse se revendiquer de cette opinion.
    Je trouve que ça montre en fait toute l’hypocrisie ambiante.

    Sinon, je remarque que l’anti-féminisme n’est pas toujours lié au sexisme. Quand on me reproche d’être féministe (oui oui… un reproche…) ça ne vient jamais d’une personne sexiste. Je crois que le gros problème est la vision du(des) féminisme(S) qui est véhiculée. Nos chers médias traiteront toujours les manifestations "choquantes" ou les revendications "exagérées", comme pour en faire des paravents. En fait, on cherche à tout prix à faire croire que la "seconde vague" (meh.) est un ramassis de fêlées totalement incohérentes.
    De fait, la plupart des gens n’ont même pas les yeux en face des trous, et se lancent dans des jugements de valeur.

    • ça rejoint la question que j’évoquais plus haut quant à l’inculture du grand public en matière de féminisme. Au moins aussi vaste que l’inculture scientifique. Sujet trop complexe pour les médias ?

      • Je pense que ça c’est un excellent point ! Non pas seulement pour les médias mais pour un peu beaucoup de monde. Je ne me revendique pas féministe même si j’espère ne pas trop faire de "dégâts" dans mon coin, et je suis quelqu’un de curieux qui suis arrivée sur ce blog un peu par hasard. Mon expérience du féminisme se résume à quelques cours de philo en rapport, et un cours à l’université (qui parlait aussi du masculinisme qui apparemment peut aussi se rapporter à tout autre chose que le patriarcat – mais passons car ce n’est pas le but de ce post) – et donc, passant par là sans être impliquée dans le combat féministe, je découvre beaucoup de choses, dont certaines très subtiles pour ne pas dire complexes ! (et pourtant je n’ai pas l’impression d’être une idiote) Alors, peut-on parler d’inculture du grand public ? Eh bien, en me plaçant dedans, je dirais que oui, carrément, même. C’est un sujet qui a déjà du vécu, qui a été montré sous différents aspects à plusieurs époques, et dont tout le monde a entendu parler – mais en quels termes exactement ? Bon, en fait, je n’ai pas de réponse, mais je pense que oui, c’est un souci. Je lis des trucs ici, je ne sais même pas si je suis d’accord ou pas, parce que parfois je ne suis même pas sûre de savoir comment comprendre l’affirmation ou la question ; il y a des références qui ne me disent rien de rien ; des gens qui disent vouloir combattre des stéréotypes dont je n’ai jamais entendus parler – ou qui au contraire me paraissent tout à fait défendables et assez réalistes… je vous en prie continuez le brainstorming, c’est tout à fait intéressant ! ;)

  23. Bonjour,
    je reviendrais sur l’article en lui même. Si je suis d’accord sur le fait que l’égalité homme femme n’a jamais été atteinte_ pour s’en convaincre il suffit de voir l’irréductible plafond de verre_, je ne suis pas d’accord quand à la logique proposée dans la contre argumentation du "les féministes veulent prendre le pouvoir". Tu part du principe que si l’on adhère à cet argument, automatiquement on adhère au fait que l’égalité a été atteinte. C’est à mes yeux une déduction de cause à effet absconse. Combien d’opprimés ne rêvent que d’opprimer leur oppresseurs ? Combien de pauvre aimerez prendre la place des riches sans pour autant réclamer l’égalité ? L’oppression et l’injustice peuvent conduire à des attitudes tout aussi excessives que celle des oppresseurs. Cela nuit toujours à légitimité de leur combat. Mais je n’irai pas pour autant dire que les féministes veulent prendre le pouvoir. C’est de l’ordre du possible, mais je n’en sais rien. Et ces difficiles à savoir, car qu’est-ce que le féminisme ? Une doctrine ? Un partie politique ? Une revendication commune ? une attitudes ? Qu’est-ce qui définit une personne comme féministe ? J’avoue mon inculture sur le sujet (La thèse de Céline devrait probablement m’éclairer sur le sujet ?). Aussi dans l’état actuel de mes connaissances, je préfère le combat de l’humanisme, (sa battre pour que tout individu soit respecté et respectueux. Femme ou homme. J’attends avec intérêt l’article sur le pourquoi du féminisme et pas de l’humanisme.
    Cordialement.

    • Au contraire, il me semble que ce qu’elle dit c’est qu’en accusant les féministes de vouloir donner le pouvoir aux femmes, on reconnaît implicitement que les femmes n’ont pas le pouvoir, et que donc l’égalité n’est pas atteinte.

    • on se fait "accuser" d’être féministe à partir du moment ou on exprime un choc, un mécontentement , une inquiétude sur une sujet de société qui ne concerne que les femmes ou très majoritairement les femmes : si on parle de viol , de sexisme, d’injustice liée au genre, de harcèlement sexuel, de tout sujet international concernant les droits des femmes . La seule façon de ne jamais être appelé féministe , c’est de nourrir une indifférence totale à l’égard des sujets qui touchent spécifiquement les femmes . Quand à l’humanisme, les deux termes ne sont pas exclusifs, je pense juste que l’humanisme depuis le départ n’a jamais intégré les femmes dans l’équation . on ne doit pas nos droits spécifiques à des combats se déclarant "humanistes", mais bien à des combats se déclarant "féministes" . Les humanistes ne se sont jamais fait entendre en ce qui concerne les femmes – ce qui les concerne – elles — on attend encore—donc je suis humaniste et féministe.

  24. Pour rebondir sur le dernier paragraphe, que pensez-vous de:

    "Les féministes sont exactement comme les masculinistes mais à l’envers". Si le second est jugé nuisible, le premierdoit l’être aussi.

    Avis?

    • justement, le souci c’est que c’est pas du tout la même chose. Le féminisme c’est réclamer les mêmes droits, le masculinisme, c’est vouloir conserver ses privilèges (et donc refuser les mêmes droits à des personnes oppressées).

      Ceci dit, j’ai un doute avec ton message. Je sais pas si tu as bien placé ta dernière guillemet. Si tu voulais plutôt dire "Les féministes sont exactement comme les masculinistes mais à l’envers. Si le second est jugé nuisible, le premier doit l’être aussi." ou si j’ai bien compris ton message.

  25. 100% d’accord pour cartographier tout l’argumentaire féministe et opposer contre-arguments à arguments, inventer des néologismes pour stigmatiser et réduire ad absurdum les élucubrations des hadversaires, c’est super utile, c’est ça qu’on doit faire pour rendre ce monde plus juste.
    C’est à ça qu’on se rend utile. La politique, si on veut réellement être un peu pertinent, ça implique de lire les Évangiles, la Torah/le Talmud, le Coran, Marx, les économistes de tous bord, Balzac, Dosto, plein d’autres et des moins lisibles et c’est rien de le dire, c’est super compliqué et on risque de tomber sur une vérité. Non non, mieux accuser les hommes de mansplaining, bavarder à commentaires rabattus et s’imaginer que le péché originel, c’est de faire bêtement une différence entre homme et femme (ce qui transforme tout observateur objectif de la nature en ennemi à abattre, youpi) c’est beaucoup plus cohérent, plus simple, et puis ça va quelque part, hein, c’est pas comme si y’avait pas de projet. C’est pas comme si on était pas libres de penser, hein ? Pas comme si on maitrisait pas nos outils logiques.

    C’est pas comme si toute notre bonne volonté était manipulée d’une quelconque façon, et canalisée en une agressivité ma foi assez opérationnelle, faut bien le dire :)

    Je vais t’en donner une autre, de perle, tiens, c’est gratos : J’aime pas les féministes car ils me rappellent à mon humanité la plus basique, stupide, réactionnaire et sub-animale.
    J’aime pas les féministes car ils me rappellent à la terrible vérité humaine : Non seulement c’est toujours le plus fort/malin qui gagne, mais en plus les perdants se bouffent entre eux.

    Bizoux.

  26. Je vous en propose un autre, que je pense très profondément juste et exact : les féministes ont été et demeurent absentes de la plupart des luttes de femmes de ces dernières années : luttes des caissières des supermarchés contre le travail du dimanche, luttes des ouvrières de la confection, lutte des intermittentes du spectacle pour leurs droits quand elles sont enceintes, lutte des femmes des quartiers nord à Marseille contre l’insécurité, lutte des femmes pour l’égalité et contre l’exclusion parentale après une séparation, etc.

    Enfin, pas *le* féminisme, ce serait grotesque : un certain féminisme, que j’appelle le féminisme bob comme il y a eu le féminisme bourgeois. Ps *le* féminisme, mais *un* courant du féminisme, devenu majoritaire hélas, qui vise profondément à préserver la structure oppressive de la société et les rapports de domination, pourvu que certaines d’entre elles puissent profiter du banquet. Les Femen et La Barbe sont au premier rang de ce féminisme-là, mais ne sont pas les seules, bien au contraire. À quand la reconstruction d’un féminisme émancipateur des femmes et de l’ensemble de la société ?

      • Non, le féminisme ne s’y résume pas (vous oubliez les guignols de La Barbe !). Et : non, ma connaissance ne se limite pas aux… (en revanche j’ignorais que ces deux organes de presse fussent féministes).

        Mais si vous n’avez que ces arguments débiles à m’opposer, c’est probablement que j’ai visé juste : le féminisme bobo se positionne fermement pour la préservation de l’ordre existant, oppressif et patriarcal (au profit de quelques-unes qui réclament une part du gâteau). Je note d’ailleurs que Christine Delphy tient un propos similaire, à propos de l’islamophobie de certains groupes féministes, qui contribue à opprimer les femmes. Dans le même registre, j’ai lu ailleurs, comme exemple de mode de lutte contre la double journée de travail, le recours au travail servile… lequel est comme on sait presque exclusivement exercé par des femmes venant de pays dominés : l’exploitation de femmes pauvres comme outil d’émancipation des femmes riches, on croirait rêver et c’est un cauchemar.

        Mais cela dit, chères Alonso et Smidge, sur les luttes que j’ai évoquées, auriez-vous des exemples concrets de soutien, de relais, ou même d’élaboration théorique, venant de mouvements féministes ? Ou bien ces authentiques et souvent très novatrices luttes de femmes ont-elles été marginalisées, isolées, écrasées dans le silence complice des néo-féministes bobo ?

        • du coup, je ne sais pas ce que vous appelez "féminisme bobo", ça ne correspond à rien de ce que je connais du féminisme et de ses valeurs…

          Le féminisme est avant tout une idéologie humaniste qui vise l’égalité entre les "humains", et plus précisément indépendamment de leur sexe.

          Un féminisme qui "se positionne fermement pour la préservation de l’ordre existant, oppressif et patriarcal" ? Ah…

          Assistez un jour à une réunion d’une association féministe, vous pourriez être surpris(e ?).

        • Chère(?) Smidge,

          Vous ne me répondez pas, ou plus exactement vous répondez très soigneusement à côté. Ça n’a à vrai dire rien de très étonnant…

          Pour les valeurs, on en reparlera, il est aussi écrit dans la Constitution que la République est sociale, on en voit les implications concrètes tous les jours. Mais en effet : le féminisme devrait être émancipateur, je constate simplement que ses courants majoritaires (et en tout cas visibles et médiatiquement efficaces) ne le sont pas. Pour le reste, merci de me dire quand et où les féministes actuelles et visibles ont été impliquées dans des luttes de femmes au cours des dix dernières années, merci.

          —-
          Un féminisme qui "se positionne fermement pour la préservation de l’ordre existant, oppressif et patriarcal" ? Ah…
          —-
          Oui, c’est même pour cette raison qu’il se déconsidère et se suicide.

          —-
          Assistez un jour à une réunion d’une association féministe, vous pourriez être surpris(e ?).
          —-
          J’ai participé à la création du MLAC dans la ville où j’habitais alors. Vous voulez d’autres détails émouvants et plus contemporains ?

        • @genre :
          Une belle illustration de l’animosité à fleur de peau que j’évoquais plus haut. Donc la critique d’un hypothétique anti pourrait être formulé plus précisément de la façon suivante :
          - vous, les féministes, vous êtes tou-te-s des hystériques. La preuve, rien qu’entre vous, vous partez en live à la première occasion.
          Et sérieusement, la réponse m’intéresse.

    • oh comme vous vous plantez :) de plus les luttes que vous décrivez ne sont pas "des luttes de femmes " mais "des luttes de classes" , en revanche les grandes" luttes de femmes" de ces dernières années sont : en France , la lutte contre les violences faites aux femmes, contre les inégalités salariales, contre les discriminations à l’embauche, contre l’incondamnabilité du viol, contre les représentations sexistes, contre la culture du viol……
      à l’étranger : luttes pour les droits fondamentaux, contre les viols de guerre, contre l’excision, pour l’instruction des filles , pour l’accès aux soin, contre le fémicide et le meurtres des bébés de sexe féminin………………
      Voilà ce sont les luttes féministes. Ces luttes concernent l’émancipation des femmes de l’ensemble de la société .
      De plus il y a de très nombreuses féministes dans les combats dont vous parlez , dont moi .

      • « les luttes que vous décrivez ne sont pas "des luttes de femmes " mais "des luttes de classes" »

        Eh ben ! J’en reste baba… Ça vous arrive de réfléchir, parfois ?

        • cela dit, je pensais aussi au combat contre le sexisme dans les jeux vidéo, et spécialement dans les jeux en ligne. Les filles qui se battent contre ce cauchemar sexiste, avec acharnement, courage et une immense intelligence, me semblent très seules, je me trompe peut-être (c’est un domaine que je connais mal) mais je ne vois pas tellement de relais de ce combat et de ces analyses du côté des féministes bobos et officielles (des féministes bourgeoises).

          Et alors, vous voyez, je pense qu’il y a là très probablement un problème générationnel (les jeunes on s’en fout) mais aussi et très certainement un mépris de classe (le jeu en ligne, ça fait crade et c’est pas très intelligent, quand même).

          Et donc, pour rejoindre ce qui a provoqué ce débat qui n’a pas eu lieu : les féministes actuelles sont en train de flinguer le féminisme, et c’est (hélas…) un excellent argument contre lui.

          PS. Smidge, j’attends toujours que vous nous racontiez quand et comment les féministes se sont intéressées à, tenez donc, les Jelaby. Un peu comme Lip avait aussi été une lutte de femmes (je vous laisse chercher le nom de Monique Piton sur Internet).

        • Les femmes ont souvent été à la pointe des luttes sociales, ne serait-ce que parce qu’elles ont cruellement conscience du double joug qui pèse sur elle, celui de l’exploitation de classe ET celui de l’exploitation sexiste. Bizarrement, quand les femmes prolétaires prennent la tête des mouvements de revendications, leur contribution est minorée et leurs requêtes spécifiques sont souvent ignorées ou carrément mise en concurrence avec celles des hommes sur l’air de "tu comprends, faut pas trop demander d’un coup, faut patienter encore un peu". Sur ce point de la minoration des revendications des femmes dans les luttes des classes, je conseille le visionnage de l’excellent : "We want sex equality".

          Il est d’ailleurs caractéristique d’une classe dominée et opprimée que ses contributions à l’Histoire soit systématiquement omises ou ignorées, jusqu’à douter de leur rôle : http://www.pcr-rcp.ca/fr/2013/06/un-atelier-sur-le-feminisme-proletarien-lance-un-defi-aux-revolutionnaires/

        • @Monolecte,
          Ouf, il y en ici une qui semble comprendre ce que je dis… Mais répétons-le encore plus fort : en ignorant les luttes des femmes (des femmes réelles, je veux dire – et bien sûr que je n’ignore pas l’importance de la lutte contre le viol, les représentations sexiste et le reste : le féminisme est un tout), le néo-féminisme renforce la société patriarcale.

          Il est, définitivement, l’ennemi des femmes. Et c’est malheureusement un argument très solide contre ce que j’ai envie d’appeler le « vrai » féminisme, dans toutes ses diversités.

          Et puis, au fait, j’avais lancé une mini-provocation qui n’a visiblement remué personne : la lutte contre l’exclusion parentale. Mais si, vous savez… Ces femmes qui montent sur des grues et se battent (avec des hommes, d’ailleurs) pour que les droits et les devoirs des parents soient les même après une séparation ?

        • Merci de nous fournir, à nous autre féministes bobo-stupides, une définition des "vraies femmes" et des "fausses femmes".

        • À réagir trop vite, sous l’effet de l’agacement…

          « Il est, définitivement, l’ennemi des femmes. Et c’est malheureusement un argument très solide contre ce que j’ai envie d’appeler le « vrai » féminisme, dans toutes ses diversités. »

          Brave série de sottises que j’ai écrites là (rires). On lira donc, et mieux :

          Il (le néo-féminisme) est, définitivement, l’ennemi de la lutte des femmes. Et c’est malheureusement un argument très solide contre lui. Mais heureusement que d’autres s’emploient à faire renaître ce que j’ai envie d’appeler le « vrai » féminisme, dans toutes ses diversités. »

  27. J’ai aussi en stock : "je suis égalitariste, pas féministe", sous-entendu que les féministes veulent le renversement des dominations. Si je réplique que je suis féministe parce que je revendique l’égalité et qu’on ne peut obtenir l’égalité en niant la réalité de la domination masculine, paf, j’ai le droit au couplet sur les hystéro-rigides.

    • c’est un sale coup des "masculinistes" ça…

      Je trouve que le mot "féminisme" n’est pas forcément le plus représentatif de l’idéologie qu’il incarne (même si je peux en comprendre l’usage, de part la réalité actuelle des inégalités, et de l’origine du combat féministe).

      Mais en s’auto-désignant "masculinistes", et revendiquant clairement une domination "traditionnelle" de l’homme sur la femme, les féministes, par "opposition sémantique", sont perçu(e)s comme recherchant une domination de la femme sur l’homme…

      Certaines personnes – peu familières avec les idéaux féministes – n’en perçoivent que ce qu’on en dit à la télé, et c’est un raccourci qui est hélas couramment pratiqué…

  28. Il y a l’argument du "choix" qui permet de ramener une lutte de classe à un problème individuel (si la femme a pu "choisir", elle doit donc accepter le fait que ses choix sont mauvais). Il est redoutable car il masque le fait que le choix est limité et influencé par l’environnement entourant les gens.

    • Pour être sûre de bien comprendre: l’argument est qu’il n’y a pas de domination systématique, seulement ded mauvais choix, c’est ça? (Oh, ma tête vient de rencontrer le mur)

  29. ah bon, on peut définir une seule sorte de feminisme qui s applique a toutes les féministes , c est etonnant.
    moi qui pensais qu il y avait plusieurs ecoles de pensees, bah non, ca ferait beaucoup trop complique pour des femmes, y en a qu une
    pas de guerre de pouvoir, de gerontocratie, chez les féministes, toutes pour une et une pour toutes
    la mauvaise blague de l essentialisme entache cet article

    et je vois pas trop le rapport entre mes amies qui se définissent comme féministes et les femen qui sont sexistes, racistes et nationalistes

  30. "L’égalité est un leurre, les hommes et les femmes sont complémentaires; les hommes et les femmes ont des destins naturels différents."

    OK, alors expliquez moi pourquoi, par exemple, les sites de rencontres sont payants pour les hommes et pas pour les femmes ?
    Pourquoi les hommes doivent payer l’entrée en boite, et être accompagnés de femmes pour rentrer ?
    Pourquoi, quoi qu’on dise, les jeunes femmes sont 50 000 fois plus sollicités sexuellement que l’inverse ?
    Pourquoi les viols sont commis quasi exclusivement par des hommes ?
    Etc…

    Bizarrement les pseudos-féministes d’aujourd’hui fermeront toujours leur gueule là-dessus. Elles veulent les avantages de leur grand-mères et les droits des hommes, mais pas l’égalité.

  31. De mon côté je ne sais plus quoi répondre quand on me dit que je ne suis "pas drôle" parce que les blagues sur les femmes me gonfle (je joue beaucoup a des jeux en ligne).
    J’ai beaucoup d’humour et une blague potache passe avec mon vieux pote de 15 ans mais bon..

  32. Je propose :

    - Les féministes sont trop sensibles (= réagissent au quart de tour, ça va un peu avec "n’ont pas d’humour").

    - Non mais en fait si t’es féministe c’est juste parce que… (tu t’es fait agressée, t’as eu une mauvaise expérience avec un homme… et autres arguments pour induire la personne en silence à partir de sa propre expérience. Redoutable.)

  33. Ca semble vivre un peu en vase clos ici…

    Je ne m’intéresse pas au féminisme mais, pour ce que j’en vois sur les réseaux sociaux, cela me révulse un peu. Etant antisexiste et pour l’égalité, j’ai du mal à supporter cette agressivité envers toute personne qui ne pense pas comme elles, voire qui essaie seulement de nuancer une radicalité souvent bien peu respectueuse de l’autre.

    • Je pense au contraire que certaines féministes en ont trop supporté trop longtemps. Avant d’être féministes, elles sont surtout humaines (eh oui…).

      Je peux comprendre qu’une féministe s’énerve lorsqu’on lui ressort pour la 1287e fois le même "contre-argument" aussi faux que stupide, d’autant plus que ce genre d’arguments provient souvent de personnes qui se disent, justement "antisexiste et pour l’égalité" (qui ne l’est pas?).

      C’est la même chose pour tous les combats sociaux; les féministes ne sont ni meilleures ni pires que les autres. Il y a simplement un moment où leur patience est épuisée.

      Moi non plus je n’aime pas voir des propos "agressifs et radicaux" (qui aime ça?). Mais je suis en mesure de faire la part des choses et de constater que ça ne reflète pas les motivations du mouvement féministe, seulement l’énervement d’une personne qui finit par en avoir marre (d’ailleurs, je ne suis pas sexiste, mais si une féministe est énervée, c’est clairement parce qu’elle est dans sa mauvaise semaine du mois).

      Le respect, ça se gagne des deux côtés.

  34. "Non mais le féminisme, c’est très bien, mais pas quand les femmes prennent le pire des hommes (l’exemple canonique: jurer), alors là, non."

    • Le féminisme est fortement desservi par ces femmes politiques "pires que des hommes", comme Thatcher, ou Abright (http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/madeleine-albright-tuer-500-000-40192). Ces femmes de pouvoir insécurisent les hommes, dans ce qu’elles sapent l’image de La Femme qui Aime les ENFANTS. Ahem.

      Pourtant, c’est bien ces femmes-là qui justifient le féminisme. C’est pour éviter de ressembler au pire, qu’il faut une vraie place à tous dans la société, et pas seulement au mâle dominant et fier de l’être.

      • Il y a un très bon article dans ces pages (http://cafaitgenre.org/2013/04/24/cyborg-thatcher/) sur cette bizarrerie qui fait dire à certain-e-s que Margaret Thatcher n’est pas une femme, ou qu’en tout cas, qu’elle a du se départir de sa "nature" de femme et endosser celle des hommes pour se faire une place en politique.

        Je déteste autant Margaret Thatcher que Bush Junior, mais celle-là est autant une femme que celui-ci est un homme, et il faut cesser de croire que les femmes de pouvoir se comportent "comme des hommes". Elles se comportent comme des personnes de pouvoir. Point. Et si leur truc c’est d’être impitoyables, tant mieux pour elles.

        Après, on peut vouloir apaiser la politique pour que les femmes -et les hommes- qui ne se sentent pas une âme de tyran puissent y trouver leur place, mais c’est une autre histoire.

      • Thatcher n’avait-elle pas comparé les féministes à un poison? Ca en dit long sur l’état de nos sociétés si l’on se sent obligé de prendre comme une avancée l’accès à tel poste de pouvoir de quelqu’un qui n’est pas un homme blanc et hétéro en dépit de ses positions ou de ses idées, tant on en voit rarement.

        J’ai toujours fortement ressenti cet argument consistant à dire que les femmes étaient censées se comporter de manière supérieure aux hommes comme une façon de nous censurer. Comme si c’était pire qu’une femme jure plutôt qu’un homme. C’est avec ce genre de phrases que l’on empêche plus facilement une femme qu’un homme de se mettre en colère, par exemple. N’y a-t-il pas au fond, dans ce type d’argument, l’idée que les femmes sont naturellement plus calmes (ou se doivent de l’être), et que dès lors, si l’une d’elles adopte un comportement dit masculin et considéré comme négatif (au moins chez une femme, pas toujours chez un homme), elle est plus responsable qu’un homme à actions égales?
        (ce qui est un moyen assez redoutable de nous faire fermer nos gueules.)

        • Je suis d’accord avec les deux réponses faites à mon post. Je veux simplement rappeler que certains hommes, sans être de gros machistes dominants,s ont rassurés par une femme donnant l’image d’une mère aimante, douce et attentionnée. Elle n’est pas forcément obéissante et soumise. Je ne sais pas trop comment l’exprimer, mais le féminisme doit se grandir dans la différence, et l’acceptation de la différence.

          Des femmes comme ces deux-là, en montrant aux hommes comment le pouvoir a pu les corrompre (comme il corrompt les hommes, en fait) insécurise l’homme.ça fait peur quoi.

          Et cette peur est utilisée, par les anti-féministes, pour éloigner les hommes de la cause égalitaire. C’est aussi un discours récurrent des anti-féministes.

          C’est une impression. Mais je sais que les coups de gueules des chiennes de garde (Alonso, toutes dents dehors), sont utilisés pour faire peur, ils alimentent la peur. N’oubliez jamais que c’est la peur qui génère le racisme, le rejet; et le machisme n’est rien d’autre que, soit du pouvoir malsaint, soit de la peur (ce sont des petits morceaux d’peur, jour après jour accumulés, des éclats des débris de frayeur, qui paralysent la pensée).

      • "Mais je sais que les coups de gueules des chiennes de garde (Alonso, toutes dents dehors), sont utilisés pour faire peur, ils alimentent la peur. N’oubliez jamais que c’est la peur qui génère le racisme, le rejet; et le machisme n’est rien d’autre que, soit du pouvoir malsaint, soit de la peur (ce sont des petits morceaux d’peur, jour après jour accumulés, des éclats des débris de frayeur, qui paralysent la pensée)."

        NON NON NON, les chiennes de garde ne font pas peur, les coups de gueule toutes dents dehors => arrêtez de fumer la moquette. Si vous avez peur d’une femme qui défend ses droits et donne son avis, c’est vous qui avez un problème.
        En ce cas, je suppose que les Femens vous donnent de sueurs froides lorsqu’elles crient, et lorsqu’elles ont une tronçonneuse à la main vous devez vous faire pipi dessus non?

        Depuis quand c’est la peur qui suscite le rejet? C’est un poncif très pratique pour éviter de se remettre en question. Si il y a peur, c’est peur de voir ses privilèges remis en question et peur d’éventuellement les perdre.
        DSK me fout personnellement beaucoup plus les jetons que les chiennes de garde. Non mais!

  35. "Non mais le féminisme c’est très bien, mais pas quand les femmes prennent le pire des hommes (e.g.: jurer), alors là non."

  36. Ping : Arguments anti-féministes (1) "Les ...

  37. Je crois que le truc qui me gonfle par-dessus tout, c’est, lorsque j’évoque les inégalités réelles dans nos sociétés occidentales (qui n’ont rien à se reprocher, évidemment), entendre de nouveau l’argument du "ah oui mais on est déjà très égaux ici en France, pas comme …" (citer tout autre pays musulman, africain, ou du tiers-monde). Bah oui, de quoi on se plaint? Pourquoi faire avancer les choses? C’est dur aujourd’hui que nous sommes dans cette illusion de l’égalité…

    Merci pour tous ces articles :) .

    • Oui mais les ouvriers chinois y sont payés 2 euros de l’heure, alors avant de réclamer une revalorisation du smic, va donc lutter pour ceux qui sont réellement exploités.

      => ne fonctionne qu’avec les gens de gauches, les gens de droite, ne voyant pas l’intérêt du smic et voulant encore moins sa revalorisation ne seront pas particulièrement émus par le parallèle…

      • Je n’aurais pas dit mieux :) . Ce qui me gonfle aussi, c’est l’idée qu’en Occident, on a rien à se reprocher.

  38. Ping : Arguments anti-féministes (3) "Tu donnes une mauvaise image des féministes" | Genre!

  39. Dans les arguments anti-féministes, il y a aussi le retournement de situation "mais nous aussi les hommes on souffre du sexiiiiisme" Il y a un truc que j’ai remarqué récemment: quand un article pointe du doigt une affiche/publicité sexiste envers les femmes, il y a systématiquement un mec pour dire "OUAIS C’EST SEXISTE MAIS POUR ADOPTE UN MEC VOUS DITES RIEN", "on attend toujours les réactions des féministes sur AdopteUnMec", etc. (bon et puis c’est aussi con parce que nous les féministes on gueule sur AdopteUnMec mais bref) Du coup t’as beau pointer des trucs sexistes et le mettre devant le nez des gens, bah y’a toujours quelqu’un qui va te dire que lui aussi il souffre et que du coup ça compte pas. Ou un peu comme "l’argument" du "oui ok y’a des filles qui se font violer mais y’a aussi des fausses accusations et ça détruit des vies !". Genre on aurait aucune légitimité à se plaindre tout ça parce que y’en a d’autres, beaucoup moins nombreux, qui souffrent à côté.

    • AUM c’est un truc qui me donne des boutons. Ce truc qui te fait croire que la femme a le pouvoir, alors que c’est absolument faux. Une hypocrisie pour te vendre un produit appelé relation amoureuse u_u.

      Sinon, quand j’évoque qu’il est difficile physiquement d’être une femme, on me sort souvent que les hommes sont aussi soumis aux canons de beauté. Mais je trouve que ce n’est pas une bonne chose de tendre vers ce modèle, et ce n’est pas parce que "les hommes aussi" qu’il faut s’y résigner. Et honnêtement, les régimes, les bikinis et le beau décolleté, c’est tout de même bien plus la croix des femmes que celle des hommes.

  40. Ping : Arguments anti-féministes (1) "Les ...

  41. il y a aussi celui là, assez récurent qui pose l’égalité homme femme comme une similitude physique, étant souvent de corpulence plus "réduite" et sous prétexte que certaines tâches nous sont plus difficiles, nous ne pouvons être "égales" !!! bon vieux leitmotiv qui amalgame "égalité" et "différence"… raccourci facile auquel je réponds (excusez je ne me rappelle plus de l’auteur) "la nature a fait des différences, l’homme en a fait des inégalités"…

  42. Alors moi ca serait toutes les implications que si on est un mec on ne peut pas etre feministe genre :
    Mais tu sais, c’est pas ca qui te permettra de sortir avec une fille, ah tu dois avoir des problemes avec ta mere (peut-etre, mais c’est pas pour ca que je me sens feministe), ah mais tu te fais manipuler/ tu manques d’experience avec les vrais femmes. pleins d’arguments en gros qui veulent me diminuer personnellement, intimement.
    et un autre : une fille voilee qui dit je suis feministe et les feministe si elles sont contre le voile sont intolerantes.

  43. Les féministes veulent nous dominer, elles se pensent d’ailleurs supérieures.
    "Le mâle est un accident biologique ; le gène Y (mâle) n’est qu’un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes. En d’autres termes, l’homme est une femme manquée … un avorton congénital" SCUM Manifesto.

    C’était juste pour relever le défi de citer un texte (d’il y a une quarantaine d’années certes).
    Acte puéril, je conçois !

    Bref, sinon, je n’ai qu’un mot à dire : continuez !

  44. Ping : Arguments anti-féministes (4) "On devrait se débarrasser du terme ‘féminisme’" | Genre!

  45. En tant qu’anti-féministe, je me dois de réagir.
    L’histoire n’est pas racontée par les vainqueurs mais par ceux avec qui les femmes acceptent de faire des enfants. Et c’est à ces derniers qu’elle est racontée.

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