Féminisation de la langue: quelques réflexions théoriques et pratiques

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Les personnes lisant régulièrement ce blog auront sûrement remarqué que j’essaie au maximum d’éviter d’employer le masculin universel (j’explique ci-dessous ce que j’entends par là). Je voudrais tenter d’expliquer pourquoi (c’est le côté théorique) et surtout comment, par quelques réflexions liées à mon parcours sur cette question et à ma pratique comme féministe, blogueuse, mais aussi comme prof de français langue étrangère. Cette pratique est en évolution constante. Alors que j’étais d’abord extrêmement réticente, je me suis habituée à ces graphies à force de lectures et d’échanges militants, et j’aurais du mal aujourd’hui à faire marche arrière.

Ces théories et pratiques rencontrent énormément de résistances. J’ai pu m’en rendre compte à chaque fois que j’ai évoqué, ici ou sur Twitter, des questions liées au sexisme dans le langage. Je ne dis pas que toutes les personnes qui m’ont opposé ce genre de discours sont d’immondes sexistes; la plupart affirment n’avoir aucun problème avec le principe de l’égalité. Le plus souvent, ces résistances viennent de la part des personnes qui ne supportent pas que l’on « touche » à la langue telle qu’elles la connaissent et telle qu’elle est codifiée par les grammaires. Plus profondément, elles sont liées à la difficulté à reconnaître que le langage est politique et que le masculin universel n’est pas du neutre (la catégorie ne s’applique pas aux personnes en français) mais bien du masculin; j’y reviens ci-dessous.

J’ai bien conscience que traiter ce genre de sujet va m’attirer plein de remarques sympathiques en commentaire. C’est toujours le cas quand les féministes parlent de la langue. On nous reproche de nous tromper de combat, de nous attaquer à des futilités; et dans le même temps la levée de boucliers que cela suscite confirme l’importance du sujet de la féminisation. Si vous êtes tenté·e de m’opposer ces arguments, essayez 1) d’abord de réfléchir à cela 2) de lire l’article en entier et 3) de vous demander pourquoi il est tellement important pour vous qu’on ne « touche » pas à la langue. Merci d’avance…

Ah oui, dernière chose: je suis agrégée de Lettres Modernes, j’ai l’intention de faire un doctorat en linguistique et j’enseigne actuellement le français à l’étranger. D’expérience, je sais que certain·e·s auront une furieuse envie de m’expliquer la grammaire française: vous pouvez vous abstenir. Re-merci.

Une dernière remarque avant de commencer, à propos du titre: le terme de « féminisation » pour désigner ces pratiques n’est pas forcément adapté. L’idée est, avant tout, de rendre la langue moins masculine, en partant du principe que l’on refuse le masculin universel. Des expressions comme « langage non-genré » ou « langage neutre » ne me conviennent pas non plus. Le genre, entendu comme pur phénomène grammatical, n’est pas dépassable en français, difficile donc de prétendre à un langage non-genré; en revanche, en ce qui concerne la désignation des personnes, il est absolument nécessaire de réaliser que le genre a une dimension idéologique, que je vais expliciter. Des procédés de neutralisation sont possibles, mais un langage « neutre » n’est pas l’objectif. L’objectif, au contraire, est de mettre fin à l’invisibilisation du féminin dans la langue comme dans la société.

Objectifs et justifications théoriques

Le sujet me tient à coeur, j’ai déjà écrit plusieurs posts à ce sujet. La bibliographie est très vaste, mais je ne veux pas trop m’attarder ici sur l’aspect théorique de la question. Je cite quelques travaux de référence à la fin de ce billet.

Pour commencer: quel est le problème? Le problème est que, en français, l’homme est considéré comme l’être humain par définition et la femme comme l’exception. Quelques exemples:

– Un groupe peut être constitué de 99 femmes et 1 homme, il est cependant admis que l’on s’adresse à ce groupe en disant « Merci à tous d’être venus ». On apprend aux femmes qu’il est normal que le féminin soit inclus dans le masculin; c’est pour cela que les féministes parlent d’invisibilisation du féminin. Imaginez deux secondes qu’on fasse l’inverse: ces messieurs se sentiraient certainement privés de leur virilité. On l’apprend dès l’école primaire: « le masculin l’emporte sur le féminin ». Il s’agit apparemment d’une manière anodine de décrire le fonctionnement de la langue; ce serait oublier que la langue est un produit culturel et a donc une histoire. La primauté du masculin sur le féminin s’est imposée au XVIIème siècle et a été justifiée ainsi: « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte » (Abbé Bouhours, 1675) ou encore: « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Beauzée, grammairien, 1767 – références ici).

– Le terme « hommes » peut désigner un groupe d’êtres humains, quel que soit leur sexe; le terme « femmes » ne désigne que les êtres humains de sexe féminin. « Homme » peut donc avoir un sens spécifique (être humain de sexe masculin) et un sens générique (être humain tout court). Le mot homme vient du latin homo, qui signifie « être humain », l’homme de sexe masculin étant vir (qui a évidemment donné viril). Dans Le Sexe des mots, la linguiste Marina Yaguello commente ainsi cette évolution:

    En fait, on a tellement l’habitude de voir le masculin « absorber » grammaticalement le féminin qu’on pourrait croire que le sens générique est second, alors qu’il est historiquement premier. L’homme a en quelque sorte « confisqué » symboliquement la qualité d’être humain à son profit. (…) Et c’est donc personne, grammaticalement féminin mais sémantiquement indifférencié, qui doit être employé comme terme générique. D’ailleurs, aucune femme ne dit jamais en parlant d’elle-même: « Je suis un homme. » En revanche, un homme peut dire: « Je suis une personne. »

– Les noms de métiers et de fonctions restent largement utilisés au masculin. Il semble donc normal à la majorité de dire « Madame le ministre » ou, pour ma mère, de se décrire comme « directeur des Ressources Humaines ».

L’identification de ce problème ne date pas d’hier. Hubertine Auclert demandait ainsi en 1898 si, pour faire pendant à l’Académie Française, « une élite féminine ne pourrait pas […] constituer une Assemblée pour féminiser les mots de notre langue, rectifier et compléter le dictionnaire, faire enfin que le genre masculin ne soit plus regardé, dans la grammaire, comme le genre le plus noble. […] L’omission du féminin dans le dictionnaire contribue, plus qu’on ne croit, à l’omission du féminin dans le code (côté des droits) » (Le Radical, 18 avril 1898).

Le lien entre invisibilisation (ou « omission ») du féminin dans la langue et dans la société paraît évident. En revanche, aucune féministe ne prétend que modifier la langue permettrait, de manière quasi-magique, de faire évoluer la société. Ce serait une position aussi naïve que l’argument ô combien de fois entendu: « il faut d’abord faire évoluer la société, la langue suivra d’elle-même ». La plupart des gens refusant que l’on « touche » à la langue ne sont pas d’immondes misogynes; leur problème, c’est que l’on révèle le politique dans leur langue, qu’on lui retire son enrobage « naturel » et qu’on mette en évidence l’idéologie qui y est à l’oeuvre.

Il faut donc féminiser la langue, c’est-à-dire mettre fin à l’invisibilité du féminin. Pour cela, plusieurs solutions sont possibles. Personne n’a jamais été forcé de les utiliser; au contraire, tout au plus les instances de pouvoir formulent-elles des « recommandations » ou des « directives » pour la féminisation de la langue, avec l’efficacité que l’on sait. En voici quelques-unes, telles que j’essaie de les appliquer dans la vie de tous les jours. Je parlerai ensuite d’une solution qui permet de dépasser le binarisme masculin/féminin.

Des solutions en pratique

Féminisation des noms de métiers et des titres: en voilà une qui ne devrait pas poser de problème, d’autant qu’il existe nombre de directives et rapports sur le sujet; pourtant les réticences restent très importantes. Rien n’empêche apparemment d’utiliser un article féminin avec le terme épicène « ministre », ou de parler de « directrice des Ressources Humaines », le terme « directrice » étant attesté depuis très longtemps. J’essaie donc de féminiser un maximum ces noms. Parfois cela pose problème: on ne sait pas très bien s’il faut dire « auteure » ou « autrice ». Le premier a ma préférence parce qu’il ne crée aucune différence à l’oral et la transformation est minime à l’écrit; le second est étymologiquement plus correct mais peu entendu et vous vous exposez donc à des commentaires. Les arguments contre la féminisation des noms de métiers sont bien faibles (si l’on excepte le neutre, que j’ai déjà évoqué): on vous dira que « c’est moche », que « ça fait mal à l’oreille », que c’est étrange. On vous dira certainement que ce n’est pas dans le dictionnaire; le terme n’y entrera pas tant qu’il ne sera pas rentré dans l’usage… L’argument le plus utile que j’aie entendu contre le terme « écrivaine » était que « ça rime avec vaine ». Et « écrivain » rime avec… L’absence de familiarité est le principal motif de ces arguments. Mais ce n’est pas parce qu’un mot est rare ou vous paraît laid qu’il ne faut pas l’utiliser; sinon, vous pouvez aussi refuser de parler de cucurbitacées, ça vous regarde.

– A l’écrit, au lieu d’employer le masculin universel, on peut aussi inclure délibérément le féminin dans le terme ou dans la phrase. Prenons l’exemple d’un email envoyé à un groupe d’ami·e·s: la solution « normale » serait de commencer en disant quelque chose comme « chers amis ». Vous pouvez aussi employer une conjonction ou une virgule: « chères amies, chers amis » (avec le masculin en premier ça marche aussi, mais il faut bien varier un peu…). Il existe également plusieurs procédés permettant d’inclure féminin et masculin dans la graphie (l’écriture) d’un mot. Illustration avec le mot « ami »:

    les parenthèses: les ami(e)s
    les tirets: les ami-e-s
    les points médians: les ami·e·s
    les majuscules: les amiEs
    la barre oblique: les ami/e/s.

L’impression créée par ces procédés peut varier. La parenthèse est à mon avis à éviter: mettre le féminin en évidence, ce n’est pas le mettre entre parenthèses… Les tirets fonctionnent de manière équivalente mais me semblent moins problématiques. La barre oblique est souvent lourde, surtout pour les mots au pluriel, mais elle reste la solution la plus claire pour des formes comme « instituteur/trice ». Les points médians sont de loin, quand ils sont possibles, ma solution préférée, car ils n’interrompent presque pas la lecture. Les majuscules peuvent poser un problème de compréhension pour une personnes non initiée (la première fois que j’ai rencontré cette graphie, j’ai cru qu’il s’agissait d’insister sur le fait qu’il ne s’agissait que de femmes).

Ces graphies peuvent paraître lourdes mais au moins elles évitent d’écrire le mot deux fois. Elles constituent de plus une prise de position claire, ce qui n’est pas pour me déplaire.

– Les pronoms de 3ème personne peuvent aussi poser problème. Avec des pronoms démonstratifs, on peut facilement utiliser un « et »: « celles et ceux ». C’est beaucoup plus difficile avec des pronoms personnels: il et elle, ils et elles…

– Il reste évidemment la possibilité (assez rare malheureusement) d’employer des noms et adjectifs épicènes (ne distinguant pas le masculin et le féminin), comme enfant, collègue, artiste, brave, magnifique… Ne reste plus qu’à féminiser le déterminant, si besoin est. C’est cette solution qui est recommandée par le gouvernement québécois

Problèmes rencontrés

Tout ce que je décris peut paraître difficile à faire, mais croyez-moi, ça devient une habitude. A partir du moment où l’on prend conscience du fonctionnement du masculin universel, ça devient même une nécessité.

Comme je l’ai écrit plus haut, certaines solutions et certaines formes peuvent poser problème. De manière générale, il me semble que la lourdeur est un sacrifice acceptable pour le but recherché, mais si elle peut être évitée c’est évidemment toujours mieux (par les points médians ou « et » notamment). Il faut de plus faire attention à être systématique. J’ai récemment lu un tweet commençant par « tous les manifestant-e-s »: bel effort, mais il aurait fallu aller jusqu’au bout et écrire « tou-te-s ». S’arrêter à mi-chemin n’a pas grand-sens.

Je rencontre aussi des problèmes dans ma pratique de l’enseignement du français à des étudiant·e·s britanniques. Maintenant que je suis tellement sensibilisée à la question, j’ai énormément de mal à employer le masculin universel en m’adressant à elles et eux (<-) ou dans les documents que je leur donne. Je dois cependant garder à l'esprit qu'on attend qu'ils et elles emploient les formes communément admises; de plus, je ne veux pas leur rendre l'apprentissage du français encore plus compliqué qu'il ne l'est déjà… Je m'arrange donc pour commencer mes mails par "chères étudiantes, chers étudiants" (ou encore mieux, "bonjour"), et pour employer des formes épicènes ou facilement féminisables ("Vous êtes français-e et vous écrivez au journal Bidule…").

Dépasser le binarisme?

Ces pratiques posent également un problème d’ordre théorique, dans la mesure où elles reconduisent voire renforcent le caractère binaire et contraignant du genre. Cela peut poser problème à tout un chacun, mais en particulier aux personnes trans*, à celles qui ne s’identifient pas à un genre déterminé, à celles qui conçoivent le genre comme un spectre plutôt que comme une alternative, etc. Ce n’est pas mon cas mais je regrette tout de même le caractère rigide de l’alternative masculin / féminin.

Depuis plusieurs années se développent de nouvelles morphologies (linguistiques) et graphies permettant de relâcher un peu ce carcan. C’est surtout le cas avec les pronoms de 3ème personne. On pourrait qualifier ces nouvelles formes de neutralisantes: elles ne sont pas neutres mais leur intérêt réside dans le processus de perturbation du genre. C’est le cas des pronoms personnels ille (au lieu de il et elle), illes, elleux (elles et eux), ou encore du démonstratif celleux. Certaines formes ne sont cependant reconnaissables qu’à l’écrit (ille et illes).

Je n’ai commencé à les employer que très récemment et je le fais très rarement, avec des personnes que cela ne risque pas trop de surprendre. J’y trouve de nombreux avantages: elles sont plus fluides et économiques, pourrait-on dire, que les procédés décrits plus haut; elles évitent, comme je l’ai dit, le binarisme du genre: elles le perturbent par la coalescence du masculin et du féminin au lieu de présenter une alternative. Surtout, j’ai été surprise par leur effet libérateur à l’écriture.

Les inconvénients me semblent négligeables. On pourrait objecter que ces formes peuvent poser des problèmes de compréhension; à l’écrit, cependant, il ne faut guère de temps pour comprendre ce dont il est question quand on rencontre une de ces formes pour la première fois, et on s’y habitue vite.

Plus encore que les procédés de féminisation, la neutralisation représente une prise de position qui n’est pas forcément facile à assumer dans tous les milieux. C’est sûrement l’inconvénient majeur. Mais, de même que les graphies féminisantes se répandent hors des milieux militants, peut-être que celles-ci n’y resteront pas cantonnées.

Cet article ne se veut pas du tout exhaustif. N’hésitez pas à le compléter en commentaire avec vos propres pratiques d’écriture!

AC Husson
Pour me contacter via Twitter: https://twitter.com/A_C_Husson

Quelques références:
Donzel, Marie, « Chèfe d’entreprise, vous trouvez ça laid? », blog Ladies and Gentlemen, 15 décembre 2012.
Houdebine, Anne-Marie (éd.), La féminisation des noms de métiers. En français et dans d’autres langues, L’Harmattan, 1998.
Michard, Claire, Le sexe en linguistique. Sémantique ou zoologie?, L’Harmattan, 2001.
Paveau, Marie-Anne, 2002, « La féminisation des noms de métiers: résistances sociales et solutions linguistiques », Le français aujourd’hui, 2002/1, en ligne: http://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2002-1-page-121.htm.
Yaguello, Marina, Les mots et les femmes, Payot, 1978.
Yaguello, Marina, Le Sexe des mots, Seuil, 1995.
Wittig, Monique, « La Marque du genre », La Pensée Straight, Amsterdam, 2007, p. 103-111.

+ En pratique:
Sur le site de l’Office québécois de la langue française, une « webographie sur la féminisation et la rédaction épicène;
sur Rebellyon, « Pourquoi et comment féminiser ses textes? »

240 réflexions sur “Féminisation de la langue: quelques réflexions théoriques et pratiques

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  2. Mme Pradalier Nicole, Je suis conquis par votre finesse d’analyse et votre connaissance de la langue, merci pour tous ces commentaires qui furent plus éclairant les uns que les autres.
    J’ai eu plus que mon salaire en vous lisant et moult perspectives se sont ouvertes à moi, MERCI, Merci et encore MERCI.

    (Vous parlez d’une oxymore, est-ce volontaire ?)

    • Merci pour votre commentaire et votre question aussi. Elle me permet en effet de repenser à ce moment où j’ai écrit « une oxymore ». J’ai volontairement fait le choix d’écrire « oxymore » et non « oxymoron » comme j’avais les deux images du mot en tête. Le féminin de l’article a glissé spontanément devant oxymore, avec une très légère conscience de transgression possible, à peine, à peine… Autrement dit, pour répondre à votre question « est-ce volontaire? » je dirais: « oui … et non » … J’aime aussi laisser la langue parler seule et à ma place, tant que l’information n’est pas tronquée ou déformée, puisque « oxymore » au masculin ou au féminin veut dire la même chose….

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  5. Le truc c’est qu’il y a tellement de choses à changer qu’il faudrait changer la langue complètement :). Pourquoi ne pas redémarrer de zéro ? le langage français continuera d’évoluer mais certainement pas dans la direction que vous désirez.

    Pour le « ceux et celles » <- pour un langage parlé il faudra aussi penser que les expressions pour être adoptées doivent être succinctes. Rajouter des expressions rallonge inutilement les phrases. "Française, français", ça fait bien au début d'un discours mais il faut penser aux textes plus longs qui font constamment référence aux nationaux et qui risquent de souffrir en lourdeur.

    Les ami-e-s. <- oui mais là encore le féminin devient OPTIONNEL, puisque la différence avec le masculin est l'AJOUT d'un e. Il faudrait un mot qui designe la personne sans genre (amics ?) ou de genre indéterminé, un autre mot qui désigne la personne de genre féminin (amins ?) un autre mot qui désigne la personne de genre masculin (amids ?) et enfin un autre qui désigne un groupe qui contient au moins un homme et au moins une femmes (amirs ?). Comme ça pas possible de faire de raccourci sans faire d'omission. (en latin, dont est tiré le français c'était le cas, amicus = mâle, amica = femelle). Il faut aussi penser aux gens qui ne se rapportent à aucun des deux genres majoritaires (Voir les ajouts de "Zhe", "Hir", etc en anglais).

    Il faudrait aussi supprimer les genres des choses qui ne peuvent pas en avoir. Comme une chaise, un tabouret.

    Les animaux devraient aussi être régularisés. Bien entendu, pour un Bos femelle on va dire vache, un Bos mâle on va dire taureau ou beouf etc. Mais le papillon pourra être mâle ou femelle, la grenouille mâle ou femelle. etc. Ce qui n'a aucun sens.

    C'est toute la base du français qui est pourrie.. Difficile de passer outre un redémarrage de zéro.

  6. L’anglais est parfois plus adapté d’ailleurs.

    Il existe de nombreuses chansons dont le sexe du narrateur/protagoniste est ambigu (parfait pour certains chanteurs in the closet). On peut dire People/Person sans référer à un genre, l’utilisation du pronom They, etc. Bon ce n’est pas suffisant puisqu’on a tout de même du proposer les sus-nommés Zhe/Hir, etc. Mais bon, le chemin a parcourir semble moins important.

    Les anglais ont aussi parfaitement adopté le Ms. (pas de statut marital apparent).

    • La richesse de la langue française est inépuisable et votre formulation le genre « des choses qui ne peuvent pas en avoir », comme vous dites, montre que vous confondez le sexe et le genre.
      Je dirai moi que « Toute la base du français est une merveille » et que c’est hélas les dictats académiques qui suivent le mythe de la femme issue de la côte de l’homme (ou de son côté) pour se persuader qu’il est premier dans l’histoire qui crée les incessantes polémiques et la croyance en l’incapacité de la langue de dire le monde dans sa diversité alors qu’elle a tout pour dire justement.
      Cordialement!

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  10. Bonjour,
    Je dois avouer que j’étais dans le cas des sceptiques, surtout à cause de la praticité d’une telle démarche, mais en lisant l’article je me rends compte que c’est aussi par paresse, et je me dis que certaines propositions ne sont pas très dur à appliquer au quotidien.
    Merci.

    • j’ai lu l’article de Bentolila qui est non seulement « à côté de la plaque » comme dit dans un commentaire mais erroné du point de vue de la langue. Les deux genres que sont le masculin et le féminin se répartissent harmonieusement en effet quand il s’agit d’inanimés pour lesquels le genre est arbitraire. Et que le masculin économique soit appliqué pour l’accord de ceux-ci n’est pas un problème, de même que l’on pourrait fort bien appliquer l’accord féminin économique aussi ou encore l’accord de proximité, ce qui se fait souvent aussi. L’important est de se comprendre et d’être compris·e.
      En revanche, quand il est question de sexe, c’est-à-dire d’êtres humains, la règle veut que le masculin renvoie au mâle et le féminin à la femelle. Point barre! et quand les deux coexistent il est évident qu’il faut trouver une troisième forme. Encore une fois, c’est l’académicien Nicolas Beauzée qui le demandait déjà en 1700, c’est le XXIème siécle qui l’a trouvé. Ne nous en privons donc pas!
      Mais la misogynie culturelle a fait un tel ravage dans les esprits que l’intelligence en a perdu sa raison!!!
      Quant aux journalistes, ils (ou elles) s’empressent d’inviter qui les rassure… Car oui! cela oblige à réfléchir d’écrire en faisant la distinction entre les êtres et les choses. ça les obligerait aussi à se renseigner pour savoir si dans tels pays, quand on parle des habitants, c’est un masculin exclusif ou bien un masculin qu’il faudra traduire sous la forme mixte qui inclut les hommes et les femmes.
      Et puis, ça oblige à différencier l’être humain de l’homme aussi. Ah oui! c’est un travail de la pensée. Et entre désir et paresse de penser, il faudra choisir.
      Hélas! la paresse a pris le dessus depuis si longtemps!

  11. Je suis justement un de ces défenseurs de la langue, mais je comprends votre logique et votre démarche, bien que je ne sois pas d’accord avec.

    Si la langue française emploi beaucoup le « masculin universel », elle est aussi truffée d’exemples de mots ou d’erreurs de langage qui nous font employer le féminin au lieu d’un terme qui soit neutre ou respectueux des convenances du français.

    Un exemple concret : les taures, plus connues sous l’appellation féminine « vaches », et dont on considère le mâle (le taureau) justement comme l’exception. Soit, ce type d’exemples est moins présents que ceux que vous dénoncez. Mais en toute logique, pour aller au bout de votre démarche (et autant par équité que par… neutralité ;) ), c’est une réforme profonde et complète de la langue française, à un tel point qu’on pourrait presque parler d’une nouvelle langue dérivée de l’actuelle. Autant se mettre directement à l’anglais, on gagnera du temps.

    Ensuite, admettons que votre volonté de réforme de l’usage du français aboutisse, que se passera-t-il ? Compterez-vous le nombre de noms communs masculins et le nombre de noms communs féminins ? Ma remarque paraîtra sans doute stupide à certains et certaines, mais c’est pourtant une suite logique à laquelle nous assisterions alors. Et si ce n’est pas vous, je suis persuadé qu’on découvrirait d’autres personnes prêtes à mener ce combat.

    Enfin, je rejoins le commentaire de Matt. J’ai pris la peine de relire l’article après avoir lu ceux qui lui répondent, sans comprendre ces derniers… A mon sens, ou l’on neutralise absolument tout en faisant du cryptocommunistes primaire par facilité, ou l’on accepte la langue telle qu’elle est, avec sa richesse, sa complexité, ses spécificités, ses nuances et ses imperfections (dont je vous concède l’existence sans mal).

    Pour moi, vouloir « neutraliser » la langue, c’est la porte ouverte à une novlangue et va à l’encontre de l’intelligence de celle-ci.

    • Il n’est pas question de neutraliser! qu’est-ce que ça veut dire d’ailleurs « neutraliser »? Vous évoquez le « masculin universel » mais il existe de la même façon le « féminin universel ». Le problème est que nombre de gens confondent le genre arbitraire et le genre objectif. Le genre arbitraire est très bien comme il est, avec sa capacité de se charger d’images que l’anglais n’a plus justement en s’étant débarrassé des genres. Mais il ne s’est pas débarrassé du sexe et la langue française n’a rien à lui envier de ce point de vue.

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  13. Bonjour Genre, j’aimerais savoir ce que tu penses de la féminisation des pronoms personnels de la première et deuxième personne du pluriel (nou.es, vou.es).

    • « Nous » et « vous » sont aussi féminins que masculins. C’est l’accord qui fait la différence. Nous sommes ravies (nous est féminin). Nous sommes ravis (nous est masculin). Nous sommes ravie.es (nous est féminin et masculin ou plus…). Idem pour vous.

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  17. Bonjour :)
    J’essaye au maximum d’utiliser une écriture inclusive. Mais une question me taraude et je peine à en trouver la réponse. En ce qui me concerne, j’utilise le point non médiant (je reconnais cependant que le point médian est plus joli, il faut juste que je le trouve sur mon clavier), mais en parcourant un autre article d’écriture inclusive, une question a été soulevée. Qu’en est il des logiciel de lecture à destination des personnes malvoyantes ?
    Si vous le savez, je serais ravie d’adapter mon écriture à cette règle !
    (et merci pour cet article très instructif)

    • C’est un problème, plusieurs personnes m’en ont parlé et je n’ai pas de solution… Je connais quelqu’un qui planche sur un logiciel adapté, si le projet aboutit j’en parlerai sûrement ici!

    • Bonjour Ludi,
      Le point médian n’est pas sur le clavier, il faut le chercher dans les symboles et donc l’insérer après écriture de tout le texte au féminin par exemple. Sinon il y a des raccourcis clavier qui ont été donnés dans ce blog par un ou une correspondant·e. Sous Windows par exemple c’est alt à appuyer en même temps que l’on tape 0183.
      Quoi qu’il en soit, aucun logiciel orthographique ne l’a encore intégré à ma connaissance c’est pourquoi les groupements de lettres qui utilisent le point médian sont toujours soulignés en rouge.
      Pour ce qui est du braille il semble que le point 5 pourrait être utilisé, mais il faut que je me renseigne plus avant sur le sujet.

      • J’aimerais bien savoir pourquoi vous persistez à répondre aux commentaires de cet article comme s’ils vous étaient tous personnellement adressés… Je comprends que le sujet vous tient à coeur, mais la plupart des commentaires me sont adressés, en tant (dois-je le rappeler?) qu’auteure de l’article et animatrice du blog…

        • Bonjour! C’est que tout simplement j’ai coché la case « avertissez-moi par email des nouveaux commentaires ». Donc je reçois en effet tous les commentaires visiblement depuis que j’ai déposé le mien et comme je travaille précisément sur le sujet, il est juste que je tienne au courant de mes avancées les gens intéressés, et vous par la même occasion.
          Nous avons d’ailleurs visiblement des connaissances communes, à savoir Julie Abbou.
          Et je pensais faire votre connaissance quand je suis intervenue sur ce sujet à leur invitation dans le cadre des ateliers Effigies qui se tiennent chaque mois à Paris. D’ailleurs je vous invite à la soutenance de ma thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication qui aura lieu à Toulouse le 25 juin 2015 à 14h. C’est précisément sur le sujet de ce que j’appelle « le genre commun » dans ce que j’ai nommé la « francographie ».
          Je suis étonnée que vous sembliez prendre ombrage de mes commentaires qui ne sont que des informations gratuites! Et si vous les jugez plus avancées que les vôtres, c’est juste que je suis sans doute beaucoup plus âgée et que je m’intéresse au sujet depuis beaucoup plus longtemps que vous puisque j’ai passé moi-même plus d’une fois l’agrégation en lettres modernes, que je suis certifiée de Lettres modernes, que j’ai le diplôme en didactique des langues délivré par Paul Rivenc en 1981 à l’université Toulouse Mirail et enfin que je me suis inscrite en doctorat de linguistique en 1983 après avoir présenté un DEA sur la syntaxe de Saint-John Perse.
          Pour ce qui est du genre en particulier, je m’en occupe officiellement depuis 2001 où j’ai communiqué au premier colloque sur l’Imaginaire Linguistique initié par Anne-Marie Houdebine. Mon article est consultable je crois sur internet. Son titre: « structuration de l’imaginaire à partir d’éléments lexico-sémantiques préexistant dans le domaine de la différenciation sexuelle en langue française » (p. 79-82) in L’imaginaire linguistique, A-M Houdebine (dir), L’Harmattan, 2002.
          Par ailleurs, j’ai communiqué également au colloque SILF de Lugo en 2007 avec le titre « Proposition d’actualisation de l’accord en français » et c’est après ma communication qu’il m’a été demandé un article pour la revue « La linguistique » qui a été publié sous le titre « Sexe et genre en français » (La linguistique, vol 46, 2010-1 (ou 2 je ne l’ai pas sous les yeux, mais il est consultable sous Cairn) Enfin un autre article m’a été demandé par cette même revue concernant mes travaux sur le sens du mot « homme ». Vous le trouverez dans le vol. 48 de cette même revue, 2012-2). Mais je ne vais pas vous faire là la liste de mes publications. Il faut en effet que je les rende publiques sur Hal. Je vais le faire dès que j’ai une minute pour ça.
          Je suis en tout cas très étonnée de votre réaction: j’avais cru comprendre que vous souhaitiez au contraire recevoir des informations!
          J’ose espérer que vous n’avez pas interdit la diffusion des informations que je donne. Sinon, je m’en voudrais beaucoup d’avoir fait référence à votre blog dans ma thèse et je vais de ce pas en gommer tout ce qui s’y rapporte. C’est donc moi qui demanderai des rectifications avant la diffusion de ma thèse. à moins que je décide de rendre public notre échange mais ce sera de toute façon une rectification à faire dans la rédaction à publier.

        • Rebonjour!
          Je relis votre commentaire et je vous signale juste que la publication et l’animation d’un blog ont pour objectif de rendre publics des débats et des informations. Et si vous voulez priver les personnes qui s’intéressent aux même sujets que vous d’informations plus actuelles, ne créez donc pas un blog accessible à toute la toile!

        • Mon commentaire n’était ni une invitation à développer votre CV, ni un moyen d’empêcher le débat ou le partage d’informations. Je vous signalais seulement que vous preniez beaucoup de place dans les commentaires pour promouvoir votre propre travail, ce qui n’est pas exactement la fonction première des commentaires de blog, justement.

        • « Promouvoir mon travail »!!!!! quelle idée! On ne juge les autres que d’après ses propres références. Vous m’en donnez là une illustration vibrante. Et enfin l’espace internautique est fait pour échanger justement. Vous payez donc l’espace de ce blog? Votre réponse là-dessus m’intéresse.
          Je pensais justement ce matin que je vous avais peut-être trop vertement répondu et que je voulais vous remercier d’avoir initié un blog sur le sujet qui me permettait d’entendre des questions inattendues.
          Pour avoir moi-même un blog, je sais que nous avons la main sur la publication des commentaires et je m’étonne doublement de votre réaction car, de mon côté, si j’avais le bonheur de recevoir des commentaires venant de personnes non seulement intéressées par les sujets que je propose mais également spécialistes du sujet, je serais loin de leur cracher dessus et bénirais au contraire leurs interventions. Car la place que prennent alors ces gens est bénéfique pour le blog.
          Mais votre réaction me prouve que vous êtes d’une génération qui n’a plus grand chose dans la cervelle. N’avez-vous donc pas compris que je suis justement de ces gens qui ne se mettent jamais en avant pour eux-mêmes mais toujours pour une cause. Allez-voir mon blog et vous comprendrez peut-être mieux. ça s’appelle « contre-la-precarite-et-le-sexisme.blogspot.com »
          Et juste je voudrais vous dire que même si j’avais été de ces gens qui souhaitent se mettre en avant, j’ai largement passé l’âge de cela. Et puisque vous m’obligez à en dire plus, sachez que ma position a été précisément à l’inverse de celle que vous dites. En effet j’ai refusé par trois fois au moins sinon quatre de me trouver en position de lumière. Je ne le regrette pas car lorsque nous restons dans l’ombre c’est que nous avons un travail de fonds à produire et que nous sommes rares à pouvoir tenir cette position.
          C’est drôle votre réaction me fait penser à celle d’un petit garçon. Allons, grandissez un peu!

        • Nous ne sommes pas si nombreuses ou nombreux à vouloir que les femmes apparaissent dans le langage alors je trouve dommage que des querelles viennent prendre le pas sur l’entente et le travail commun. Cela vaut pour toutes les parties car je trouve aussi intéressant de savoir ce que font et pensent les autres.

  18. Merci !! Je suis étudiante australienne et actuellement je me forme pour devenir prof d’anglais et du français (FLE). Je trouve cet article très informatif et intéressant, et je suis très contente de le trouver. Nous commençons (alors, plusieurs personnes commencent) içi de parler du sujet de genre et la langue, et j’essaie d’utiliser les formes de la langue anglaise qui privilégient la voix féminine (ou le neutre, comme c’est beaucoup plus commun en anglais). Par conséquent, je m’intéresse vraiment au sujet du genre dans la langue française aussi et j’ai trouvé que votre analyse est bien structurée et très forte, comme a dit quelques d’autres içi.

    Merci pour cet article bien détaillé, je vais lire plus de vos articles !

  19. Je passais par là, et même si ce n’est sans doute plus dans le feu de l’actualité de ton blog, je me suis dit que ça t’intéresserait peut-être : la théoricienne de la fiction américaine Marie-Laure Ryan utilise systématiquement le pronom « she » pour désigner « the reader ». Je n’en sais pas plus sur ce que ça implique, mais ça fait toujours plaisir.

  20. Pingback: Note sur l’emploi du langage épicène | Contra Omnes

  21.  » « Personne » a aussi l’avantage de nécessiter la féminisation de tout ce qui s’y rapporte… j’aime bien ça :D  »

    Pourquoi ne pas pousser votre logique de neutralité jusqu’au bout et dans le cas où vous utilisez « personne » détailler les adjectifs qui s’y rapportent? Par ex: « Les personnes convié-e-s ». Ridicule n’est ce pas? Voilà ce que je me dis chaque fois que je croise cette forme « éclatée » en « -e-s ».

    C’est là qu’on voit la limite de la volonté de « féminiser » la langue: in fine l’objectif n’est pas d’établir la neutralité (qui existait de facto avec le « masculin neutre ») mais bien d’imposer le féminin systématiquement. En quelque sorte une revanche sur le masculin?
    Cette vision bipolaire systématique est navrante. Lorsqu’on en vient à analyser une situation en fonction du sexe des personnes présentes plutôt que des idées, des personnalités, etc. il y a un véritable souci.

    Posez-vous des questions, le monde ne se divise pas en blanc et noir, en féminin et masculin :/

  22. Ce commentaire est affligeant, et vous confondez visiblement accord grammatical et accord référentiel. Il ne s’agit pas de féminiser l’accord avec des mots masculins, mais de féminiser les mots eux-mêmes, et, par ailleurs, d’en masculiniser d’autres. Les carcans représentationnels des noms de métiers non-féminisés valent pour les noms de métiers non-masculinisés. Le véritable souci est de ne pas comprendre qu’il ne s’agit pas de focaliser l’attention sur le sexe (d’ailleurs, merci pour la belle indifférenciation sexe/genre/genre grammatical), mais au contraire sur une prédominance du masculin, qui emporte avec lui la référence à l’être humain mâle.
    Si vous lisez attentivement le texte d’AC, vous constaterez que le féminin n’est pas systématisé, mais utilisé uniquement lorsqu’il est pertinent, c’est-à-dire dans le cadre de la dénomination de la personne.

    D’ailleurs, il s’agit plutôt de rééquilibrer la langue que de la neutraliser, puisque neutralisation impliquerait dépassement complet du genre grammatical (ce qui serait la meilleure solution, mais relève du fantasme).

    Enfin, est-il bien nécessaire d’employer cette langue du mépris, commentant une réflexion véritable par un exemple non-pertinent et une remarque encore moins pertinente à base de « ridicule, n’est-ce pas ? » ?

  23. « Cette vision bipolaire systématique est navrante. Lorsqu’on en vient à analyser une situation en fonction du sexe des personnes présentes plutôt que des idées, des personnalités, etc. il y a un véritable souci. »

    ça tombe bien Mat, c’est précisément ce que dénonce le féminisme ! Au boulot, dans les foyers, à l’assemblée nationale, dans la publicité, au cinéma, dans les jeux-vidéos, etc
    Sois le bienvenu ! :D

  24. Bonjour,
    Je souhaite rectifier l’erreur que quelques morts de l’académie ont laissée derrière eux. Le « masculin neutre » est une oxymore. Soit le mot est masculin, soit il est féminin, soit il est neutre, il ne peut pas être de deux genres à la fois, sauf à être masculin et féminin mais en ce cas, il n’est pas « neutre » mais « commun ».
    Neutre = ne uter, c’est ni l’un ni l’autre.
    Nous avons un pronom neutre en anglais avec « it » qui, en effet, peut être traduit en français par le « il » de « il pleut » par exemple ou « il y a » mais c’est une forme que nous disons « vide » et qui pourrait être assimilée à un « neutre » bien que nous l’ayons appelé « indéfini ». Mais il ne contamine pas pour autant le masculin qui se situe dans un rapport de binarité avec le féminin. « Il arrive » renvoie à un référent mâle (le facteur) ou un référent masculin (l’orage) . « Elle arrive » renvoie à un référent femelle (la factrice) ou un référent féminin (la pluie). Alors qu’en anglais, par exemple, she is coming ne peut renvoyer qu’à un référent femelle, de même que he is coming ne peut renvoyer qu’à un référent mâle. Pour parler de la pluie ou de l’orage, ce sera indifféremment « it’s coming » Et là, nous sommes bien en effet face à un neutre car, en anglais, « la pluie » et « l’orage » ne sont ni féminins ni masculins.
    Ainsi, c’est un « genre commun » que nous introduisons en faisant accorder avec le masculin comme avec le féminin quand nous évoquons par exemple « les invité·es »
    Bonne journée!

  25. La « forme éclatée » comme vous dites me dérange aussi. C’est pourquoi j’utilise l’unique point que j’appelle « d’altérité ». Cependant pourquoi en effet ne pas utiliser l’accord mixte y compris pour des mots qui serait grammaticalement d’un seul genre mais qui renvoie au sexe, si les deux sexes sont en présence?
    Et quand vous dites que « lorsqu’on en vient à analyser une situation en fonction du sexe des personnes présentes plutôt que des idées des personnalités, etc. il y a un véritable souci » avez-vous conscience que vous êtes justement en train de décrire la situation qu’a généré le masculin totalisant devenu « masculin totalitaire » et que si tant d’autrices ont dû prendre des noms d’hommes, c’est parce que les éditions ne les auraient même pas lues sous leur nom de femme. Et idem pour les peintres car oui, de nos jours encore cette situation existe. C’est justement pour en finir avec ce systématisme navrant qui n’est pas tant « bipolaire » que hiérarchique, que la nécessité d’écrire le genre commun s’impose.

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