Genre et Jeu vidéo (2) : Les femmes comme récompenses

Suite de la série inaugurée la semaine dernière par Mar_Lard. Vous pouvez lire sur le blog de sociologie Une heure de peine « Qu’est-ce qui fait qu’une image est sexiste? », une réponse à l’article de la semaine dernière (« Pour le plaisir des yeux masculins »).

Je vous signale également la tenue à Lyon, du 12 au 14 juin, d’un colloque intitulé Genre et jeux vidéo (hasard total – cliquez pour voir le programme).

Cet article contient des spoilers pour de nombreux jeux. Lisez avec précaution.

Le héros sauve la demoiselle en détresse, elle tombe follement amoureuse de lui, ils se marient et vivent heureux jusqu’à la fin des temps . Y’a t-il un scénario plus immémorial que celui-là ? Dans toute fiction contant l’histoire d’un personnage principal masculin (c’est à dire la grande majorité), le personnage féminin principal tient généralement le rôle de prospect romantique à conquérir. Au cours de ses aventures, le héros devra la charmer, l’impressionner ou la secourir pour s’attirer ses faveurs, après quoi il pourra pleinement jouir de son happy ending. Qu’elle soit le trophée principal de l’histoire (si l’objectif du personnage principal est de la séduire ou de la sauver) ou simplement une agréable annexe (si le personnage principal poursuit un autre but et que la romance est parallèle à l’aventure), la femme s’en trouve souvent reléguée à la fonction de récompense méritée par le personnage masculin, parfois parmi d’autres (liberté, gloire, richesses…)(1).

Évidemment les jeux vidéos ne dérogent pas à cette tradition ; ils comptent même parmi ses plus zélés défenseurs. En effet, le scénario est souvent considéré comme un élément annexe par rapport au gameplay ou aux prouesses techniques ; rien d’étonnant donc à ce que les créateurs se facilitent la vie en recyclant les vieilles recettes.

Dans la famille des jeux dont le scénario tient en deux lignes, il n’y a pas plus connu que la série des Mario. Voilà maintenant plus de 30 ans que le célèbre plombier doit régulièrement secourir son amoureuse, la Princesse Peach, après l’un de ses fréquents kidnappings. En récompense de ses efforts, il peut espérer un chaste bisou sur la joue (jeu tout public oblige) :

Apparemment, un simple baiser vaut même la peine de combattre ses alliés : si plusieurs joueurs délivrent la demoiselle en détresse ensemble dans les jeux multijoueurs Double Dragon et Castle Crashers, ils doivent s’affronter pour être le seul à remporter ses faveurs !

D’autres jeux ne prennent pas la peine de déguiser la nature sexuelle de la récompense. Dans le très vieux Defender of the Crown, voilà ce qui se passe chaque fois que vous secourez l’une des quatre damoiselles saxonnes (12:30 – 14:00)(2):

Parfois, des héroïnes puissantes et compétentes se retrouvent à jouer le rôle de la demoiselle en détresse pour fournir une motivation au personnage masculin. Dinosaur Planet, initialement prévu sur Nintendo 64 puis sur GameCube, devait mettre en scène deux personnages principaux jouables, un loup nommé Sabre et une chatte nommée Krystal, combattant ensemble pour sauver l’univers. Au cours du développement, Nintendo décida d’incorporer le jeu à sa franchise Star Fox (en le renommant Starfox Adventures) et donc de remplacer Sabre par le héros de cette série, le renard Fox McCloud. A cette occasion, le personnage de Krystal fut grandement modifié : transformée en renarde pour mieux correspondre au héros masculin, elle est jouable uniquement pendant le court prologue de l’aventure et passe ensuite tout le reste du jeu emprisonnée dans un cristal à attendre que Fox vienne la délivrer. Elle tient depuis le rôle d’intérêt romantique pour Fox dans le reste de la série ; son but initial, découvrir la vérité derrière la destruction de sa planète, n’est plus jamais mentionné.(3)

De l’héroïne active à la demoiselle en détresse

Dans d’autres cas, une femme semble soudain frappée de connerie galopante dans le seul but de donner au héros une occasion de la sauver. Final Fantasy VIII nous offre un superbe exemple : Rinoa, jeune fille normale et un peu gâtée qui intéresse particulièrement le héros Squall, décide tout d’un coup d’aller affronter seule la terrible sorcière qui terrorise le monde. Sans surprise, elle échoue, se fait hypnotiser puis attaquer par deux monstres, et ne doit la vie qu’à l’intervention du héros en dernière minute…(4) Tout au long du jeu, elle doit être secourue quatre fois en tout.

Même lorsque l’héroïne féminine est présentée comme forte et indépendante, il est convenu qu’elle succombera aux charmes du héros d’ici la fin du jeu. Dans Prince of Persia : Sands of Times, voici ce que pense le Prince de Farah, la vaillante archère qui l’aide dans sa quête : « Je pourrais l’épouser ! Elle est fille de Maharadja après tout ! D’accord, mon père a vaincu le sien, mais…elle est de sang royal ! Ça lui ferait du bien, insolente comme elle est. Au fond, c’est bien qu’une femme ait du caractère : c’est un défi ! C’est décidé : je l’épouse ! Je lui dis dès que je la retrouve ». En raison de quelques péripéties qui empêcheront Farah de se souvenir de lui à la fin du jeu, il ne pourra pas mettre son plan à exécution, mais ne vous en faites pas, il aura tout de même son baiser de récompense…quitte à le voler (6:45):

De toute façon, les deux finissent ensemble dans Prince of Persia : The Two Thrones. Tout va bien, l’honneur est sauf.

Pour des exemples plus classiques, il suffit de se tourner vers Uncharted(5), Heavy Rain, Metal Gear Solid, Far Cry…

Une femme peut même être littéralement offerte au héros en remerciement de ses actions, auquel cas son avis sur la question n’a aucune importance. Ceci est particulièrement courant dans les univers médiévaux, comme ici dans Shadowgate :

Dans le jeu Odin Sphere (2007), le roi Odin souhaite que le chevalier ennemi Oswald, un des personnages principaux, tue un dragon pour lui : après lui avoir promis sans succès un château et une lance magique, il lui propose la main de sa fille Gwendolyn, sur quoi Oswald accepte. Une fois le dragon tué, Odin remercie Oswald en ces termes : « Bien joué. Le château, la lance et la…troisième chose sont à toi. ». Gwendolyn est un personnage principal jouable à la psychologie complexe et une puissante guerrière Valkyrie, toutefois elle ne se rebelle ni contre son père ni contre son nouveau mari (« Je vous appartiens à présent. Si vous m’ordonnez d’attendre, j’obéirai »). Dans la version japonaise du jeu, elle appelle celui-ci « Oswald-sama » (Seigneur Oswald) tandis que lui n’emploie que son simple prénom. Gwendolyn est également convoitée par un autre personnage, le roi Onyx ; lui et Oswald s’affrontent pour sa possession, encore une fois sans que son avis soit le moins du monde pris en compte. Oswald lui assure qu’elle n’est pas un objet et qu’elle reste libre, toutefois il lui déclare : « Il me peine de te garder à mes côtés, connaissant tes sentiments conflictuels…Mais même sachant cela, je ne pu m’empêcher de te convoiter ». Gwendolyn se montre émue lorsqu’elle apprend qu’Oswald a tué un dragon pour la posséder, et commence à développer des sentiments amoureux pour lui qu’elle pense dus à un sortilège lancé par son père pour la forcer à aimer son mari (ce n’est pas le cas). Toutefois, la conviction que son amour est provoqué ne la dérange en rien, et elle se déclare à Oswald en ces termes : « L’amour n’est qu’une illusion de toute façon. Peu m’importe si ces sentiments sont causés par un sort…Je veux rester à vos côtés ». Oswald sait que de sortilège il n’y a point, pourtant il ne la détrompe jamais.

Bref, comment dire…(6)

Mais tous ces exemples ne différent pas vraiment de ce qu’on peut trouver dans d’autres médias. Non, la vraie particularité du jeu vidéo en la matière, c’est son interactivité qui lui permet d’offrir des femmes non plus au personnage principal mais directement au joueur. Un jeu fonctionne en effet sur le principe de récompense : plus le joueur est doué, plus le jeu le gratifie de points, de bonus, de trophées…qui prennent parfois la forme de femmes dénudées.

Le concept est particulièrement développé au Japon où la quasi-totalité des genres dispose d’une variété érotique. Le principe reste généralement le même : vous affrontez des jeunes femmes qui se déshabilleront un peu plus à chaque round que vous gagnez.(7)

Strip-Mahjong…

Strip-Duel magique…

…et Strip-Golf !

Mais l’idée de récompenser le joueur avec des femmes peu vêtues n’est nullement limitée aux jeux érotiques.

Certains commentateurs m’ont trouvé particulièrement sévère avec le personnage de Samus dans l’article précédent : j’espère que ce paragraphe éclairera pourquoi.

On l’a vu, l’héroïne passe la totalité des jeux Metroid en lourde armure de combat ; comment peut-on alors parler d’exploitation sexuelle du personnage ? C’est simple : finissez le jeu assez rapidement et la belle se dénudera pour vous féliciter. A l’époque de sa sortie (1986), le premier Metroid utilisa ce concept pour provoquer la surprise : le joueur doué découvrait ainsi que le guerrier de l’espace qu’il contrôlait tout au long du jeu était en fait une belle rousse en bikini.

Depuis, le sexe de Samus est de notoriété publique mais la série conserve le concept :

Parfois l’effeuillage vous est garanti si vous terminez le jeu, parfois il faut le mériter. Si vous mettez trop longtemps à finir Metroid Fusion, tant pis pour vous :

Il faudra mettre moins de 4h pour entrevoir le visage de l’héroïne :

Et voici ce qui vous attend si vous parvenez à finir l’aventure en moins de 2h :

Notez que le concept de découvrir à quoi ressemble le personnage principal qui nous a accompagné tout au long du jeu est sympathique en soi. Mais encore une fois, cette « humanisation » semble réservée aux personnages féminins (imaginez un Master Chief ou un Isaac qui dévoile plus ou moins de peau selon la vitesse à laquelle on finit Halo/Dead Space…) Et puis, une bimbo en bikini aux longs cheveux impeccables, sous une armure lourde ? Vraiment ?(8)

Bayonetta, dont nous avons aussi parlé dans l’article précédent, utilise un concept similaire : le costume moulant porté par l’héroïne est en fait constitué de ses propres cheveux, qu’elle utilise également pour attaquer. S’ensuit que plus le joueur réussit des attaques puissantes, plus elle se dénude…(9)

On retrouve cette idée « mieux tu joues, moins les filles sont habillées » dans de nombreux jeux qui proposent des costumes comme récompenses. Récupérez suffisamment d’emblèmes dans Resident Evil 5 et vous pourrez relooker Sheva, votre coéquipière policière :

Un autre exemple issu de Shadow Hearts 2 :

De manière générale, plus une « armure » est de haut niveau, moins elle est couvrante pour les personnages féminins.

D’autres jeux vous permettent de collectionner les femmes comme des trophées. The Witcher vous propose un grand nombre de personnages féminins à séduire au cours de vos aventures ; si vous parvenez à les attirer dans votre lit, vous obtiendrez son portrait érotique.(10)

Parfois, le système de jeu peut même vous inciter à jouer aux Casanova en vous accordant des bonus pour vos aventures sexuelles. Ainsi, Alpha Protocol vous récompensera en points d’expériences, ce qui peut vous permettre de gagner des niveaux en couchant. Persona 3 est un exemple beaucoup plus poussé : dans ce jeu de rôle, votre puissance dépend directement de vos relations sociales. Vous y rencontrez une variété de personnages avec qui vous vous liez d’amitié ; au fur et à mesure que vos Liens Sociaux augmentent, les monstres que vous pouvez invoquer au combat deviennent plus forts. Toutefois, tous les liens que vous pouvez lier avec des femmes sont obligatoirement de nature romantique…Vous devez donc manœuvrer pour séduire le plus de femmes possibles à la fois (un mécanisme de jalousie est inclu dans le système de jeu pour vous compliquer la tâche) afin d’obtenir les monstres les plus puissants possibles. Au niveau maximum d’un Lien Social, une relation sexuelle est sous-entendue avec le personnage concerné et vous débloquez un monstre bonus particulièrement intéressant.(11)

Voilà pour un petit tour d’horizon ; vous aurez constaté que le phénomène est massif et touche, une fois de plus, quasi-unilatéralement les femmes…L’industrie s’adresse encore et toujours aux mâles hétéros en priorité, et l’archétype de la femme-récompense reste un moyen simple et sûr de flatter leur égo et leur libido.

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1 Ce n’est pas le sujet de cet article, mais cette représentation médiatique des femmes comme récompenses méritées n’est pas sans poser problème : elle contribue à encourager une attitude masculine que les théories féministes nomment « sexual entitlement », ou « dû sexuel ». Pour résumer, il s’agit du sentiment de frustration développé par un homme qui ne séduit pas les femmes qu’il souhaiterait séduire, malgré son impression de les « mériter » (« Je suis un chouette type, pourquoi ne s’intéressent-elles pas à moi ? »). Cette frustration découle notamment du décalage entre la fiction dont il est abreuvé, où l’attitude et les actions du héros masculin lui assurent de recevoir son dû – la femme de ses rêves – et la réalité, où les femmes sont des êtres humains au libre-arbitre indépendant de tout « mérite ». Le sentiment d’un « dû sexuel » est à l’origine de plusieurs phénomènes : tout d’abord, une tendance pour les hommes à surestimer leur pouvoir de séduction, en convoitant par exemple des femmes beaucoup plus jeunes qu’eux ou en dédaignant systématiquement les « laiderons » pour ne s’intéresser qu’aux canons de beauté, quelle que soit leur propre apparence ; un mythe, « les femmes n’aiment que les connards », qu’on peut résumer par « les femmes couchent avec d’autres hommes mais pas avec moi, qui suis un chouette type » ; un autre mythe que les anglophones nomment la « friendzone » : « elle sait que je la désire et en profite pour m’extorquer des faveurs, mais elle se refuse à moi sous prétexte que je suis un ami », etc. Pour plus de détails, voir ici, ici ou encore ici (en anglais : à ma connaissance le féminisme français ne s’est jamais approprié la question) (^)


2 Si quelqu’un connaît une vidéo sans commentaires lubriques en allemand, qu’il me fasse signe. (^)


3 Et ce n’est pas tout…Dans les jeux suivants, Fox l’exclut de sa bande de mercenaires au prétexte de « la protéger », sur quoi elle rejoint la bande rivale et se met en couple avec un ennemi pour le rendre jaloux… (^)


4 La longue liste des clichés de RPG sur console, #136 : Egalité des sexes, 2ème partie. « Si un personnage féminin, dans un moment de colère ou d’enthousiasme, décide de partir et d’accomplir quelque chose toute seule sans le héros, elle échouera lamentablement et devra encore être sauvée. »(^)


5 Uncharted est un cas intéressant : le héros, Drake, rencontre deux femmes au cours de ses aventures. Avec la première, Elena, il flirte tout au long du premier jeu sans que cela n’aboutisse à rien; avec la seconde, Chloé, il a des relations sexuelles détachées durant le deuxième jeu ; finalement, c’est Elena qu’il épousera…Une dichotomie classique : salope avec qui on couche / femme respectable que l’on épouse. (^)


6 Notez qu’Odin Sphere est par ailleurs un jeu extraordinaire, un de mes préférés pour tout vous dire, aux graphismes sublimes, au gameplay original, jouissif et exigeant, et à l’histoire extrêmement travaillée. Étonnamment, par certains aspects il est très progressiste par rapport à la moyenne des jeux japonais (plus de personnages principaux féminins que masculins, des femmes en position de pouvoir et à la psychologie complexe…), mais cette partie-là du scénario reste pour le moins…dérangeante. (^)


7 Le site Sutorippu est entièrement dédié à ces jeux et en répertorie un très grand nombre. (^)


8 Pour citer un joueur masculin dans cet article (anglais) : « Bien entendu, maintenant que nous avons vu Samus dans sa Zero Suit, combinaison moulante ridicule qui ne laisse rien à l’imagination, il semble que plus personne ne veuille la voir dans autre chose. Une rapide recherche Google vous retournera plus d’images d’elle en Zero Suit que dans son costume traditionnel, et les recherches associées incluront « samus sans vêtements » et « samus sexy ». Maintenant que son sexe est bien connu, Samus n’est plus grand chose d’autre qu’une femme sexy de plus pour faire baver les nerds, et ça me frustre un peu. Bien que j’aime les femmes sexy (et les seins, bien entendu), je crois qu’il y a un vrai problème dans le fait qu’un personnage féminin soit presque toujours transformé en objet sexuel, ce qui se fait généralement au dépend de ses compétences et du personnage original. Tant que son sexe restait ambigu, ce n’était pas un problème ; depuis qu’il est connu, tout a changé. Avant la révélation : « Samus est le/la meilleur(e) chasseur/se de prime, aux nombreux accomplissements ; il/elle est formidable ». Après : « Samus est une femme super sexy aux seins énormes. Il se trouve qu’elle est aussi une formidable chasseuse de…Oh, on s’en fout en fait *bave* » »  (^)


9 Comme Samus, Bayonetta est un personnage qui fait débat : sexiste ou positif ? En effet, la sulfureuse sorcière utilise sa sexualité comme arme pour détruire ses ennemis ; d’objet de désir passif, elle devient sujet actif. C’est une femme puissante, autoritaire et totalement insoumise. Toutefois, elle reste conçue pour le plaisir du joueur masculin, plus particulièrement celui qui nourrit un fantasme de dominatrix : les costumes, les poses, les angles de caméras, tout est prévu pour qu’il puisse se rincer l’œil. Sous couvert de girl power, il s’agit sans doute du personnage le plus ultra-sexualisé de ces dernières années. Et comme à l’accoutumée, son alter-ego masculin Dante de Devil May Cry se bat très bien sans ouvrir les jambes… (^)


10 Pour une liste complète, voir ici. (^)


11 Dans une édition ultérieure du jeu, Persona 3 : Portable, vous pouvez jouer une femme ; pour elle, il devient possible de choisir entre romance et amitié pour chaque Lien Social masculin…Dans les faits, le personnage féminin est donc incité à choisir un seul Lien romantique (pour éviter le mécanisme de jalousie) et à entretenir seulement des amitiés avec les autres hommes, tandis que le personnage masculin reste obligé de devenir un bourreau des coeurs. (^)

42 réflexions sur “Genre et Jeu vidéo (2) : Les femmes comme récompenses

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  2. Il me semble que dans Heavy Rain, [SPOILER ALERT – SPOILERT ALERT – SPOILER ALERT] la protagoniste ne finit qu’avec l’un des autres héros que dans une variante… Celle où l’on choisit de faire coucher les deux ensemble au motel…

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  3. Au mon dieu maintenant j’imagine Dante se battant avec les jambe bien écartées et à moitié nu @(^o^)@

    Etant fan des jeux Mario (et surtout de la princesse Peach) je ne peux que te donner raison quand à son rôle de récompense qui tend à m’écoeurer. Et si on regarde les jeux où son rôle est un peu plus développé…
    Dans les Paper Mario elle est jouable mais est incapable de se battre (et si je me trompa pas chaque Paper Mario commence par son enlèvement).
    Je passerais sur les jeux de sports et les party games dans l’univers Mario (avec ou sans Sonic) où elle est aussi compétente que les autres perso (mais je pourrais en profiter pour critiquer sa sexualisation dans certains de ces jeux).
    Car ce qui m’énerve le plus c’est le jeu Super Princess Peach. Dans ce jeu la princesse est l’héroïne. Chouette ? Pas tant que ça. Ce qui m’a énervée dans ce jeu (et dissuadée de l’acheter) c’est que pour combattre Peach doive utiliser ses émotions, un des ses pouvoirs est donc canalisé par sa tristesse… et donc par ses larmes ! Genre c’est une fille donc elle va forcement pleurer si elle doit partir à l’aventure. Elle peut pas être forte ? A-t-on déjà vu Mario pleurer avant d’affronter Bowser ou l’un de ces monstres ? Ce qui m’énerve c’est pas tant qu’on voit Peach avoir des sentiments (et les utiliser pour progresser) mais car ça revoit le cliché des filles hyper-sentimentales alors que les mecs seraient de vrais héros capables de cacher leurs sentiments. Bref soit un mec ne pleure pas, si t’es une fille alors tu as le droit de pleurer, c’est « normal ».
    Les jeux qui m’ont fait aimer la princesse Peach sont les Smash Bros, là Peach se bat vraiment. Et encore même là il y a des bémols à faire.
    Au final je me demande pourquoi j’aime tellement ce personnage (je crois que c’est surtout parce qu’elle me porte chance).

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  4. En effet, l’industrie vidéo-ludique est avant tout pensée pour un public de mâles hétérosexuels. Ce à quoi on peut répondre qu’après tout, bien que les gamers femelles soient de plus en plus nombreuses, c’est un domaine où le consommateur est avant tout masculin. Il faut vendre et il se trouve que le « sexy » est un argument de poids pour arriver à cette fin. Ce caractéristique n’est pas moins applicable chez la femme que l’homme. L’omniprésence de ces images est dues avant tout à la principale clientèle de ce support.

    D’ailleurs, il est plus regrettable que ces clichés existent que l’équivalent masculin n’existe pas. Les jeux pensés pour un public féminin existent ( L’otome game par exemple. ) est l’unique changement étant l’inversement des sexes de la récompense et du récompensé. Cette relation n’est pas plus saine d’un côté ou de l’autre. Néanmoins, le jeu vidéo n’a pas la prétention de changer les mentalités, mais d’utiliser celles actuelles.

    A mon sens, le soucis tient moins de l’image de la femme que de la relation que les développeurs imaginent voulus par leurs principaux consommateurs. C’est quelque chose que l’on voit dans tous les médias. Ce n’est rien de plus qu’une image déplacée sur une nouvelle plate-forme.

    Est-ce dommage ? Oui. Bien-sûr. Mais surtout très révélateur de l’image que certains veulent voir ( Indépendamment du genre. ), c’en est d’autant plus inquiétant, car ça révèle à quel point ces images sont gravées dans l’imagerie culturelle. Les personnages ne sont guère plus que des rôles-reflets d’une idéalisation assez médiocre. Le jeu vidéo est un média pouvant se permettre de nouvelles choses, le besoin de vendre étant sa vraie limite, beaucoup plus que le manque d’ouverture des développeurs.

    Maintenant, je pense qu’il faut tout de même faire la part des choses, par exemple, Bayonetta est un jeu qui ne cherche pas à faire de la subtilité et est pensé et assumé en tant que jeu pour un public aux goûts « masculins ». Ce n’est pas en soi, un problème. Le jeu sexy a aussi sa place dans le monde vidéo-ludique, néanmoins, la création d’équivalents pour public féminin serait intéressant ( Ou mieux, une création sans cible précise où chacun pioche ce qu’il a envie. Ouais, je suis d’humeur idéaliste. ). Mais bon, dans ce type de jeu, c’est au moins compréhensible.

    Le problème est plus sérieux dans les jeux où les relations entre personnages se veulent fouillées. Les RPG est leurs flopées de princesses à sauver sont l’avant-garde de cette idée. C’est au final bien plus malsain de développer une idée machiste dans un soft qui se veut intelligent que dans un autre qui se veut et se sait crétin. Comparativement, c’est un peu comme si un gus que l’on sait cultivé se mettait à beugler des idées rétrogrades. Le rendu est infiniment plus pernicieux.

    Au passage, Samus a le cul entre deux chaises. Dans le fond, c’est un personnage assez pionnier ( La fille qui part occire elle même les aliens avec sa bi… Ha non. Son armure et son couteau. ) tout en étant réduite par moment à celui de vague sexe-symbole. Je me demande si Nintendo est conscient du gâchis qu’est ce personnage.

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  5. D’accord avec l’ensemble du texte, juste quelques remarques sur un jeu que j’aime beaucoup, Prince of Persia : Sands of time. Je suis pas trop d’accord avec ce que vous en dites, je pense justement que le scenario joue sur les clichés sexistes pour nous montrer comment le prince mûrit au cours du jeu et finit par rejeter la conception d’une femme-objet sans individualité.

    Le prince voit d’abord Farah comme une ennemie potentielle, puis une gêne, et ensuite effectivement comme une récompense : « C’est décidé, je l’épouse ! » Mais dans le dernier tiers du jeu il en vient enfin à la considérer et à l’admirer en tant que personne à part entière — et du même coup il prend conscience qu’elle de son côté ne se fie peut-être pas complètement à celui qui a envahi son royaume et qui l’a réduite en esclavage, sans parler de vouloir l’épouser ! Pour terminer l’épilogue nous montre un prince qui est assez amoureux pour essayer de voler un baiser, mais qui a fini par comprendre que non, décidément cette princesse n’est pas pour lui : ou plutôt, que c’est lui qui n’a rien fait pour mériter son affection.

    Maintenant c’est vrai que tout le jeu est présenté uniquement du point de vue subjectif et masculin du prince, et que Farah reste l’Autre dont l’intériorité reste inaccessible au joueur ou à la joueuse. Et comme vous le soulignez, les suites n’ont certainement pas été à la hauteur du premier jeu (Warrior Within, côté sexisme, ca fait pas dans la dentelle…)

    Sinon, en parlant de dénuder les personnages pour récompenser le joueur, le lent effeuillage du prince de Sands of Time au cours du jeu (ici une manche qui se déchire quand il tombe, là un pan de chemise arraché par un ennemi) est peut être une réponse ironique à la propension qu’ont les autres jeux de vouloir déshabiller leurs personnages féminins. En tout cas le garçon sensible que je suis apprécie beaucoup:)

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    • Oui, assez d’accord avec ça (étant moi-même une fan de Prince of Persia). Mais bon, ça m’avait effarée (voire plus qu’agacée) de constater dans la série de PoP à quel point Farah est un gros boulet qui n’arrête pas d’enchaîner les catastrophes et pousse le prince (qu’on est censé incarner) à la sauver (combien de fois je suis restée coincée dans une salle parce que Farah mourrait de sa faiblesse ou de sa maladresse). Alors ok, le but est de compliquer la tâche du joueur, mais comme par hasard, l’élément dont on se sert est une pauvre princesse même pas capable de tenir son arc correctement (alors que normalement, rappelons-le c’est censé prouver que c’est une super femme, loin de l’idée de la princesse passive)… Va chercher l’erreur…

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  6. Le rôle de Zia dans Bastion mériterait quelques éclaircissements…

    J’ai eu l’impression que l’accumulation de clichés la concernant (personnage statique, frêle, jouant de la harpe dans le Bastion pendant que le Kid part à l’assaut du monde extérieur, faisant la cuisine à l’occasion) s’associant peu à peu à son histoire personnelle désastreuse (c’est plus ou moins le personnage par lequel arrive la catastrophe, elle est naïve, ne comprend rien aux enjeux de son monde) et à son caractère peu enjoué (on découvre que derrière une façade énigmatique, c’est le vide, et un individualisme un peu crasse)… en font un « récompense » difficile à désirer !

    J’ai rarement vu ce genre de développement pour un personnage féminin dans un jeu.

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  8. Merci pour ce deuxième article. Je ne vais pas revenir sur Samus dont le cas demanderait des approfondissements (en gros, il me semble qu’il y avait une amélioration avec la série des primes – où on découvre surtout son visage et moins son corps de façon sexualisée – et un très violent retour de baton avec Other M, retour de baton d’autant plus fort qu’il est sexiste avec une sexualisation plus discrète). Il me semble qu’il manque un exemple important dans cette liste : No More Heroes, où la motivation essentielle du héros (dans le premier au moins) est de devenir le meilleur assassin pour se taper l’héroïne. Le jeu joue beaucoup sur le second degré et sur un message déconstructiviste assez intéressant en soi (je pense que le 2 est une réfléxion sur le rapport du joueur à la violence plus qu’un jeu à proprement parlé) mais quand même. Le plus inquiétant, c’est que j’avais trouvé un forum où un joueur demandait si le héros couchait effectivement avec l’héroïne à la fin. Lorsqu’on lui rèpondit « non » (en fait, c’est laissé dans le doute), il avait renoncé à acheter le jeu !
    Je pense qu’au-delà de l’anecdote se pose cette question : cette utilisation des femmes comme récompense fait-elle partie des motivations des joueurs ? Acheteraient-ils moins un jeu si ce genre de bonus n’était pas disponible ? Il est probable que non : Mario ne se vendraient pas mieux avec une option pour voir la culotte de Peach, Metroid n’aurait pas moins de succès sans les scènes de fin en maillot, Resident Evil ne serait pas moins un bon jeu s’il n’y avait pas d’option pour mettre des bikinis sauvages à ses partenaires. Alors pourquoi les éditeurs le font-ils ? C’est là une vraie question.

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  9. Dans NetHack, les personnages-joueurs masculins comme féminins peuvent obtenir de l’expérience (ou d’autres caractéristiques positives, et parfois négatives) en ayant des rapports hétérosexuels avec des succubus ou des incubus (suivant leur sexe).

    Précisons que NetHack se joue avec uniquement des lettres à l’écran, ou des petits pictogrammes: rien de bien affriolant.

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  10. Pingback: Genre et Jeu vidéo (3) : Des muscles et des couilles « Genre!

  11. Il y a un contre-exemple que j’aime beaucoup ici :
    http://www.girlgeniusonline.com/comic.php?date=20090320

    C’est assez amusant parce que dans cette planche, Gil (le garçon) réussit à la fois à démonter ce cliché et à exprimer l’exaspération du joueur. Pas mal de gens pensent aujourd’hui que Peach et Lois Lane sont des emmerdeuses qui passent leur temps à se mettre en danger.

    Oh, petite note en passant : avec des amis, quand on spéculait sur quel héros de DC allait être annoncé gay, mes amis ont insisté sur le fait que Billy Olsen est secouru par Superman encore plus souvent et promptement que Lois Lane. Si seulement ils allaient jusqu’au bout de cette idée.

    Donc, Gil explique que la fille en rose a toujours besoin d’être sauvée parce qu’elle fonce dans les pièges. Et il la sauvait toujours. Pourquoi ? Juste parce que personne d’autre n’en serait capable, et qu’il ne pense pas qu’elle mérite de mourir juste parce qu’elle est assez idiote pour se mettre dans ces situations. Au fond, c’est ça être un vrai héros.

    À part ça, elle ne l’intéresse pas comme conquête amoureuse (alors qu’elle est folle amoureuse de lui) : pour le sexe sans lendemain, il en a d’autres (je ne suis pas sûr si ce sont des prostituées), et pour une relation durable, il veut une fille avec qui il soit d’égal à égal, ce que n’est certainement pas une fille à sauver comme ça (la seule candidate possible est l’héroïne).

    Bref, je viens surtout de trouver un argument de plus pro-Girl Genius. Et malgré son statut d’anti-héros, Gil donne une belle leçon à pas mal de persos.

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  12. Pingback: Joystick : apologie du viol et culture du machisme « Genre!

  13. J’ai trouvé que cet article était assez intéressant, tant dans la pertinence des exemples que dans les explications de bonne qualité. Cependant, quelque chose m’a fait légèrement sourciller. Vous citez un jeu médiéval où la femme est « offerte » à l’homme en récompense, et ce, sans que son avis ne lui soit demandé. Cependant, il me semble qu’au Moyen-Âge, c’est effectivement comme ça que cela se passait. En effet, le mariage d’amour n’est apparu que courant 17eme siècle (et encore !). Certes on peut voir dans le jeu un certain machisme, mais on peut également y voir une idée de retranscrire une réalité. Généralement, à cette époque, l’avis de la femme n’était pas demandé, donc dans un jeu médiéval, cela me semble, je ne dirais pas « normal », mais « logique », afin de reproduire au maximum la réalité de cette époque.
    J’aimerai également soulever le cas de FFVIII (je suis une assez grande fan de ce jeu, pour tout dire, j’espère donc que mon avis ne sera pas trop biaisé). Le personnage de Linoa, justement après avoir été possédée par la sorcière et sauvée par Squall dans l’espace, décide justement par elle-même, de se rendre, et ce, malgré la contestation de Squall. Ce personnage n’est donc pas totalement « soumis » aux volontés des personnages de genre masculin. Et si vous regardez bien, le héros, assez taciturne au début, se laissera lui-même entrainé par l’amour éprouvé pour Linoa, se maudira pas mal de fois pour ça etc. Il n’y a pas que les filles qui peuvent ressentir un amour « concon » dans les jeux ! C’est assez rare cependant, je vous l’accorde. Ensuite, je vais sans doutes soulever quelque chose ici, mais toujours dans FFVIII, on trouve une femme forte, a.k.a Quistis. Certes, la prof blonde à lunettes avec un fouet, ça fait très fantasme masculin de la dominante, un peu comme Bayonetta, mais à un autre niveau. Cependant, dans ces deux personnages, j’ai toujours trouvé que le côté « femme forte et libre » prédominait sur le côté « personnage hypersexualisé ». Tout d’abord, justement à cause de ce qu’elles représentent. Elle se battent, et utilisent justement, dans le cas de Bayonetta, comme précisé plus bas dans votre article, utilisent les faiblesses des hommes à leur égard pour mieux réussir. De plus, pour le personnage de Quistis, elle se révèle comme assez autoritaire, mais pas non plus trop « castratrice », comme Bayonetta.
    Il y a également des références à certains jeux, comme Mario. Il est vrai que l’image du jeune homme qui sauve la princesse est assez dérangeante. Cependant, n’oublions que certains jeux mettent en action Peach, qui va sauver Mario ! Il serait dommage de l’oublier. De plus, au moment de la création de Mario, le public était, rappelons le, essentiellement masculin, ce qui peut expliquer certaines choses.
    Quant à Castle Crashers, j’ai réellement du mal à trouer du machisme là dedans. Bon certes on sauve des princesses, mais si vous l’avez terminé, ou si vous y avez joué, vous devriez voir que le jeu est essentiellement parodique, [ALERTE SPOILER] et la princesse à la fin est loin d’en être une…[/SPOILER]
    Autrement, je reste assez d’accord avec la plupart de vos exemples, il est vrai que tout le manège autour de Samus sans armure est assez consternant, bien que j’avoue avoir été assez surprise (agréablement) la première fois que j’ai vu l’image de fin de jeu. Mais mon côté de joueuse me dicte qu’elle est beaucoup moins puissante sans son armure, et donc, moins attrayante dans le jeu. (Vous prenez SSBB, elle se révèle assez inutile quand elle perd son armure…)
    Quant à l’exemple de Crystal, je pense que l’idée de Star Fox Adventures n’était pas tant de la minimiser. C’est elle que l’on maitrise au début, et elle est présentée comme une fille assez sûre d’elle, et défendant une bonne cause. Si elle s’est faite enfermée, c’est uniquement par effet de surprise, du moins c’est comme ça que je le vois. Et rappelons que sans son bâton, Fox aurait été bien dans la mouise. Enfin pour en revenir à mon point principal, je pense qu’introduire Crystal de ce jeu permettait surtout de faire la jonction entre les jeux où elle apparaît, et où Fox apparait.
    Voilà, voilà. Après tout ce que je viens de dire n’engage que moi, il n’est pas ici question de faire la leçon à qui que ce soit ou d’imposer mon avis. je pensais juste que certaines choses méritaient d’être nuancées.

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  14. C’est sérieux là ?
    Non mais…vraiment ?

    Première bourde : Squall n’est ABSOLUMENT PAS intéressé par Linoa. C’est justement tout le contraire. Elle lui colle aux basques en réclamant des miettes d’attention de sa part, et lui n’a qu’une envie, c’est qu’elle se casse de l’équipe.
    Elle a besoin d’être sauvée parce qu’elle ne fait que des conneries, et le but premier de chacune de ces conneries, c’est d’aider Squall, pour lui montrer qu’elle est utile, qu’elle sert à quelque chose, qu’elle mérite sa place dans l’équipe, et pour attirer son attention (« regarde, j’ai réussi à neutraliser les pouvoirs d’Edea ! Je suis forte hein ? Regarde-moi, remarque-moi ! » si ça avait réussi, ça aurait été ça, en gros).

    Deuxième bourde : Samus est UNIQUE, elle est une guerrière puissante et renommée évoluant dans un univers fictif. Elle travaille toujours en solo, et est toujours seule contre tous. C’est une héroïne.
    À l’inverse, Masterchief et tous les personnages que l’on contrôle dans des jeux comme CoD ne sont que des soldats lambdas, qui évoluent dans un univers ultra-réaliste et qui, contrairement à Samus, risquent la mort à chaque balle qu’ils se mangent. Ca fait quand même une sacrée nuance, et c’est plus que suffisant pour expliquer la différence de traitement entre ces deux types de personnages. Y a rien d’autre à dire dessus.

    Troisième bourde : sincèrement, tu vois un perso type Mario ou Link dans un jeu de guerre ?
    Faut rester cohérent deux secondes : on a ces types de persos dans les jeux de guerre/action justement parce que ce sont des jeux de guerre/action. Leur présence est totalement justifiée : on n’attend pas d’un soldat d’une armée d’un pays développé contemporain qu’il se batte avec un arc, une épée ou un lance-pierre, donc mitraillette et gros calibres obligatoires, parce que logiques. De la même façon, il serait totalement incohérent de voir Link se battre à coups de lance-roquette, dans un monde régi par la magie et où les seules armes à longue distance se résument à des boomerangs et des arcs.

    Dernière bourde (liste non-exhaustive) : quand on joue à un jeu dont le titre est God of War, on s’attend pas à contrôler un gringalet qui fait tournoyer une dague. Plutôt un mec qui mérite son titre de Dieu de la guerre. Et pour le mériter, ce titre, faut qu’il ait soit des super pouvoirs, soit une force herculéenne, soit les deux. C’est en ayant en tête Hercule et ses douze travaux que ce genre de personnages est créé : Hercule a mené des combats contre des personnages extrêmement forts et puissants, il est parvenu à faire un aller-retour aux Enfers, il a cueilli des milliards de pommes, tué un minotaure…dans l’inconscient collectif (et donc asexué), Hercule est un mec hyper baraqué. Donc c’est ce que doit un être le héros de God of War, point barre. Y a aucun machisme, fantasme ou je ne sais quelle autre connerie là-dessous.

    Sérieusement, arrête d’écrire des articles sur les jeux vidéo. Ta culture vidéoludique est inexistante, elle est pour ainsi dire aussi vide que tes idées sur le féminisme sont absurdes, ce qui n’est pas peu dire…

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    • ou ben là! non seulement tu nous écris un commentaire sans fond, plein d »évidences » faciles, qui ne répondent en rien ,aux problématiques de posées par l’article, sur la question des stéréotypes de genres, mais tu nous prouves que tu n’as pas compris grand chose à pas grand chose.
      L’auteure, est une véritable bible du jeu vidéo , doublée, ‘une femme intelligente qui réfléchi et s’intéresse à de nombreux sujets- et tu pourrais faire preuve d’un peu moins d’égoïsme en lui ordonnant d’arrêter d’écrire (t’es qui au fait, le nouveau dictateur du web? ) , parce-qu’il y a des gens que ça intéresse.

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  15. Article très intéressant, sur lequel je vous rejoins tout à fait. Il existe suffisamment de récompenses matérielles pour qu’on fasse de la femme un objet. Alors peut-être qu’un trésor, un pouvoir politique ou un accomplissement de soi parlera moins à un public que l’on définit forcément comme celui de l’ado hetero dont vous parlez dans votre article sur le fameux dossier Tomb Raider de Joystick.

    J’ai juste un petit point de discordance avec vous, et ce sur vos propos sur Prince of Persia. Alors oui, effectivement, le Prince dit qu’epouser Farah serait une bonne chose pour lui faire ravaler sa fierté. Mais je ne pense pas que cela fasse partie d’un parti pris sur la vision de la femme, mais plus de la personnalité du Pronce, personnage arrogant pour qui la gloire et l’honneur sont primordiaux et qui, durant toute la trilogie, ne pensent qu’aux autres que par rapport à ce qu’il peut en tirer. Dans Sands of Time, la sexualisation de la femme ne fait pas partie intégrante de l’expérience de jeu. Certes, il y a une scène relativement érotique, mais qui sert le scénario où le Prince, si sûr de lui, est dupé et entraîne une absence de récompense « féminine » à la fin du jeu. Tout en restant dans la saga Prince of Persia, je me serais plus attendue à une réaction sur sa suite, L’Ame du Guerrier, où la vision de la femme est purement répugnante. Dès les premières minutes du jeu, nous avons le droit à un boss féminin (de toutes façons, dans ce jeu, tous les boss sont des femmes) qu’on insulte copieusement à coup de « garce ! ». Et là, pour le coup, cette vision de la femme est complètement incorporée au jeu. Il existe deux fins : la mauvaise, où on tue l’Imperatrice, et la bonne, où si on a joué correctement, on peut ramener l’Imperatrice telle un trésor de guerre à Babylone en profitant, bien évidemment, de son corps. Dans les deux cas, la femme n’est que le réceptacle des pulsions du Prince et c’est au joueur de choisir, en fonction de son jeu, qu’est-ce qu’il en veut en faire.

    Ce ‘était qu’un point de détail, bien sûr, mais je pense qu’il était important à souligner ^^

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    • Que le héros injurie le boss féminin ne me dérange pas pour le sexisme de l’insulte, si ce boss était un mec je crois pas que l’insulte aurait été plus douce. Mais j’avoue que ça faisait un sacré choc après le premier où le prince s’autorisait juste à dire des trucs machistes dès que la fille était absente et se faisait mener à la baguette dès que Farah était là😛
      (et même s’il était volé, j’ai quand même beaucoup aimé ce baiser)

      Tout à fait d’accord avec la fin du jeu et le traitement de Kaileena par contre, dommage parce que sur le papier le personnage avait l’air plus profond (torturée entre le fatalisme qu’elle incarne en tant qu’incarnation d’un destin immuable, et malgré tout la volonté de s’en sortir à tout prix et s’accrochant au moindre petit espoir), dans la jeu pratiquement tout ça est passé à la trappe.
      Du coup il reste plus qu’un boss assez cool à affronter niveau gameplay, mais un personnage totalement raté. J’en retiendrais juste un artwork assez stylé (sexiste, certes, mais stylé quand même) …

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  16. « Et comme à l’accoutumée, son alter-ego masculin Dante de Devil May Cry se bat très bien sans ouvrir les jambes…  »

    => Eyh, si on regarde les trailers du prochain DMC apparemment le prologue Dante commencera à poil et regagnera ses fringues (avec des poses invraisemblables, mais classe à chaque fois) tout le long du machin. Avec des prétextes visuels assez riches en sous-entendus pour cacher les parts de l’anatomie pour le tout début quand même.
    Quand c’est une fille on la déshabille, quand c’est un mec on l’habille.

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  17. En fait, je trouve que le fait de montrer Samus sans sa combinaison gâche le mystère qui entoure le personnage et casse son rôle de réceptacle.
    Master Chief a su lui garder cette aura de mystère en n’enlevant jamais son casque face ç la caméra.
    (Cependant, le passage sans armure dans Metroid: Zero Mission était classe en terme de gameplay.)

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    • Certes, mais en contrepartie Masterchief n’a pratiquement aucune personnalité, même si les derniers Metroid Prime vont pas trop dans ce sens, Metroid Fusion développais pas ma le personnage.

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  18. En tant que grande fan des jeux Persona, je tiens à rectifier quelques choses, surtout concernant la note à la fin de l’article.
    Non, le personnage principal (masculin) n’est pas obligé d’être un bourreau des coeurs. Si l’on choisit la bonne option lors des dialogues, nos relations avec les autres personnages resteront amicales.
    De plus, « Dans les faits, le personnage féminin est donc incité à choisir un seul Lien romantique (pour éviter le mécanisme de jalousie) et à entretenir seulement des amitiés avec les autres hommes », cette phrase est complètement fausse. Il n’est dit nul part qu’il est préférable de n’avoir qu’une seule relation romantique. J’ajouterai aussi que, contrairement à la version « masculine » du jeu, les personnages masculins ici tombent forcément amoureux de l’héroïne (sauf quelques uns).

    Je sais que ceci n’apporte strictement rien à l’article, mais je tenais juste à rectifier, ne supportant pas vraiment de voir l’un de mes jeux préférés se faire descendre comme cela.

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    • Persona 3 est aussi un de mes jeux préférés. Donc je sais ce que je dis (et je ne le descends pas, je fais une observation).

      Vous confondez. Dans le jeu version masculine, la premiere version sortie, les Liens Sociaux feminins sont tous romantiques en nature. Donc, des lors qu’on fait plusieurs liens sociaux (et le gameplay y oblige) : bourreau des coeurs. Il n’y a pas d’option alternative « amitié » pour le perso masculin.
      La version féminine du jeu par contre, sortie plus tard, rajoutait des options de dialogues non-romantiques pour les Liens Sociaux avec persos masculins. Donc dans les faits on est effectivement incité a choisir un seul lien romantique (pour éviter les emmerdes jalousie). Ce n’est pas dit, c’est un effet incitatif du gameplay. Et non, les persos masculins ne tombent pas automatiquement amoureux de l’heroine : il faut choisir les bons flags dans leurs arbres de dialogue.

      En fait j’ai l’impression que vous avez inversé les deux:-) Mon article est correct.

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  19. très intéressant cette série d’articles, merci, et reflète assez bien mon drame personnel entre amour profond de la pratique du jeu vidéo, et féminisme.

    Quand j’ai commencé à jouer vers 10 ans, à Mario, j’avais l’impression de voler les jeux des garçon , mes copains me disaient  » mais toi t’aime les jeux de garçons », j’étais assez contente , au collège aussi , parce-que les garçons aimaient bien discuter avec moi:) j’avais l’impression d’être une fille super spéciale:) // à 15 ans Tomb raider! harcèlement de mes parent pour la PS (ils me l’ont détruite et humiliée ma Lara ,Confère autre article, et je le prends un peu perso quand même, c’est irréversible en plus)

    à l’époque, puisque je pensais « voler » les jeux des garçons, faire ma propre petite révolution, je ne m’arrêtais pas trop sur les aspects sexistes, j’avais l’impression d’être en plein empowerment, mais ça m’a pourri la cervelle quand même. Je me suis mise à dessiner, à la chaine des héroïnes aux gros seins et en petite tenue, c’était bizarre. J’ai compris des années après qu’en fait j’essayais de me réapproprier la féminité.

    J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qu’on aborde assez rarement finalement, c’est ce que veut le public. Je ne suis pas sure à 100% que les garçons, ont réellement besoin qu’on leur fasse des héroïnes hyper -sexualisées (la preuve, Portal) , en tout cas au point de vue graphique/ l’établissement claire du genre, les rassure sur leur orientation sexuelle. Mais je ne suis pas vraiment sure, qu’il ne joueraient pas à un très bon jeu dont l’héroine serait une femme de 40 ans au crane rasé, et aux épaules larges ( bon moi je trouve ça sexy rien que d’y penser, mais je ne suis pas la cible il parait) . Aujourd’hui il y a le porno sur le net, si on veut voir un minou ou une paire de seins, des viols, des horreurs sans nom, ou des fétichismes du pied, il n’y a qu’un clic faire, et c’est gratuit en plus…je ne pense pas que du cul à tout crin dans les jeux vidéo, fasse réellement lever popol comme si c’était subversif, il faudrait faire une étude là dessus…

    Je pense que partout chez les créatifs, et sur tous les sujets, il y a un refus de la prise de risque, et du culot. On fait du cliché, à la pelle , de manière systématique. Et les héroïnes sexy cochonnes soumises même avec un « Desert eagle », sont un cliché. Je suis persuadée, mais vraiment, que même les ados , hétéros, blancs, sont ravis qu’on les sorte de leur routine visuelle, et demandeurs, surtout d’histoire qui les bluff(ent).

    Personne ne misait un copec sur Ripley ( Alien , au cas où…) , sur Sarah connor (qui a volé la vedette au Terminator, dans les esprits), Buffy , et même Tomb raider, était carrément culottés, et à l’époque le cliché c’était qu’aucun mec ne voudrait voir des femmes fortes à l’écran…et bien c’était faux! Ils ont adoré…et les filles aussi.

    Je suis sure, que le nouvel Opus de Tomb Raider aurait probablement mieux marché si en lieu et place d’une idée ultra clichée et convenue , de viol initiatique, on nous avait juste montré une Lara petite fille et sans seins, volontaire, insolente et hyper-active, qui se serait embarquée par jeu, pour une aventure en mode survival…ou une Lara de 40 piges explorant les ruines d’une planète Alien. J’en sais rien , moi , mais au moins un vrai parti pris créatif !
    conclusion: ma liste de jeux jouables s’amenuise, parce-que je fatigue maintenant, de tout ça, que j’étudie les problématiques de genre, que tout ça me saute à la figure, et me déprime, m’ennuie, me laisse sur ma faim, et fini par prendre le pas sur le plaisir de jouer. Vous avez gagné les quequettes !

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    • déjà ya pas de viol dans le nouveau Tomb Raider (contrairement à ce que l’article putassier de Mar_Lard essaie de faire croire, et le mec de Joystick dit qu’il est pervers parce qu’il est content d’endosser la peau de Lara pour souffrir avec elle (cf la fin de l’article de Joy), mais quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.

      et deuxio si tu veux des jeux qui ne soit pas ultra formaté, fait comme moi:) joue à Limbo, Super Meat Ball, the Journey, Braid et bien dautres😉 la scène indé du jeu vidéo apporte son lot de suprise, et certain blockbuster aussi (cf Stranger par ex ou Gunstringer récemment sur Kinect).

      ya l’Assassin’s Creed 3 aussi, Desmond, Altair ou Ezio ne sont pas des figures hyper machiste ce me semble. vC’est dommage de s’arrêter de jouer parce que quelques poignées de cons achètent des jeux viril formaté (call of si tu nous regardes ^^)

      Tu joues sur quelle machine oriane ?

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  28. Ca m’étonne que personne n’ait rebondi là dessus mais the witcher est un cas particulier et la plupart des gens qui le souligne ne semble pas avoir un jour touché la série.
    Les cartes amoureuses son très accessoire, on peut faire le jeu sans en voir une seule ou chercher au contraire à les collectionner. L’idée de ses cartes à collectionner vient sans doute du fait que Geralt, dans les livres, multiplie les conquête d’un soir. Que ce soit voulue ou non. Lorsqu’on a lu les livres, on prend plus ça pour un clin d’oeil humoristique que de simples cartes à collectionner.
    Par ailleurs, les personnages féminins ont beaucoup de personnalité. Triss (la première carte) est une combattante, elle est amoureuse du personnage et songe même à leur vie future. Elle a été introduite comme un personnage relativement fort, même si elle doit être sauver une fois, elle se bat au côté de ses compagnons.
    De même pour la carte de la vampirette, c’est une putain. Si on l’aide, on a le choix entre être récompensé en nature, en argent ou en objet. Et également elle se bat avec ses filles..

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