Une note en passant

Un peu de contexte: je suis en poste pour un an dans un college de Cambridge. Pour faire court, les colleges sont des lieux de vie et d’enseignement qui rassemblent chacun des étudiants de plusieurs (voire toutes) les facultés. Je suis lectrice de français, c’est-à-dire que je donne des cours d’oral et de grammaire.

Ce n’est pas un scoop: Cambridge est une université conservatrice… Un exemple: cela fait cette année 40 ans que les femmes ont fait leur entrée dans l’université comme étudiantes en licence (« undergraduates ») dans des colleges mixtes. Et encore, pas pour tous les colleges: le dernier en date, Magdalene, n’a franchi le pas qu’en 1988; à la rentrée, des étudiants portaient un brassard noir pour accueillir les premières étudiantes. Ambiance.

Je déjeunais hier à côté du « Master » (directeur) de mon college. Très courtoisement, celui-ci me demande quel est mon sujet de recherche (je pense faire un doctorat); je réponds que je m’intéresse à la linguistique et aux études sur le genre (gender studies). Mon interlocuteur a d’abord compris « general studies », puis m’a demandé ce qu’on étudiait dans le cadre des gender studies: « le rôle des femmes dans la société, les transsexuels…? [petit rire] ». Deux objets d’études aussi exotiques l’un que l’autre, visiblement.

Je lui explique alors que je m’intéresse notamment à la question de la féminisation en linguistique. Comme il ne comprend pas, je donne un exemple anglophone: le mot chairman (président d’un comité, d’une entreprise). Explication pour les non-anglophones: ce mot est composé de chair (« chaise, fauteuil », « chaire ») et de man (« homme »). Le chairman est donc l’homme qui occupe le fauteuil de président. Que dire quand cette personne est une femme? Je lui énonce les deux possibilités que je connais, à savoir chairperson (qui évite de mentionner le genre) et chairwoman (genre féminin). Mon interlocuteur ajoute alors qu’on peut aussi dire Madam chairman, comme en français certain.e.s disent « Madame le président ».

S’ensuit alors une discussion, dont je suis exclue, avec son voisin d’en face sur ces multiples possibilités, l’usage que chacun préfère et d’autres exemples similaires. Le directeur se retourne alors vers moi pour dire:

« Well, I try not to worry about these things. » (J’essaie de ne pas me préoccuper de ces choses)

Fin de la discussion.

Et voilà pour mon sujet de recherche. Balayé d’un revers de la main: lui essaie « de ne pas [se] préoccuper de ces choses ». Pourquoi donc le ferais-je? Ou plutôt, ce sont certainement des préoccupations de bonnes femmes… J’en suis restée bouche bée. J’ai aussi trouvé ça très drôle: c’est tellement énorme, tellement méprisant, tellement involontairement révélateur que j’ai été prise d’un fou rire en sortant.

Oui, j’essaie de me préoccuper de ces choses, en espérant qu’un jour tout le monde (sur la planète des bisounours) comprendra l’intérêt et la nécessité de le faire.

AC Husson

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39 réflexions sur “Une note en passant

  1. Faut bien avouer, ce n’est que depuis que je m’intéresse aux gender studies que j’ai compris l’importance du genre des mots… et surtout que j’essaye de les utiliser correctement, même si des fois ça « fait bizarre » de féminiser ou de neutraliser des expressions courantes. De ce côté-là, les anglophones ont la partie beaucoup plus facile que les francophones.

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  2. Les mots sont importants ! Ne pas utiliser « tournantes ». Écrire « Directrice générale » sur sa carte de visite. Les exemples abondent. Et il me tarde de lire vos travaux.

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  3. Dans une situation à peu près similaire (j’envisage aussi de me diriger vers la recherche et continuer mes travaux sur le gender studies), le pire c’est que ça ne m’étonne même pas. Je m’éloigne un peu du champ universitaire : j’entends régulièrement que les positions du ticket Romney/Ryan (sur les femmes, mais aussi sur toutes les minorités) ne sont pas « si graves » ou « pas si inquiétantes que ça » ou « pas tellement importantes. » L’économie, ça c’est un vrai sujet, tu seras gentille de laisser les grands parler.

    C’est dommage, je n’ai pas l’intention de me taire…

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  4. Ca me rappelle la dernière en date : je présente mon sujet de recherche (de master) au début de cette année au cénacle -exclusivement composé d’hommes- qui doit le valider. Parmi eux (donc), mon futur (co-)directeur de recherche, je ne citerai personne mais actuellement, il remplit aussi la fonction de président d’une des universités les plus prestigieuses de Paris…
    Mon sujet porte sur une peintre de l’avant-dernier siècle, d’où cette remarque -hallucinante, de la part de ce grand homme au professeur, plus jeune qui lui, se charge du suivi pédagogique : « Eh bien! Ca et -sujet sur une autre peintre- l’année dernière, mais enfin c’était un travail très sérieux…mais je ne sais pas ce qui se passe, avec les nouveaux maîtres de conférence, on a des sujets, comme qui dirait (il cherche le mot, et attention), très chi-chiffons-fons… » Enorme envie d’éclater de rire, je me suis retenue mais à chaque fois que j’y repense, j’en ris, c’est tellement énorme. En lisant ton histoire, j’ai vraiment reconnu la même façon d’utiliser des termes volontairement péjoratifs, méprisants (et même d’en inventer!) pour des sujets qui, aux yeux de ces universitaires, n’ont visiblement pas d’intérêt majeur, le petit côté, ce n’est rien d’autre que de la popote de bonne femme ; oui, mieux vaut en rire.
    Bon courage, moi je pense que ton sujet est simplement passionnant 🙂

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    • Incroyable… L’anecdote est effectivement très similaire! Je la retiens, c’est un exemple frappant pour illustrer ce qu’est le privilège. Sur quelle peintre travailles-tu?

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  5. Il aurait fallu lui donner l’exemple de PM Julia Guillard… http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/10/femmes-politiques-feministes.html

    Manifestement, vous ne l’avez pas pris par le bon bout. Il vaut mieux parler sexe.

    En tout cas pour ma part, je goûte plus les « études féministes » que les études de genre, même si les secondes se disent en premières. Genre humain. Et le sexe n’étant pas que construction sociale, ce que l’on l’oublie un peu vite. Quelques éléments sur la dangerosité du « gender » & avatars. http://beyourownwomon.wordpress.com/2012/07/31/le-genre-tombeau-des-femmes-mort-du-feminisme/

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    • La « dangerosité du gender »… vous me faites rire. Je vous laisse en discuter avec Christine Boutin, vous employez les même termes. Le blog que vous citez à ce propos (et que j’ai déjà parcouru) ne démontre rien d’autre que son absence de rigueur intellectuelle et sa transphobie.

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      • Quel argument choc ! Quel humour ! Les mots n’appartiennent pas plus à cette personne que vous citez et qui n’est sûrement pas de ma famille, pas plus d’ailleurs que les mots ont le droit d’être pris en otage par vous même si vous vous preniez pour une linguiste.

        Pour une étudiante en master (il vous reste donc huit ans « à tirer », qui je vous le souhaite, vous mèneront à des méthodes plus éprouvées et à une méthode plus certaine), ignorer que l’on se doit de critiquer toute théorie, est plus qu’une faute de goût. Il n’y a pas qu’à Cambridge que vous vous ferez prendre pour partie négligeable, et non pas parce que vous êtes une fille, que vous prenez en alibi.

        De plus, si vous vous permettez comme une goujate d’interdire que quiconque fasse jeu de mot… Phobos n’est pas loin.

        Après le mauvais genre et la condition féminine, voici que les libertariens veulent nous imposer le genre féminin ? Révisez les pièces d’académie et vous pourrez y lire qu’il n’y a qu’un genre humain.

        Démultiplier uniquement en faveur des désirs masculins personnels et individuels, ce sera au détriment des Droits de la Femme ; cela vous est égal, mais bien grand vous fasse, continuez à leur faire des cadeaux.

        Pour ma part, je préfère m’intéresser aux misères des femmes, innombrables, détournées, comprimées, étourdies, opprimées par les coutumes patriarcales et désormais par les exigences filiales des garçons – Père & fils confondus, avanti, les femmes les gênent toujours autant.

        Les conservateurs sont ceux qui gardent les privilèges du mâle- Soyons logique, il est facile de distinguer qui l’est et phallocrate en sus http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/01/definitions-feminicides.html

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        • Je ne faisais pas de l’humour, je vous faisais remarquer que vous employez le même vocabulaire qu’une femme politique qui n’est pas exactement en pointe dans la lutte pour les droits des femmes. Alors que vous, si, bien sûr.

          Quant au reste de votre commentaire, j’y répondrais bien s’il était plus clair, mais en l’état je n’y comprends rien. A part ceci: vous venez d’abord m’expliquer que je n’ai bien sûr pas répondu ce qu’il fallait à ce type, alors que vous, évidemment, auriez su quoi dire. Vous venez parler de la « dangerosité du gender » sur un blog consacré au genre, et cela sans argumenter bien sûr. Et maintenant je suis une libertarienne goujate complice du patriarcat. Ah, et une idiote, que personne ne prendra au sérieux. C’est tout? Ou vous voulez en rajouter encore une couche gratuitement?

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    • Merci, j’avais déjà remarqué que malheureusement vous ne faisiez pas de l’humour.

      Je ne vous prends pas du tout pour une idiote. Votre susceptibilité vous aveugle comme cela a été le cas dans votre petit échange avec ce master de college.

      J’ai juste avancé que vous manquiez de méthode, et que cela ne facilite pas la tâche lorsque l’on fait des études supérieures et la leçon aux profs.

      Et non au risque de vous décevoir, je ne discute nullement avec le vocabulaire ou cette personne qui m’est totalement étrangère. Pourquoi essayez toujours d’amalgamer, vous croyez que l’on est pas capable de penser par nous mêmes, celles qui trouvent que les théories du genre sont l’impasse, si ce n’est pire. Ou on n’a pas le droit de le dire ? Et il faudrait que je me justifie ? C’est vous qui êtes drôle.

      Mais ces fous éclats de rire ne me feront pas passer ni chez les moralistes à la papa, ni chez les néo moralistes.

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      • Je manque de méthode, je fais la leçon aux profs. Encore des commentaires gratuits et faits pour blesser. Je n’ai pas du tout l’intention de me justifier auprès de vous, et à l’avenir épargnez vos leçons de morale, merci. J’ai laissé passer vos insultes une fois mais ça ne se réitèrera pas.

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  6. mais voyons, à son âge il a autre chose à faire que de se préoccuper de ça, c’est d’une évidence….déconcertante. La splendeur de Cambridge en prend en coup juste à cause de ces paroles (même si cela ne m’étonne pas vu le conservatisme de cet établissement). En tout cas, j’aime bcp l’idée de la linguistique comme thème de doctorat. Quoi que tu choisisses, good luck

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  7. Ah oui et au fait, les mots étant très importants, il n’y a aucun doute… en place de « tournantes » pour être bien précises comme attendu constitutionnellement, ce sont des

    « viols en réunion féminicides aggravés »

    dont il s’agit lorsqu’il est question de jeunes filles violées et harcelées moralement pendant plusieurs années par plusieurs agresseurs. http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/01/definitions-feminicides.html

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  8. Pingback: Une note en passant | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it

  9. Pingback: The Global Sociology Blog - The Convulsions of Multi-Institutional Legitimation Crisis

  10. C’est quoi exactement ton sujet ? J’ai l’impression qu’on a à peu près le même … et qu’on va se battre pour un poste en linguistique. Du coup, j’ai peur. Un peu beaucoup.

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    • Mais mais mais, je croyais que c’était pas pour toi la recherche? (c’était pas pour moi non plus ;-))
      J’ai 2 ans avant de commencer ma thèse, une éternité (année sans solde + 4ème année). Du coup je n’ai pas encore de sujet précis. La féminisation m’intéresse mais aussi, au-delà, ce que deviennent les « inventions » féministes (lexicales, graphiques, morphologiques) quand (si) elles passent dans la langue commune. Mais il y a d’autres sujets que j’envisage, la masculinité dans la publicité, par exemple… J’espère qu’on ne sera pas en concurrence parce que je n’ai pas de master en linguistique, moi /o\ d’où l’intérêt de ces deux années pour essayer de rattraper mon retard. (j’te DM)

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  11. L’individu qui vous a répondu cela reste stupide (ou en tout cas manque de curiosité et est trop sur de lui), mais cela peut être un problème de manque de contexte.

    Pour quelqu’un qui ne s’est jamais posé de question sur le machisme (allez, tiré de mon doigt mouillé, 75% des hommes facilement ?), et si on prend juste les conversations que vous citez, l’intêret est parfaitement invisible, puisque vous n’avez pas l’air d’avoir parlé du fait que les gens se comporte complétement différement selon les mots, qui si j’ai bien compris est l’intérêt d’étudier les féminisations des mots.

    Aprés, reste qu’un directeur devrait 1 – ne jamais tourner en ridicule les sujets d’études de ses employés, même s’il ne les comprend pas, ce n’est pas professionel et 2 – être curieux.

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    • Je ne parle pas d’une discussion dans un colloque mais d’un rapide échange lors d’un déjeuner… Donc non, effectivement, je ne lui ai pas exposé de A à Z les dernières recherches sur le langage et le genre. Ceci dit, je ne comprends pas ce que vous entendez par « les gens se comporte complétement différement selon les mots »: que selon qu’il/elle emploie un mot dans sa forme masculine ou féminine, un locuteur ou une locutrice agira de manière différente? L’idée me paraît vague et difficile à démontrer, et non, ce n’est pas là « l’intérêt » des recherches sur la féminisation. Cet intérêt réside (pour faire court), d’une part, dans la forme que prend cette féminisation (graphique, morphologique, etc.) et, d’autre part, dans l’adhésion ou les résistances qu’elle rencontre de la part des locuteurs et locutrices.

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      • petite contribution de psycho-socio :  » les gens se comportent différemment selon les mots » , c’est dit maladroitement , mais de nombreuses recherches tendent à montrer une influence des mots ,du choix des mots, du genre des mots, sur la perception de l’interlocuteur et de fait sur le comportement , les attitudes , les attentes …. que l’on nourrit vis à vis de l’interlocuteur , d’où un intérêt effectivement immense des études en linguistique dans les gender studies.
        petit exemple : un effet significatif sur la position de l’actant dans une tache de description de cible , selon que l’on emploi un pronom féminin ou masculin , un titre « féminisé » ou non … ( ou par exemple si l’on demande de noter une copie , ou d’évaluer la crédibilité d’une source , en faisant varier le genre dans l’énoncé)

        en fait ce sont des paradigmes assez bien maitrisés , et pas vagues du tout , c’est même assez passionnant !

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      • Désolé si j’ai donné l’impression de vous reprocher quelque chose, et merci pour clarifier ce sur quoi vous travailliez (j’ai trop supposé, et je plutôt dans l’informatique à la base)

        A propos de la proposition sur le fait que les gens se comportent différemment selon le genre des noms, j’ai lu (sur des revues de vulgarisations) que l’existence ou non du temp futur dans une langue changeait la capacité des gens à se projeter dans le futur, et qu’une peuplade n’ayant pas de mot pour droite ou gauche, mais des mots pour nord/sud/est/ouest était spontanément capable de retenir où était le nord en permanence malgré leurs déplacement. Partant de là, j’avoue que l’idée que le genre des mots a une influence sur le comportement envers les femmes paraissait logique.

        (et aprés explication, votre domaine d’étude aussi semble logique)

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        • Ah, d’accord, je comprends! C’est effectivement une idée séduisante et qui a été défendue à une époque par certains linguistes: notre langue déterminerait notre manière de penser et de concevoir le monde. C’est plus compliqué que ça, mais je vois le lien que vous faites avec le genre grammatical. Cela relèverait plutôt du champ de la psycho-linguistique. Je suis quand même assez dubitative: les recherches que vous évoquez concernent les outils conceptuels permettant de se représenter (ou construire) la « réalité ». Or ici, le problème n’est pas seulement les outils linguistiques dont on dispose (le genre grammatical) mais aussi comment on les conçoit et la façon dont on choisit de les utiliser. Je ne connais pas les études sociologiques que mentionne Oriane mais c’est certainement une question intéressante à se poser.

          Si la question vous intéresse et si vous lisez l’anglais il existe un livre « grand public »: Through the language glass, de Guy Deutscher (pourquoi le monde paraît différent dans d’autres langues). Je vous le recommande, c’est passionnant 🙂

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  12. c’est « décontenançant » comme situation ! dans ces cas là je fais un grand sourire et je demande très intéressée les yeux écarquillés  » ah bon? mais pourquoi essayez vous de ne pas y penser ?  » Parce-que visiblement ce monsieur exprime un effort particulier pour ignorer la question , et a peut être besoin qu’on lui signifie qu’il a le droit d’y penser 🙂

    J’aime aussi le coup du « chi-chiffon-fon » j’avoue que j’aurai pu rester muette , tellement c’est saugrenu et nul , dans un contexte universitaire— en tout cas ça illustre bien , que beaucoup d’hommes , même brillants, se coupent les connections neuronales , dès que « le féminin » est impliqué.
    Mais il est tout de même nécessaire à mon avis d’appliquer la discipline du  » mais pourquoi chi-chiffon-fon? » toujours avec le sourire bien sur- mais qu’il y a ait au moins une confrontation intellectuelle sur la question .

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  13. Donc je manque de rigueur intellectuelle et je suis transphobe. Merci donc de confirmer toutes mes démonstrations. Je ne puis rivaliser avec la dévotion au grand Dieu : le genre. Vous êtes politicophobe. Si si.

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  14. Je suis surpris par l’incorrection manifeste de ce collègue (sans doute encouragée par la jeunesse de son interlocutrice… et son genre) et non par ses sentiments.

    Il me semble assez courant que des chercheurs ou enseignants-chercheurs aient un certain mépris pour certains champs de recherche (sans forcément les connaître), qu’ils considèrent comme futiles, sans intérêt, « faciles », « bidons », « non scientifiques » ou encore mesquinement techniques. Les objets d’étude de ces champs sont perçus comme « exotiques » et même risibles.

    C’est en quelque sorte la version « high brow » de la réaction à l’annonce d’une thèse sur les chevaliers-paysans de l’an mil sur les rives du lac de Paladru.

    Mais, je vous l’accorde, d’habitude c’est plus poli.

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