Des hommes harcelés dans la rue

Huhuhu. J’imagine qu’un certain nombre de personnes auront ouvert de grands yeux en voyant ce titre (ou hurlé, sauté par la fenêtre, etc). Explication: l’article qui suit est la traduction d’un article paru sur le site feministe.us, écrit par Patrick Ryne et intitulé « Harassing Men on the Street ». J’ai essayé de rendre clair, dans ma traduction du titre et de l’article, le fait qu’on ne parle pas des hommes en général, mais de certains seulement; en l’occurrence, des hommes identifiés comme gays ou bisexuels, ayant vécu des formes de harcèlement dans l’espace public de la part d’autres hommes, gays ou hétéros.

Cet article m’a intéressée pour plusieurs raisons. D’abord, je n’avais jamais, jamais rien lu sur le sujet (mais peut-être que ça m’a seulement échappé, et dans ce cas, merci de me signaler les articles en commentaire!), alors que le harcèlement de rue lui-même a été largement évoqué dans les médias et sur la blogosphère féministe ces derniers temps. Dans le documentaire tourné par Sofie Peeters, autour du hashtag #harcèlementderue sur twitter, dans les nombreux articles publiés sur ce sujet, il est question du harcèlement de nature sexuelle dont les femmes font l’objet dans l’espace public. Un harcèlement fondé sur le genre, comme le rappelle l’article ci-dessous, où la personne harcelée est de genre féminin et le harceleur, de genre masculin. Le blog Une heure de peine propose une analyse sociologique de ce phénomène. Il est normal, et extrêmement important, de parler de ce harcèlement, surtout à l’heure où il a tendance à être banalisé ou non-reconnu commme tel. Les témoignages qu’on a pu lire dans la presse ou collectés par Hollaback montrent qu’il s’agit d’un réel problème, ancré dans notre société, qui concerne un nombre écrasant de femmes et met en cause les rapports de genre.

C’est justement du point de vue du genre, ensuite, que je me suis intéressée à la question du harcèlement dont peuvent être victimes les hommes gays et bisexuels. La question du genre ne peut se poser qu’en termes de rapports sociaux: rapports des hommes et des femmes, mais aussi rapports au sein d’un genre. Parce que les femmes font l’objet d’une forme d’oppression spécifique, qu’on peut appeler patriarcale, les études féministes et, dans leur sillage, les études sur le genre se sont surtout penchées sur la mise en évidence de cette oppression. Mais les études sur le genre ne sont pas des études sur les femmes: ce sont des études sur les rapports sociaux des hommes et des femmes. Le système du genre produit une bipartition hiérarchisée entre masculin et féminin et une relation dominants/dominées; mais au sein de ce système existent de multiples variations, de multiples autres frontières reposant sur la définition hégémonique du féminin et du masculin dans notre société. Ainsi, une femme perçue comme trop masculine ou un homme perçu comme trop efféminé ne rentrent pas dans cette bipartition et sont donc considéré.e.s comme anormales et anormaux (au sens étymologique de « hors-norme »). Cette anormalité est évidemment renforcée quand, à la question de l’apparence, se rajoute celle de l’orientation sexuelle.

L’orientation sexuelle peut être la cause d’une forme d’oppression distincte de l’oppression de genre, et qui doit donc être étudiée comme telle. Pour autant, cela n’aurait pas de sens si l’on ne reconnaissait pas les multiples intersections existant entre ces formes d’oppression. Cette question de l' »intersectionnalité » (traduction du concept d' »intersectionality » en anglais) entre différentes luttes n’est que peu évoquée en France; on peut en lire une bonne présentation sur le site du collectif féministe G.A.R.C.E.S.

Je sais bien que cela paraît évident à certain.e.s mais c’est loin d’être le cas pour tout le monde. L’article publié sur Feministe et traduit ci-dessous a provoqué de nombreux commentaires, généralement positifs, mais aussi des commentaires comme celui-ci (je traduis, là aussi):

« Pourquoi les conversations des femmes sur le harcèlement genré devraient-elles inclure les mauvais traitements subis par les hommes gays/bi? Pourquoi est-ce tellement à la mode, cette nouvelle forme de féminisme qui dit aux femmes qu’elles doivent moins parler de sexisme et plus de choses vaguement similaires qui affectent les hommes?

Pourquoi ce sujet est-il présenté comme une priorité sur un blog féministe? Cela me pose problème. »

Et la même, plus loin:

« Personnellement, je pense qu’aucun site féministe ne devrait jamais publier les écrits d’un homme, quel qu’il soit. Ils sont hors-sujet. Je suis choquée que cela soit controversé. »

L’auteur de l’article a publié une réponse à ces critiques sur un autre site. Je rejoins son point de vue: le problème de ce commentaire est qu’il traduit une vision caricaturale et erronée de la manière dont fonctionne la domination patriarcale. Tous les hommes ne sont pas privilégiés sur le même plan, et toutes les femmes ne souffrent pas autant de cette domination – SCOOP: il y a des femmes plus privilégiées que d’autres. Les femmes blanches, hétéros, appartenant à la classe moyenne connaissent l’oppression de genre, mais cela n’empêche pas qu’elles soient privilégiées par rapport à des femmes noires, et/ou lesbiennes ou bi, etc. De même, le fait que l’auteur de l’article soit un homme, et un homme blanc, n’empêche pas qu’en tant qu’homosexuel, il soit victime d’une forme d’oppression spécifique.

Une dernière chose: l’étude concerne le harcèlement spécifique vécu par ce groupe. Il n’évoque pas le cas des lesbiennes / femmes bi, auquel il faudrait consacrer une étude à part, dans la mesure où l’oppression de genre rejoint l’oppression liée à l’orientation sexuelle affichée.

Remarque sur la traduction: l’auteur emploie généralement l’expression « hommes gays ou bisexuels » pour désigner le groupe qu’il étudie. Afin d’éviter toute confusion, possible en français, entre « des hommes » et « des hommes gays ou bisexuels », j’emploie l’expression complète. J’ai coupé un passage qui concernait un grand sondage mené aux Etats-Unis. Les commentaires entre crochets et en italiques sont de moi.

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Alors que j’attendais le bus en allant au travail, un homme s’est approché de moi et m’a posé une question à propos des horaires. Puis il m’a demandé s’il me plaisait. Il me dit qu’il était hétéro mais couchait avec des hommes [« to be on the DL »: argot sexuel noir-américain], qu’il aimait ma voix et me trouvait sexy. Il me mettait mal à l’aise et je ne savais pas bien comment réagir. Il me demanda ensuite si j’aimais les grosses bites black et si j’aimerais voir la sienne. Son agression était malvenue et je mis un moment à le convaincre que je n’étais pas intéressé.

Une autre fois, alors que je marchais dans une station de métro, on m’a harcelé parce que je tenais la main d’un autre garçon.

Même si j’aimerais que ces incidents soient rares, ils ne le sont pas – et c’est une réalité pour de nombreux hommes perçus comme étant gays ou bisexuels.

On a beaucoup entendu parler dernièrement du harcèlement que connaissent les femmes dans la rue, d’un article sur la homepage de CNN.com à un sketch dans Saturday Night Live , et bien qu’il faille accorder encore plus d’attention qu’on ne le fait aujourd’hui au harcèlement, fondé sur le genre, des femmes dans la rue, le harcèlement que connaissent les hommes gays/bi est un sujet connexe qui mérite aussi que l’on s’y attarde.

J’ai fait des recherches cette année, dans le cadre de mon mémoire de Master à la George Washington University, sur le harcèlement dans la rue des hommes gays et bisexuels. J’ai interrogé 331 hommes du monde entier à propos de leurs expériences, et environ 90% d’eux ont dit être parfois, souvent, ou toujours harcelé ou traités de manière à ce qu’ils ne se sentent pas les bienvenus dans des espaces publics à cause de leur orientation sexuelle perçue – un chiffre bien trop élevé.

Mais le harcèlement des hommes gays et bisexuels est compliqué. Ils sont visés parce que ce sont des hommes et parce que leur masculinité est, dans certains cas et à des degrés variables, illisible. C’est une forme de violence qui prend place dans une société hétérosexiste, qui cherche à imposer les standards et comportement genrés traditionnels aux individus participant à une interaction publique.

Les types de harcèlement que les personnes interrogées ont vécus ont tendance à varier en fonction de l’orientation sexuelle du harceleur [j’emploie à dessein le masculin, bien qu’en anglais on ne précise pas le genre]. Ils ont répondu que c’était d’autres hommes gays ou bisexuels qui les sifflaient et les touchaient / les empoignaient d’une façon sexuelle, alors que des hommes qu’ils identifiaient comme hétéros se comportaient eux de manière différente, les klaxonnaient, les insultaient, faisaient des commentaires homophobes, coupaient délibérément leur route, ou les suivaient.

De nombreux hommes ont signalé modérer leur apparence en public afin d’apparaître plus masculins et d’éviter d’être harcelés. L’un deux a dit qu’il ne se sentait pas à l’aise en présence de mecs qu’il appelait « bros » (frères), même s’il n’avait été que peu harcelé par eux.

Voilà ce que je trouve si dérangeant à propos de cette forme de violence. Bien qu’elle se produise peut-être moins souvent que le harcèlement genré des femmes, les hommes gays et bisexuels y pensent quand même et, parfois, en souffrent terriblement. En fait, à peu près 71% des hommes ayant répondu à mon sondage ont signalé faire attention en permanence à ce qui les entourait quand ils évoluaient dans l’espace public.

De plus, 69% ont répondu qu’ils évitaient certains quartiers ou zones, 67% qu’ils n’établissaient pas de contact visuel avec d’autres personnes, et 59% qu’il leur arrivait de traverser la rue ou de prendre d’autres routes – tout cela, afin d’éviter un harcèlement potentiel.

Les femmes et les hommes ne devraient pas avoir peur d’aller faire leurs courses ou au travail, de prendre le bus ou le métro, et il est certain qu’elles/ils ne devraient pas avoir à prendre des mesures extrêmes comme changer de boulot ou déménager, simplement pour éviter l’attention non-désirée qu’elles/ils reçoivent dans l’espace public. Il s’agit d’un problème social majeur et il faut faire quelque chose pour le combattre.

D’abord, il faut intervenir quand on est le témoin d’actes de harcèlement en public et encourager plus d’hommes à s’exprimer à propos de ce problème, y compris quand ils sont harcelés. En s’exprimant et en partageant nos histoires, nous pouvons œuvrer en faveur d’une culture qui ne considère pas le harcèlement public comme le simple prix à payer quand on est une femme, ou quand on est perçu comme homme gay ou bisexuel.

Ensuite, il faut en savoir plus à propos du harcèlement de rue, un problème auquel on ne consacre pas assez d’études. (…)

Enfin, nous devons continuer à parler du harcèlement de rue parce que ça se passe ici et maintenant. Et ça se passe partout. Et il faut que tout le monde le sache.

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15 réflexions sur “Des hommes harcelés dans la rue

  1. ça n’est pas étonnant : au-delà de l’inégalité que subissent les femmes, c’est le féminin qui est dévalorisé. Et plus les personnes affichent du féminin, plus elles seront harcelées par ceux qui contiennent beaucoup de masculin

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    • C’est effectivement une manière de voir les choses, mais n’est-ce pas un peu réducteur? Je ne pense pas qu’on puisse ramener la question de l’orientation sexuelle à une part plus ou moins grande de masculin ou de féminin. Ce qui me pose surtout problème, c’est le fait de ramener cette forme spécifique de harcèlement à celui que connaissent les femmes: l’article prend bien soin de distinguer les deux. Etre discriminé.e en fonction de son genre, ce n’est pas la même chose qu’être discriminé.e en fonction de son orientation sexuelle (ou de la façon dont elle est perçue). L’intersectionnalité ne signifie pas que des formes différentes d’oppression se rejoignent en fait dans une oppression fondamentale, ce serait nier leurs différences et établir une hiérarchie qui va à l’encontre de ce concept.

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  2. Excellent article. Merci pour avoir traduit cette étude. En fait, ce sont encore les femmes qui sont visées à travers ces hommes. On en vient à penser que l’espace publique n’est pas réservé aux hommes, finalement, mais au MACHISME.

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  3. L’expression de la féminité n’explique pas tout : par exemple, il y a des femmes très masculines qui sont constamment agressées dans l’espace public. Plusieurs ami-e-s ayant ou ayant eu une apparence très androgyne, quel que soit leur genre social ou leur sexe, m’ont dit subir ou avoir subi de nombreuses agressions sexuelles.

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  4. Le chapeau m’a particulièrement intéressé, parce que beaucoup de gens confondent le féminisme avec le cas particulier de celle qui refusent l’intersectionalité (c’est une variante plus insidieuse du « les féministes veulent le matriarcat).

    Contrairement à Neozero, je n’ai jamais vu de prés ou de loin d’agression ou tentatives sexuelles envers les hommes d’apparence androgyne non homosexuels ; aprés ca peut être une question de classe sociale ou de milieu.

    Ma théorie personnelle, qui n’est pas celle d’un spécialiste, est que c’est une question de puissance supposée d’abord, qui est lié à la différence de perception homme / femme.

    Un homme hétérosexuel est censé être fort, donc les gens n’osent pas l’attaquer (sexuellement). Un homme homosexuel ou une femme n’a pas cette présomption. Cela se ressent dans mon vécu du racket : en temps qu’homme (mais d’une puissance physique relativement faible), je n’ai quasiment jamais eu de problèmes de racket. Une amie, qui était haltérophile et judoka, en a eu. Elle a arrété d’en avoir une fois qu’elle a assis une réputation de puissance (et, ironiquement, de butch lesbian).

    Là, on retrouve le même principe d’attaquer quelqu’un de faible, même si c’est basé sur sa féminité supposé ; et le premier témoignage montre bien que l’agresseur tient à mentionner son hétérosexualité parce qu’il considére que cela prouve qu’il est fort.

    Pour moi, ce n’est pas forcément la même chose que le fait de penser que les femmes sont inférieurs par essence : on peut être assez bien élevé pour ne pas aggresser les femmes, mais les mépriser quand même, et le probléme de harcélement des faibles va bien au dela des femmes parce qu’elles sont femme (même si je me rend bien compte que les femmes sont les premières victimes d’assez loin).

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  6. Article très bienvenu ! Pour ma part, même si je suis aussi parfois tentée de lire l’agression envers les hommes gays et bisexuels comme une dévalorisation du féminin commune avec le système d’oppression des femmes, je pense que ça ne suffit pas non plus.
    cf. il y a quelques jours les réactions des militants contre le mariage pour tous au « baiser de Marseille » de deux jeunes femmes, hétéros, pas du tout « marquées » lesbiennes, cheveux longs et petites jupes, que ces militants on trouvé « pas belles » et « dégueulasses ». Leur rejet se fondait bien ailleurs que dans le déplacement par rapport à comment est habituellement perçue « une femme », puisqu’elles rentraient assez bien dans cette image là…
    La grande différence entre l’oppression des femmes, et l’oppression des homos, hommes ou femmes, à mon avis, se place dans le rapport à la norme. Les homos sont agressés, opprimés, etc. parce qu’ils/elles ne correspondent pas à la norme, et à la majorité. La domination des femmes est au contraire particulière parce qu’elle ne prend pas pour victime un groupe minoritaire.
    Pour caricaturer, on cherche à enfermer les femmes dans une vision essentialiste, qui leur accorde un statut inférieur à celui de l’homme. On cherche à supprimer les homos. C’est pas exactement la même chose. Quand je dis « supprimer » (provocation ;-), je veux dire que globalement l’homophobie considère les homos comme une déviance, quelque chose de non naturel et quelque chose qu’on peut/devrait éradiquer, ou du moins contenir (le fameux lobby gay). Un tel discours est impossible sur les femmes qui sont justement reconnues comme une catégorie naturelle innée. Formes d’oppression différentes donc, à mon avis.
    Un sentiment de vécu, pour finir : en tant que femme lesbienne, je ne ressens pas du tout de la même manière les marques d’oppression liés à mon genre et celles liés à mon orientation sexuelle. Je saurais pas trop l’expliquer clairement, mais ce n’est pas la même forme de violence.
    Mais ce qui est sûr, c’est qu’on doit tout combattre ensemble !

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    • Je te rejoins là-dessus – j’ai été harcelée de tas de manières différentes, et la plupart du temps je sens immédiatement si c’est dû au simple fait que je sois une femme, ou si c’est que je suis perçue en tant que lesbienne.
      C’est un peu complexe et abstrait, mais pour simplifier, disons que le bon vieux harcèlement de rue va être très « blagounette grivoise », catcall, attouchements, drague pourrie, là où les comportements homophobes vont tout de suite être beaucoup plus agressifs, voire violents. Comme si d’un coup, je ne suis plus une femme qu’on espère sauter, mais une « chose » dégoutante, inatteignable au niveau sexuel, alors on s’énerve contre.

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  7. Article très intéressant, avec une étude qui permet en effet de rappeler qu’il ne suffit pas d’étudier l’oppression dont sont victimes les femmes, mais bien de reévaluer la définition du genre et les dynamiques qui le sous-tendent.
    D’un point de vue plus « américain », je dirais que s’il y a tendance, chez certaines féministes, de se méfier de ce que les hommes ont à dire sur la question de l’oppression et d’aller à l’encontre d’une intersectionalité féministe qui s’adresserait aux hommes, c’est souvent en réaction aux courants MRA (Men’s Rights Advocates) qui sont apparus au Canada, aux US, et autres pays anglo-saxons. Ces courants affirment que les hommes sont opprimés parce qu’ils sont des hommes et dépeignent les féministes avec les stéréotypes les plus classiques (harpies qui veulent mettre en place une matriarchie, etc.). Ils légitimisent leurs mouvements grâce à leurs intentions affichées – débattre de ce qu’être un homme aujourd’hui, tout simplement – et, chez certains, grâce à leur revendication d’intersectionalité (assez superficielle, en fait). Il va sans dire que bon nombre de ces MRA perpétuent en réalité une attitude violemment misogyne, ce que leur « diversité » n’arrive pas à masquer – « diversité » (racial, sexual diversity, etc.) qui d’ailleurs sert souvent à contrer toute critique du mouvement, sous prétexte que si l’on critique la misogynie d’un MRA gay, on est homophobe, etc.
    En fait, c’est toute la question du « mansplaining » qui est au coeur du problème: on ne tolère pas qu’un homme donne son avis sur l’oppression dont souffrent les femmes, mais on ne tolère pas non plus qu’il parle d’oppression tout court, alors qu’il est peut-être l’objet d’autres types d’oppressions. Du fait que certain(e)s n’arrivent pas à dissocier le genre de l’orientation sexuelle, par exemple, certains types d’oppression sont mis de côté.
    (Mais bien entendu, on a encore malheureusement des féministes qui refusent toute intersectionalité. J’aime beaucoup d’ailleurs la pancarte « My feminism will be intersectional or it will be bullshit, » qui résume très bien mon opinion de ces « féministes »-là.)

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  9. Après une soirée passé à me renseigner sur cette question, je me sens comme souvent convaincu mais dépourvu de moyen d’agir. Et même si j’étais témoin d’une agression, je pense que je serai trop lent à réagir.
    Une chose est dommage, c’est que ces intentions agressives empêchent de porter naturellement de l’attention à l’autre.
    Par exemple, lorsque je n’ai rien à faire, en me promenant dans la rue, si j’aborde quelqu’un ce sera louche. Si j’aborde une fille ce sera assimilé à un début de harcèlement (et ses expériences, lui donneraient raison).

    J’ai l’impression que c’est un peu moins le cas en Australie à Canberra (où je suis en ce moment) qu’à Paris. Les gens engagent plus facilement la conversation. Surement que les gens ont moins peurs. Peut-être parce qu’il y a moins de relous. Peut-être parce que les gens sont moins entassés, peut-être… mais on sort du sujet!

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  12. Ouin ouin j’ai des privilèges et si ça me donne plein de pouvoir alors pourquoi je peux pas l’utiliser comme d’hab pour prendre toute la place ?

    Un mec blanc universitaire, homo ou pas, si il se situe sérieusement et pas juste pour la forme [se situer : réaliser le pouvoir que nous donnent nos privilèges, et l’évaluer honnêtement dans chaque situation particulière] il ne vient pas chialer que parfois on ne lui donne pas la parole et que quand il la prend quand même ça peut arriver qu’on lui fasse remarquer… lamentable.

    Et big up pour la « mauvaise féministe qui n’a rien compris » ou plutôt qui a osé ouvrir sa gueule dans une situation où le pouvoir était clairement en face. Le pouvoir de clamer « moi aussi je suis un dominé alors laissez-moi parler », lol.

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