« La théorie du genre » n’existe pas

J’évoquais dans mon dernier article la proposition de résolution présentée en décembre à l’Assemblée Nationale par deux député·e·s UMP, visant à « établir précisément les vecteurs de promotion de la théorie du gender dans notre pays » afin d’« en évaluer les conséquences pour la collectivité nationale ». J’ai déjà expliqué en quoi cette proposition était infondée et traduisait une grave méconnaissance des études de genre (ou plutôt un contresens complet). Je voudrais maintenant faire quelques remarques au sujet des expressions « la théorie du gender », ou « la théorie du genre », désignant un objet qui n’existe pas.

Cette affirmation peut surprendre, puisque ces deux expressions ont été très souvent employées depuis 2011, notamment dans des articles relayant la polémique autour des manuels de SVT. Cette expression est censée traduire gender theory, qui existe bel et bien en anglais. Cependant, la traduction par « la théorie du genre » (ou pire, « la théorie du gender ») est un contre-sens à plusieurs égards, la question étant: ce contresens est-il vraiment involontaire?

Un champ unifié?

Les polémistes anti-genre parlent de « la théorie du gender » ou de « la théorie du genre » comme pour désigner une doctrine unifiée à l’origine de tous les malheurs actuels (le mariage pour tou·te·s en tête). Or les études de genre sont loin de former un tel ensemble, surtout en France où elles ont du mal à acquérir une dimension institutionnelle. Elles regroupent des chercheuses et chercheurs de disciplines très diverses (sciences humaines, mais aussi philosophie, littérature, linguistique, sciences exactes…) et surtout, de multiples courants et versions qu’il serait trop long d’exposer ici. L’expression « théorie du genre » permet cependant à ces polémistes de donner l’illusion d’un ennemi unique et organisé, en état de contaminer l’ensemble de la société (cf. mon analyse du texte des député·e·s UMP).

Une erreur de traduction

L’anglais theory ne se traduit pas toujours par « théorie ». Le premier désigne, pour faire simple, la théorie par opposition à la pratique. On parlera ainsi de evolution theory (la théorie de l’évolution), mais aussi de computer theory (qui n’est pas la théorie de l’ordinateur…) ou encore de music theory (le solfège, par opposition à la pratique musicale). Pour résumer, l’expression anglais [nom] theory ne se traduit pas toujours par « théorie de [nom]», même si cette traduction apparaît comme la plus évidente.

Théorie vs réalité

Il faut donc s’interroger sur les raisons de traduire gender theory par « théorie du genre ». Dans un entretien publié sur le site Témoignage Chrétien, Anthony Favier, doctorant en histoire, explique que l’expression « théorie du genre » est employée par des catholiques. J’ajouterai seulement qu’à force d’être reprise de manière non critique dans les médias, elle s’est maintenant largement répandue.

    Il est important de préciser que seuls les catholiques utilisent l’expression « théorie du genre ». Dans le monde académique, les gender theories américaines n’ont jamais été traduites de cette manière – le mot français « théorie » impliquant une incertitude – on dit les « études de genre », ou « étudier le rapport de genre ».

En effet, tous les discours polémiques catholiques contre les études de genre mettent l’accent sur le caractère philosophique, incertain et anti-scientifique de cette « théorie du genre », qui s’opposerait à la certitude des sciences exactes, c’est-à-dire de la biologie. Ainsi, Mgr Tony Anatrella, qui a publié un livre (en italien) sur « la théorie du genre et l’origine de l’homosexualité », explique faire

    une analyse de la théorie du gender à partir des concepts de l’encyclique de Benoît XVI, Caritas in Veritate, qui permettent de souligner le caractère irréaliste et idéaliste de cette idéologie. […] Le corps sexué n’est pas reconnu pour lui-même comme un « fait » à partir duquel le sujet se développe mais comme un artifice défini par la société. […] Cette vision est complètement déconnectée du réel et entraîne une division entre le corps réel, qui lui est sexué au masculin ou au féminin (nous ne sommes que mâles ou femelles et pas autre chose), tout en étant nié, au bénéfice d’un corps imaginé en dehors de sa condition sexuée avec tout ce qui en découle. Pour la théorie du gender, le corps s’arrête à la hauteur de la tête […].

Ces affirmations sont caractéristiques du discours polémique promu par les milieux traditionnalistes et conservateurs catholiques en ce qu’il oppose la « théorie », une « idéologie » « irréaliste et idéaliste », aux faits, au « réel », c’est-à-dire le corps dans son évidence sexuée. Précisons que les catholiques n’ont pas le monopole de ce genre de discours, j’aurai l’occasion d’y revenir bientôt.

Le choix de parler de « théorie du genre » n’est donc pas anodin: cette traduction a, en elle-même, un objectif polémique d’autant plus difficile à contrer qu’elle a l’air de s’imposer comme une évidence.

Comment traduire?

Si « la théorie du genre » n’existe pas, comment donc traduire gender theory? C’est là un vrai problème. Dans l’entretien déjà cité, Anthony Favier signale qu’on parle d’études de genre, ou d’étudier les rapports de genre. Je me cantonne personnellement à « études de genre », que je trouve assez clair.

AC Husson

49 réflexions sur “« La théorie du genre » n’existe pas

  1. Précision (de taille ?) : le solfège et la théorie de la musique ne sont pas des notions identiques. Le solfège traite du système de représentation et de lecture de la musique, ainsi que de son enseignement. La théorie de la musique est l’ensemble des principes de la musique (mathématiques, physiques, acoustiques, etc.), voire d’une musique (certaines traditions musicales existent qui ne sont pas basées sur les mêmes principes que la musique occidentale).

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  2. Oui « études de genre » est parfaitement clair et bien plus adapté puisque « Gender Studies » est lui-même bien plus répandue que « Gender Theory ».
    ¨Par ailleurs, et sauf erreur de ma part, le mot « théorie » a volontairement été utilisé avec abus par ses opposant pour mettre en avant les soit-disant côtés « fumeux » et sectaires de cette soit-disant « théorie ».
    Merci et bravo pour ce billet!

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  3. Même si je ne suis pas anglophone, je suis de plus en plus persuadé, comme toi, que le « theory » anglais ne renvoie pas symétriquement au « théorie » français.

    Même dans le vocabulaire scientifique, une « théorie » en français me semble plus proche de ce qu’on appelle aussi parfois une « hypothèse », quelque chose en cours de validation. Ce qui se retrouve dans l’adjectif « théorique » qui renvoie à ce qui n’est pas « empirique ». Théorie a aussi une connotation péjorative désagréable en français : « trop théorique », « c’est théorique », etc. En anglais, j’ai l’impression qu’on salue implicitement plutôt la tentative de procéder à une intellectualisation d’un processus, de faire rentrer dans une démarche logique et scientifique un phénomène, aussi bien en sciences dures qu’en sciences sociales mais avec une connotation plus positive. Je ne connaissais pas « music theory » pour solfège mais cela semble procéder de cette logique linguistique.

    En tout cas, les opposants aux études de genre ont eu un « coup de génie » en propulsant cette traduction pour « gender theory ». À l’époque de la polémique des manuels scolaires, j’étais atterré de voir cette formule reprise par tous les médias, même les plus sérieux, sans un travail d’éclaircissement sémantique préalable. Il y a quelque temps, sur un fil de Tweeter, j’ai essayé de demander à Isabelle de Gaulmyn, journaliste de la Croix, pourquoi elle employait la « théorie du genre ».

    Merci pour cette salutaire mise au point.

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    • Merci pour ton commentaire et cet éclairage. Est-ce que la journaliste de La Croix t’a répondu?
      « Gender » pose d’autres problèmes de traduction que j’ai finalement décidé de laisser de côté afin de clarifier le propos. En particulier, il s’agit en anglais d’un nom indénombrable (puisque c’est un concept); on ne peut donc en principe pas parler de « the gender » (sauf dans des configurations syntaxiques précises). Or la traduction en français, où l’on a besoin de l’article, a créé une distinction entre « le genre » (comme système normatif de bipartition hiérarchisée entre masculin et féminin) et « les genres » (les multiples possibilités d’expression au sein de ce système). Il me semble que cette distinction n’est pas conceptualisée en anglais. Qu’en penses-tu? Peut-être que cette distinction existe dans d’autres langues?

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      • En français, le mot « théorie » désigne une affirmation que l’on peut raisonnablement tenir pour vraie, suite à des vérifications méthodiques. Désigner une hypothèse par le terme « théorie » est une erreur bien installée, donc dorénavant, le mot « théorie » désigne tout autant l’hypothèse (supposition à vérifier) que la thèse (l’affirmation vérifiée).

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  5. Ce qui est assez risible chez les opposants, c’est cette capacité à utiliser la science quand ça les arrange alors que la plupart du temps, ce sont les premiers à cracher sur toute démarche scientifique. Gros fail, puisque les études de genre ont une démarche parfaitement scientifiques et unifient différentes disciplines pour déconstruire ces visions stéréotypées qui polluent nos sociétés…

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  8. Je vois pas ce en quoi la nuance change quoi que ce soit dans la polémique en question. Quand on ne veut pas voir la réalité, on débat des mots…

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  9. Je ne comprends pas très bien ton dernier article (au sens où je ne le comprends pas et pas que je ne suis pas d’accord avec toi)

    Ce que je comprends des anti « théorie du genre » qui utilisent cette expression que tu réfutes (à ce que j’ai peut-être compris de tes articles mais je me trompe peut-être), c’est qu’ils estiment que c’est une théorie – à savoir que les différences entre les femmes et les hommes seraient une construction sociale et qu’ils sont contre estimant que les différences entre les hommes et les femmes sont « naturels ». Le mot théorie est utilisé ici pour « hypotétisé » cette explication, lui enlever son caractère de remplacement de la précédente vérité admise (la nature des différences), essayer de souligner le fait que ce n’est qu’une théorie et non pas une idée scientifiquement admise ou même admissible.
    Comme aux Usa, les évolutionnistes qui ont réussi à remplacer la vérité admise scientifique de l’évolution contre l’idée de deux théories la théorie darwinienne et la théorie créatrice.
    La traduction littérale est peut-être mauvaise mais elle est souligne leur interprétation de ces études à savoir que ce n’est qu’une théorie et qu’ils entendent bien la combattre.

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    • (J’ai bien vu la suite de ton commentaire mais je préfère répondre en deux fois pour plus de clarté.)
      Je crois que tu as bel et bien compris mon propos, mais je ne suis pas d’accord avec l’interprétation que tu en tires. Oui, le mot « théorie » sert bien à hypothétiser et rejeter du côté de l’intellectuel et du contre-factuel les études de genre. En revanche, je ne suis pas d’accord pour voir dans cette manoeuvre une simple manière d’exprimer un point de vue: ces personnes ont réussi à faire passer une expression inventée pour un concept existant et valide. Il s’agit ni plus ni moins de renommer les études de genre afin les délégitimer et, souvent, de les refuser en bloc. Ce n’est pas une manière parmi d’autres de désigner les études de genre, c’est une invention imposée par des polémistes, qui n’a aucun fondement théorique et fausse donc complètement le débat.

      Au passage, leur emploi du terme « théorie » est tout de même surprenant, et lié au fait que le concept de genre est issu des sciences sociales. Il ne reste plus grand-monde, (en France en tout cas) pour mettre en doute la scientificité de la théorie de l’évolution ou de la théorie de la relativité. Je ne parlerais pas de « vérité », il me semble que le terme toujours admis est toujours « théorie de l’évolution », ce qui ne signifie pas qu’il s’agit d’un concept non-scientifique.

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  10. Argh j’avais pas fini mon dernier commentaire et du coup ça fait un peu redondant avec toi. Donc je continue -si je puis me permettre-.
    Utiliser l’expression « théorie du genre » est donc polémiste, réducteur et mal traduit mais cela dichotomine le débat. Derrière cette expression tout le monde peut se positionner contre ou pour, même si cela peut recouvrer plusieurs champs, plusieurs finalités et moyen d’y parvenir. On pourrait faire le même procès au terme « féministe », « être de gauche ou de droite ». Cela donne une tendance, cela clichéise mais on a parfois besoin de clichés pour se repérer pour un débat. Si on a besoin d’un débat plus précis on précise plus (je suis féministe abolitionniste ou féministe non abolutionniste si on parle spécifiquement de prostitution par exemple).
    Les anti « théorie du genre » pourraient me faire le même procès, à savoir que ce qu’ils pensent être la vérité, je ne la considère que comme une théorie fausse globalement et que je pense que ce que je pense est une vérité scientifique.
    L’usage du terme théorie est peut-être infondé à nos yeux mais cela conceptualise tout de même le débat pour la majorité des gens. Depuis l’affaire DSK, on met du « présumé coupable » à toutes les sauces pour « respecter » la présomption d’innocence. La majorité des gens comprenne la finalité mais certains personnes plus spécialisées en droit grincent des gencives car c’est utiliser le terme dans son exact contraire (si on présume quelqu’un coupable c’est contraire à la présomption d’innocence, on devrait suspecté plutôt) mais malgré cet abus de langage, dans 10 ans le petit Robert notera que cette expression répond en langage courant à la présomption d’innocence. (comme l’expression « c’est mortel » peut dire « c’est fun »).

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    • Je trouve ton parallèle très intéressant, pas facile de répondre simplement. Si je comprends bien, tu considères que l’expression « théorie du genre » permet de se positionner dans un débat; en somme, c’est un facteur d’identification (en l’employant, je m’identifie comme opposé·e aux études de genre). Je suis tout à fait d’accord avec cela et c’est un aspect essentiel du problème: l’expression est inventée, mais les polémistes qui en sont à l’origine ont réussi à l’imposer comme un concept valide, de sorte qu’elle constitue maintenant un point de référence par rapport auquel on doit nécessairement se situer (en gros, pour ou contre).

      Je ne suis pas sûre, en revanche, qu’on puisse étendre plus loin la comparaison avec l’adjectif « féministe », pour reprendre un de tes exemples. Effectivement, se dire féministe, c’est aussi prendre position en s’identifiant: « je suis féministe, je suis pour l’égalité entre femmes et hommes » (idem, de manière négative, quand on se dit non-féministe). Mais l’appellation « féministe » peut être considérée comme objective dans la mesure où elle correspond à une définition stable, avec une histoire et un ensemble de concepts qui lui sont associés. S’identifier comme pour ou contre « la théorie du genre » ne peut donc pas relever du même processus.

      De plus, tu as l’air de suggérer que les deux positions (pour ou contre « la théorie du genre ») sont symétriques, et ont donc la même valeur. On en revient toujours au même problème: la nécessité de se situer dans à un débat fondé sur un concept qui n’existe pas… Les personnes qui se disent opposées aux études de genre s’appuient sur ce concept, cela ne peut donc constituer un point de vue valide et légitime, puisque le débat est faussé d’avance. De l’autre côté, les « pour » sont obligé·e·s de défendre la validité des études de genre en les défendant contre ces accusations théoriquement invalides mais qui ont réussi à se faire passer pour légitimes.

      J’ai l’impression de me faire des noeuds au cerveau. J’espère que le résultat est quand même assez clair😉 Merci en tout cas pour ton commentaire, il m’a donné plein d’idées!

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      • Merci pour tes précisions! alors je vais t’embêter encore un peu.Je me positionne en tant que quidam non spécialisé et non professionnel en sciences humaines.
        Peut-être que j’ai été trop influencée par les anti-théories du genre bien malgré moi, mais je considère que les « études de genre » quelque soient les formes qu’elles prennent concluent (ou du moins travaillent) en majorité à une construction sociale du genre à opposer à une différenciation biologique des genres. Simplifier le débat dessus ne me choque donc pas particulièrement, d’autant plus que j’ai une approche anglo-saxonne des « sciences » qui ne cloisonnent pas comme nous les « sciences » et se nourrissent les unes des autres.
        Donc soit je n’ai rien compris au champ des études de genre, soit j’en ignore un pan entier. Dans un cas comme dans l’autre, comment exploiter les études du genre ou la construction sociale du genre (si ce n’est pas la même chose) sans le conceptualiser un tout petit peu pour les non-spécialistes?
        Je peux comprendre les débats internes mais il faut aussi pouvoir simplifier même si ça conduit à des aberrations pour le reste du monde (personnellement, je suis plus versée économie que je considère tout de même comme une science sociale, je suis libérale, au sens très strict du terme qui n’a rien à voir avec 99,9% de la définition qu’en donne les autres, je trouve l’emploi du mot libéralisme mal-approprié voire complétement absurde dans 99,9% des cas mais je comprends ce que mettent derrière ce concept les 99,9% même si ils se trompent de terme et de concept stricto-sensu. La plupart des fois je n’essaye même pas de débattre des termes parce que la finalité est de parler de ce qu’on entend par là, je parle leur langage même si je pense que c’est mon langage qui est correct).

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  11. Parler de « théorie » du genre me semble tout simplement une manœuvre homophobe. Quelques avocats de talent ne peuvent-ils pas intenter quelques actions pénales pour nous débarrasser de cet encombrement (anti-)intellectuel ?

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    • Je ne vois pas en quoi une action pénale serait appropriée puisqu’on parle de recherche, même si les opposant·e·s aux études de genre essaient de déplacer le problème. On retrouve clairement un fond homophobe, puisque « la théorie du genre » est régulièrement attribuée au « lobby gay », mais cela ne suffit pas à justifier une action en justice, ne serait-ce que parce que l’homophobie doit (il me semble) se manifester clairement pour être condamnée.

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  15. J’attendais cet article! L’autre jour, en tentant d’expliquer à Christine Boutin les études de genre, je me suis surprise à hésiter sur les termes à employer en pensant que tu froncerais les sourcils, ha ha!

    Inutile de préciser que ma tentative a probablement échoué, à moins que Christine Boutin se soit soudainement prise de passion pour Judith Butler. Étrangement, j’en doute. J’aurais dû tenter l’ascension de l’Everest en bikini avec une main dans le dos, c’est plus abordable!

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  18. Article qui pourrait paraitre interessant, malheureusement, j’ai du mal à voir ce que vous souhaitez apporter ? j’ai bien compris que vous souhaitiez combattre les préjugés, mais que répondez vous à ceux qui font prévaloir des science comme la biologie par exemple ? le documentaire suivant : http://www.youtube.com/watch?v=PfsJ5pyScPs a donné lieu à une grande polémique en norvège, ou se situe la faille du raisonnement selon vous ?

    Merci,

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    • Mon propos dans cet article consiste moins à défendre les études de genre contre des attaques comme celle que vous citez qu’à mettre en évidence le fait que ces attaques reposent souvent sur des manipulations complètement malhonnêtes – ce que résume l’expression « la théorie du genre ».

      En ce qui concerne l’accusation de non-scientificité (le documentaire norvégien dont vous parlez constitue une grossière manipulation reposant sur cet argument), je l’ai notamment évoquée il y a un peu plus d’un an dans cet article: https://cafaitgenre.org/2011/10/21/etudes-de-genre-et-sciences-exactes/

      On prétend souvent discréditer les études de genre en les opposant aux sciences exactes, et notamment à la biologie. Il n’y a pourtant aucune contradiction entre les deux. Sur ce sujet, vous pouvez écouter cette émission où Anne Fausto-Sterling, biologiste et historienne des sciences, parle de ses travaux sur le sexe, le corps et le genre. Vous pouvez aussi lire « Du genre face à la paresse intellectuelle », sur le blog Une heure de peine, qui se penche notamment sur la question des différences biologiques et de la manière dont on prétend les mettre en avant pour invalider les études de genre.

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  25. Je constate un débat entre pro et anti utilisation de la notion de « théorie du genre » alors, et j’en conviens, il faudrait utiliser la notion de « études du genre » (le pluriel est important). Mais il me semble que nous sommes face à un débat linguistique  » théorique » qui finalement ne porte nullement sur le fond, à savoir est-ce que les études du genre reposent sur un constat,une expérience reproductible selon laquelle le genre serait une notion différente du sexe biologique et même parfaitement séparé, en d’autres mots, est-ce que le genre existe par lui-même et même serait plus représentatif que la notion de sexe. Ainsi, en réalité, ce n’est pas le mot théorie qui importe, mais me semble-t-il, le mot genre. Les études qui existent semblent émaner essentiellement des départements de recherche des sciences humaines, et ne repose à l’heure actuelle sur aucune expérience « réussie ». Il y en a bien eu une mais qui s’est finie dramatiquement. Par contre, les études menées essentiellement par les biologistes démontrent que dès la toute petite enfance voire même dès la naissance, il y a des « comportements » différenciés selon le sexe (on ne peut écarter qu’il y ait une influence sociale sur la vie intra-utérine). Alors, oui, la notion de théorie du genre est acceptable d’un point de vue linguistique, désignant le fait qu’il ne s’agit à l’heure actuelle que d’une hypothèse qui jusqu’à présent n’a reçu aucune validation expérimentale reproductible et donc, aucune confirmation de nature scientifique (ce qui ne signifie pas que la démarche elle n’est pas scientifique ou n’aurait pas d’intérêt scientifique). Au passage, on parle en effet de théorie de la relativité parce qu’il s’agit bien actuellement encore d’une simple théorie. Un certain nombre d’éléments démontrent qu’il ne s’agit que d’une théorie scientifique qui ne donne pas toutes les réponses aux questions (théorie quantique, Bosons de higgs, trou noir, …..). Sur ce point, il est intéressant au moins de connaitre l’expérience finlandaise et les études relatives à la profession des femmes. Il a été constaté que plus la femme avait des droits égaux à l’homme et la liberté de choix la plus grande, plus les femmes choisissaient des professions stéréotypées « femme » (professions sociales) et à l’inverse, notamment dans des sociétés à forte limitation des droits de la femme, les femmes choisissaient des professions « techniques ». Peut-on en faire une généralité, non mais il s’agit là d’une théorie qui pour être invalidée par une expérience…….En conclusions, je crois que vous utilisez les mêmes armes que ceux que vous voulez dénigrer, à savoir uniquement « le vocabulaire et la linguistique » au de se reposer sur des faits et expériences reproductibles.

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  26. En accord avec l’article à un « détail » près : la traduction de « gender theory » par « théorie du genre » n’est pas le fait de ses seuls opposants. Un recherche de cette expression sur le site « cairn.info » revoie à des articles qui ne semblent pas hostiles. Qu’il y ait « manipulation » c’est possible, et c’est de bonne guerre, mais la confusion peut être involontaire.

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  29. C’est fou ! Je tombe sur cet article et je constate à travers une grande majorité de commentaires que si on n’est pas d’accord avec les études de genre (puisqu’il semble que c’est là l’expression la plus acceptée) alors on est homophobe. Vraiment ? C’est là le degré d’ouverture d’esprit et le niveau de reflexion des gens qui ne cessent de réclamer de la tolérance et de l’ouverture d’esprit ? Comme quoi les fascistes et autres ayatollah du discours ne sont pas forcément des hommes blancs, chrétiens, hétérosexuels et votant à droite (selon vos points de vue super-objectifs et super-tolérants !!!). D’ailleurs il suffit d’écouter Caroline Fourest (probablement votre idole) pour comprendre cela…

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