Quand l’UNI observe la « théorie du genre »

Alors que les opposants au mariage pour tous et à l’égalité des droits ont choisi de faire du genre, au plutôt de ce qu’ils appellent « la théorie du genre » la cible de leur combat, les bons petits soldats du syndicat étudiant de droite UNI, devant lequel Claude Guéant avait affirmé que toutes les civilisations ne se valaient pas, leur emboîtent le pas. Pour cela, ils font circuler une « pétition contre la théorie du genre dans l’école élémentaire » (qui revendique 90 000 signataires) et viennent de créer, avec un « collectif contre le mariage et l’adoption homo », un site au nom accrocheur et trompeur puisqu’il se présente comme l’« Observatoire de la théorie de genre ». Il s’agit d’un « site internet d’information » apparemment neutre, bien que l’emploi de l’expression « théorie du genre » indique immédiatement qu’il s’agit plutôt d’un site réquisitoire contre les études de genre; le site se donne pour objectif d’« offrir aux Français les informations et les outils conceptuels nécessaires pour ouvrir les yeux sur les dangers que représente cette théorie ».

L’UNI n’est mentionnée qu’une discrète fois, sans être présentée. Remédions à cela en citant le syndicat lui-même  :

    « C’est en réaction aux « événements de mai 1968 », que quelques étudiants et jeunes professeurs ont décidé de fonder l’UNI. Ils avaient compris, avant les autres, que l’objectif des agitateurs de « 68 » n’était pas seulement de mener une « révolte étudiante » mais bien de discréditer, pour mettre à terre, les repères et les institutions (famille, école, nation, armée, …) sur lesquels reposaient la société française. Il fallait donc une organisation capable de résister et de s’opposer sur le terrain à leurs méthodes et à leur dessein. Ce fut la mission que se fixa l’UNI ».

Des observateurs sérieux et objectifs ? Ou une offensive idéologique venue de la droite réactionnaire ?

1) Vous avez dit « théorie du genre » ?

Comme le rappelle AC Husson dans un précédent article, l’expression « théorie du genre » (lancée par le Vatican) dénote une méconnaissance, voire une ignorance du champ de recherches constitué par ce que l’Université française appelle les « études de genre ». Non seulement la traduction de l’anglais « theory » par « théorie » est impropre, mais parler de « LA théorie du genre » au singulier ne rend aboslument pas compte de la diversité et de la complexité des pensées, des travaux qui tentent de cerner et de définir le genre. Parler de « LA THEORIE du genre », c’est créer un fantasme par la simplification outrancière et trompeuse d’un champ d’étude en construction, animé de débats et de tensions qui n’en font pas l’expression d’une « théorie » uniforme. Cette méconnaissance foncière de l’objet que l’UNI voudrait observer est le premier problème du site : vous n’y trouverez pas un seul nom d’une des figures de la pensée du genre, le titre d’aucun ouvrage sur le sujet. Le nom de Butler n’apparaît que dans les articles du Figaro sur la question, repris dans la rubrique « Actualités » du site. Au fond, les « observateurs » observent quelque chose qu’ils ne se donnent pas la peine de connaître ou de présenter à leurs lecteurs. Il est vrai que construire un concept-fantasme taillé à la mesure des attaques qu’on veut lui porter est bien plus confortable. L’accusation du refus de la réalité, souvent adressée aux études de genre, se retourne ironiquement contre ses détracteurs.

2) Le vice anglo-saxon

Plutôt que de définir sérieusement ce contre quoi ils souhaitent lutter, les auteurs du site nous livrent les raccourcis et caricatures habituelles à propos du genre. Ils insistent d’abord sur le caractère étranger du « gender », « longtemps cantonné de l’autre côté de l’Atlantique ». Se développe toute une rhétorique de l’invasion et/ou de la contamination : « la théorie du genre a débarqué en France au début des années 2000, et depuis elle s’y développe très rapidement », « la déferlante de la théorie du genre n’est pas près de s’arrêter ». A l’instar des députés UMP demandant une mission d’enquête sur le développement des études de genre qui se « propagent » (selon les mots de Xavier Breton) en France. C’est oublier, un peu vite, deux éléments : d’une part, les « gender studies » sont nées aux Etats-Unis sous l’influence de la « French Theory », des écrits de Foucault, Lacan, Derrida, Deleuze… D’autre part, le mot « genre » existe en français puisqu’il désigne, en grammaire, le masculin ou le féminin. Le genre de la grammaire nous apprend d’ailleurs que cette assignation d’un mot au masculin ou au féminin est affaire de convention linguistique, d’autant plus que dans d’autres langues (qui parfois font place à un troisième genre, le neutre), un mot français féminin sera masculin et réciproquement.

3) La guerre contre la réalité

C’est devenu un grand classique, la faille essentielle des études de genre résiderait dans leur refus obstiné de la réalité au nom d’un constructivisme radical. Antienne que nos rigoureux « observateurs » entonnent volontiers :

    « Il est très difficile pour le non-spécialiste de comprendre les enjeux et les implications de cette théorie, tant elle repose sur des présupposés idéologiques en contradiction avec la réalité que vit l’immense majorité de nos concitoyens. Le fondement de cette théorie consiste à nier la réalité biologique pour imposer l’idée que le genre « masculin » ou « féminin » dépend de la culture, voire d’un rapport de force et non d’une quelconque réalité biologique ou anatomique »

Aucune citation, aucune analyse précise des textes n’est proposée en soutien d’une argumentation qui tourne dans le vide. Faire le simple constat que les êtres humains sont des êtres sociaux et que les rôles masculins et féminins sont des constructions sociales qui s’appuient sur des représentations culturelles et engagent des rapports de pouvoir, n’est-ce pas plutôt décrire la réalité ? Le refus de rabattre la distinction « masculin » / « féminin » sur la distinction « mâle » / « femelle » (binarité qui fait d’ailleurs l’objet de débats) semble déjà poser problème aux auteurs du site. Pourtant, nous ne sommes même pas là dans les propositions les plus nouvelles et les plus radicales des études de genre. Par ailleurs, dire qu’une chose est construite ne veut pas dire que cette chose n’existe pas. Pour reprendre une métaphore d’Eric Fassin, je peux dire que le mur qui vient d’être construit n’existe pas, je m’y cognerai quand même. Nos concitoyennes qui subissent les conséquences de leur statut de femmes, avec toutes les inégalités et discriminations que cela implique, se heurtent chaque jour à cette réalité. Nos concitoyens qui se font insulter, agresser ou frapper parce que leur genre ne correspond pas au genre masculin attendu, sont bien conscients de cette réalité.

Tout se jouerait donc, selon les auteurs du site, dans une opposition genre/biologie. Les détracteurs des études de genre s’acharnent d’ailleurs à expliquer que celles-ci ne sont pas « scientifiques ». C’est oublier d’une part que d’autres sciences que les sciences expérimentales existent (les sciences humaines et sociales), et que plusieurs figures des études de genre sont des biologistes. On peut penser, entre autres, aux travaux d’Anne Fausto-Sterling (dont le livre Corps en tous genres vient d’être traduit en français), d’Hélène Rouch ou d’Evelyne Peyre, par ailleurs vice-présidente de l’Institut Emilie du Châtelet.

4) Une attaque contre la recherche

On pourrait écrire des pages et des pages pour corriger les distorsions et les contre-vérités présentes sur le site. Mais revenons au propos d’ensemble. Qu’attaque-t-on à travers la « théorie du genre »? Le site entretient constamment une confusion entre ce qui relève du scientifique (les études de genre) et ce qui relève du politique (la légitime éducation à l’égalité de genre dès le primaire devient, sous la plume des « observateurs », « l’enseignement de la théorie du genre dès 6 ans »). Or, les mesures politiques dénoncées sur le site sont présentées comme l’influence néfaste d’une « idéologie » qui voudrait substituer la lutte des sexes à la lutte des classes marxiste. Cette théorie sans aucune prise avec le réel aurait donc des déclinaisons pratiques que le législateur pourrait mettre en place… Mais nos « observateurs » ne sont pas à une contradiction près.

Réaffirmons-le simplement. Le genre n’est ni un parti ni un complot, ni une offensive idéologique concertée. C’est avant tout un concept, une catégorie d’analyse élaborée dans le champ scientifique. Dès lors, contre quoi s’agit-il de lutter lorsqu’on attaque « la théorie du genre », sinon contre tout un champ extrêmement vivace de la recherche ? Ce champ de recherche est en train de s’institutionnaliser en France, notamment sous l’impulsion de l’Institut du Genre. Nouvel outil d’analyse riche de potentialités, il attire de nombreux étudiants, suscite de nouveaux travaux et de nouvelles façons de faire de l’histoire, de la littérature, de la sociologie, de l’anthropologie… Comme tout champ de la connaissance humaine, les études de genre peuvent être discutées et soumises au débat. Encore faut-il pour cela se donner la peine de prendre réellement connaissance de ce que l’on dénonce. En revanche, on ne peut accepter la tentative de contrôle de la recherche que constitue une initiative comme la commission d’enquête (sic) sur le développement de la « théorie du genre » demandée par l’UMP. Il est regrettable que l’UNI, syndicat étudiant présent dans les universités, fasse le jeu de cette nouvelle forme d’obscurantisme.

Cyril Barde et AC Husson

Publicités

28 réflexions sur “Quand l’UNI observe la « théorie du genre »

  1. Pingback: Genre, féminisme | Pearltrees

  2. Pingback: Quand l'UNI observe la "théorie du ...

  3. Juste une petite précision à votre (bon) article. L’UNI n’est pas un syndicat étudiant (ils rejettent d’ailleurs le terme de syndicat) mais la fédération de la droite dans l’éducation. Il n’y a pas que des étudiants. Leur branche étudiante s’appelle le Met.

    J'aime

  4. Pingback: _LaMarquise (_lamarquise) | Pearltrees

  5. Pingback: Genre | Pearltrees

  6. Pingback: Mais c'est dit sans homophobie | Pearltrees

  7. Peu importe le sujet, vous avez toujours le même objectif. Au début je pensais que vous êtiez ouverte à la discussion, mais il n’y a qu’à voir le ton condescendant avec lequel vous répondez pour comprendre qu’avec vous, la discussion ne va que dans un sens.

    OK pour les commentaires désobligeants, mais vous avez répondu à bon nombre d’interlocteurs normaux avec un ton que vous dénoncez vous-même. Avec mépris, par ce que ce sont des hommes, et qu’ils ne vous brossent pas dans le sens du poil.

    C’est fortement dommage, car malgré des qualité rédactionnelles évidentes, vous faites vos analyses en gardant ces oeillères.

    Gameuse, je pensais me reconnaître en vous. Et bah non. J’aime les forums, j’aime la discussion. Je me sentais pas à l’aise lorsque je vous ai vu débattre avec CPC. Vous n’êtes pas une féministe. Vous êtes ce qu’on appelle dans une jargon une AW. Je vous laisse google ce terme, que vous ne connaissez sans doute pas, puisque malgré toutes les recherches que vous avez fait, vous n’êtes visiblement pas au courant de ce qu’est l’esprit qui règne sur la toile.

    Chez moi, on vous dirait : Welcome to the Internet.

    J'aime

    • Visiblement ce commentaire ne s’adresse pas à moi et n’a rien à faire sur cet article. À moins que vous n’ayez des choses à dire sur le sujet du genre?

      Vous qui maîtrisez si bien les internets, vous n’avez pas compris que Mar_Lard et la propriétaire du blog (moi) sont deux personnes différentes. Vous avez apparemment un problème avec Mar_Lard, mais il ne faut pas espérer le régler ici.

      J'aime

    • C’est quand même un beau foutage de gueule de débarquer quelque part en disant tout de go : « vous refusez la discussion » sans même s’être donné la peine de l’entamer et surtout en enfilant les attaques personnelles..

      « J’aime la discussion ». Vraiment ? Vous n’avez pas « un peu » l’impression de prendre les gens pour des imbécile en affirmant ça dans votre logorrhée ?

      J'aime

  8. Je trouve l’article remarquable, sauf peut-être la conclusion qui me parait un peu candide. « Il est regrettable que l’UNI, syndicat étudiant présent dans les universités, fasse le jeu de cette nouvelle forme d’obscurantisme. » Etant le relai en milieu universitaire de la droite et de l’extrême droite, je pense pas qu’il convienne de définir leur action comme simplement regrettable, mais de clairement la dénoncer (comme vous l’avez fort bien fait), et surtout de la combattre, sans se faire d’illusion sur le rôle de l’UNI dans le milieux universitaire.

    J'aime

  9. Le « genre » est l’une des plus vastes et dangereuses arnaques de notre époque. Les différences non sexuelles sont induites par les différences sexuelles, le « genre » n’existe pas. Penser qu’un être humain peut se définir comme mâle ou femelle indépendamment des chromosomes qui lui ont été donné relève de la démence. Le masculin et le féminin ne sont pas des constructions sociales mais relèvent d’une réalité présente et respectée chez toutes les espèces de mammifères, dont l’humain fait partie.

    Votre tentative d’empoisonner l’esprit des jeunes est vaine, rien n’empêchera les jeunes femmes par exemple de se découvrir puis d’assumer (en privé du moins) leur attrait pour les hommes un peu rustres et pour la pratique du sexe bestial… à l’instar de 95% des femmes qui les ont précédées sur des millénaires. Ce n’est qu’une illustration parmi d’autres.

    Le fond et la fin de cette entreprise consiste en l’annihilation du sexe et de la différence, une telle haine et un tel mépris à l’encontre de la nature (ou de dieu si on a la fantaisie d’y croire) fait froid dans le dos. Au cas où ce soit votre principal souci je vous rassure : inutile de tenter d’anéantir le déterminisme sexuel pour apprendre à nos enfants à tolérer l’homosexualité (assez répandue pour ne pas pouvoir être qualifiée d’anormale).

    « Eugénisme », j’emploie le mot… de quoi nous rappeler les heures les plus sombres de notre histoire dites moi.

    J'aime

    • Juste parce que ça me chiffonne… De quelle étude est tiré le chiffre de 95% de femmes qui ont un « attrait pour les hommes un peu rustres » et la « pratique de l’amour bestial » ? Et par ailleurs, qu’aiment les 5% restantes ?

      J'aime

    • @Robert Marcel, faudrait arrêter de lire le salon beige et revenir un peu à la réalité.
      Il ne s’agit pas de nier toute les différences mais d’un travail de sciences sociales qui repose sur une hypothèse de départ.
      Que les sociétés ont des représentations culturelles différentes de l’homme et de la femme va de soi. Les relations H/F varient dans l’espace (place de la différente en France et en Arabie Saoudite) et dans le temps (la condition de la femme française a évolué depuis les années 50).

      C’est cette réalité là qu’il s’agit de regarder et il est tout à fait intéressant qu’elle fasse l’objet d’études scientifiques.

      Il est loin le temps où Jean-Paul II se plaignait de la femme-objet dans familiaris consortio (1981):
      « 24. Malheureusement, le message chrétien sur la dignité de la femme est contredit par la mentalité persistante qui considère l’être humain non comme une personne mais comme une chose, comme un objet d’achat ou de vente, au service de l’intérêt égoïste et du seul plaisir. La première victime d’une telle mentalité est la femme.

      Cette mentalité produit des fruits très amers, comme le mépris de l’homme et de la femme, l’esclavage, l’oppression des faibles, la pornographie, la prostitution – surtout quand elle est organisée – et toutes les formes de discrimination que l’on trouve dans le domaine de l’éducation, de la profession, de la rétribution du travail, etc.

      En outre, aujourd’hui encore, dans une grande partie de notre société subsistent de nombreuses formes de discrimination avilissante qui atteignent et offensent gravement certaines catégories particulières de femmes, comme par exemple les épouses sans enfants, les veuves, les femmes séparées, les divorcées, les mères célibataires. »

      Dommage que ce discours soit abandonné aujourd’hui par nombre de catholiques qui préfèrent ressasser des poncifs et des clichés monstrueux et rétrogrades sur le rôle de la mère.

      signé: 1 catho qui défend les gender studies!
      Bravo à AC Husson pour son blog, je vous ai entendu une fois par hasar avec Mar_Lar sur France Culture, c’était super.

      J'aime

    • Vous revenez donc à la vieille idée de la biologie comme destin. Comme vous le rétorquent d’autres commentaires, vous n’allez pas ici contre les études de genre, mais contre des décennies de recherches en sociologie, histoire, anthropologie. Vous recourez, à la fin de votre message, à ce bon vieux point Godwin. Si je devais rentrer dans votre jeu, je vous dirais que cette pensée du tout-biologie a été le fondement théorique des pires crimes du XXe siècle. Vous êtes un peu gonflé de nous accuser d’eugénisme…
      Je passe sur le vocabulaire que vous employez (« empoisonnez les enfants », « démence ») qui me rappelle aussi ce que certains ont pu écrire à l’encontre de certains artistes ou intellectuels aux heures les plus sombres de notre histoire… Vous psychologisez un débat social et politique, et vous n’êtes pas bien loin de ceux qui disqualifiaient les féministes en les renvoyant à l’hystérie…

      Annihilation de la différence?? Où la voyez-vous? Vous sacralisez une différence, la différence des sexes, comme matrice de la Différence. Les études de genre, et les biologistes comme Anne Fausto-Sterling, ne pensent pas, comme vous, une différence binaire schématique mais des différences, des variations, multiples et complexes. Votre pensée réduit et appauvrit la différence au profit d’une norme qui homogénéise et uniformise. Pas la nôtre.

      Quant à votre observation (personnelle peut-être) du goût pour le sexe bestial, que vous dire puisque vous ne pensez certainement pas que le désir est construit et qu’il diffère selon les cultures et les sociétés (les « canons » féminins ont varié dans notre propre histoire). Vous ne pensez pas que « le sexe bestial » est une représentation fantasmatique fondée sur un imaginaire de la nature (puisqu’on ne peut pas parler de sexualité hors des sociétés humaines) au service de la domination des femmes? Réfléchissez à ce que vous appelez la nature. Quel sens a le mot « nature » dans nos sociétés hypercomplexes? Vous avez certes une représentation de la nature, sur laquelle vous fondez des fantasmes et des rapports de pouvoir. Mais c’est une représentation. Votre naissance même, dans un hôpital avec tous les accompagnements d’une grossesse au XXe siècle, n’a rien de naturel.

      J'aime

  10. C’est fou Robert Marcel comme vous venez de piétiner un siècle ou deux d’études anthropologiques et ethnographiques ! C’est fascinant !
    Ne serait-ce que pour votre petit passage sur les femmes qui aiment les rustres … Voyagez un peu cher ami, vous verrez que c’est différent ailleurs et que c’est pas pour ça que la société est démente.

    J'aime

  11. C’est un genre de théorie qui doit être développé en toute sérénité par les scientifiques. Si possible sans que des politicards idéologues viennent fourrer leur nez dedans, ça n’a jamais été profitable.

    J'aime

  12. Pingback: Etude du genre | Pearltrees

  13. Il suffit de s’arrêter au principe même de l’initiative pour dégager la question de son éventuelle pertinence ou bien-fondé.
    Les « dangers » d’une idée, disent-ils? Je vois ici la même réaction superstitieuse que celle animant le débat religieux autour de la « théorie de l’évolution », par exemple… Le seul véritable danger propre au monde des idées, c’est bien d’en altérer le cours en cherchant à en exclure certaines sur base notamment de « valeurs » ou autres réactions rattachées à l’émotionnel (que l’on peut bien essayer d’intellectualiser, cela n’en changera pas la nature, d’où les contradictions, le non-sens, l’impertinence du propos…) et ainsi limiter le spectre de la discussion à cette vision biaisée, partiale, arbitraire qui n’aura pas été débattue de façon rationnelle, totale, et approfondie, mais attaquée unilatéralement pour l’écarter tout à fait.

    Enfin, il semble que leurs intentions totalitaires soient quelque part assumées, puisqu’ils revendiquent eux-mêmes la défense d’un certain status quo, ou « institutions » apparemment sacrés…

    J'aime

    • Et, par ailleurs, si le débat devait se résumer à la seule question de l’importance d’une stricte différentiation des genres, il faut admettre que les faits donnent difficilement raison à toute vision rigide de la Nature, dont la plus grande constante est qu’elle se fait par erreurs et essais, car tout l’Univers lui-même et la vie qu’il contient ne sont qu’une histoire de mouvement, somme toute… Donc, l’on ne peut que réfuter les théories religieuses et similaires à ce titre. Mais je comprends le besoin humain de définir, et donc délimiter les choses (cela étant lié au fonctionnement de notre esprit à l’évidence), cependant, tout est relatif, et c’est probablement la plus absolue vérité que nous connaissons en fin de compte, alors j’estime qu’il serait sain que chacun sache prendre un peu de recul et se délivrer de ces peurs viscérales de l’inconnu dont fait partie la remise en question…

      J'aime

  14. On en est à se demander qui, ici, est frappé de démence… Puisque certains sont attachés à la sacro sainte « nature » humaine (personnellement, j’attends toujours qu’on me dise ce qui se cache sous ce terme), il faudrait sans doute leur rappeler l’exemple de diverses sociétés « premières » (paraît que « primitives » est péjoratif) dans lesquelles, lorsqu’il y avait pénurie de femmes, les hommes prenaient leur place et endossaient, dans leur comportement, leur langue et leurs vêtements, tous les caractères associés au féminin. Ou l’existence de chamanes auréolés de la symbolique des deux sexes, auxquels on les rattachait, alors que ceux-ci n’appartenaient, évidement, qu’à un seul sexe biologique. J’invite aussi ceux qui pensent que le genre est une aberration à se renseigner sur ceux qu’on appelle à Tahiti les Mahus, preuves vivante que le genre et le sexe sont deux choses différentes, l’un étant construit et l’autre inné. Les études de genre ne sont pas tombées de la lune, mais n’ont fait que conceptualiser ce qui existait au préalable, et à mon avis, leurs détracteurs n’ont pas le début d’une once de connaissance à propos de leur contenu et des différents courants qui en font partie. Donner son avis est une chose, mais si on pouvait se renseigner un peu avant de parler, cela éviterait d' »empoisonner » les esprits…

    J'aime

  15. Pingback: Quand l’UNI observe la « théorie du genre » - GenERe - Genre: Epistémologie & Recherches

  16. Pingback: Théorie du genre et théorie de l’évolution: analogies et stratégies discursives | (Dis)cursives

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s