Arguments anti-féministes (3) « Tu donnes une mauvaise image des féministes »

Arguments précédemment traités:
Les féministes d’aujourd’hui…
Tu es trop agressive, cela nuit à ton message.

Je suis toujours fascinée (et exaspérée) par cette idée que les féministes formeraient une espèce de corps unique, et que les propos d’une féministe engageraient l’image et la survie de l’ensemble du corps. Vous êtes en désaccord avec une féministe? En quoi cela engage-t-il votre vision du féminisme (il faudrait d’ailleurs parler de féminismeS) et des féministes dans leur ensemble?

Il faut remarquer que c’est aussi un phénomène lié plus généralement aux femmes, et exclusivement à elles. Les actes et propos de l’une d’entre elles semblent engager « l’image » de toutes les femmes. On l’a vu au sujet de Nabilla par exemple, accusée de détruire à elle seule des décennies de féminisme à cause de l' »image » qu’elle donnerait des femmes. On imagine mal le même reproche appliqué à un homme: « quel idiot, regardez quelle image il donne des hommes! ».

Toute prise de parole d’une féministe est scrutée, observée, décortiquée, au cas où ce qu’elle dit pourrait révéler que « le féminisme » dans son ensemble est une fraude. Combien de fois ai-je vu des sympathisants auto-proclamés déclarer, après s’être disputés avec une féministe, que cela remettait en question leur « sympathie » pour la cause? Sympathie bien fragile, visiblement, si elle peut être mise en danger par le moindre faux pas (réel ou supposé) de la part d’une seule représentante de la cause en question. A moins que vous ne considériez que le féminisme est tellement fragile et peu légitime en soi que le moindre faux pas suffit à faire s’écrouler l’édifice – et là on entre dans un tout autre débat.

La « mauvaise image » des féministes, parlons-en. C’est un argument qui revient très souvent dans les commentaires et dans mes discussions sur Twitter, souvent lié à celui de l' »agressivité »: les féministes doivent travailler à donner d’elles une « bonne image », en particulier dans les médias. Pour cela, mieux vaut éviter de hausser le ton, de parler de sujets qui fâchent, de dénoncer le sexisme à tout va (en fait, mieux vaut éviter d’être féministe…). Comme si l’objectif des féministes était de se faire bien voir. Rappel: l’objectif des féministes est le changement des mentalités et, pour un grand nombre d’entre nous, l’abolition du patriarcat, c’est-à-dire un changement de société. Notre objectif n’est pas d’avoir une « bonne image », il n’est pas de vous conforter dans vos petites habitudes et certitudes, mais au contraire de vous pousser à ouvrir les yeux sur la réalité du patriarcat. Et ce n’est pas à coups de « bonne image » et de compromis que nous y parviendrons.

On m’objectera qu’il faut bien donner envie aux gens d’être féministes. Mais le féminisme n’a pas à être attirant, glamour, sexy, il ne doit pas se soumettre aux critères d’acceptabilité de notre société patriarcale. Ses idées, ses actions, sa théorie (extrêmement riche, et largement ignorée) suffisent. Se renseigner, écouter, réfléchir, voilà les clés pour arriver au féminisme et dépasser les stéréotypes anti-féministes qui ont pour seul objectif d’empêcher, justement, la réflexion et la remise en cause de l’ordre patriarcal. Cette vidéo de Feminist Frequency, portant spécifiquement sur l' »épouvantail féministe » et les stéréotypes anti-féministes dans les films hollywoodiens, l’explique très bien. (Cliquez sur le bouton « sous-titres », en bas à gauche pour activer les sous-titres en français.)

Les féministes n’ont jamais eu une « bonne image ». La « bonne image » des féministes de la première vague aujourd’hui, comme je l’ai expliqué, est un effet rétrospectif trompeur. Les féministes ne peuvent pas (si tant est qu’elles le veuillent) avoir une « bonne image » car leur message est inconfortable. Il faudrait donc, et là je m’adresse aux féministes, arrêter de perdre du temps et de l’énergie à essayer d’atteindre cet objectif: ce n’est pas comme cela que nous obtiendrons quoi que ce soit.

AC Husson

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66 réflexions sur “Arguments anti-féministes (3) « Tu donnes une mauvaise image des féministes »

  1. On imagine mal le même reproche appliqué à un homme: « quel idiot, regardez quelle image il donne des hommes!
    En revanche, ça fonctionne exactement comme ça pour les noirs, les arabes, les juifs, les gays, etc. En gros, faire partie d’une minorité condamne à en être le porte-parole dès qu’on ouvre sa bouche, et donc oblige à l’exemplarité. Pourtant démographiquement, il y a une majorité absolue de femmes — ce qui montre que la notion de minorité n’a finalement pas grand chose à voir avec le nombre et tout à voir avec les préjugés.

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    • Oui, oui, en fait c’est une question de statut social. Les groupes discriminés (que vous venez de citer) sont perçus comme un tas indifférencié, contrairement aux groupes sociaux « dominant ». Les attributs d’un membre sont immédiatement étendus à tout le groupe, mais cet effet d’homogénéisation ne s’observe pas pour les groupes dominants, dont les membres sont perçus comme des individus différents les uns des autres. Il s’agit d’un biais cognitif qui est mis en évidence dans des expérimentations de psychologie sociale sur le statut et le pouvoir social des groupes. Les groupes sociaux discriminés sont aussi perçus de manière stéréotypique c’est à dire que la perception qu’on a d’eux est manichéenne, elle se résume à une série de traits caricaturaux, la perception est biaisée, on accorde moins d’attention (traitement de l’information plus sommaire) envers un individu d’un groupe social discriminé.
      Donc, même si les exemples d’hommes au pouvoir qui ont fait n’importe quoi sont très, très, très, très, très nombreux, ont ne dit jamais que cela prouve que les hommes ne sont pas fait pour gouverner. Par contre, à chaque fois qu’on parle de laisser la place aux femmes, il y en a toujours un pour dire « oui mais regarder Margaret Thatcher, si c’est pas la preuve que les femmes ne doivent pas gouverner… »

      Le « tu donnes une mauvaise image » est juste une stratégie pour faire taire son interlocutrice, en plus d’être une injonction normative qu’un dominant adresse à un dominé. Vous ne verrez jamais une femme dire à un homme, « arrêtes tu donnes une mauvais image des hommes en te comportant comme un *****  » et ce, malgré le reproche récurrent adressé aux féministes de « mettre tous les hommes dans le même panier (tous des violeurs, etc.)

      Par contre eux s’y adonnent allègrement, juste deux commentaires après on y a droit xaccrocheur trouve que les Femen* suffisent à discréditer tout le féminisme, par contre Staline, Lénine, Mao et tous les régimes communistes auxquels on a eu droit, ils ne discréditent pas du tout le marxisme, hein logique.

      *Je tiens à préciser pour ma part que je n’ai rien contre les Femen et que sur bien des points je suis en accord avec elles.

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      • On touche le problème du doigt, là. Qui se soucie une seconde du sexe du président ? Quel immature, quel ignorant de la politique réelle, critique le bilan de Thatcher ou de n’importe quel dirigeant sur le fait qu’elle est une femme, ou un homme ? C’est absurde.

        Les femmes sont les victimes les plus durement frappées de la domination de l’humain sur l’humain. Se focaliser sur le dernier étage de cette domination, c’est une erreur funeste, encouragée, subventionnée, car sans autre issue que des bavardages de blogs et des « débats » TV aussi interminables qu’inoffensifs.

        Le féminisme est un composant essentiel de la société du spectacle. Le degré 0.5 de la réflexion politique.

        Le problème ne se règlera que par le haut.

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  2. PS (rien à voir) : je relève qu’à chaque fois, « les féministes » sont au féminin. « Les féministes, elles… » ; « une féministe doit … » etc.

    On est bien d’accord que c’est juste le contre-pied grammatical de la construction classique qui veut qu’on dise « ils » quand il n’y a ne serait-ce qu’un seul mec dans le tas. Ça serait quand même le comble qu’on doive dire « les féministes, ils… » sous prétexte qu’il y a une poignée de mecs qui se prétendent féministes.

    Mais on est bien d’accord que ça ne signifie pas que toutes les féministes sont des femmes. Et que parfois, (et de plus en plus) une féministe est un homme.

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    • Comme les hommes féministes appartiennent au groupe dominant, ils n’auront pas le problème qu’on leur reproche de donner une mauvaise image au féminisme – leur engagement féministe est de toute façon considéré comme improbable, incrédible, risible. Ils doivent faire face à des arguments anti-féministes spécifiques qu’il faudrait peut-être aussi examiner ici. Pour moi, ça fait donc tout à fait du sens que l’article parle des féministes au féminin par rapport à cet argument anti-féministe-là.

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  3. …mais qu’est que vous avez contre votre pere? Il etait si detestable que ça. Je suis sur qu’il etait un homme tres paisible bon et tendre comme le mien… et alrs pourqoi pas le pères? Ou les grand pères ? moi je les aime,ils sont bons mignons et fascinant! et ils m’aiment moi et mes fils. Et alors… cette aine? … »de vous pousser à ouvrir les yeux sur la réalité du patriarcat ». Et vous les yeux vous les ouvrez jamais?!!!!!

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    • Peut être qu’en vous renseignant un minimum avant de commenter ça irait mieux. Le patriarcat est le système d’organisation de la société par lequel le pouvoir est confisqué aux femmes.

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      • Et si vous le récupériez ce pouvoir, vous en feriez quoi, au juste ? Ce serait mieux ? Laisse-moi en douter : Quand on lit certains commentaires, ou qu’on voit les visuels des Femen, ça refroidit un peu. Attention avant de répondre « oui non mais c’est pas l’image du vrai féminisme vrai, ça » sous un article où tu expliques à tes lecteurs que l’image, on s’en fout.

        Vous avez un plan pour sortir du patriarcat ? Il y a des manifestes, des plateformes, des textes sérieux (c’est de la politique, là, pas un courageux webshow engagé qui dénonce… Les clichés des âneries de la TV) On peut les lire, s’il vous plait ? Il n’y a dans ton article circulaire qu’un lien vers un autre de tes articles.

        Le féminisme est un sinistre filet où le système récupère tous ses opposants qui n’ont pas le courage ou l’intelligence de l’attaquer directement (exploité contre exploiteur). Il a fait, et continue de faire, énormément de dégâts dans le tissu des luttes sociales, en y rajoutant une couche « sociétale » qui fait le bonheur des magazines parisiens. Pour le système, c’est tout benef, regardez comme il vous utilise. L’à quel point vous ne le dérangez pas *du tout*, ça ne vous met pas la puce à l’oreille, ça ?

        Sortir du groupe des exploités pour se mettre dans un groupe à part, c’est réduire la force de frappe de l’ensemble. Le féminisme est un égoïsme, nocif et dérisoire.

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        • Voilà, il me semble, un autre exemple de contre-argument, qui se réduit à ceci: »Il y a plus urgent comme combat. » En l’occurrence, et si je comprends bien le propos de xaccrocheur, le véritable combat doit être mené contre le « système »(l.12,17), qui est « exploiteur »(l.14). Tout autre étendard est déjà une trahison. Aussi prière de se taire jusqu’au grand soir. Toute personne se battant pour sa dignité n’est qu’un hypocrite.
          Je ne suis pas d’accord avec xaccrocheur, et je pense que ses arguments n’en sont pas. Se rebeller contre le système tout en attaquant ceux qui s’opposent au statu quo, cela revient à conforter ce que l’on dénonce.

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        • Wow ! Joli morceau de bravoure.

          Maintenant camarade, imagine juste un instant qu’au lieu d’être dans la « bonne » classe dans la lutte contre le capitalisme, celle des prolétaires, tu sois dans la « mauvaise », celle du patronat et des bourgeois (je grossis le trait hein).
          Quelle serait ta réaction si on te disait « l’anticapitalisme est un sinistre filet où le système récupère tou-te-s les opposant-e-s qui n’ont pas le courage ou l’intelligence d’attaquer directement le système patriarcal. »

          Tu vois bien l’inanité du propos. De fait, il est malaisé de se retrouvé dans la même classe que ceux qui oppressent. Parce que oui, en tant qu’homme, tu te trouves en position d’exploiteur. Pas parce que t’es méchant ou parce que c’est toi, mais parce qu’en tant qu’homme, comme moi, tu participe à la perpétuation du système patriarcal, QUE TU LE VEUILLES OU NON ! C’est un effet de système, de ton éducation, de ce que te représente dans la société.
          Il suffit pour ça de demander autour de toi à quelques femmes si cela change quelque chose dans les conversations s’il y a où non des hommes, il suffit de voir la répartition des tâches ménagères, le temps de parole des hommes et des femmes, etc etc etc.

          Il y a des manifestes, des plateformes, des textes sérieux ?
          Oui, il y en a dans tous les articles de ce blog. Bien que ce soit peut être brutal, prends toi L’ennemi principal, de Christine Delphy. Où tu comprendras que les ennemis ce ne sont pas les hommes mais bien le système patriarcal.
          Par contre, le capitalisme, il est né il y a peu ou prou deux siècles. Le patriarcat est à peu près aussi vieux que l’Antiquité. Et surtout, le rapport de force n’est quand même pas tout à fait le même, tu ne nous en voudras donc pas si on n’a pas trouver le manuel pour renverser le système d’un coup, clac.

          un homme féministe (même si c’est compliqué).

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        • « Le féminisme est un égoïsme, nocif et dérisoire. »

          Ouais, on est un peu égoïste de penser qu’à nous. C’est un peu égoïste de penser qu’en tant que femme je ne devrai jamais subir le risque d’être violée/battue/moins payée/traitée de salope à cause de mes choix sexuels/représentée comme une cruche etc. C’est vrai que tous nos petits problèmes de femmes sont pas importants comparés à la misère de certains. C’est comme le racisme, c’est un égoïsme: pourquoi on devrait respecter les noirs autant que les blancs? Moi en tant que blanche j’en ai rien à foutre, ils sont pas un peu égoïstes de penser qu’à eux?

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        • C’est quand même marrant ces gens qui prêchent la révolution depuis 50 ans sans la faire, et qui viennent dire aux autres qu’ils ne s’y prennent pas correctement. Mais faites-la votre p. de révolution plutôt que de nous en rebattre les oreilles.

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    • Juste par curiosité, comment en êtes-vous venue à la conclusion que Genre! détestait son père ou son grand-père? Parce que j’ai beau fouiller le texte ou essayer de trouver le cheminement mental qui pourrait pousser quelqu’un, même non renseigné, à associer féministe et « haine de son père », je ne vois pas…

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  4. C’est « rigolo » le commentaire précédent, chaque fois que je défends le féminisme, les femmes, les mères célibataires,… on pense que j’ai eu un père détestable, que mes parents sont divorcés, qu’il ne payait pas de pension alimentaire,… Mon père est un homme exceptionnel, marié depuis 40 ans à ma mère et toujours heureux, qui cuisine, tricote, annulait ses réunions quand il était chef de service quand j’étais malade, se levait la nuit pour me soigner (ma mère aussi hein, il ne comblait pas une défaillance quelconque). MAIS QU’EST CE QUE CA CHANGE AU FAIT QU IL EST UNE EXCEPTION HEIN ? Quand je discute avec mes ami(e)s, quasiment personne ne me dit « ah oui moi aussi » mais plutôt « mon père n’a JAMAIS fait ça ». Je ne prends pas mon cas pour une généralité…
    Merci pour ce superbe travail en tout cas !

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    • Qu’est-ce que ça change? Ca signifie simplement que même dans la génération précédente, les hommes sont capables de résister à la pression de la société patriarcale. Ca ne veut pas dire pour autant que la société patriarcale est une invention (il n’est donc pas un alibi).

      Ils le sont encore plus maintenant, la société évoluant (certes, TRES lentement, mais dans le bon sens quand même).

      Le citer en exemple, c’est bien. L’utiliser pour dédouaner les autres, non.

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  5. Amen.

    Je crois qu’en fait ça se recoupe assez avec l’argument d’agressivité. Le féminisme n’a pas prétention à être glamour ou sympa, vu les sujets qu’il traite ; même si je suis contre l’agressivité gratuite, c’est quasiment impossible de donner la « bonne image » demandée, puisqu’on ne PEUT PAS faire passer un message féministe sans créer l’inconfort : parce que justement, il bouscule des idées pré-établies bien, bien ancrées dans les mentalités et pousse beaucoup à la remise en question. Je ne blâme pas les gens qui ressentent cet inconfort (c’est une réaction normale selon moi), ce qui me gêne davantage c’est quand ils ne répondent pas aux arguments et attaquent exclusivement la forme.

    Et évidemment qu’on n’est pas toutes pareilles, je ne pense pas que les mouvements s’enrichiraient si on passait uniquement notre temps à opiner du chef dès que quelqu’un dit quelque chose.

    Ça aiderait un peu aussi si on entendait pas encore des bêtises du genre « Il existe un féminisme qui ne veut pas émasculer les hommes ?? » sur certains médias généralistes.

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  6. Si il y a un point fort dans ton article à mon avis, c’est bien le fait que tu mettes en avant le côté « société » du problème, mais j’ajouterais personnellement le coté, « société médiatique », tous bords confondus.

    Si aujourd’hui dans l’esprit des gens, une personne comme Nabila «  » » »représente » » », c’est car les media tournent les projecteurs quasi exclusivement sur des personne comme elle, avec tous les ravage que sa entraine pour ceux qui regardent, comme pour la personne elle-même, il suffit de voir le badtrip qu’es devenu l’aventure médiatique de Loana. (En claquant la porte à des personnes bien plus intéressante.).Et malheureusement pour les dirigeants/marketeux qu’on pourrait taxer objectivement de sexisme, ce qui compte, c’est l’argent. Je pense sincèrement qu’ils font sa sans « volonté sexiste », simplement aveuglé pour les besoin d’argent, en jouant sur les pulsions les plus primale de notre société, nous rappelant qu’on est plus proche du macaque qu’on ne le pense.
    Et même pour le féminisme, je ne pense pas, loin de la même, que les média tournent leur projecteur sur les bon « représentant », et je préférerais sincèrement voir en valeur des assos se battant pour les mères célibataires qui sont stigmatisé dans leur recherche d’emploi, ou un assos protégeant des femmes battue.
    Il y a toujours les solutions d’inciter les gens à ne plus consommer ce type de contenus, malheureusement ce travail risque d’être de très, très, longue haleine, car il s’agit d’un changement radical de mœurs.
    Là ou par contre pour ma partie je serais plus modéré, c’est sur la « mauvaise » image. Je ne pense pas que la fin justifie les moyens, et que des fois mettre formes et subtilité peut amener a de vrai résultats, pour pousser les esprits les plus obtus à croire qu’ils ont limite pris certaines décision d’eux même. Peut-être pas tous les courants forcements, mais je pense qu’une méthode doit être crée en fonction des cultures et des mœurs de l’endroit où elle s’applique, ce qui n’est pas toujours le cas. Après c’est peut être une histoire de gout ou de mentalité, mais je préfère mille petit pas de fourmis qu’un grand pas très rare mais rapide, car finalement le second choix est souvent sur le long terme, plus lent. En sommes, deux poids, deux mesures.

    Après pour la seule remarque un peu transversale à l’article, et plus globale, que je voudrais faire par rapport à tout ça et qui me gêne en ce moment, c’est le côté un peu manichéen des débats, chose de plus en plus inhérente au net en général. Sans rentrer dans des histoires de bien ou de mal (ce n’est pas le débat), on voie souvent un front net se dessiner dans les avis, qui laisse peu de place aux divergences, tous bord confondus. On a souvent les pro-féministes et les antis, chacun se rejetant la balle sans pour autant s’accepter, quitte à agglomérer dans un des groupes des personnes aux avis plus médias. Et je trouve ça un peu dommage car ça casse un peu les débats, c’est peut-être le support qui s’y prête mal, (car derrière un clavier, on est en sécurité, anonyme) et qui entraine parfois certains excès dans les deux camps, et je trouve ca dommage, car il y a encore beaucoup à faire pour la cause de la femme, surtout au niveau mondial, et qu’on aurait tous intérêt à se battre ensemble pour elle qu’entre nous. J’espère juste que les mentalité iront dans le bon sens !

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    • Bonjour,
      Vous devriez traîner sur plus de sites féministes et vous vous rendrez compte qu’il y a énormément de débats « entre féministes » sur des questions diverses : pour/contre la légalisation de la prostitution, insémination artificielle pour couples gay, Femens et bien d’autres encore. J’ai même été très étonnée de voir tant de diversités de point de vue au sein du féminisme sur le net. Avec quelques fois un troll qui se cache au milieu des commentaires comme xaccrocheur plus haut.
      Par rapport à ce que vous dites sur mettre les formes je suis tout à fait d’accord avec vous et je pense qu’en fait, c’est exactement ce que font les féministes en général !! Elles mettent les formes, c’est-à-dire que malgré les horreurs qu’on fait de par le monde aux femmes, les inégalités criantes dont elles sont les victimes, les violences, les viols, les humiliations etc… malgré tout cela, encore aucune organisation terroriste féministe ne s’est fait connaître, du moins assez pour qu’on en parle dans les médias et que j’en sois au courant (merci de relayer l’information si quelqu’un a connaissance d’un groupe féministe violent, vraiment violent). En gros, les féministes de par le monde en général, à ma connaissance se tiennent plutôt bien sagement et les Femens sont assez gentilles en fait, elles ne font de mal à personne. Leurs propos ou leurs seins à l’air peuvent offusquer certains, déranger, créer une polémique brûlante, faire incarcérer des membres de leur organisation etc… mais aucune goutte de sang n’a été versé directement à cause d’elles à ce que je sache ?!
      Donc je pense que oui, les féministes sont sympas en général ahah, mêmes les plus virulent-e-s :). Crier lors d’un débat, est-ce si grave ? S’exciter sur une cause, s’offusquer à grand bruit sur une inégalité, hausser le ton après un petit pic bien placé, est-ce si mal ? Combien de politicien-ne-s s’énervent lors de débats, de conférences sur le racisme, l’économie, la guerre et ils faudrait mettre encore plus les formes alors que les féminisme le font déjà !!?? Comprenez-vous que vos mots qui suggèrent une manière d’être plus douce ou calme des féministes est exactement ce que l’article tend à mettre en lumière et à contre-carrer.
      Le courant féministe me parait plutôt non-violent en général.
      De plus, je ne vois pas de quelle attitude vous parlez selon la culture… Si une culture a en elle-même des habitudes sexistes, comment voulez-vous contre-carrer cela sinon en dérangeant les codes sexistes ? Amina qui montre ses seins en Tunisie, n’est-ce pas un acte très osé qui fait débat justement car cela touche à un point sensible culturel ? Les Femens, musclées, fortes et « superficiellement » agressives (pour le spectacle on dira), arrivant toujours là on ne les attend pas, dans des endroits inapropriés, les seins à l’air, n’est-ce pas osé et ouvre le débat justement car dans nos cultures il faut que les femmes soient bien gentilles, douces (voir molles), pudiques et « pacifistes ».
      Bref, votre commentaire, tout en « douceur » et faussement « diplomatique » est en fait complètement ce que le post de Genre critique. J’espère que vous vous en rendrez compte et que vous réfléchirez aussi à cela. Chacun en nous, qu’on le veuille ou non, avons encore des attitudes sexistes même si notre raison est armée des plus belles intentions en matière de féminisme.
      Bonne réflexion et à bientôt.

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      • Je ne suis pas contre les idées données dans cette réponses, je penses cependant qu’elles se basent sur une sur interprétation de mes propos a certains sujets.
        Le passage qui m’a le plus surpris et vraiment le passage sur le débat, inter-feministe. car Il n’a jamais été question de cela.
        Je pars plus sur le fait que lors débats sur le sur le net plus globalement, les positions sont tranché, et souvent bien trop aveuglément. Ainsi les gens dénigrent facilement celui qui pense différent que nous, rabaissant souvent le contrevenant à moins qu’un homme, et le fait de soulever le débat sur les homos me donne un superbe exemple pour illustrer le fond de ma pensée.
        Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut sur le sujet du mariage/adoption, et on as même vu dans la communauté homosexuelle elle-même des gens d’avis antagonistes. Cependant, la sur-médiatisation du sujet à proliféré, et accentué les antagonismes, car notre société est malheureusement ainsi faite d enos jour pour mon plus grand malheur. Ainsi, maintenant pour certain, tous les catholiques sont des arriéré moyenâgeux, tous les homo sont des monstre (on as vu des tracs non aux « duos homos » arrivé, ce n’est même plus les reconnaitre en tant qu’humain et c’est honteux et ça me refile la gerbe).
        Tout ça pour en venir à un fait simple à mes yeux, du moins à l’heure actuelle, le web est un terreau assez peu fertiles aux idées gênantes, car il aiguises les avis extrêmes, en partie grâce à l’anonymat, car beaucoup de « troll » ne serais pas capable de tenir leur propos en face à face devant un public non partisan. Les gens se ferment, deviennent imperméable.
        Je suis une personne qui personnellement, adore le débat et la discussion (car elle permet de mieux ordonner ma propre pensée [théorie du canard en plastique] et je reconnais volontiers que j’aime me faire l’avocat du diable parfois), l’échange de point de vu combien même soit-il houleux, tant qu’on respecte la personne en face et donc un bonne chose ; d’ailleurs combien de fois après un débat musclé, au final, on finit par aller boire un verre dans bras dessus bras dessous tout sexes confondus.
        Malheureusement ce genre d’endroit sur le net… C’est un peu terre promise, et souvent un terre promise assez cachée, et tournant souvent avec les même personnes.
        J’espère donc mon idée a ce sujet est plus claire présenté ainsi, car elle n’est point une critique au « débat féministe », mais bien sur l’air des débat actuels et surtout sur la toile, qui est souvent en dehors de certain lieu sacré assez nauséabond, et le tort et souvent partagé à mes yeux.
        Pour les groupes féministes non violents je ferais une petite parenthèse… Je dirais oui et non. C’est vrai qu’on n’a pas de terrorisme féministe, mais la violence est-elle toujours physique ? Pas à mes yeux.
        Sans rentré dans mes idées personnelle dans le débat Amina (pas que ça me gêne mais que je ne veux pas mélanger les idées qui doivent peut etre etre déjà un peu confuse), les récents évènements autour d’Amina et des femens me consternent. Ce n’est pas tant la cause feministe qui est source du souci, mais bien le choc des cultures, comme jeter de l’eau sur de l’huile bouillante. Ce qui s’est passé en Tunisie vis-à-vis des femen, c’était de la violence vis-à-vis du peuple Tunisien et de ses coutumes peu importe ce que nous on peut en penser en tant qu’européen, nécessaire a un certain niveau, mais non mesurée dans le cadre des Femen ; Amina avait une photo mesurée, réfléchie, chargé de symbole et symbolique, ou le hasard n’avait pas sa place, jusqu’à la simple présence de la cigarette. Certes on est d’accord sur le fait que dans le fond, ça ne devrais pas etre un frein, mais il faut bien garder à l’esprit le poids et la force d’année et d’année de coutume, d’éducation, de conditionnements, pour les non allergique a la philosophie, je renverrait a l’allégorie de la caverne, de Platon, qui traduira surement mieux que moi je fond de ma pensée sur le sujet.
        Ainsi, si leur action était louable pour le public Européen, quel en fut le prix pour les féministe tunisienne ? Des mois de négociation qui recule, des associations féministe qui dénonce d’autre association feministe, des exemple donné aux extremiste et Amina elle-même membre des femen traité de « traitresse », car elle ne soutenait pas forcement les actions faite a la suite de sa photo (entre autre des drapeaux brulé), et elle ne le dit pas sous la contrainte vu qu’elle est réfugié en France, bien décidé a passer son bac. (il y as eu cette semaine une très bonne émission a ce sujet sur France inter). Au final toute personne, même du même bord remettant en cause leurs actions n’est plus valable, et moi ça me gêne, car il n’y as pas qu’une vérité, car même si peu ou pas de sang n’a coulé, il y a bien un forme de violence, mais trop forte, mal mesurée. Je suis d’accord qu’il faut chambouler les choses, parfois de façon subite et forte, mais pas de façon systématique, sinon on donne du matériel aux détracteurs (la fin ne justifie pas les moyen, et pour moi, et on ne doit pas faire payer le prix de ses actions a d’autre personne, ici des Femme tunisienne, pas forcément engagée dans le combat, et pourtant respectable au même titre que n’importe qui, surtout si la responsabilité des conséquences n’est pas assumée par les auteurs des actes), et c’est ce qui est arrivé la. Et le sexisme qui lui paradoxalement ne souffre pas de sexisme, nous offre la propres mère d’Amina ne comprend pas ses actes et a tenter de la faire passer pour folle. Ou comme cette nageuse Iranienne qui a battu un record du monde de nage avec plus de 40 kg de tenue sur elle, (ce qu’aucun homme n’aurait pu faire), et c’est fait retirer le titre par sa propre ministre des sports. Cette femme était une héroïne, un modèle de vertue et de force, pourtant homme comme femme ne l’ont pas reconnue, tout simplement car souvent un avis rationnel s’oppose a un dogme irrationnel, et dans notre propre pays pourtant laïc, il a fallu des années pour faire évoluer certaines idées, et encore le mariage pour tous montre qu’on n’est pas a la fin du combat. Le sexisme est un monstre sans visages, sans sexe et qui prend diverses forme comme toute autre forme de discrimination.

        Après on reste d’accord sur le fait que les Femens ne représente pas « la cause féministe » ou « la femme », je profite juste que vous abordiez ces évènement pour illustré mon message sur ces évènement. Elles en sont cependant une des nombreuses facettes du feminisme, mais une facette trop médiatisé a mon gout et prenant la place à des associations à mes yeux, tout aussi voir plus louable (encore trop de femme sont battue même en France, ou sans aller si loin je préfèrerais voir invité des « Mar Lar » sur certain reality show plutôt que Elena)
        Crier dans un débat c’est normal, surtout si on parle avec le cœur et les trippe, en arriver à des extrême ou on ne respecte plus l’intervenant pour ses idées, là c’est plus gênant, et c’est peut être ça qui me donne si souvent envie de me faire avocat du diable, même si ce n’est ici pas le cas, mais la pratique est de plus en plus courante de nos jours (bien sur je ne dis pas ça dans le cadre de votre réponse ou du blog/article).
        Au final, c’est bien des idées qu’il faut faire accepter aux gens d’eux même, et pas les imposer, car aujourd’hui encore, pour prendre l’exemple de la France, si je suis personnellement prêt me faire payer 20 % de salaire en moins, a prendre la moitié des congés paternité/maternité, a pousser toujours plus loin celle qui partage aujourd’hui mes jours dans ses études quitte a en faire « la femme forte » avec un plus haut statut social que moi et qui fait peur a tant de monde, a décrier tout emplois de violence, de plan en « contre décoté » (haaa sacré père fourass et son jeu des rouleaux, faut bien divertir les papa #seconddegret) et toute les facilité marcketing qui abuse des pulsion les plus sordide pour « vendre des tapis », beaucoup ne partage pas cet avis, ou même s’en désintéresse, il est donc important d’avoir une approche pratiquement par individus. Car c’est un combat collectif pour changer radicalement les mœurs, qui a des niveaux différents, sont malheureusement partager dans 99% des cultures dominante actuellement.

        J’espère que mes idées ne sont pas trop confuse car il est tard et que je ne dis pas l’inverse de ma pensé.

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  7. Sans aller chercher à « avoir une bonne image », il n’est pas inutile de se montrer pédagogique, et d’autant plus que la cause n’est pas acquise au public à qui on s’adresse.

    Bien évidemment qu’une cause juste n’a pas à s’encombrer d’un souci d’image pour être légitime. Mais il s’agit aussi de lutter contre des phénomènes latents, insidieux, et qui se cachent par exemple dans de la publicité, laquelle travaille très soigneusement son image pour parvenir à ses fins.

    Bref, essayer d’apporter autant que possible les arguments dans l’ordre, savoir lesquels sont les plus pertinents en réponse à quels clichés, ça ne peut pas faire de mal, et c’est d’autant mieux pour marquer un maximum d’esprits.

    C’était pas le but de cette série de billets justement ? 😡

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      • Me suis mal exprimé. Ce que je voulais dire, c’est que être pédagogique (extrêmement pédagogique, même) aide à améliorer l’image, et à mieux faire passer le message.
        Il suffit de voir comment le *moindre* écart de discours tenu par quelqu’un qui défend un point de vue féministe est rédhibitoire pour continuer la discussion. Ces contradictions sont ensuite systématiquement ressorties pour ternir l’image du féminisme, et nier en bloc le reste des arguments.

        C’est en ça que je trouve qu’être pédagogique aide à améliorer l’image du féminisme, qui, comme rappelé dans ce billet, dérange et n’a « de base » pas une bonne image.

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  8. Et si vous regardiez ce qui se fait dans d’autres milieux :
    *certains luttent contre le racisme de manière efficace
    *ils se disent pourtant anti-racistes et non noiristes ou arabistes
    *ils luttent contre un problème et non des individus
    *voient ce problème comme social et n’agressent pas ceux qui y concourent mais cherchent des solutions
    *ne sautent pas sur le col d’une personne qui fait une blague raciste au second degré parce qu’ils comprennent qu’on peut dire des choses qu’on ne pense pas (je connais même des Juifs qui font des blagues juives. Qui relaient des stéréotypes négatifs sur les Juifs. Oh là là)

    Bref, c’est une lutte sociale et efficace, pas une pose…

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    • Sérieux? C’est rigolo parce qu’en tant que militante antiraciste aussi, je trouve les mêmes critiques à notre encontre, encore plus quand nous sommes noirs ou arabes justement.

      Je ne vois pas en quoi le féminisme lutte contre des individus. Il lutte contre un système et ses manifestations discriminatoires (des lois, des discours prononcés par des gens, mais pas les gens en eux-mêmes)… oh wait.. comme l’antiracisme.
      Les femmes ne demandent pas à entrer dans le système créé par les hommes pour les femmes, elles demandent un changement du système. Alors à moins que tu me dises que tu connais un mec qui ‘appelle Système… et si mettre quelqu’un devant ses responsabilités parce qu’il ne se positionne pas contre un système injuste c’est l’agresser, c’est peut-être ton appréciation du terme « agresser » qu’il faut revoir.

      C’est magique en fait l’oppression. Elle te ramène toujours à un statut qu’a rien à voir avec la choucroute pour justifier de bien t’écraser la gueule.

      Illustrons avec un petit exemple :
      M. Z dit à la télé : « les noirs/femmes sont génétiquement prédisposé(e)s au crime/aux tâches ménagères » (je caricature à peine hein)

      Une association antiraciste/féministe s’insurge : « ce sont des élucubrations sans fondement concret, contribuant à la perpétuation de stéréotypes qui justifient le maintien de ces populations dans leur position de dominé(e)s. C’est par ailleurs insultant de nier le libre arbitre de ces personnes, en les reléguant au rang d’individus guidés par leurs gênes »

      Là, M. Z dit « c’est un fait » (il aime bien dire « c’est un fait » M. Z. Il a entendu ça dans Private Practice une fois, du coup il se sent beau et grand comme l’avocat de la série)

      Donc là, l’association redemande « les faits s’appuient sur quelque chose. Des chiffres, des études toussa »

      M. Z : « les noirs sont plus nombreux dans les prisons que les pas noirs, et les femmes passent plus de temps à faire le ménage que les hommes »

      L’asso : « ça c’est une conséquence, pas une justification de la prédisposition génétique »

      M. Z : « vous ne voulez pas voir la vérité en face »

      L’asso : « vous n’avez pas l’impression d’inverser cause et conséquence, pour mieux asseoir un propos discriminatoire? »

      M. Z : « han vous me traitez de raciste/sexiste, je le prends comme une insulte. mais je comprends que vous même en tant que noir/femme, vous soyez partisan. »

      CQFD, merci Mesdames Messieurs.

      Je ne sais pas à quelle organisation antiraciste tu penses. Si tu penses à SOS racisme, tu t’apercevras que ça a pas très très bien marché le militantisme poli, et surtout pas de manière durable. Mais que c’est tellement plus agréable pour le mec d’en haut de parler avec quelqu’un qui lui dit : ben en fait on veut juste rentrer dans ton système, dis nous comment faire.

      Alors que quand un collectif comme les Indivisibles ouvre sa tronche, en revendiquant le droit à s’autodéterminer en dehors des modèles créés PAR les blancs POUR les noirs et les arabes, ben là, tu vois fleurir de belles choses, comme le racisme antiblanc, le noirisme et l’agressivité supposée de R. Diallo (bon en plus elle cumule, c’est une femme et elle est noire, est-elle vraiment la bonne personne? N’est -elle pas un peu hystérique et sauvage en même temps?).

      Enfin, tu termines sur la réaction que nous devrions avoir face à une blagounette un peu raciste ou sexiste mécépaméchant. Alors humour 101 : une blague qui se fait aux dépends de ton interlocuteur a de fortes chances d’être discriminante.

      En gros, je suis une femme arabe, j’ai le droit de faire une blague sur les femmes et les arabes, parce que je peux justifier mon 2nd degré, étant la première concernée. Et encore, y a des blagues que je ferai pas sur les femmes et les arabes dans certains contextes et avec certaines personnes, parce qu’elles peuvent être blessantes et discriminantes pour certaines femmes et certains arabes. Toi, si tu n’es pas une femme et/ou un arabe, tu t’abstiens. C’est simple, et c’est surmontable me semble-t-il.

      Après si tu défends juste TON droit à te foutre de la gueule des autres impunément, pas besoin de te cacher derrière un pseudo argument sur la forme de la lutte des personnes visées par ton humour. Dis juste que tu as envie d’être un gros beauf de temps en temps, comme on lâche un pet, mais ne t’attends pas à ce que l’on te dise que tu as raison.

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      • « Dis juste que tu as envie d’être un gros beauf de temps en temps, comme on lâche un pet, mais ne t’attends pas à ce que l’on te dise que tu as raison. »

        Me suis étouffée de rire à la lecture de cette phrase !!

        Merci hamsterviolent, ton commentaire est excellent !!

        Signé : une blanche qui ne supporte plus de voir sortir le « racisme anti-blancs » comme justification des saloperies racistes-anti-pas-blancs.

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    • Franchement, vous ne vous rendez pas compte de ce que vous dites.

      – Les féministes (de tout poil, modérées, extrèmes etc) luttent très bien et depuis longtemps : maintenant les femmes votent, ne sont plus appelées mademoiselle lorsqu’elles ne sont plus mariées (et ouiiiii cette mesure était UTILE !!), peuvent prendre la pilule, divorcer, travailler. Non, je pense sincèrement que les féministes ont bien bûcher et continuent à bien bûcher même si c’est dur justement car beaucoup, comme vous peut-être, pense qu’en fait les femmes sont pas si mal loties en France si on compare leur condition à celle d’autre pays…

      – Je ne vois pas en quoi le combat anti-raciste réussit autant quand on voit ce qu’endurent les Roms, les noirs aux USA et à quel point les populations issues de l’immigration en France sont mal représentées et subissent encore pleins d’aprioris tenaces.

      – Je ne vois pas en quoi vous trouvez que les féministes luttent contre des individus particulièrement ? Je trouve au contraire le mouvement féministe toujours très appliqué à répéter souvent « nous ne sommes pas contre les hommes mais contre la société patriarcale » etc L’utilisation d’un être imaginaire « macho » par exemple dans une discussion pourrait carrément s’apparenter à l’utilisation d’un être imaginaire « raciste ». De plus, oui certains individus sont sexistes et oui, certains sont racistes, et oui, même parées des plus belles intentions égalitaires du monde, nous pouvons nous-mêmes, féministes anti-racistes etc, instinctivement sortir des absurdités ou des propos sexistes et racistes tellement le lavage de nos cerveaux par la société a été fort.

      – Vous ne semblez pas lire beaucoup de choses sur le féminisme car la plupart des propos tenus par les féministes touchent la plupart du temps au social (plus d’égalité, meilleur partage des tâches ménagères, meilleur traitement de la prostitution, combat contre les stéréotypes sexistes dans les médias et objets culturels, et dans les relations quotidiennes entre hommes et femmes, plus de violences faites aux femmes, le viol etc etc qu’est-ce tout cela sinon des combats sociaux ???). ça se serait si toutes les féministes (je dis bien toutes, car il est clair que la violence est partout et que certain-e-s peuvent être réellement violents mais ce n’est pas le cas de la majorité des féministes) avaient physiquement « agressées » leur « opposants » et sauter réellement à leur col.

      – Les blagues racistes ne me font pas rire et oui certaines personnes s’énervent lorsque l’on fait des blagues racistes. Moi par exemple. Blagues racistes, sexistes, ça m’énerve en général. Mais desfois je rigole des blagues sexistes. ça dépend. Tout n’est pas blanc, ni noir.

      En gros vous faites exactement ce que l’article de Genre critique : vous rangez tou-te-s les féministes dans la même catégorie. Tou-te-s les féministes sont des personnes qui n’ont pas d’humour, qui sont agressi-f-ve-s lorsqu’il s’agit de parler de ce sujet…

      Et vraiment, je suis féministe et ce n’est pas « une pose ». Poser ne déclenche pas autant de débat et de critique à ce que je sache. Quand on pose, on se tait en fait non ? Je ne comprend vraiment pas en quoi être féministe serait un truc qu’on utilise pour poser ou se la péter, c’est le comble ahahah

      Réfléchissez-donc un peu avant d’écrire des commentaires !!

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      • 2 réponses à mon commentaire, donc :

        1/ »Dis juste que tu as envie d’être un gros beauf de temps en temps, comme on lâche un pet »
        2/ »Réfléchissez-donc un peu avant d’écrire des commentaires !! »

        Mais sinon, l’agressivité des féministes n’est pas du tout un problème qui plombe leur lutte…

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        • Francesco: « Mais sinon, l’agressivité des féministes n’est pas du tout un problème qui plombe leur lutte… »

          Tenez vous le pour dit, les filles: l’agressivité vous est interdite, c’est seulement pour les hommes, c’est leur .domaine réservé, leur propriété privée qu’eux seuls ont le droit de fouler, alors qu’on ne vous y prenne plus à vous aventurer sur un territoire qui est et doit rester strictement masculin.

          Les féministes sont le mouvement le plus non-violent, le plus pacifique du monde, je renvoie à la fameuse citation de Groult: le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours.
          Mais aussi peu agressif que soit ce mouvement, le moindre désaccord féministe purement verbal exprimé un peu nettement, c’est encore trop pour les machos.
          Qui eux mêmes appartiennent à un sexe qui tue des centaines de femmes et d’enfants chaque semaine–sans que cela semble les scandaliser beaucoup, en tout cas sans qu’ils fassent grand chose pour que cela cesse.
          Par contre, il trouvent absolument urgent et prioritaire de venir exprimer sur tous les sites féministes leur forte désapprobation envers ce scandale des scandales:
          l ‘ « agressivité féministe » » , une horreur absolue à coté de laquelle les innombrables atrocités commises par des hommes ne sont que broutilles et peccadilles: boys will be boys .

          Ce qui dérange les mecsplicateurs qui estiment devoir nous infliger leurs jérémiades sur notre supposée agressivité, c’est que toute manifestation d’autonomie par rapport aux hommes, toute manifestation explicite de désaccord avec eux leur est insupportable et est perçue et dénoncée comme une agression.
          Et puis bien sûr, la violence est un des moyens essentiels employés par les hommes pour maintenir les femmes à la place « naturellement inférieure » qui est la leur.
          Autrement dit, pas question que les femmes s’avisent—non pas de traiter les hommes comme les hommes les traitent, ne rêvons pas, restons dans le domaine du possible:-)–mais renvoient aux hommes seulement le 1/1Oème des attaques verbales et de la misogynie haineuse qu’ils leur envoient en continu dans nos sociétés.
          Les mecsplicateurs sont là pour vous rappeler à l’ordre car, comme les violeurs et les wifebeaters, ils sont la police (enfin disons la gendarmerie) du patriarcat.

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  9. Merci pour cette série « arguments anti-féministes ». Arguments que j’entends beaucoup trop souvent et qui sont parfois durs à contrer !
    Je sais pas si d’autres suivront mais merci pour ce beau travail. (et zenitude face aux commentaires sans rapport… )

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  10. bonjour,
    Article intéressant.
    hors-sujet : j’y trouve des similitudes avec le traitement des « ecolos » qui doivent rester raisonnables pour avoir bonne image.

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    • Assez d’accord !

      Surtout qu’on pense que les écolos (comme les végétariens d’ailleurs) devraient être des personnes un peu hippies et pacifistes, « molles », douces et en contact avec notre dame nature si pleine de bonnes intentions (c’est vrai qu’un tsunami ou qu’un ours polaire affamé c’est super sympa et pacifiste comme truc).

      En fait, on traite tous ces courants qui réclament plus d’harmonie et d’égalité et de respect de la vie humaine (traits que dans une société sexiste on dira « féminins » même si je déteste employer ce terme dans ce genre de cas), comme gentillets et impropre à l’emportement et l’action coup de poing (quelque chose que dans une société sexiste on dire « masculin »). Les viandards, les pollueurs, les machos se sont tous des hommes qui aiment la castagne, qui n’ont n’en rien à foutre des conséquences de leurs actes, les végétariens, les écolos et les féministes sont tous des femmes ou des femellettes (ou des bobos qui on les moyens d’être tout cela), super sympas et pacifistes, très polis, et à 100% dénué d’égoïsme.

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  11. http://jeputrefielepatriarcat.blogspot.fr/2012/02/nommer-loppresseur-les-hommes.html

    http://floreal.wordpress.com/

    http://lesaventuresdeuterpe.blogspot.fr/

    http://hypathie.blogspot.fr/

    Ces blogs sont utiles aussi pour constater qu’effectivement le féminisme est traversé de courants multiples ! Des blogues où « les hommes »(aucune distinction ?) sont comparés/ou pas(mais l’intention est là) à des nazis, dont celui de floréal qui écrit depuis des années des conneries racistes et islamophobes qui n’ont rien a envier aux pires sarkozystes et lepénistes soit dit en passant… j’ai lu il y a peu que, il y aurait autant de « féminismes » que de « féministes »(hommes ou femmes), c’est sans doute vrai. Il y a donc de tout. J’imagine que ma part d’autisme me rend inapte ou plutôt que carrément inapte, me met plutôt en grande difficultés lorsqu’il s’agit de prendre du recul j’en conviens. Je n’ai pas assez lu le votre pour m’en faire une opinion précise, ca a l’air très bien pour ce que j’en ai lu. J’avoue que je trouve intelligent les commentaires qui insistent sur la pédagogie. Je voudrais dire à toutes celles et ceux qui comme moi sont un peu trop sensibles/émotionnels pour la politique que, il faut s’accrocher ! Même dans les blogs que j’ai mis en lien ci-dessus, il y a des réflexions qui peuvent être utiles(excepté peut-être pour le deuxième, parce que là autant lire la réaco-sphère merci bien après des années de lecture de ces animaux là j’ai ma dose ad vitam…), des choses, des idées auxquelles il faut pouvoir se confronter, même si, au détour de certains commentaires, de certains billets, il devient manifeste que la haine des hommes, la haine des arabes, la haine de ceux qui mangent de la viande etc est tout sauf un mythe. La haine de ce monde semble infinie… Pour celles et ceux étant autistes ou ayant une part d’autisme ca cogne !! Telles ces maladies sans nom qui épuisent notre corps hélas cela semble inévitable. Bref, accrochez vous les gens/auto-didactes, vous laissez pas écoeuré par quelqu’un-e-s !! 😉

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    • J’aime beaucoup le mecsplicateur qui vient donner des satisfecits aux blogs, et qui parle de haine ! Je récuse les thèses du racisme : je suis en butte tous les jours au sexisme et à l’âgisme des hommes qui prennent des décisions dans les entreprises où je travaille, et où je ne suis en concurrence qu’avec eux parce qu’ils en décident ainsi, et qu’ils cultivent l’entre-soi masculin. Je ne hais pas les mangeurs de viande, je souhaite juste qu’ils prennent conscience de la masse de souffrance qu’ils provoquent, s’ils en sont capables, ce dont je doute pour certains d’entre eux. J’adhère à la plupart des articles de Je putréfie le Patriarcat nommant l’oppresseur ! Ainsi qu’à ceux d’Euterpe. Quand on voit ce qui s’écrit dans la blogosphère masculine, l’énervement est salutaire, sauf à être masochiste. J’invite d’ailleurs les haineux qui donnent des leçons de tolérance à ne plus fréquenter mon blog.

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      • J’aime beaucoup votre totale absence de haine et ce que vous faites d’une manière générale. C’est absolument grandiose.

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    • Bouhouhouh, on ne me baise pas les pieds, j’ai mal à mon petit coeur, je suis tellement trop sensibles/émotionnels. Male tears…

      Prends sur toi, ce sont d’excellents blogs (je connais pas le deuxième, je peux pas dire), et ils ne prônent en aucun cas la haine des arabes ou des mangeurs de viande. Ça te gène pas de mentir comme ça? T’as pas honte?

      Parce que tu devrais.

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      • Nope. Pas moyen d’avoir honte face à des personnes qui sont aussi manipulatrices, perverses, et dans le déni. Je passe(ou pas)sur le fait que vous réécriviez mes propos en m’inventant pleurnicheurs et en demande de baisage de pieds. M’enfin on est habitué car vous devez être coutumier-e du fait. De plus vos fantasmes de pervers-e-s ne m’intéressent pas.

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  12. A mon grand désespoir, le pire « argument » anti-féministe auquel je me confronte plus souvent qu’à mon tour, c’est la fuite. Comment voulez-vous réagir quand votre interlocuteur ne cache même pas qu’il préfère ne pas discuter s’il est question d’égalité des droits entre les hommes et les femmes?
    D’ailleurs, je remarque que je choisis de parler d’égalité des droits, car le mot féminisme les fait détaler encore plus vite. Avec l’expression « égalité des droits », j’ai un sursis, qui correspond au temps qu’ils comprennent des droits de quelle catégorie de personnes je parle.

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    • ahah !!

      Si ce sont des personnes que vous êtes amené à voir souvent, il est préférable de dire clairement que vous êtes féministe et expliquer sur plusieurs discussions le pourquoi du comment.

      Et je pense que justement, si de plus en plus de personnes « osent » dire qu’elles sont féministes (les hommes surtout) cela pourrait un peu changer les choses.

      Après je comprend tout à fait ce que vous dites l’ayant vécu des milliers de fois ahah !! Au détour d’une soirée ou d’une discussion au boulot, quelqu’un sort un propos sexiste, on a pas le temps de s’étendre sur la question, on évite les mots qui fâchent… ahhh comme il faut jongler !! mais bon c’est pas la fin du monde non plus !

      Allez gardons le moral ! on y arrivera !!

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    • L’égalité des *droits* entre les hommes et les femmes, c’est une évidence. Toute personne normalement constituée y travaille activement, les autres sont des imbéciles, *extrêmement* minoritaires dans *tous* les endroits du monde (oui je sais ta TV dit le contraire, mais ta TV te ment et tu le sais, le pire) Ne serait-ce qu’en discuter est la remettre en question, c’est dangereux et inutile.

      Cette histoire de patriarcat est au centre du problème dialectique : Les féministes disent qu’il est la matrice de l’exploitation, je pense que c’est faux.

      Je conçois très bien qu’il soit difficile d’admettre qu’on est dominé (oui, les hommes dominent les femmes, c’est un fait) mais beaucoup d’hommes font la même expérience (face à un(e) ours(e), face à son gouvernement, exemples au hasard) si ça peut vous consoler (ça ne devrait pas).

      Entre les sexes, il ne peut y avoir qu’une synergie complexe, que d’ailleurs pas mal de « féministes » pas trop obtus contribuent sans doute à mettre en œuvre d’une part, et dont, d’autre part, c’est l’évidence, certains mâles (assez peu finalement, mais sans doute trop) ne veulent pas (quand il ont seulement réfléchi au PB).

      C’est ça que je veux dire : Si on arrête de mélanger l’égalité de droit à laquelle aspire légitimement tout être humain, et la vaine remise en question de l’ordre naturel des choses (désolé, oui je sais tu n’aimes pas lire ça, tu es un(e) mammifère tu sais ?) on n’est plus « féministe », car on devient enfin efficace et universel(le). Bienvenue au club, c’est chaud et il y a beaucoup à faire. Non, je n’ai pas de carte de quelque parti que ce soit à te proposer, la politique c’est dans la vraie vie.

      Une dernière chose : Il n’y aura pas de grand soir, et c’est heureux car à peu près personne n’a à gagner dans une énième bain de sang. Tout nous pousse à l’affrontement. Choisir un camp est une attitude immature et dangereuse. Rencontrons-nous. Parlons-nous. Nous sommes des humains, vivons ensemble.

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      • Comment peut-on à la fois considérer 1) que les hommes et les femmes ont les mêmes droits et 2) qu’il est normal que les femmes soient dominées par le hommes?

        Je ne veux pas pousser la rhétorique plus loin que nécessaire, mais comment est-il possible d’affirmer que deux personnes ont les mêmes droits si une domine l’autre?

        Sinon, l’ordre naturel, laissez-moi rire. L’ordre naturel, c’est un mâle qui va tuer les petits d’une femelle pour avoir plus de chances de se reproduire avec elle. L’ordre naturel, c’est tuer tes comparses si ça te chante. L’ordre naturel, c’est devoir te battre sans arrêt juste pour pouvoir garder « ta » femelle (et donc transmettre tes gênes).
        C’est drôle, les partisans de « l’ordre naturel des choses » ne sont plus aussi catégoriques lorsqu’on leur fait remarquer que c’est ça aussi l’ordre naturel…

        L’humain est doté d’une faculté de réflexion, et tout argument qui limite de facto cette possibilité n’a aucun sens, qu’il soit religieux (Dieu a dit que la femme était soumise à l’homme, donc on ne discute pas) ou naturaliste (l’ordre naturel des choses veut que la femme soit soumise à l’homme), tout simplement parce que c’est nier la capacité que nous avons d’aller au-delà de nos instincts primitifs.

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        • Oh oui, je suis bien de ton avis. Les plus forts doivent dominer, d’ailleurs je pense qu’on devrait choisir l’homme le plus fort du monde pour tous nous gouverner. Il est fait pour dominer, c’est l’ordre naturel.
          Et tous ceux qui seraient pas d’accord, il leur péterait les dents en accord avec « l’ordre naturel. »

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      • C’est pas le « Loi de Lewis » que ça s’appelle ?

        « Les commentaires de n’importe quel article sur le féminisme justifient l’existence du féminisme », un truc comme ça ?

        Ce qui est bien c’est que ça ne se dément jamais 😡

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  13. Pingback: Critique du féminisme | Pearltrees

  14. Vous ne vous êtes jamais fait la réflexion qu’on ne dit pas de qqun qui se bat contre le racisme qu’il est étrangéiste, d’un gay qu’il est gayiste, un noir noiriste ?
    Personne n’oserait jamais se moquer ouvertement de qqun qui défend les droits des noirs, des arabes, des juifs, des homosexuels … mais des femmes, ç’en devient un sport national.

    Ce terme féminisme est bizarre, je trouve. Il porte à confusion, et comme bien expliqué dans cet article, il a tellement été trainé dans la boue qu’il est usant et fatiguant de devoir réexpliquer pendant des heures ce que féminisme veut réellement dire.
    Pourquoi ne dit-on pas « anti-patriarcaisme » ? Ce serait nettement plus simple à comprendre pour tous les imbéciles qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez quand ils entendent le mot « féminisme »…

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    • C’est un sentiment que je partage aussi. Je m’étais fait la même réflexion en évoquant un « droit des noirs », ou un « droit des arabes », comme on parle de « droits des femmes ». Dit comme ça, c’est passablement choquant.

      Après, je peux aussi comprendre la symbolique historique du mouvement, initialement – et toujours – amorcé par les femmes, ainsi que la réalité de la situation qui fait bien des femmes les premières victimes du patriarcat, justifiant ainsi le nom du mouvement.

      Ce qui est complexe en revanche, c’est de trouver un terme qui ne soit pas « réducteur », le féminisme ne se battant pas que sur un seul front bien précis.

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    • Ce n’est à mon sens pas la peine de changer le terme féminisme pour un autre, parce que ce n’est pas le mot qui est trainé dans la boue, mais bien les idées qu’il véhicule. Le nouveau terme subirait immédiatement le même sort.
      Par exemple la psychiatrie à utiliser le mot débile, qui a été récupéré dans la langue courante pour devenir une insulte, alors elle a utilisé le mot idiot, qui a aussi été transformé en insulte, alors elle a utilisé le mot imbécile, qui a subi le même sort, alors elle a utilisé l’expression « retardé mental », mais retardé est devenu une insulte alors elle a essayé abruti, etc. etc.

      Dans la mesure ou ce qui dérange ce sont les revendications, changer le nom du mouvement n’y changera rien. Le nouveau mot sera aussi trainé dans la boue et ridiculisé. En plus, je trouve que le féminisme et les féministes ont une histoire qu’il serait bien dommage de laisser derrière nous.
      Enfin, ce n’est que mon avis.

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  15. Pingback: Arguments anti-féministes (3) "Tu d...

  16. « C’est ça que je veux dire : Si on arrête de mélanger l’égalité de droit à laquelle aspire légitimement tout être humain, et la vaine remise en question de l’ordre naturel des choses (désolé, oui je sais tu n’aimes pas lire ça, tu es un(e) mammifère tu sais ?) on n’est plus « féministe », car on devient enfin efficace et universel(le). »

    On peut utiliser l’argument de la naturalité de l’ordre établi pour justifier toutes les oppressions et toutes les injustices: les noirs étaient esclaves et sont racisés? C’est parce qu’ils sont inférieurs (moins civilisés, moins intelligents) donc c’est dans l’ordre naturel des choses.
    Les ouvriers sont exploités? C’est parce qu’ils sont passifs, moins astucieux et entreprenants que les capitalistes, des losers nés qui ont dans la société la place inférieure qui leur revient dans l’ordre naturel des choses.
    Je trouve pitoyable –éthiquement et intellectuellement-qu’on trouve inacceptables certaines formes d’oppression (celles dont on est victime) et qu’on trouve ok (car « naturelles ») celles dont on bénéficie.

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    • « Je trouve pitoyable –éthiquement et intellectuellement-qu’on trouve inacceptables certaines formes d’oppression (celles dont on est victime) et qu’on trouve ok (car « naturelles ») celles dont on bénéficie. »

      Je n’aurais pas mieux dit, c’est tellement vrai ! 😉

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  19. Tout comme je l’ai évoqué dans le précédent billet, l’injonction de la lutte « sexy » pour être adoptée et surtout acceptable par tout le monde est une biais puant.
    De mon point de vue végane, je vois les travers que ça peut provoquer rien qu’avec l’exemple de Peta : Ils dénoncent une discrimination entre espèces en usant et abusant d’une autre, communément admise et justement « sexy », à savoir l’objectivation du corps des femmes, en exhibant des tops models à poil (mais vraiment nu intégral, et presque exclusivement des femmes), en organisant des élections de « la végétarienne la plus sexy » et j’en passe et des pires. http://calorielab.com/news/wp-images/post-images/peta-save-the-whales-closeup.jpg
    Non définitivement, se faire la vitrine parfaite et sans reproche d’un mouvement n’est pas rendre service à ce mouvement, pas plus que l’injonction de modérer une revendication jugée extrémiste (mais la domination masculine n’est-elle pas déjà extrême ?), et encore moins celle de jouer le jeu de l’amalgame et vouloir éviter d’être perçu (je parle pour moi) comme représentatif d’une lutte pensée comme unique et indivisible alors qu’elle est plurielle et qu’il est toujours bon de le rappeler encore et toujours, à ces gens qui se trompent et qui ne sont pas plus que nous « uns et indivisibles ».

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