Embrasser, garder les enfants ou faire le café ?

Cet article est une contribution de Janine. Je vous conseille d’aller voir son blog, Poil à fille.


Je suis tombée sur une question intéressante cet après-midi. Celle-ci se trouve dans un article de 2001 de Katherine M. Franke (p. 201 , « Theorizing Yes : An Essay on Feminism, Law and Desire »), professeure en droit et féministe nord-américaine. Dans ce texte, elle explique que pour beaucoup de féministes travaillant sur le droit et la loi (comme Catharine MacKinnon par exemple, ce sont les « legal feminists » ) le caractère sexuel d’une faute est considéré comme circonstance aggravante car selon elles la sexualité (hétérosexuelle) est la source et le cadre le plus violent de la domination masculine. Autrement dit, « lorsqu’une pratique répréhensible prend un caractère sexuel, elle atteint sa forme la plus grave ». En gros : le harcèlement moral c’est mal, mais le harcèlement sexuel c’est pire ; les violences c’est mal, les violences sexuelles c’est pire, etc.

Elle se demande à quel point cette position est partagée par ses étudiant-e-s. Elle leur pose donc la question suivante :

    « Quelle pratique trouveriez-vous la plus humiliante, vous réduisant le plus à l’état d’objet ou répréhensible : que votre patron [masculin] vous demande, de façon inattendue :
    – de l’embrasser
    – de garder ses enfants
    – d’être en charge du café lors de la réunion des employés ? »

Elle remarque avec surprise que peu d’étudiantes ont choisi la réponse 1 « embrasser » (alors que d’après elle, les féministes de sa génération auraient choisi celle-ci en masse). La plupart de ses étudiantes ont considéré que le baby-sitting était de loin la demande la plus humiliante, la plus offensante, car elle correspondait au stéréotype de la femme-mère/maternelle.

J’ai alors décidé de poser la question aux Twittos :

Voici les réponses des Twittos à la question, en ce 20 septembre 2013 :

Which practice would you find more humiliating, objectifying, or objectionable :
having a male boss ask you, out of nowhere :

1) To kiss him – l’embrasser 2) To babysit for his kids – garder ses enfants 3) Be responsible for serving coffees at staff meeting – être en charge du café lors de la réunion des employés Total
Femmes 14 10 28 52
Hommes 7 3 17 27
Total 21 13 45 79

Grosse majorité de 3, donc.

Attention : certains hommes ont compris la question comme ne les concernant pas eux en tant qu’employé homme mais « à la place d’une femme ». Je n’ai pas précisé en effet.
Je n’ai pas non plus précisé si le boss était toujours un homme dans le cas d’un employé homme ou s’il devenait une femme (donc trois compréhensions possibles de la question pour les hommes: homme face à un patron homme, homme face à une patronne femme, homme qui se met à la place d’une femme face à un patron homme)

Justifications (il serait intéressant de voir le pourcentage de gens qui se justifient pour chaque réponse) :

Embrasser ou garder les enfants : provoque des sentiments négatifs mais pas d’humiliation, alors que servir le café est proprement humiliant.

    réponse 3 (h) « humiliant je dirais le 3. le 1 est creepy et le 2 est WTF »
    réponse 3 (h) « 1 et 2 me feraient chier mais 3 serait humiliant »
    réponse 3 (f) « pour embrasser je dirais que je ne serais pas humiliée (mais énervée, révoltée etc.) pour les enfants ça ne me ferait pas grand chose je me dirais peut-être que c’est le genre de service qu’on demande à ses amis. Par contre le café, là je me sentirais humiliée ou plutôt rabaissée et victime de sexisme. »
    réponse 3 (h) « 1 est juste gênant et 2 rend service »
    réponse 3 (h) «pour les enfants ou le bisou, je serais gêné mais pas humilié »
    réponse 3 (h) « pour s’embrasser je trouverais juste ça très gênant et pour garder ses enfants ça dépendrait de la situation »
    réponse 3 (h) « pour moi seule la trois est candidate pour le statut de demande  »humiliante », les autres nécessitent un autre adjectif » (hors de propos, confusion pro/perso)
    réponse 3 (h) « parce que je trouverais les deux autres absurdes (et pas moins humiliantes potentiellement »
    réponse 3 (h) « je vois pas en quoi c’est humiliant de demander un baiser, déconcertant oui, humiliant non »

Garder les enfants et/ou embrasser n’est pas forcément avilissant, alors que servir le café l’est systématiquement.

    réponse 3 (h) « 1 est juste gênant et 2 rend service »
    réponse 1 (f) (mais ex æquo avec le 3) « garder les enfants, si ça dépanne vraiment et / ou si c’est rémunéré , bon, c’est du baby-sitting, ça me choque pas »
    réponse 3 (h) « je vois 2 comme un service et 1 comme du privé. 3 est vraiment l’expression de la domination patronale »
    réponse 3 (h) « je ne vois pas ce qu’ont d’humiliant 1 et 2 »
    réponse 3 (h) « je ne me sentirais pas forcément humilié pour le 2 ou le 3 car je pars d’un a priori d’égalité. S’il me le demande c’est qu’il serait prêt à le faire pour moi en retour, ou à demander à n’importe quel collègue. Même si c’est mon chef. Il faudrait qu’un homme haïsse un autre homme pour qu’il le considère comme une bonniche #naïf? »
    réponse 3 (h) « l’embrasser pourrait être flatteur si une attirance était réciproque. Garder ses enfants, cela pourrait dire qu’une confiance s’est installée entre l’employée et le patron. Servir le café peut aussi signifier  » j’ai la flemme de le faire, démerde toi  » »
    réponse 3 (f) « le café parce que le reste ça peut-être à titre perso mais le café ça fait vraiment genre professionnellement tu sers à rien »
    réponse 3 (f) « pour moi servir le café aux réunions correspond vraiment à un cliché de tache subalterne associée aux femmes »
    réponse 3 (f) « j’ai été hôtesse d’accueil est c’est au même niveau qu’une caissière pour les gens qui se font servir »
    réponse 3 (h) « l’embrasser : dépend du contexte, âge, sexe du boss. Je serais plutôt flatté si F, embarrassé si H (étant moi-même un H hétéro) »
    réponse 3 (f) « la 1 si je suis pas attirée = non, sinon oui ! La 2 pour rendre service, pourquoi pas ? »
    réponse 3 (f) : « l’embrasser je crois que je serais tellement surprise que ça me ferait rire »

La barrière professionnelle et le cadre légal protègent en cas d’une demande 1 ou 2 qu’on veut refuser alors qu’ils ne rendent pas illégitime l’abus de la demande 3.

    réponse 3 (f ) « le 1 je l’envoie chier et s’il est pas content je le dénonce. Alors que 2 et 3 je saurais moins bien comment le jeter… et 3 c’est d’être sa bonniche devant tout le monde !!!! »
    réponse 3 (f) « dans le cas 1 horrible mais possible de repousser et il risque gros, dans le cas 2 on peut dire non diplomatiquement »
    réponse 3 (h) « je vois 2 comme un service et 1 comme du privé. 3 est vraiment l’expression de la domination patronale »

La dimension publique de la demande 3 la rend plus humiliante.

    réponse 3 (f) « car c’est dans le cadre du travail donc rabaissé face aux autres. Les deux autres rentrent dans la vie privé »
    réponse 3 (f ) « le 1 je l’envoie chier et s’il est pas content je le dénonce. Alors que 2 et 3 je saurais moins bien comment le jeter… et 3 c’est d’être sa bonniche devant tout le monde !!!! »
    réponse 3 (f) « les deux autres peuvent rester  »privés », là y’a des gens »
    réponse 3 (f) « être la bonniche de l’assemblée semble pire que d’être la bonniche  »que » du patron »
    réponse 3 (f) « j’ai été hôtesse d’accueil est c’est au même niveau qu’une caissière pour les gens qui se font servir »
    réponse 3 (f) « je dirais le café peut-être parce que c’est carrément public (et j’imagine qu’il n’y a que des hommes en réu) »

La confusion privé / professionnel est considérée comme une circonstance aggravante.

    réponse 2 (h) « j’ai hésité entre ça et embrasser . Dans les ceux cas on sort complètement de la sphère professionnelle »
    réponse 2 (f) « parce que hors du contexte pro et parce que préjugé femme → garder les gosses. Mais bon la 1 je serais bien choquée hein »
    réponse 2 (f) « les enfants ! Le café a au moins le mérite de rester dans la sphère pro… »
    réponse 2 (f) « la garde d’enfant ! Parce que ça a forcement rien à voir avec les compétences pro. »
    réponse 2 (f) : « le 3 je trouverais certainement ça sexiste, mais ça reste dans le cadre pro. Je trouverais ça humiliant, oui, vis-à-vis de mes collègues, mais je crois que je serais plus *profondément* humiliée avec la 2 parce que c’est vraiment de moi qu’il est question »
    réponse 2 (f) « garder ses enfants, car 3 peut se justifier par un besoin pro et 1 par une attirance mutuelle »
    réponse 2 (f) « en fait je crois que e qui est humiliant c’est qu’on demande un truc qui n’est pas dans nos attributions de poste parce que f. Autant le café peut parfois se justifier, autant la bise et les mômes… » (la personne précise que son emploi de secrétaire « habituée à faire le café » joue dans sa réponse).
    Réponse 2 (f) : « peut pas se payer une baby-sitter, au lieu d’empiéter sur ma vie privée ? Je déteste aussi la 1 »

L’humiliation est liée au caractère sexuel de la première demande (embrasser). 

    réponse 1 (f) « «  dans les deux derniers cas il te voit comme bonniche et dans le premier comme bonniche + objet sexuel a son service, c’est le combo »
    réponse 3 (mais hésitation, f) « la 1 me chiffonnerait pas mal et je me sentirais un peu humiliée façon promotion canapé »
    réponse 1 (f) « dans les deux autres cas, il me prend pour sa bonniche, là pour sa pute »
    réponse 1 (h) « les deux autres réponses sont,pour moi, de l’ordre du service (voir le contexte après) »
    réponse 1 (h) « pour moi, la 2 et 3 ne sont pas humiliante pour un homme car il entend  »rends moi un service » et pas  »retourne dans ta cuisine » »
    réponse 1 (f) « café et gamins c’est niveau bonniche alors que l’embrasser cela relève pour moi du harcèlement sexuel »

Et vous?

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33 réflexions sur “Embrasser, garder les enfants ou faire le café ?

  1. Un homme de plus à répondre 3. Ce qui me gêne c’est effectivement que cela remet en cause mes compétences professionnelles, et que l’on me considère seulement bon à ça. La 1 et la 2 sortent justement de cette sphère et je verrai ça plus comme une invasion de ma vie privée. Gênant mais pas humiliant. Je pense même être un peu flatté, même si je refuserais sûrement dans les deux cas. Le 3 je me sentirais tout de suite plus contraint.

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  2. En fait je placerais 1 et 3 à égalité mais pour des raisons différentes. Pas 2, que je n’arrive pas à associer au cliché de la mère maternelle (j’ai pas mal de comparses de ma tranche d’âge (18-25 ans) pour qui le baby-sitting n’est pas inhabituel, hommes ou femmes), soit le patron considère que c’est un travail soit il considère que c’est un service à lui rendre. Dans le cas 1, je considère ça humiliant mais en voyant le patron en tant qu’homme, pas en tant que patron : ça m’humilierait autant qu’un inconnu me le demande dans la rue, le seul facteur qui aggrave les choses venant de mon patron est que je vais le recroiser par la suite, ce qui rend mon refus délicat. Par contre dans le cas 3, j’ai vraiment le sentiment qu’il profite de son statut de patron, qu’il me demande quelque chose dans le cadre du travail, et que cela me réduit publiquement au statut de potiche.
    Et aussi, dans le cas 1 je sens que la demande n’est pas normale, et je me sens donc en « droit » de refuser. Dans le cas 3 c’est moins flagrant.
    (Je suis une femme)

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  3. Je pense que le plus humiliant c’est « être en charge du café » parce que c’est sur le lieu de travail dont le patron en question est en charge (Difficilement refusable donc – le plus insidieux) c’est une sorte de « dé-motion » officielle
    + probablement devant tout les autres employés = punition à l’école ou corvée de patate à l’armée + le côté les femmes servent et les hommes mangent à table.

    Le babysitting c’est déplacé parce que ça fait genre t’as pas assez de boulot comme ça et je suppose que tu n’as pas de vie privée – je te prends un peu pour une lycéenne qui a besoin de se faire des sous en plus le week-end. C’est méprisant dans ces suppositions. Mais il suffit de dire non. Mais je serais choquée d’autant que ça sous-entend un prolongement des relations dans la vie à l’extérieur du bureau.

    Ensuite le baiser bah déjà qu’il « demande » ça mieux que la pelle imprévue. C’est moins méprisant parce que ça ne veut pas dire qu’il ne respecte pas la personne ; son travail ; en fait ça dépend des circonstances. Si c’est le type qui se dit « on ne vit qu’une fois si je lui demande pas de m’embrasser je regretterais toute la vie » et qu’il n’y a pas manque de respect bah ok ça risque d’être chelou à l’avenir mais en même temps on n’est pas en pierre quoi ça peut arriver. Par contre si le mec fait des avances emmerdantes ou qu’il manque de respect ou qu’il harcèle sur le long terme ou qu’il fait un chantage genre je te vire si tu me roules pas une pelle alors là ça remonte en haut de la liste illico.
    Enfin je pense quand même que c’est le truc qui mets le plus mal à l’aise.
    Et vu qu’il y a hiérarchie on peut se sentir obligée et alors là y a gros gros problème.
    Mais en fait ça a moins de rapport direct avec le travail – un jugement sur le travail – quand on n’a pas de contexte.

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  4. il n y pas de boulot débile ou autres , il ne faut pas faire la fine bouche sur le boulot que l on a et de plus c e nets pas parce que tu fais ce travaille de baby SITTING ou autres que cela est débile . il suffit juste de montrer que tu sais te débrouiller dans le travaille que tu fais . moi j ai bosse mac do et j en tire des bon cote , rapidité , esprit d équipe etc. il faut accepter si on te le demande d apporter le café meme si cela est pas terrible a faire ET SURTOUT NE PAS FAIRE LA FINE BOUCHE AU TACHE QUE L ON TE DEMANDE DE FAIRE ;
    il juste montrer que dans ton boulot tu te débrouille mieux que les autres et que tu réfléchis avec ta tète pour faire le job .
    AMITIE FEMINISTE BERTRAND

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  5. Je dirais la 3 pour des raisons déjà citées, mais je pense que ce qui serait intéressant serait de reposer la question avec un autre mot que « humiliant », surtout que ce point revient souvent.

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  6. Je trouve les choix et surtout les justifications très intéressants. Je me demande quel âge / expérience pro ont les personnes sondées.

    Ici, F, ingénieure, 27 ans. L’option 2 est, de loin et sans aucune hésitation, la plus profondément humiliante pour moi. J’ai du mal à cerner pourquoi – je pense que c’est parce que c’est la seule tâche assimilée exclusivement au travail domestique (puisqu’il est question de garde et pas, mettons, d’aide aux devoirs) , non qualifié et non payé. Pour 1, être assimilée à une amante implique au moins un intérêt, même si clairement déplacé, et pour 3, être assimilée à une serveuse c’est au moins une autre profession. 2, c’est être assimilée… à sa mère.

    En fait, le café ne m’apparait même pas forcément comme une humiliation. Déja parce que, heu… de facto c’est souvent moi qui le fait au quotidien au bureau. C’est peut être une erreur de ma part, mais après avoir essayé plusieurs attitudes, ça me parait aujourd’hui plus bénéfique de ne pas me battre sur ce sujet là et d’essayer de valoriser une image serviable, attentionnée envers l’équipe (vu qu’en tant que femme on va me coller cette image quoi qu’il en soit). Et d’autre part parce que j’ai déja été dans des situations pro où c’est celui qui a le pouvoir qui offre le café et les petits gâteaux – entretiens d’embauche ou réunions clients. Quand tu as la bouffe tu focalises l’attention… Pour moi c’est la seule des 3 situations qui, même si c’était délibérément une humiliation, peut être retournée à mon avantage.

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    • Je ne puis qu’appuyer la réponse !
      perso je suis un mec, je suis responsable compta dans une petite boite, et c’est quand même moi qui fait le café tous les jours et qui proposent toujours aux clients venant dans les locaux si ils en veulent un … Et du coup j’ai réellement un ascendant sur les visiteurs qui me sont redevable de leur avoir fait un café et d’être au petit soin pour eux. Je vois pas ou est le problème de devoir faire le café, alors que de garder les gosses par exemple, c’est sans aucun lien avec le café, c’est comme si il voulait que je lave la voiture …
      Tout ça vient peut être du fait que j’ai interdit aux gens de faire le café a ma place parce que le mien est bon et pas le leur :p
      et que mon patron vante mes qualités de faiseur de café, mais c’est pas pour ça que j’ai été embauché …

      au final je trouve globalement les réponses d’un sexisme pathétique … comme si c’était la honte de faire du café … par ce que c’est soit disant un truc « de gonzesse » « de boniche » ect … bravo pour l’exmple .. Ca me fait penser à des gens qui disent « je fais a manger chez moi, j’suis pas une gonzesse » ou « les légumes c’est un truc de femmes… ».

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      • Ben en ce qui me concerne, j’ai opté pour cette réponse alors même que quand je reçois des amis chez moi, je leur fais spontanément du thé (on va parler de thé, j’aime pas le café). Si le boulot m’offrait un cadre qui s’y prête, j’en ferais probablement aussi, parce que j’aime le thé et j’aime bien le partager. Mais il me semble qu’on parle ici d’un cas de figure différent, quelque chose qui est demandé à une femme parce qu’elle est une femme. Ce n’est pas parce que j’aime faire quelque chose que je suis prête à me plier à toutes les représentations qui y sont liées.

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  7. Bonjour,

    J’ai participé à ce « test » via le twitter de Janine. J’ai répondu « 1 ».

    Je suis assez étonné, non pas tant que d’autres considère la 2/3 plus humiliante, mais de la façon assez « légère » dont ils comprennent -souvent- le sens de la 1. Je vois un peu revenir ce genre d’explication: « Je ne vois pas ce qu’il y a d’humiliant de demander un baiser »..
    Hors, il me semble, que dans le texte anglais -to kiss him- soit l’embrasser, n’est pas une demande, -si c’est effectivement une demande, je ne vois pas trop ce que ça fait là-, mais un baiser prit de force, qui entend que c’est lui le patron, que vous lui appartenez corps et âme « je t’embrasse quand j’en ai envie ». Pour moi, suprême humiliation et harcèlement sexuel de prime.
    De mon point de vue, le « service » nurserie ou café, c’est certes aussi humiliant, mais c’est refusable.
    Le baiser prit au vol, sans consentement, c’est fait c’est fait, il n’y a pas de retour arrière possible. On vous a « prit » une partie de votre corps sans votre consentement et il n’est pas possible, même avec une gifle une insulte un rire moqueur de l’effacer, l’annuler.

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    • Et bien il semble que je me suis fourvoyé, via @janine_bd « d’après le texte original c’est bien une demande « having a male boss ask you, out of nowhere : to kiss him… » Bon alors c’est effectivement pas pareil… Merci à Janine pour la précision et pour le coup mes excuses au autres. 🙂

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      • Salut,

        même si ce n’est « qu’une » demande, ça reste extrêmement déplacé et sexiste. Si les hommes ne voient pas ce qu’il y a d’humiliant dans cette demande, c’est qu’ils voient cela comme la simple expression d’une attirance du boss pour son employée.

        Or, dans une société où les femmes sont tenues de répondre favorablement aux demandes des hommes (sinon ce sont des salopes/mâles baisées/frigides… rayer la mention inutile), cette demande est bel et bien humiliante. Elle rappelle à l’employée que, toute compétente soit-elle, elle reste une femme, objet (et non sujet) du désir des hommes, un désir impétueux et incontrôlable qu’ils n’auraient pas d’autre choix que d’exprimer, ici, et maintenant. En plus là il y a l’enjeu du rapport de domination patronale, qui s’ajoute à celui du sexisme.

        Tout à fait d’accord avec ton analyse du baiser volé (que j’appellerais agression sexuelle). Mais j’ajouterais que le fait de demander, sans raison, à son employée (ou sa collègue, ou à une femme dans la rue), c’est déjà une atteinte à l’intégrité physique et morale d’une personne. ça peut paraître extrême, ça le paraîtra sans doute encore plus aux hommes; avant de s’indigner (si ils me lisent) qu’ils réfléchissent cinq minutes et se demandent comment ils prendraient cette demande si ils ne pouvaient pas sortir de chez eux sans se faire mater, siffler, inviter, etc.

        Amitiés féministes !

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  8. J’aurais choisit le 3 également. On peut, dans notre pays, plus facilement refuser d’être embrasser. Par contre, avec l’image qui y est associée, être une femme et refuser de faire du café …
    Toutefois tu indiques bien qu’il peut y avoir des biais : ma réponse serait-elle la même si cette demande était en public ? Si mon patron était une patronne ?

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  9. La 3 est plutôt humiliante, devoir faire le café c’est vraiment rentré dans les esprits comme le bas de l’échelle de la compagnie. Dans ma dernière boite y’avait régulièrement des vannes qui fusaient quand l’un ou l’autre allait preparer le café pour un client (mais que entre mecs on osait pas vanner les filles qui étaient plus intelligentes et n’auraient pas forcément apprécié)
    La 1 est wtf tant il m’est difficile d’imaginer une scène d’harcellement sexuel femme/homme ou même homme/homme.
    La 2 il y a la notion d’argent en plus qui du coup ne me choque pas plus que ça.

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  10. F, je répondrais 1. Je partage le point de vue de SparckOne, il ne s’agit pas ici d’une demande dans le cadre du travail mais d’une exigence qui touche à mon sens les sphères privée, intime, et professionnelle en même temps (vu que c’est le patron). De plus je me demanderais beaucoup pourquoi et comment cette personne ose me poser la question : prise de pouvoir ? Certitude que je le désire secrètement ? Je crois que c’est ce principe de désir qui me gène le plus, ce genre de demandes me fait penser que la personne est quelque part persuadée de pouvoir lire dans ma tête, soi-disant « deviner mes pulsions » ; pour moi c’est quelque chose d’analogue à un viol, aussi anodin le geste soit-il présenté par beaucoup de gens.
    La 2 me paraît assez ridicule. Je ne suis pas baby-sitter, et à moins d’être en termes amicaux ou proche avec mon boss (ce qui ne fait pas partie de l’énoncé), je tendrais plutôt à perdre de l’estime pour cette personne qui ne sait pas gérer ses affaires privées que me sentir moi-même spécialement humiliée.
    La 3 ne me dérangerait pas forcément, selon la position et le poste que j’occupe dans l’entreprise. J’aime rendre service de manière générale, je ne conçois pas ça comme une humiliation, et comme disait quelqu’un au-dessus, celui qui amène la nourriture n’est pas forcément mal reçu ! En fait, je peux imaginer de mal le prendre, mais seulement si les circonstances contribuaient à me mettre dans un contexte de « bonniche forcée » – autre chose d’urgent à faire, ton sur lequel ça m’est demandé, quelqu’un d’autre qui s’en charge à ma place d’habitude…

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  11. Bonjour,

    J’ai répondu à la question sur Twitter, mais je n’avais pas justifié. J’avais choisi la réponse 3, et je me retrouve globalement dans vos explications. La réponse 1 est gênante, pas humiliante, le patron sort du cadre du travail, c’est déplacé, mais c’est tout. Pour la 2ème réponse, honnêtement, ça dépend de la relation de confiance qu’il y a, mais moi ça me choquerait pas de rendre ce genre de services à des collègues. Bon, au patron c’est un peu plus compliqué, mais si c’est une fois, dans une situation d’urgence imprévue, pourquoi pas. Après, si on enlève l’urgence, et que c’est pour quelque chose de quotidien, ça peut être vécu comme humiliant oui. Parce que dans ce cas là ce serait, j’imagine, contre rémunération, et là je me demanderais ce qui a pu lui faire croire que j’avais besoin d’argent au point de refaire des boulots d’étudiant, mal payée, et en plus de mon travail.
    Quant à la réponse 3, une réunion, c’est le cadre du travail, c’est avec du monde, c’est donc difficilement refusable. Tu ne vas pas dire au patron devant tout le monde « vous n’avez qu’à le faire vous même, je ne suis pas votre bonniche ». Tu te sens obligé de le faire, alors même que ce n’est pas ton boulot. Je pense que je ne le percevrais pas comme ça si l’organisation de réunions faisait partie de mon travail.

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  12. Je suis plutôt d’accord avec ce qui a été dit, et si je peux ajouter mon grain de sel, je dirais que la 1 et la 2 sont vraiment innappropriées au contexte professionel, et donc il est plus facile de savoir comment répondre: 1: soit l’embrasser (si on en a envie), soit le repousser, voire le dénoncer pour harcèlement sexuel. la 2, idem: si on refuse, il est tout à fait acceptable de dire un truc du genre « cela ne rentre pas dans le descriptif du poste » ou « je ne suis pas intéréssée par ce genre d’extra » si on refuse, ou « c’est payé combien? », « volontiers, si ça peut rendre service ».
    Ce qui m’interpelle, c’est que en fonction de la relation avec le patron en question, la réponse peut être très différente, et il est concevable de dire « oui » en toute bonne foi, voire d’apprécier (si on trouve le patron attirant, si on a envie de rendre service et qu’on est proche de son patron et de sa famille, etc). Cependant, peu importe la relation qu’on a avec le patron, que ce soit strictement pro ou plus amical, n’importe qui, dans n’importe quelle situation, se sentirait humiliée de devoir prendre un rôle subalterne, surtout en public.
    Comme pour beaucoup de situation offensante, les plus graves sont clairement identifiables et on sait comment réagir. Tout le monde est d’accord pour dire que Blurred Lines est un hymne à la culture du viol. Mais dans le cas de microaggression, d’offense à la limite entre l’acceptable et l’inacceptable (comme prendre un rôle de serveuse lors d’une réunion pro: c’est un rôle pro, donné par le patron, mais tout de même en décalage avec les fonctions de la personnes) il est difficile de savoir comment réagir, d’où la gène. Exemple: les chansons de Taylor Swift ne sont pas outrageantes, mais elles participent à une certaine image de la féminité, restreinte et passive, mais on ne sait pas trop si on doit laisser couler ou s’exprimer pour condamner.

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  13. Je pense que la surprise à l’annonce des résultats vient du décalage entre une perspective féministe appliquée à la population en général, et l’expérience personnelle des individus interrogés. Dans une optique féministe, la domination masculine est quelque chose qui va de soit; les nombres sont connus, les paroles et les comportements trahissent l’idéologie derrière les apparences. Ce n’est pas nécessairement le cas pour tout le monde, en tout cas pas dans le cadre du travail. Les personnes victimes de cette situation n’ont pas posté en nombre.

    Ceux qui ont posté, en revanche, ont extrapolé par rapport à leur propre situation – ce qui explique sans doute d’ailleurs pourquoi les hommes sont encore plus en décalage avec la réponse attendue (en plus de la confusion sur la question, bien vu). Bien sûr que pour beaucoup le patron est le dominant, mais au-delà d’un certain niveau l’abus devient inimaginable. Ces personnes, hommes et femmes, ne peuvent tout simplement pas se représenter cette situation (or, c’est ce qu’on leur a demandé de faire, et pas « comment qualifier cette situation… » avec une tournure impersonnelle), parce qu’ils/elles n’expériencent pas cette domination de façon aussi ouverte. D’où « je l’enverrai chier », « creepy », etc…

    Dans le contexte qu’ils ont tout de suite adopté, demander un baiser est, ou pathétique (plutôt que menaçant), ou avec une réponse toute prête (ils pensent pouvoir partir/porter plainte/rire au nez). Ils ne se pose pas les questions « Et si je ne pouvais pas ouvertement refuser? Et si j’avais vraiment besoin de ce boulot? Et si porter plainte pour harcèlement sexuel était plus dur que prévu? En aurai-je simplement le courage? Saurai-je comment m’y prendre? Et s’il me menaçait physiquement? »

    De même, proposer du baby-sitting est vu ou bien comme simplement bizarre, inapproprié (« on n’est pas copain ») – ou bien comme un simple échange capitaliste entre agents libres, en assumant que le boss se propose de payer.

    Par contre, le coup du café est vu comme humiliant parce que nous savons tous d’expérience (à l’opposé de l’aspect théorique des deux autres pour la plupart des gens) que ce genre de demande est difficile à simplement refuser. La frustration ressentie face à ces demandes officieuses est beaucoup plus familière.

    ~*~

    La formule « la sexualité (hétérosexuelle) est la source […] de la domination masculine » m’a parue un peu bancale, mais c’est peut-être moi le problème. Comment un phénomène sexuel seul pourrait-il être producteur d’idéologie/structure sociale? N’est-ce pas dangereusement essentialiste (« les mâles sont dominants par pulsion/nécessité sexuelle »)? Que la domination masculine se perpétue et soit profondément ancrée dans la société est amplement documenté; qu’elle soit le résultat directe du schéma sexuel hétéro semble devoir être défendu, surtout que ce genre d’affirmation peut facilement être utilisé contre qui l’invoque (« elle dit que tout sexe hétéro c’est du patriarcat! lol encore une lesbienne folle », « si c’est la nature pourquoi remettre ça en cause », « j’ai fait l’amour à ma copine aujourd’hui – fuck yeah patriarchy! », etc…).

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  14. Merci à toutes et tous pour vos commentaires. Je crois que là encore, les expériences de chacun-e sont décisives pour déterminer ce qui est perçu comme « humiliant », « dangereux », « absurde » voire « preuve de confiance » ou « flatteur ». Je suis d’accord sur la difficulté de déterminer la « gravité » de la chose, puisque c’est une microagression plus qu’une agression et le fait que ce soit une demande (et non quelque chose d’obtenu par la force physique par exemple) rend l’appréhension de la chose d’autant plus délicate. Ce qui revient, c’est quand même cette question de la légitimité de la position de refus: quand est-on en droit de refuser/ de s’offusquer? Ici, peut-être que le travail des féministes des années 70/80 fait qu’on se sent plus protégé-e face à ce qu’on considère comme du harcèlement sexuel que face à un harcèlement moral plus insidieux qui prend la forme d’une exploitation dans et par le travail par exemple. J’en profite pour vous donner ma réponse, puisque je ne l’ai pas fait: j’avais choisi la 1, pensant que c’était une évidence (et en demandant autour de moi, j’ai vu que c’était loin d’en être une), car le fait d’être sexualisée me semblait plus menaçant que d’être considérée comme une baby-sitter/pseudo-maman ou comme une employée peu qualifiée (et encore, je me dis que la demande de café n’implique pas forcément un mépris des compétences). De toute façon, comme le dit K.M. Franke, l’auteure de l’article, il n’y a pas de « bonne réponse féministe » ou de « mauvaise réponse féministe » 🙂

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  15. Je suis un peu étonné des réponses moi aussi.

    J’aurais mis en premier (le plus humiliant) la demande de baiser, car c’est une pénétration dans l’intime, l’injonction d’un désir amoureux (il faut dire que je n’ai pas compris « baiser » au sens de « bisou » mais plutôt de « rouler une pelle », avec en plus la pression liée à l’échelon hiérarchique).

    J’aurais mis en second la demande de garder les enfants, car c’est une demande d’ordre personnel qui transforme l’employée en esclave domestique.

    J’aurais mis en dernier la demande de faire le café, qui peut être humiliante professionnellement, mais n’empiète pas sur d’autres domaines de la vie. De plus j’insiste sur le peut-être, car je veux signaler que « faire le café » fait en réalité partie des attributions de certain(e)s employé(e)s : l’interpréter comme une humiliation est déjà le signe que la personne répondant à la question fait partie d’une certaine CSP…

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  16. J’aurais répondu la proposition 1 parce qu’en plus d’être humiliée par le fait d’être considéré comme un objet disponible qui n’a pas son mot à dire, ça touche à l’intimité, à la sexualité effectivement. C’est une véritable agression. Les deux autres propositions sont humiliantes dans le sens où c’est très dévalorisant et énervant (quoi que la 2 ca depend comment c’est demandé -garder des enfants n’est pas dévalorisant en soi au contraire) mais pas une agression ou une prise de possession du corps de l’autre.
    Je ne sais pas si tout est pire lorsque c’est lié à la sexualité mais je suis très surprise et même déçue par les réponses.

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  17. J’approuve le commentaire de Neoteny ci-dessus, et j’ajoute que cette limitation dans l’imagination de la concrétisation pratique de la situation (imaginer qu’on puisse avoir du mal à refuser d’embrasser le patron alors que ça paraît la moindre des libertés) est certainement due, en partie, à la formulation de la question. En effet on nous demande d’évaluer à quel point une « demande » est « humiliante ». Pour moi, il y a là une ambiguïté : est-ce vraiment la demande même qu’on doit évaluer, ou l’acte ? Je pense qu’une simple demande est moins humiliante que l’acte en soi. Aussi j’ai l’impression que plus les gens considèrent la demande comme difficile à refuser, plus ils ont tendance à fournir une réponse basée sur l’évaluation de l’humiliation de la tâche à réaliser plutôt que sur la demande en soi.
    En ce qui concerne le café, la pratique est publique ce qui intensifie certainement l’humiliation imaginée. D’ailleurs on voit dans les réponses que beaucoup de gens disent que pour la première (ou la seconde) situation, ils ne diraient pas que c’est humiliant mais plutôt embarrassant. On pourrait s’intéresser à ce que donneraient les réponses à : « Quelle situation préféreriez-vous le plus éviter ? ».

    (D’ailleurs, le tableau des données est présenté à la question en anglais, mais répondent en réalité aux tweets ci-dessus, n’est-ce pas ? Or le tweet ne met que « humiliant » là où la question en anglais propose en plus « objectifying » et « objectionable » – ce qui, d’ailleurs, n’est pas nécessairement la même chose, ou du moins ce n’est pas absolument évident.)

    De toutes les façons, chacun interprète les différents cas à sa façon. Pour moi, par exemple : je m’imagine plutôt le 2. comme un service, le patron ayant un imprévu et n’ayant personne exactement à qui demander ; le 3. pareillement (en tant qu’étudiant cela dit je ne connais pas exactement l’ambiance de ces situations) – mais ça pourrait me gêner plus s’il me demandait d’aller lui chercher un café (là encore, ça dépend de la situation, s’il est en urgence ou très occupé). En revanche le 1. m’apparaît complètement déplacé : il n’a aucune raison de demander ça, il ne peut pas être embêté de ne pas être embrassé etc. De plus je m’imagine, comme peut le suggérer la question, qu’il me demande ceci en tant que patron, avec donc une certaine autorité. Si c’était une demande d’égal à égal (en-dehors du travail, en imaginant qu’on arrive à effacer justement les relations hiérarchiques qui, venant d’un autre contexte, ne devraient – idéalement ! – plus s’appliquer), ça me poserait moins de soucis.

    Je réponds donc que c’est la première situation que je trouve – non pas la plus humiliante, car je pense que ce mot est moins approprié –, en général, la plus condamnable.
    (Homme, 21 ans, étudiant.)

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  18. Je pense qu’il y a une chose à prendre en compte pour répondre à la question, c’est le fait qu’on demande quelque chose quand on pense que la réponse sera affirmative (ou du moins qu’il y a une possibilité que ce ne soit pas non). car pour la réponse 1), à moins que ce soit quand le cadre d’une romance avec le patron (et je pense que pour la question de départ ce ne doit pas être le cas), si le patron prend probablement pour acquis que la réponse sera oui, alors on est un objet, un corps. Dans les réponses 2 et 3, on est au pire un larbin. Voilà pourquoi pour moi la réponse est la 1.
    (et je suis une femme)

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  19. C’est intéressant parce que j’ai déjà eu les demandes 2 et 3.

    Pour la 3 (le café), ça ne me gène pas outre mesure puisque c’est généralement moi qui organise les réunions et qui m’occupe d’accueillir les gens (même si distribuer du café n’est pas dans mes fonctions).

    Pour la 2, je sais qu’il n’avait pas le choix que d’amener son bambin au boulot, moi j’y ai plutôt vu l’occasion de ne pas travailler pendant une journée avec l’excuse de garder son gosse. Aucune de ses deux options ne m’a humilié. Mais je ne saurais pas dire pourquoi.

    Quant à la 1 (embrasser), ça ne m’est jamais arrivé mais je pense sincèrement que ça m’aurait humilié car comme c’est mon patron il a comme un ascendant sur moi (comme un père, un professeur etc.) et je me sentirais en position inférieure et soumise tout en sachant que je dois refuser (car normalement je n’ai pas envie de l’embrasser et même si j’en avais envie je m’y refuserais car c’est mon boss). Pour moi ce serait vraiment rabaissant qu’il me demande de l’embrasser car il essayerait de profiter de son ascendant sur moi.

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  20. « Et vous? »

    1 et 2 : Ça dépend si j’ai envie de l’embrasser, si j’apprécie la compagnie de ses enfants (pas de blagues, merci). C’est du domaine privé et la réponse dépendrait de ce que je ressens.
    Après il ne faudrait pas que ça soit une façon d’exercer du chantage à l’emploi/à la promotion.

    3 : Être en charge du café dans le cadre du boulot, ben pourquoi pas. Ça fait partie du boulot, je ne vois pas où est le problème.

    (homme hétéro cisgenre)

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  21. Bon, alors je ne comprends pas qu’on puisse ne pas répondre que la situation dégradante est la #1 : un baiser ne s’exige pas, surtout en position hiérarchique. Par contre, rendre un service (garder les mioches) peut être admissible, tout dépend des conditions : s’il s’agit d’heures supplémentaires non rémunérées mais sur fond de chantage (j’ai connu un employeur qui demandait régulièrement des services à ses employés, qui n’osaient jamais refuser, et y perdaient parfois une partie de leur week-end !), c’est non pas avilissant, mais condamnable.
    Quand à faire le café, ma foi, il faut bien que quelqu’un s’en charge, des millions d’hommes et de femmes s’occupent de ça tous les jours. Ils n’y mettent pas forcément beaucoup d’eux-mêmes, affectivement parlant, rien à voir avec le baiser.
    Pour que certains ne jugent pas le #1 avilissant, j’imagine qu’il faut qu’il lui associent un sketch, une situation, un film, un roman harlequin : le beau patron charmant qui finalement épouse l’employée qu’il a toujours aimée sans jamais lui dire, et qui, en acceptant le baiser du prince charmant, va changer de statut social, devenir enfin la femme du chirurgien, etc. Sacrifier son intimité à son ambition, voilà qui est avilissant à mon avis.

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    • Odieux!
      La culture du viol a de beaux jours devant elle. Tu as regardé un homme dans les yeux, tu lui a répondu quand il t’a parlé? Ou t’as terminé un mail ou un sms par « bisous », « bises » etc.
      AH!
      Eh ben voilà, ça prouve que t’es d’accord pour coucher avec lui. Donc si il te viole, ben tu apprendras sale petite allumeuse qu’il n’a fait que répondre à tes avances, donc pas de viol, une relation consentie.
      Merci la justice.

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      • En l’occurrence, ce n’est pas « un » mail, mais des dizaines: la forme habituelle d’écriture incluait cette expression. Il est donc compréhensible que le juge estime ne pas avoir suffisamment de preuves pour agir (cette phrase est différente de « prouve l’innocence de l’accusé »).

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  22. Les trois sont totalement inacceptables sauf si l’on a envie d’être embrassé par sa patronne (ce qui ne peut conduire qu’à des problèmes graves (Never date a co-worker »)).

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  23. 1 et 3 sont humiliants. 2 ça dépend du contexte.
    Embrasser : Je trouverais ça déplacé et pervers mais je me sentirais en droit de refuser sans devoir me justifier.
    2) Ma patronne (féminin) m’a demandé récemment de garder son fils mais je dois ajouter que nous avons une relation amicale et qu’elle sait à travers nos conversations que je le fais souvent et avec plaisir. Dois-je faire une différence une différence entre un homme ou une femme? Après, si on me le demandait de but en blanc (de façon inattendue) alors qu’on ne se connait pas et éventuellement avec un ton « pro » ou comme un ordre lié au travail (ex : « Oh, nous avons une réunion, gardez mes enfants jusqu’à mon retour. »), je ne serais pas aussi tolérante.
    3) Je suis du même avis que la plupart, situation où il est difficile de dire non car contexte professionnel possible mais qui est avilissant, qui ne prend pas en compte mes compétences et me réduit au rang de soubrette. (cf d’ailleurs la vidéo youtube « cliché français »)

    La 2) me fait penser à une situation vécue il y a peu dans le métro. J’étais en train de m’acheter un ticket à l’automate à l’intérieur du tram en marche (situation lambda qui m’arrive à peu près 5 fois par semaine) quand un homme pousse un landau avec un bébé près de moi et me lance « Vous pouvez le garder 3 minutes? » avant de partir sans même attendre ma réponse. Sur le coup, j’ai bien sûr mis la main sur le guidon du landau par sécurité pour l’enfant laissé seul dans son landau dans un tram en marche. Les freins n’étaient pas enclenchés. Après, j’ai essayé de voir ce que faisait le monsieur : il était en train de discuter avec un voyageur (ou peut-être avec le conducteur?) à l’avant du tram. J’ai essayé de l’appeler, il ne m’a pas entendu. J’ai attendu 4 stations, il est revenu au moment où les portes pour la 5e station étaient déjà ouvertes, m’a lancé un merci et est sorti sans me laisser le temps de lui dire mon avis. J’ai donc exprimé mon mécontentement aux autres passager-e-s, hochements de tête des passagères, sans réactions des passagers.
    Me sont venus une foule de question : Pourquoi moi? Comment peut-il partir sans attendre mon consentement? Comment peut-il être si sûr que je tiendrais le landau plutôt que de m’asseoir pour lire comme d’habitude? Comment peut-il confier « son » bébé à une étrangère? (Je n’ai bien sûr aucune idée s’il s’agissait vraiment de son bébé) Que pouvait-il y avoir de si important à faire?
    Bref, situation humiliante et je suis à peu près certaine qu’il n’en aurait pas été de même avec un homme.

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  24. Je réponds (tardivement j’en suis désolé encore) ici pour donner mon sentiment global quant à la perception potentielle des options par les personnes qui répondent : elles le font selon leurs vécus, points de vue et ressentis. Ces réponses possibles sont très concises, et donc très ouvertes, donc libre à chacun de je dirais « contextualiser » différemment ces choix avant de les départager. C’est bien pour ça d’ailleurs qu’il y a autant de justifications.

    Du coup, pour donner un élément de réponse à Jean-Noël Lafargue : je dirais que les personnes qui ne voient pas de problème majeur à la réponse No1 le font tout d’abord parce qu’elles ne confondent pas les mots et leurs sens. Là où vous parlez « d’exigence » le questionnaire par bel et bien de « demande ». C’est vous qui faites donc une interprétation prédatrice là où d’autre peuvent tout aussi légitimement que vous y voir une demande respectueuse, timide, amoureuse, romancée, ridicule, que sais-je (bien que hors de contexte, évidemment, mais comme la qualité des rapports avec ce patron ne sont pas explicités, ils sont librement comblés par les questionnés)

    Et c’est bien là toute la difficulté du concept même de questionnaire. La façon dont seront écrite et même ordonnées les choix peuvent changer les réponses de mêmes personnes.

    Je me demande s’il n’aurait pas été plus pertinent, puisque c’est peu ou prou un test de perception d’une injustice ou en tout cas d’une situation inconfortable voire malsaine, de poser comme cadre global à la question une situation au préalable peu amicale avec le-dit patron.
    Mettons (c’est un exemple) des rapports un peu froids, mais raisonnablement suffisamment courtois pour continuer à travailler avec cette personne, même si l’ambiance générale n’est pas à la fête. Disons en résumé que les rapports avec ce chef sont au mieux crispés, sinon désagréables de base, mais pas (encore) agressifs ou irrespectueux.
    Maintenant posons les options telles quelles le sont déjà à l’origine. Je ne serais pas surpris dez voir des tendances de réponses radicalement différentes. (ici la demande de baiser serait totalement hors de propos, car issue d’une personne au préalable très loin de manifestement souhaiter un rapprochement, surtout intime)

    Maintenant je dis peut-être de la merde en suggérant ceci, mais de ce que j’ai lut de diverses méta-analyses de questionnaires et de la façon de les construire, si cela avait été de mon initiative, je pense que j’aurais disons « contextualisé » la question et le sujet de cette façon, quitte à poser plusieurs variantes de la même question, avec de sensibles changements, ce qui se fait de plus en plus. (patron amical, « bon » salaire, travail précaire, interim, CDI, promotion récente, ancienneté dans la boite, etc)

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