Féminisation de la langue: quelques réflexions théoriques et pratiques

Les personnes lisant régulièrement ce blog auront sûrement remarqué que j’essaie au maximum d’éviter d’employer le masculin universel (j’explique ci-dessous ce que j’entends par là). Je voudrais tenter d’expliquer pourquoi (c’est le côté théorique) et surtout comment, par quelques réflexions liées à mon parcours sur cette question et à ma pratique comme féministe, blogueuse, mais aussi comme prof de français langue étrangère. Cette pratique est en évolution constante. Alors que j’étais d’abord extrêmement réticente, je me suis habituée à ces graphies à force de lectures et d’échanges militants, et j’aurais du mal aujourd’hui à faire marche arrière.

Ces théories et pratiques rencontrent énormément de résistances. J’ai pu m’en rendre compte à chaque fois que j’ai évoqué, ici ou sur Twitter, des questions liées au sexisme dans le langage. Je ne dis pas que toutes les personnes qui m’ont opposé ce genre de discours sont d’immondes sexistes; la plupart affirment n’avoir aucun problème avec le principe de l’égalité. Le plus souvent, ces résistances viennent de la part des personnes qui ne supportent pas que l’on « touche » à la langue telle qu’elles la connaissent et telle qu’elle est codifiée par les grammaires. Plus profondément, elles sont liées à la difficulté à reconnaître que le langage est politique et que le masculin universel n’est pas du neutre (la catégorie ne s’applique pas aux personnes en français) mais bien du masculin; j’y reviens ci-dessous.

J’ai bien conscience que traiter ce genre de sujet va m’attirer plein de remarques sympathiques en commentaire. C’est toujours le cas quand les féministes parlent de la langue. On nous reproche de nous tromper de combat, de nous attaquer à des futilités; et dans le même temps la levée de boucliers que cela suscite confirme l’importance du sujet de la féminisation. Si vous êtes tenté·e de m’opposer ces arguments, essayez 1) d’abord de réfléchir à cela 2) de lire l’article en entier et 3) de vous demander pourquoi il est tellement important pour vous qu’on ne « touche » pas à la langue. Merci d’avance…

Ah oui, dernière chose: je suis agrégée de Lettres Modernes, j’ai l’intention de faire un doctorat en linguistique et j’enseigne actuellement le français à l’étranger. D’expérience, je sais que certain·e·s auront une furieuse envie de m’expliquer la grammaire française: vous pouvez vous abstenir. Re-merci.

Une dernière remarque avant de commencer, à propos du titre: le terme de « féminisation » pour désigner ces pratiques n’est pas forcément adapté. L’idée est, avant tout, de rendre la langue moins masculine, en partant du principe que l’on refuse le masculin universel. Des expressions comme « langage non-genré » ou « langage neutre » ne me conviennent pas non plus. Le genre, entendu comme pur phénomène grammatical, n’est pas dépassable en français, difficile donc de prétendre à un langage non-genré; en revanche, en ce qui concerne la désignation des personnes, il est absolument nécessaire de réaliser que le genre a une dimension idéologique, que je vais expliciter. Des procédés de neutralisation sont possibles, mais un langage « neutre » n’est pas l’objectif. L’objectif, au contraire, est de mettre fin à l’invisibilisation du féminin dans la langue comme dans la société.

Objectifs et justifications théoriques

Le sujet me tient à coeur, j’ai déjà écrit plusieurs posts à ce sujet. La bibliographie est très vaste, mais je ne veux pas trop m’attarder ici sur l’aspect théorique de la question. Je cite quelques travaux de référence à la fin de ce billet.

Pour commencer: quel est le problème? Le problème est que, en français, l’homme est considéré comme l’être humain par définition et la femme comme l’exception. Quelques exemples:

– Un groupe peut être constitué de 99 femmes et 1 homme, il est cependant admis que l’on s’adresse à ce groupe en disant « Merci à tous d’être venus ». On apprend aux femmes qu’il est normal que le féminin soit inclus dans le masculin; c’est pour cela que les féministes parlent d’invisibilisation du féminin. Imaginez deux secondes qu’on fasse l’inverse: ces messieurs se sentiraient certainement privés de leur virilité. On l’apprend dès l’école primaire: « le masculin l’emporte sur le féminin ». Il s’agit apparemment d’une manière anodine de décrire le fonctionnement de la langue; ce serait oublier que la langue est un produit culturel et a donc une histoire. La primauté du masculin sur le féminin s’est imposée au XVIIème siècle et a été justifiée ainsi: « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte » (Abbé Bouhours, 1675) ou encore: « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Beauzée, grammairien, 1767 – références ici).

– Le terme « hommes » peut désigner un groupe d’êtres humains, quel que soit leur sexe; le terme « femmes » ne désigne que les êtres humains de sexe féminin. « Homme » peut donc avoir un sens spécifique (être humain de sexe masculin) et un sens générique (être humain tout court). Le mot homme vient du latin homo, qui signifie « être humain », l’homme de sexe masculin étant vir (qui a évidemment donné viril). Dans Le Sexe des mots, la linguiste Marina Yaguello commente ainsi cette évolution:

    En fait, on a tellement l’habitude de voir le masculin « absorber » grammaticalement le féminin qu’on pourrait croire que le sens générique est second, alors qu’il est historiquement premier. L’homme a en quelque sorte « confisqué » symboliquement la qualité d’être humain à son profit. (…) Et c’est donc personne, grammaticalement féminin mais sémantiquement indifférencié, qui doit être employé comme terme générique. D’ailleurs, aucune femme ne dit jamais en parlant d’elle-même: « Je suis un homme. » En revanche, un homme peut dire: « Je suis une personne. »

– Les noms de métiers et de fonctions restent largement utilisés au masculin. Il semble donc normal à la majorité de dire « Madame le ministre » ou, pour ma mère, de se décrire comme « directeur des Ressources Humaines ».

L’identification de ce problème ne date pas d’hier. Hubertine Auclert demandait ainsi en 1898 si, pour faire pendant à l’Académie Française, « une élite féminine ne pourrait pas […] constituer une Assemblée pour féminiser les mots de notre langue, rectifier et compléter le dictionnaire, faire enfin que le genre masculin ne soit plus regardé, dans la grammaire, comme le genre le plus noble. […] L’omission du féminin dans le dictionnaire contribue, plus qu’on ne croit, à l’omission du féminin dans le code (côté des droits) » (Le Radical, 18 avril 1898).

Le lien entre invisibilisation (ou « omission ») du féminin dans la langue et dans la société paraît évident. En revanche, aucune féministe ne prétend que modifier la langue permettrait, de manière quasi-magique, de faire évoluer la société. Ce serait une position aussi naïve que l’argument ô combien de fois entendu: « il faut d’abord faire évoluer la société, la langue suivra d’elle-même ». La plupart des gens refusant que l’on « touche » à la langue ne sont pas d’immondes misogynes; leur problème, c’est que l’on révèle le politique dans leur langue, qu’on lui retire son enrobage « naturel » et qu’on mette en évidence l’idéologie qui y est à l’oeuvre.

Il faut donc féminiser la langue, c’est-à-dire mettre fin à l’invisibilité du féminin. Pour cela, plusieurs solutions sont possibles. Personne n’a jamais été forcé de les utiliser; au contraire, tout au plus les instances de pouvoir formulent-elles des « recommandations » ou des « directives » pour la féminisation de la langue, avec l’efficacité que l’on sait. En voici quelques-unes, telles que j’essaie de les appliquer dans la vie de tous les jours. Je parlerai ensuite d’une solution qui permet de dépasser le binarisme masculin/féminin.

Des solutions en pratique

Féminisation des noms de métiers et des titres: en voilà une qui ne devrait pas poser de problème, d’autant qu’il existe nombre de directives et rapports sur le sujet; pourtant les réticences restent très importantes. Rien n’empêche apparemment d’utiliser un article féminin avec le terme épicène « ministre », ou de parler de « directrice des Ressources Humaines », le terme « directrice » étant attesté depuis très longtemps. J’essaie donc de féminiser un maximum ces noms. Parfois cela pose problème: on ne sait pas très bien s’il faut dire « auteure » ou « autrice ». Le premier a ma préférence parce qu’il ne crée aucune différence à l’oral et la transformation est minime à l’écrit; le second est étymologiquement plus correct mais peu entendu et vous vous exposez donc à des commentaires. Les arguments contre la féminisation des noms de métiers sont bien faibles (si l’on excepte le neutre, que j’ai déjà évoqué): on vous dira que « c’est moche », que « ça fait mal à l’oreille », que c’est étrange. On vous dira certainement que ce n’est pas dans le dictionnaire; le terme n’y entrera pas tant qu’il ne sera pas rentré dans l’usage… L’argument le plus utile que j’aie entendu contre le terme « écrivaine » était que « ça rime avec vaine ». Et « écrivain » rime avec… L’absence de familiarité est le principal motif de ces arguments. Mais ce n’est pas parce qu’un mot est rare ou vous paraît laid qu’il ne faut pas l’utiliser; sinon, vous pouvez aussi refuser de parler de cucurbitacées, ça vous regarde.

– A l’écrit, au lieu d’employer le masculin universel, on peut aussi inclure délibérément le féminin dans le terme ou dans la phrase. Prenons l’exemple d’un email envoyé à un groupe d’ami·e·s: la solution « normale » serait de commencer en disant quelque chose comme « chers amis ». Vous pouvez aussi employer une conjonction ou une virgule: « chères amies, chers amis » (avec le masculin en premier ça marche aussi, mais il faut bien varier un peu…). Il existe également plusieurs procédés permettant d’inclure féminin et masculin dans la graphie (l’écriture) d’un mot. Illustration avec le mot « ami »:

    les parenthèses: les ami(e)s
    les tirets: les ami-e-s
    les points médians: les ami·e·s
    les majuscules: les amiEs
    la barre oblique: les ami/e/s.

L’impression créée par ces procédés peut varier. La parenthèse est à mon avis à éviter: mettre le féminin en évidence, ce n’est pas le mettre entre parenthèses… Les tirets fonctionnent de manière équivalente mais me semblent moins problématiques. La barre oblique est souvent lourde, surtout pour les mots au pluriel, mais elle reste la solution la plus claire pour des formes comme « instituteur/trice ». Les points médians sont de loin, quand ils sont possibles, ma solution préférée, car ils n’interrompent presque pas la lecture. Les majuscules peuvent poser un problème de compréhension pour une personnes non initiée (la première fois que j’ai rencontré cette graphie, j’ai cru qu’il s’agissait d’insister sur le fait qu’il ne s’agissait que de femmes).

Ces graphies peuvent paraître lourdes mais au moins elles évitent d’écrire le mot deux fois. Elles constituent de plus une prise de position claire, ce qui n’est pas pour me déplaire.

– Les pronoms de 3ème personne peuvent aussi poser problème. Avec des pronoms démonstratifs, on peut facilement utiliser un « et »: « celles et ceux ». C’est beaucoup plus difficile avec des pronoms personnels: il et elle, ils et elles…

– Il reste évidemment la possibilité (assez rare malheureusement) d’employer des noms et adjectifs épicènes (ne distinguant pas le masculin et le féminin), comme enfant, collègue, artiste, brave, magnifique… Ne reste plus qu’à féminiser le déterminant, si besoin est. C’est cette solution qui est recommandée par le gouvernement québécois

Problèmes rencontrés

Tout ce que je décris peut paraître difficile à faire, mais croyez-moi, ça devient une habitude. A partir du moment où l’on prend conscience du fonctionnement du masculin universel, ça devient même une nécessité.

Comme je l’ai écrit plus haut, certaines solutions et certaines formes peuvent poser problème. De manière générale, il me semble que la lourdeur est un sacrifice acceptable pour le but recherché, mais si elle peut être évitée c’est évidemment toujours mieux (par les points médians ou « et » notamment). Il faut de plus faire attention à être systématique. J’ai récemment lu un tweet commençant par « tous les manifestant-e-s »: bel effort, mais il aurait fallu aller jusqu’au bout et écrire « tou-te-s ». S’arrêter à mi-chemin n’a pas grand-sens.

Je rencontre aussi des problèmes dans ma pratique de l’enseignement du français à des étudiant·e·s britanniques. Maintenant que je suis tellement sensibilisée à la question, j’ai énormément de mal à employer le masculin universel en m’adressant à elles et eux (<-) ou dans les documents que je leur donne. Je dois cependant garder à l'esprit qu'on attend qu'ils et elles emploient les formes communément admises; de plus, je ne veux pas leur rendre l'apprentissage du français encore plus compliqué qu'il ne l'est déjà… Je m'arrange donc pour commencer mes mails par "chères étudiantes, chers étudiants" (ou encore mieux, "bonjour"), et pour employer des formes épicènes ou facilement féminisables ("Vous êtes français-e et vous écrivez au journal Bidule…").

Dépasser le binarisme?

Ces pratiques posent également un problème d’ordre théorique, dans la mesure où elles reconduisent voire renforcent le caractère binaire et contraignant du genre. Cela peut poser problème à tout un chacun, mais en particulier aux personnes trans*, à celles qui ne s’identifient pas à un genre déterminé, à celles qui conçoivent le genre comme un spectre plutôt que comme une alternative, etc. Ce n’est pas mon cas mais je regrette tout de même le caractère rigide de l’alternative masculin / féminin.

Depuis plusieurs années se développent de nouvelles morphologies (linguistiques) et graphies permettant de relâcher un peu ce carcan. C’est surtout le cas avec les pronoms de 3ème personne. On pourrait qualifier ces nouvelles formes de neutralisantes: elles ne sont pas neutres mais leur intérêt réside dans le processus de perturbation du genre. C’est le cas des pronoms personnels ille (au lieu de il et elle), illes, elleux (elles et eux), ou encore du démonstratif celleux. Certaines formes ne sont cependant reconnaissables qu’à l’écrit (ille et illes).

Je n’ai commencé à les employer que très récemment et je le fais très rarement, avec des personnes que cela ne risque pas trop de surprendre. J’y trouve de nombreux avantages: elles sont plus fluides et économiques, pourrait-on dire, que les procédés décrits plus haut; elles évitent, comme je l’ai dit, le binarisme du genre: elles le perturbent par la coalescence du masculin et du féminin au lieu de présenter une alternative. Surtout, j’ai été surprise par leur effet libérateur à l’écriture.

Les inconvénients me semblent négligeables. On pourrait objecter que ces formes peuvent poser des problèmes de compréhension; à l’écrit, cependant, il ne faut guère de temps pour comprendre ce dont il est question quand on rencontre une de ces formes pour la première fois, et on s’y habitue vite.

Plus encore que les procédés de féminisation, la neutralisation représente une prise de position qui n’est pas forcément facile à assumer dans tous les milieux. C’est sûrement l’inconvénient majeur. Mais, de même que les graphies féminisantes se répandent hors des milieux militants, peut-être que celles-ci n’y resteront pas cantonnées.

Cet article ne se veut pas du tout exhaustif. N’hésitez pas à le compléter en commentaire avec vos propres pratiques d’écriture!

AC Husson
Pour me contacter via Twitter: https://twitter.com/A_C_Husson

Quelques références:
Donzel, Marie, « Chèfe d’entreprise, vous trouvez ça laid? », blog Ladies and Gentlemen, 15 décembre 2012.
Houdebine, Anne-Marie (éd.), La féminisation des noms de métiers. En français et dans d’autres langues, L’Harmattan, 1998.
Michard, Claire, Le sexe en linguistique. Sémantique ou zoologie?, L’Harmattan, 2001.
Paveau, Marie-Anne, 2002, « La féminisation des noms de métiers: résistances sociales et solutions linguistiques », Le français aujourd’hui, 2002/1, en ligne: http://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2002-1-page-121.htm.
Yaguello, Marina, Les mots et les femmes, Payot, 1978.
Yaguello, Marina, Le Sexe des mots, Seuil, 1995.
Wittig, Monique, « La Marque du genre », La Pensée Straight, Amsterdam, 2007, p. 103-111.

+ En pratique:
Sur le site de l’Office québécois de la langue française, une « webographie sur la féminisation et la rédaction épicène;
sur Rebellyon, « Pourquoi et comment féminiser ses textes? »

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319 réflexions sur “Féminisation de la langue: quelques réflexions théoriques et pratiques

    • Soit on dit institutrices et instituteurs (dans ce sens ou dans l’autre suivant qui l’on souhaite mettre en avant) soit l’on dira » instituteurices » qui devient un néologisme de genre grammatical commun (ou épicène, mais l’épicénie est parfois définie différemment suivant les différent·es spécialistes, c’est pourquoi je préfère parler du nouveau genre grammatical « commun » pour commun aux deux sexes).
      Si la prononciation de « instituteurice » se rapproche de celle d’institutrice, ce n’est pas bien grave. Ce sera une façon de mettre en place ce que je nomme le troisième féminin, sachant qu’il y a déjà trois masculins: celui pour les noms d’objet (ou de concept) celui pour les êtres humains et celui qui correspond au « neutre » ou « impersonnel », que l’on retrouve dans « il pleut » « il y a » « il paraît que » ou « ceci, cela ». Les deux féminins déjà existants sont, de la même façon que pour le masculin, celui qui correspond aux êtres et celui qui correspond aux objets. Le troisième serait celui qui existerait pour le genre commun et qui serait spécialisé dans la dénomination de la personne, sans pour autant remplacer les deux genres existants déjà (féminin et masculin).
      Je me calque en cela sur le masculin « personne » qui désigne l’absence d’individu et le féminin « la personne » qui désigne la présence d’individu.

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  1. Merci pour cet article très utile et dont la diffusion par une collègue auprès de mon UFR l’a été plus encore : la proposition d’une journée de formation « Ecrire l’Egalité » par le directeur adjoint a soulevé une levée de boucliers incroyable (fragile masculinities bonjour)!!!

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    • Bonjour Marie,

      Je ne pense pas me tromper en suggérant que cette levée de boucliers n’était pas exclusivement masculine. Beaucoup de femmes sont conscientes que mutiler la langue française au point de la rendre presque illisible ne changera pas grand-chose à leur condition.

      Alex

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      • C’est par une accumulation de « pas grand chose » que l’ont fait la différence dans l’inconscient collectif & dans la société à long terme. Votre manière de voir cela comme de la « mutilation » est purement subjectif, de la même manière que moi, je trouve que c’est une sublimation de la langue car la rendant plus « parfaite ». Par contre c’est un fait: d’une vision objective, que cette modification de la langue est la preuve d’un changement de paradigme et d’une envie d’inclure la femme dans la vision globale du monde. Nos deux avis subjectifs de sublimation/mutilation ne sont pas intéressant pour le débat, restons en donc aux paramètres objectif. Merci.

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        • Quand je suis contraint d’écrire en français « neutre », il m’arrive de reformuler complètement mes phrases pour éviter que le lecteur soit confronté à un fouillis à peine lisible. Ce que vous appelez « perfection », le commun des mortel.le.s l’appelle « complication à la limite du ridicule ».

          Si vous voulez parler de choses « objectives », pourquoi ne pas fournir des données concrètes montrant que la neutralisation de la langue bénéficierait à la condition féminine ? Pourquoi ne pas réaliser un sondage indiquant que la majorité des femmes souhaitent le changement que vous préconisez ?

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  2. Je préférerais personnellement qu’on remplace la règle du masculin servant de genre neutre par un féminin neutre : « toute » le monde n’est pas capable d’ingérer ces règles compliquées et dis-qualifiantes pour la plupart d’entre nous : pensez aux dyslexiques notamment, à qui ces points, tirets ou parenthèses bien « compliquées » rendent difficile la lecture. Ce serait bien plus « élégante ».

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    • Je ne vois pas la différence entre un « masculin neutre » et un « féminin neutre ».
      Par ailleurs, si les dyslexiques ne peuvent pas lire correctement ce système de points/tirets, je crois que de toute façon ils ont déjà du mal à lire « tout court », non ?
      Enfin, « dyslexiques » et « la plupart d’entre nous », ce n’est pas la même chose.
      VOUS n’arrivez pas à vous adapter à une autre manière de lire car vous êtes habitué dès l’enfance.

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      • « VOUS n’arrivez pas à vous adapter à une autre manière de lire car vous êtes habitué dès l’enfance. »

        Il faut tout de même faire preuve d’un peu de mauvaise foi pour nier que la « neutralisation » totale du français compliquerait fortement une langue déjà épineuse et en rendrait la lecture plus pénible.

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        • Désolé mais non, ce n’est qu’une question d’habitude, la langue française est déjà compliqué en soit, cette règle, si on la fait assimiler dès l’enfance, ne la rendrait plus compliqué que de 0,00001%. Le jeu en vaut la chandelle.

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      • Je vous ai mis un exemple dans mon commentaire : les mots entre guillemets seraient orthographiés avec la règle du féminin neutre.
        Et ne vous inquiétez par pour moi : je suis assez instruit pour m’adapter à ce type de changements. Je m’inquiétais plutôt pour ceux ayant des difficultés à apprendre à lire et écrire correctement, dyslexiques ou non.

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      • Vous avez raison, oublions les dyslexiques, enfermons-les dans des camps. C’est vrai quoi, ces êtres peuvent-ils être utiles à la société s’il ne savent pas lire? Peut-on voter par exemple si on ne sait pas lire ?
        Cette réflexion venant d’un extrémiste de gauche ne m’étonne qu’à moitié…

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    • Bonjour Cecile,

      En doublant la lettre « e » dans « unE.E salarié.e », vous ne faites que confirmer mon impression que cette neutralisation entraînerait une avalanche de cafouillages.

      Alex

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  3. Merci de neutraliser le passage suivant: « En revanche, aucune féministe… », histoire de rester dans la dynamique égalitaire.

    Bon article, merci.

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    • J’emploie délibérément le féminin et je ne suis pas très, très réceptive à ce genre d’injonction.

      Merci de ne pas parler de « dynamique égalitaire » quand vous voyez seulement dans l' »égalité » une manière de minorer la place des femmes dans leurs propres luttes. Le féminisme est un ensemble de luttes par et pour les femmes. Ca vous dérange? La porte est par là. Vous me trouvez injuste, agressive? Vous avez le réflexe de crier à la censure et au sexisme anti-hommes? Retenez-vous: non seulement ce ne serait pas bien original, mais ça confirmerait que vous n’avez rien à faire par ici.

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      • Votre incapacité à comprendre qu’un homme peut défendre la cause des femmes en dit long sur votre état d’esprit. Votre agressivité indique que ce qui vous intéresse dans la « lutte pour la femme », c’est la lutte plus que la femme.

        Au fait, avez-vous demandé aux femmes si elles souhaitent appliquer les recommandations de votre article ? Question rhétorique, bien entendu : on ne pose jamais les questions dont on ne veut pas réellement connaître la réponse.

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        • Quelle étrange pensée de croire que les femmes auraient un avis unitaire sur la question!!!!!!!!
          Monsieur Hanin, savez-vous que lorsque l’Académie française a décidé de remplacer la règle de proximité par la règle du masculin totalitaire, les lettrées de l’époque, Madame de Sévigné en particulier, n’étaient pas d’accord. On ne leur a absolument pas donné la parole mais au contraire leur présence a été précisément écartée de l’académie.
          Aujourd’hui nous sommes dans la recherche de cette langue égalitaire qui doit correspondre aussi à une application du principe d’égalité prônée par la République.
          L’égalité à ce niveau-là c’est une égalité de considération qui doit être absolue pour permettre non seulement que la communication soit permise au même titre pour toutes et tous et que l’information passe sans confusion, mais également que la différence de chaque personne puisse s’épanouir pour contribuer à la richesse de l’ensemble.

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        • @Nicole Pradalier

          Je ne dis pas que les femmes ont un avis unitaire, je dis qu’il faudrait demander aux femmes si elles souhaitent un changement proposé en leur nom. D’après ma modeste expérience, ce n’est pas le cas. Un sondage sérieux montrerait peut-être que je me trompe, mais que je sache ce sondage n’a pas encore été réalisé. Si seules 20, 30 ou 40 % des femmes étaient pour la neutralisation complète, seriez-vous prête à y renoncer ?

          Personnellement, je ne suis pas contre la règle de proximité. Ce à quoi je m’oppose, c’est cette réforme complète défendue par l’auteure de l’article, qui rendrait la langue française encore plus compliquée et extrêmement pénible à écrire, à lire, à parler et à écouter. S’il existait une solution relativement simple et acceptable au problème, je la soutiendrais, mais cette solution n’existe pas.

          Sur quelles études vous basez-vous lorsque vous affirmez qu’une égalité de langage « absolue » est nécessaire aux objectifs que vous citez ? Avez-vous observé une corrélation entre la neutralité de la langue et le statut de la femme ? Comment expliquez-vous que la condition féminine soit tellement meilleure en France qu’en Chine, alors que le chinois est infiniment plus neutre que le français ?

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        • Si je comprends bien vous êtes un troll n’est-ce pas? Car vous ne pouvez pas avoir l’idiotie de penser que la langue serait étanche non seulement aux autres langues mais également aux siècles d’histoire planétaire.
          Et enfin quand on vous parle d’égalité de considération, pourquoi transformez vous cela en « égalité absolue »? ce qui en soi ne veut rien dire, sinon peut-être en mathématique.
          Et enfin pourquoi faites-vous semblant d’ignorer que toute personne a des idées en fonction de son éducation, de sa culture, de son évolution, de ses désirs et, très accessoirement de son sexe, aussi accessoirement que de sa génétique?
          Et enfin, de quel droit vous permettez-vous de remettre en question les recherches sur lesquelles nous travaillons et que nous considérons largement aussi importantes que les efforts de certain·es pour maintenir l’humanité dans la sujétion aux idées reçues ?

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        • @Nicole Pradalier

          Je ne vois aucun lien entre mon commentaire et votre réponse, ce qui en dit probablement long sur la solidité de vos arguments.

          Les femmes en général souhaitent-elles oui ou non les réformes que vous proposez ? Quelqu’un.e peut-il enfin répondre à cette question, au lieu de m’insulter ?

          Merci,

          Alex

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        • @Parigot-Manchot

          Vous avez très bien compris ce que je voulais dire.

          J’attends que vous me montriez que les femmes sont majoritairement favorables à votre réforme. Si ce n’est pas le cas, comme je le soupçonne fortement, votre lutte n’a aucun sens, en tout cas dans ce domaine particulier.

          Mais ce genre de « détails » ne vous préoccupe probablement pas : quand la cause est juste, qu’importe ce qu’en disent les simples mortel.le.s, même si elles et ils sont directement concerné.e.s. Quel pater.mater.nalisme.

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        • Non seulement vous continuez à vous ridiculiser, comme un enfant ne supportant pas de ne pas avoir le dernier mot d’une discussion; mais vous semblez penser que la « féminisation de la langue », comme je l’appelais à l’époque, est une affaire de bonnes femmes – dans laquelle il faut quand même vous immisciez pour vous faire le porte-parole de toutes ces femmes dont vous « soupçonnez fortement » qu’elle s’opposeraient à utiliser ce type de formes linguistiques. Comme si cette question ne regardait que les femmes. Comme si l’oppression des femmes ne regardait pas les hommes.

          Vous pouvez redescendre du destrier sur lequel vous êtes perché depuis 3 ans, cher chevalier blanc: « les femmes », cette masse indistincte à la place desquelles vous aimez prendre la parole (et qu’est-ce que vous aimez vous entendre parler!) n’ont pas besoin de vous. Au lieu de vous réfugier derrière ce ridicule argument, osez assumer que VOUS n’aimez pas ces formes linguistiques, que VOUS êtes contre la démasculinisation de la langue, et que c’est pour ça que, depuis 3 ans, vous vous faites le héraut de lafâme opprimée par les féministes. Alors peut-être aura-t-on une base pour la discussion.

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        • @Genre!

          Il est tout de même extraordinaire qu’on me reproche d' »aimer prendre la parole pour la masse indistincte des femmes » lorsque je suggère qu’on leur demande leur avis !

          Je « soupçonne fortement », ce qui veut dire que je ne suis pas tout à fait sûr. C’est pour cela que j’aimerais qu’on réaliser un sondage, dont manifestement vous ne voulez pas. Vous êtes sûre, vous ? Vous avez autre chose que des « suspicions » ? Ca ne vous gêne pas de militer pour une solution en faveur des femmes sans savoir si les femmes en veulent ? Vous refusez de répondre à ces questions, elles vous semblent « ridicules »… Dans ces conditions, la discussion est effectivement difficile, mais je continuerai de vous poser ces questions tant que vous n’y aurez pas répondu.

          Le comble, c’est que c’est la féministe que vous êtes qui me demande maintenant de tenir compte de l’avis des hommes lorsque j’insiste sur l’importance de celui des femmes. Vous écrivez tout et son contraire pour ne pas remettre en question vos idées fixes.

          Mais autant essayer de convaincre le pape que Dieu n’existe pas.

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      • Vous semblez être pour la non-mixité dans le cadre du féminisme (« par […] les femmes »). Que pensez-vous des Happy Men ?

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