C’est l’histoire d’un tueur misogyne qui n’intéressait personne…

… à part les féministes (qu’est-ce qu’elles nous emmerdent celles-là).

L’histoire se passe en Californie. Elliot Rodger, 22 ans, a tué le 24 mai 6 personnes et blessé au moins treize autres avant de se suicider. Un détail intéresse beaucoup la presse: il est le fils du réalisateur Peter Rodger, qui a participé au film Hunger Games.

Il y a cependant une partie de l’histoire qui n’intéresse pas grand-monde. Avant de commettre cette tuerie, Rodger a publié sur Youtube une vidéo. Je cite un article du Monde:

On y voit Elliot Rodger, assis derrière son volant, se filmer et raconter pendant sept minutes sa solitude, sa haine du monde et son amertume d’être rejeté par les femmes. Il affirme notamment qu’il s’agit de sa « dernière vidéo » et annonce le « jour du châtiment », disant vouloir prendre sa « revanche sur l’humanité » et notamment sur les femmes. Le jeune homme dit avoir souffert de solitude et de rejet.

Je cite maintenant la vidéo du tueur (la traduction suit), telle qu’elle a été retranscrite par le site Daily Kos:

« It’s not fair. You girls have never been attracted to me. I don’t know why you girls have never been attracted to me, but I will punish you all for it. It’s an injustice, a crime, because I don’t know what you don’t see in me. I’m the perfect guy, and yet you throw yourselves at all these obnoxious men, instead of me, the supreme gentleman. »

« I will punish all of you for it, » he says again, and then he laughs.

« On the day of retribution I will enter the hottest sorority house of UCSB, and I will slaughter every single spoiled stuck up blonde slut I see inside there. All those girls that I’ve desired so much, they would have all rejected me and looked down upon me as an inferior man if I ever made a sexual advance towards them. While they throw themselves at these obnoxious brutes. I’ll take great pleasure in slaughtering all of you. You will finally see that I am in truth the superior one. The true Alpha Male. »

Traduction:

« C’est pas juste. Vous, les filles, vous n’avez jamais été attirées par moi. Je ne sais pas pourquoi vous les filles vous n’avez jamais été attirées par moi, mais je vais vous punir pour tout ça. C’est une injustice, un crime, parce que je ne sais pas ce que vous ne voyez pas en moi. Je suis le mec parfait, et pourtant vous vous jetez dans les bras de tous ces hommes odieux, au lieu de moi, le gentleman suprême. »

« Je vais toutes vous punir pour ça », dit-il encore, avant d’éclater de rire.

« Le jour du châtiment je vais entrer dans la « sorority house » [organisation étudiante féminine] la plus chaude de UCSB [université californienne], et je vais massacrer chaque salope blonde gâtée et coincée que je vois à l’intérieur. Toutes ces filles que j’ai tellement désirées, elles m’auraient toutes rejeté et m’auraient méprisé en tant qu’homme inférieur si jamais je leur avais fait des avances sexuelles. Alors qu’elles se jettent dans les bras de ces brutes odieuses. Je vais prendre un grand plaisir à toutes vous massacrer. Vous allez enfin voir que c’est en réalité moi qui suis supérieur. Le vrai Mâle Alpha. »

Le Monde nous apprend que le tueur souffre de « troubles mentaux ». Peut-être. Il arrive en effet que les troubles mentaux rendent violent·e. En revanche, personne n’est jamais devenu misogyne en raison de problèmes psychologiques.

Il est urgent d’arrêter de dénoncer ce genre de discours comme étant le fait de personnes déséquilibrées. C’est une manière de dépolitiser la domination patriarcale, d’en faire une question de psyché individuelle. La misogynie est socialement articulée au sexisme et à une idéologie qui repose sur la glorification de la masculinité (du « mâle alpha ») et sur la subordination, symbolique mais aussi concrète, des femmes.

Le discours de Rodger n’est pas unique, c’est même tout le contraire. C’est le discours habituel des « Men’s Rights Movements », qu’on appelle en français masculinistes. Rodger était lié à ces mouvements, on le sait grâce à ses abonnements Youtube. De nombreux hommes entretiennent, sous des formes plus ou moins atténuées, ce type de discours; certains agissent en les utilisant comme justification. C’est ce qu’a fait le tueur.

Connaissez-vous Poire? Mais si, vous savez, le mec sympa qui ne comprend pas pourquoi aucune femme ne veut coucher avec lui alors qu’il est, ben, sympa; alors qu’il n’agresse personne, qu’il est pour l’égalité, et qu’il est tellement gentil avec ses amies? Poire, c’est le « nice guy » qui ne comprend pas pourquoi il est encore vierge à 22 ans, pourquoi toutes ces salopes couchent avec d’autres hommes et pas lui. Ce ne sont pas les troubles mentaux qui distinguent Rodger de Poire, c’est le passage à l’acte.

Vous en connaissez, des hommes qui raisonnent comme ça. Des geeks qui, parce que les filles les « méprisaient » à l’école, estiment qu’ils prennent leur revanche en les excluant de « leur » communauté (« mais de quoi elle parle celle-là BOOOOOOOBS »). Des hommes qui ont payé le cinéma à une fille et la traitent de salope si elle ne les suce pas en retour (« 10€ la place putain! »). Qui estiment qu’ils ont un droit inné à la baise, et ne comprennent pas qu’un « hé Mademoiselle vous êtes charmante » ne leur vaille pas un grand sourire et un numéro de téléphone direct.

Tous ces discours, toutes ces attitudes, et des actes comme celui de Rodger sont les manifestations d’une seule et unique idéologie. C’est la même idéologie qui consiste à ne pas prendre en compte, à ne même pas nommer la dimension misogyne de la tuerie californienne. Rodger, selon Le Monde, aurait simplement évoqué « son amertume d’être rejeté par les femmes ».

« Men are afraid that women will laugh at them. Women are afraid that men will kill them. » (Les hommes ont peur que les femmes ne se moquent d’eux. Les femmes ont peut que les hommes ne les tuent.)
— Margaret Atwood.

AC Husson

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82 réflexions sur “C’est l’histoire d’un tueur misogyne qui n’intéressait personne…

  1. Pas la peine d’être geek pour raisonner comme ça… Il suffit de se rendre sur à peu près n’importe quel site en ligne de « coach de drague » pour hommes pour se rendre compte que c’est très généralisé…
    La seule différence avec ce qui se passe pour un mec lambda, c’est que les « stratagèmes » proposés sont plus tordus. Mais le principe reste le même : l’acte sexuel comme paiement légitime en retour de services et d’attentions dispensés.

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  2. Il y a deux choses intéressantes au-delà de la crise violente du « male alpha » et du fait que ce gars ait commis son crime en parfaite adéquation avec un système qu’il n’a pas vu : il estime avoir droit à « sa part ». Dans une société consumériste, où la recherche du bonheur est considérée comme allant de soi mais aussi comme un moteur naturel, la frustration devient insupportable et on ne peut pas écarter ça de l’équation.
    Ensuite, le rejet du « nice guy », c’est aussi le révélateur d’autres choses, notamment du fait que les filles sont victimes de ces mêmes clichés : le timide, pas sportif, qui n’a pas l’attitude et les goûts virils adéquats et valorisés n’intéresse effectivement pas. Je ne parle pas sur le plan amoureux et sexuel, mais plus largement il n’intéresse pas ses camarades, les gens de son âge, ses profs. Il n’est pas conforme aux stéréotypes et donc il est rejeté socialement au sens large. C’est sympa de se moquer des geeks / nerds / dorks mais si le malaise se perpétue depuis que les « geeks » existent, c’est bien parce que l’on perpétue un système de valorisation / rejet. Vu de sa fenêtre, le rejeté ressent un malaise social et une injustice. Il ne sait pas mettre le doigt dessus parce que lever le voile, comprendre le patriarcat et s’en affranchir n’est pas facile. Que personne n’ait vu son malaise dit peut-être aussi que dans l’ensemble, la société s’accomode bien du rejet.
    (Pour lever tout éventuel doute : je ne cautionne pas, je ne l’excuse pas, je confirme que son acte est l’incarnation de sa misogynie, mais on ne peut réduire cet acte à un fait divers ni à l’aboutissement d’une machine patriarcale)

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    • Le truc c’est que les geek attirent aussi pleins de nana , c’est débile de dire que parcequ’on est pas musclé et sportif les filles s’en foutent . C’est misogyne et faux , y’a plein de mec gros ou maigre qui sortent avec des filles . Mais c’est sur pour rencontrer c’est mieux le réel que le virtuel , a un moment faut se toucher , et l’entrainement c’est utile . On ne peut pas réussir a séduire des la première fois , et c’est la même pour les filles et les garçons . Heureusement que les filles draguent sinon , elles seraient aussi bcp célibataires les filles , non ?

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      • Tout à fait en accord avec @evemarie. C’est très misogyne de prendre les filles pour des gourdes (il est vrai que ce terme n’est utilisé que pour des personnes de la gente féminine, je m’en excuse).
        Certaines le sont, certaines non.

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        • « gourde » désigne un objet et n’est pas ici un adjectif. Il s’emploie donc aussi pour les hommes.

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  3. Au-delà de ce constat amer sur le refus de certains de voir la misogynie et du dégoût que ça provoque, il me semble qu’il y a deux choses à remarquer en plus.
    Dans une société de consommation, de création de désir et de frustration, où la quête du bonheur personnel est considérée non seulement comme normale mais aussi comme un sain moteur de la société, on entend quelqu’un réclamer  » sa part ».
    Par ailleurs, se moquer des geeks et de Poire, c’est gentil et ça peut faire sourire de manière condescendante. Mais bien souvent, le malaise ne vient pas du fait qu’ils sont rejetés par les filles (qui sont également victimes des clichés usuels sur la virilité). Ils ne correspondent pas aux stéréotypes valorisés par le Modèle dominant. Éventuellement timides, intéressés par des choses pas très viriles, ils sont rejetés tout court. Ils n’intéressent pas les filles, mais ils n’intéressent pas non plus leurs autres camarades, les gens de leur âge, les profs. Vu de la fenêtre d’une personne qui se sent seule, c’est l’injustice qui saute en premier aux yeux. Pas le patriarcat.
    PS : l’avocat de la famille Rodger vient de mentionner qu’Elliot serait atteint du syndrome d’Asperger. A suivre.
    (évidemment, si besoin était de le préciser : je ne justifie rien, je n’excuse rien, on est là pour causer de sujets pas drôles mais on est polis et on se respecte)

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  4. Son syndrome autistique a certainement accentué sa mégalomanie (« quoi, elles osent ne pas vouloir de moi ? Ils osent ne pas avoir envie d’être mes amis ?! ») et par là la violence de sa réaction. Le harcèlement scolaire est quelque chose de terrible, mais apparemment ce n’est pas tellement ce qui a affecté cet adulte (22 ans bon sang, un peu tard pour être aussi mortifèrement immature !), il n’avait pas l’air d’être une cible d’attaque mais plutôt de ne pas supporter de ne pas correspondre à l’image du winner tant vendue aux USA. Il y a aussi des filles qui ont le même problème de solitude, pourtant curieusement elles ne prennent pas un gun pour aller descendre des gens au hasard (l’éducation sexiste se retrouve là aussi : hommes et femmes font ce qu’on attend +/- d’eux).
    Apparemment il évoluait pas mal dans le milieu du showbiz ; avoir du fric et pourtant ne pas avoir de copine a dû lui paraître insupportable, illogique.
    Rendre autrui responsable de son désir et donc de sa frustration… Il serait temps d’en finir avec cette psychose.

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    • Quel lien y a-t-il entre autisme et mégalomanie? Les autistes sont plutôt des gens hyper rationnels et la mégalomanie suppose de s’aveugler sur ses propres capacités. En l’occurrence, si ce syndrome avait une influence, ce serait plutôt de l’inciter à considérer les rapports amoureux comme un mécanisme qui se démonte et à apprendre comme faire pour se mettre en couple/trouver un partenaire.

      Peut-être devrait-on éviter de compliquer la vie des autismes en suggérant que leur condition pourrait mener à la violence sauvage quand la culture du viol dans laquelle nous baignons suffit à expliquer la violence masculine.

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      • Je précise que Cocomuze a reconnu son erreur et s’est excusée plus loin 🙂 (du coup j’en profite pour m’excuser aussi de m’être emportée)

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  5. Pingback: C'est l'histoire d'un tueur misogyne qui n'int&...

  6. Désolé de faire des remarques de « crétin », mais je cherche à discuter et à comprendre. Un élément me frappe. Les « tueries de masse » (hors terrorisme et autres considérations militaires) sont presque toutes le fait d’hommes blancs hétéros.
    As-tu des éléments pour expliquer ça ? C’est une question sans malice, je préfère le dire puisque de toi-même tu précises que tu es « à cran ». Merci pour la réponse.

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  7. What ? C’est à moi que ça s’adresse ?
    Faudrait m’expliquer là où j’ai dit des trucs « à la con » parce que là…Qu’est-ce que je dis (sincèrement) qui n’est pas tolérable ? C’est ce que je semble lire dans des réactions types du « nice guy » et Cie justement.

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    • On suggère que le tueur est autiste et vous bondissez sur cet élément pour expliquer sa violence. A moins que vous ne soyez psychiatre et que vous n’ayez lu son dossier, cette analyse psychologique sauvage est particulièrement malvenue.

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      • Parce que vous êtes psychiatre et avez lu son dossier pour affirmer l’absence de lien entre la pathologie et les propos tenus ?
        En plus du fait que les victimes ne sont pas que des femmes, appuyer votre propos par une citation qui ne signifie pas grand chose, comment dire…

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        • Je pense qu’en tant que femme l’auteure de cet article est confrontée à ce genre de propos régulièrement. Pas besoin de faire intervenir une pseudo-justification psychologique.

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        • elle tente d’analyser ce cas particulier en le resituant d’un point de vue sociologique dans un continuum de la domination masculine, du fait que cette personne est un être social dont le discours à été validé et partagé, relayé activement par toute une communauté, ce qui a fini par permettre son acte. Les propos en question me semble étonnamment partagés (il vous suffit de taper « nice guy+féminisme » sur google, vous verrez bien…) ce pourquoi on ne peut pas accréditer la thèse selon laquelle le discours tenu par lui serait uniquement en lien avec une pathologie. Ce n’est d’ailleurs pas du tout le propos de son article, et cela n’aurait aucun intérêt dans ce cadre d’analyse. Elle considère l’aspect misogyne de ce discours et de ses actes, qui n’a même pas été mentionné par les médias.
          Accessoirement, ce serait quand même bien d’apprendre à lire.

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  8. Ah d’accord, désolée… Je ne voulais pas du tout expliquer son geste par le fait qu’il est peut-être Asperger (il y a plein d’autres tueries du même genre où les assassins ne sont pas autistes) ni dire que ce syndrome rend violent. Mea culpa ! Cependant il me semble que l’autisme accentue l’égocentrisme (c’est ce que j’ai constaté dans mon expérience du moins) et donc pourrait expliquer un tel défaut d’empathie.
    Je ne suis pas psychiatre, je confirme, je ne voulais blesser personne. On ne peut faire que des suppositions, mais je souscris totalement par ailleurs à ne pas chercher dans la folie ou les troubles de la personnalité des choses qui résident avant tout dans le sexisme et la haine ordinaire !

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    • Suppositions d’autant plus hasardeuses que l’autisme regroupe un ensemble de comportement extrêmement vaste, de « simples » TOC au refus d’être touché par l’autre, et bien d’autres symptômes encore.

      Ensuite, c’est bien triste, mais son discours est exactement celui des « nice guys » qui pullulent sur le net, alors, de toute évidence, pas besoin de ce genre de trouble pour être d’un tel égocentrisme.

      Donc l’intérêt de  » faire des suppositions » sans fondements, je ne le vois pas.

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  9. Comme l expliquait très bien une intervenante américaine sur le sujet, dés qu’il s’agit de crime sexiste, on invoque volontiers la folie etc ( jamais pour un crime raciste) il s’agit de réduire ces crimes à des cas individuels afin de nier leur nature culturelle

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    • « jamais pour un crime raciste », vraiment? Soit vous avancez des preuves de ce que vous dites, soit vous allez le dire ailleurs… Je tolère assez mal l’argument qui consiste à dire que les crimes racistes sont plus visibles et mieux pris en compte par la justice que les crimes sexistes. C’est ignorer complètement l’invisibilisation systématique de la composante raciste de nombreux actes de haine, et c’est aussi oublier qu’il ne s’agit pas de comparer les oppressions, ni de les opposer, mais de combattre leurs causes et mettre en avant leurs intersections.

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  10. Effectivement c’est assez incompréhensible qu’il n’y ait pas de journaliste qui enquête là-dessus, même sans être militant il y a tous les ingrédients d’un beau papier; un petit tour sur reddit, les sites de MRA, wizardchan, puahate et compagnie permet de voir que l’état d’esprit de ce type est largement partagé (pour certains c’est même un héros, c’est clairement dit). Clairement, il n’a fait qu’appliquer ce que beaucoup d’autres professent.

    Juste un petit mot sur le syndrome d’asperger qui « accentue l’égocentrisme » et « pourrait expliquer un tel défaut d’empathie » ça me ferait sourire si ce n’était pas complètement faux, et surtout un truc qu’on entend régulièrement et qui rend les interactions sociales encore plus compliquées qu’elles ne le sont déjà pour les aspis (« si je lui dis que j’ai un syndrome autistique, il va me prendre pour un robot sans émotions »).

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    • Non mais pour en finir sur cette question : je ne suis pas spécialiste, je parle juste d’expérience (personnes ayant le syndrome Asperger que j’ai côtoyé) et donc pas en globale connaissance de cause. Et je n’ai jamais dit que cela était la cause des meurtres !
      Les médias ne parlent pas spécialement de l’autisme en général, j’imagine donc qu’ils n’en parlent pas bien quand ils le font…

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      • Parler en non-connaissance de cause est justement une bonne raison de se taire. ça évite de diffuser des préjugés, des mythes, et de blesser gratuitement des personnes.

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  11. Il est faux de dire que les média ne parle jamais de crime sexisme et patriarcal. Il en parle dans un contexte bien particulier : lorsque la(les) femmes (ou les enfants dans le cas du patriarcat pris au sens large ) sont tués par des hommes qui appartiennent à une culture (vue comme une nature) differente de celle de l’occident blanc.

    On n’a qu’a voir en parallèlle les deux meurtres de l’affaire Turcott et l’affaire Shafia au Québec il y a quelque années

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  12. Oui vous avez raison, je précisais ailleurs que si l auteur avait été musulman les médias auraient volontiers parlé de crime sexiste. Mais en règle générale et quand il ne s.agit pas d’instrumentaliser la cause des femmes, je réitère, les médias ne parlent jamais de crime sexiste

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  13. Je pense que le probleme est la societe qui forge chez les hommes des desirs malsains tout au long de leur vie et la pression enorme qu’elle leur impose pour atteindre ces objectif.

    La societe martelle aux hommes depuis leur puberte que l’ideal masculin est d’avoir des relations sexuelles avec un maximum de femmes tres attirantes (ces standards d’attirance etant aussi imposes par la societe dans tous ces aspects et sont incroyablement extremes, a la limite du naturel et toujours propices a la surenchere : seins silicones, ventre plat, etc… des standards intenables, on voit les repercussions dramatiques sur les femmes et leur image).

    Dans un contexte de competition, de « survie », il y a une categorisation quasi-binaire des hommes egalement imposee par la societe : ceux qui satisfont cet ideal (et le plus tot possible, etre vierge passe 20 ans est considere comme une honte dans notre societe), les « males alpha » et les autres, categorises comme loosers par la societe.

    Cette pression entraine imanquablement un desir tres (tres, tres…) fort chez beaucoup d’homme (ce desir d’avoir des rapports avec des femmes « chaudes » pour reprendre les termes glauques de l’article) alors qu’il est paradoxalement atteignable que par une tres faible partie des hommes (un peu comme la promesse du reve americain).

    Inevitablement, ceux qui voient ce desir non assouvi vont ressentir une enorme frustration, parfois l’histoire de toute une vie. Ca semble etre particulierement le cas du tueur de l’article, bien que ce ne soit pas verifiable on lit sur le net qu’il etait atteint du syndrome d’Asperger, rendant potentiellement les interactions sociales difficiles. Ca l’a probablement handicape dans ses relations avec les femmes et l’a conduit a de nombreuses deceptions augmentant sa frustration.

    Malheureusement, certains ne tolerent pas la frustration et se laissent ronger par leur haine et leur desir de vengeance, et tombent dans la misogynie extreme, ce qui conduit a ce genre de drames.

    Attention, loin de moi l’idee de justifier les actes du tueur, ils sont totalement injustifiables et impardonnables, et ne peuvent etre le fruit d’aucune logique. Mais le probleme est que les etres humains ne sont pas des etres completement logiques et rationnels mais des etres d’emotions. Mon post a juste pour but d’essayer d’expliquer comment on a pu en arriver la et non de le justifier. De meme que je ne viens pas plaindre les hommes et les faire passer pour des victimes, j’essaye juste d’expliquer les causes et les consequences.

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    • Non, on apprends qu’il est normal qu’une femme se plies au caprice d’un homme, qu’il soit conforme au stéréotype ou pas. On leurs apprend le narcissisme/égocentrisme/égoïsme à outrance (moi d’abords, les autres je m’enfou). Ce n’est pas le désir en lui même qui pose problème, mais le fais qu’une femme n’a pas le droit de dire « non ».

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      • Exactement, donc le désir est ici bien le problème : la société pousse les hommes à avoir comme idéal des relations sexuelles avec des femmes « chaudes », objectifiées à l’extrême dont l’accord/avis a donc peu d’importance.

        Dans le cas de Rodgers (pour avoir lu en partie son dossier), malgré qu’il vive également à travers ce désir, il a vécu exactement l’inverse : il s’est fait marginalisé, martyrisé très violemment (« bullied ») et rejeté par homme comme femme toute sa vie.

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  14. @ Asilenus : « Ensuite, le rejet du « nice guy », c’est aussi le révélateur d’autres choses, notamment du fait que les filles sont victimes de ces mêmes clichés : le timide, pas sportif, qui n’a pas l’attitude et les goûts virils adéquats et valorisés n’intéresse effectivement pas. Je ne parle pas sur le plan amoureux et sexuel, mais plus largement il n’intéresse pas ses camarades, les gens de son âge, ses profs. Il n’est pas conforme aux stéréotypes et donc il est rejeté socialement au sens large. »

    Ouais mais… non.
    Le « nice guy » n’est pas rejeté, il se sent rejeté parce qu’il estime que tout doit lui tomber dans le bec parce qu’il serait « gentil » et il découvre que non.
    La Femme n’est pas cette entité unique et globale, les femmes (et jeunes filles) ont, ô découverte incroyable, des goûts, des aspirations, des envies différentes. Même à 14 ans. Il y en a qui aiment les timides et pas sportifs. Qui ne se retrouvent pas le moins du monde dans les injonctions à la virilité et qui préfèrent un garçon/homme avec des goûts proches des leurs, ou au contraire qui leur font découvrir d’autres univers. Les garçons gentils et timides, les geeks ne sont pas rejetés par le monde entier.

    Ils ne sont pas forcément rejetés par leurs camarades non plus : comme beaucoup de personnes, ils vont se trouver des camarades avec les mêmes centres d’intérêts. Et je parle en tant que personne (certes, femme) qui a longtemps fait partie de groupes marginalisés en classe, pas du tout valorisés. J’ai toujours eu des ami·e·s, marginalisé·e·s et parfois moqué·e·s aussi mais nous nous retrouvions entre nous, et je n’ai jamais été ignorée par mes profs. Je ne vois pas pourquoi un garçon qui ne rentre pas dans les cases serait plus rejeté. Il n’intéresserait pas ses profs parce qu’il n’a pas l’attitude virile adéquate ? C’est grotesque.

    Je crois que ça permet de se dédouaner de pas mal de choses, le « rejet du geek ». C’est pas ma faute, c’est la société qui m’aime pas, bouh.

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    • +1

      Plus le fait qu’on leurs fait croire que les lafâmes leurs doivent forcément quelque chose (le plus souvent un acte/rapport sexuel) quand gentillesse exprimé vis à vis d’elles.

      Mais ho c’est bizarre quand une meuf rend service à un mec, elle ne lui exige pas un rapport/acte sexuel. C’est marrant ein #Cynisme

      Bah tiens, la prochaine fois que je suis « gentille » avec un mec, ou que je lui rend service, j’exigerais un rapport sexuel avec lui tiens! Rien à foutre si je lui plais pas. Nan may cay vray quoi la sociétey blabla frustration blabla j’suis une nice girl blabla comprend pas niania on me rejete blabla pas juste gneeuuuuu… ben quoi?

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  15. Au-delà du sexisme, on est quand même aux USA dans une société de la compétition complètement irrationnelle. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait parfaitement être puceau à 22 ans sans passer pour un outcast.
    Mais ce garçon-là n’est pas « Poire », il ne se présente pas comme un nice guy, il ne joue pas au « meilleur ami qui offre son épaule compatissante », ce qu’il ne comprend pas, c’est qu’il a du fric et la grosse BM qui va avec (il zoome sur le logo dans sa caisse) et que même comme ça, il n’attire pas les « pétasses blondasses », alors que tout dans sa « culture » lui indiquait que c’était dans la poche. Il faudrait en savoir plus sur ses vicimes masculines pour savoir quel genre de mec il considérait responsable… Parce quand même, il a tué 4 hommes, dont 3 au couteau, ça doit vouloir dire quelque chose..

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  16. Bon. Je précise que j’ai pas mal hésité avant de poster ce commentaire, car il est basé sur quelque chose de personnel. Mais je pense que mon expérience peut être intéressante, car à mon sens, elle corrobore en partie ce que tu dis. J’ai trente ans, et je suis vierge. Je ne me suis personnellement jamais senti rejeté par les femmes (sauf de manière très ponctuelle, et donc non généralisable) je n’ai jamais voulu appliquer les conseils de « séduction » qu’on peut trouver ici et là sur le net, car ils sont bien souvent basés sur des préjugés sexistes et virilistes. J’en viens au fait que: mon problème (si tant est que ça en soit un, bien sûr) ne vient pas d’un soi-disant « féminisme castrateur » que je n’ai personnellement jamais rencontré, ni sur ce blog, ni ailleurs, et qui me semble bien plutôt un fantasme commode pour croire expliquer et bien dépolitiser ce mouvement (ces mouvements, car tout cela n’est pas monolithique) le problème est bien lié aux positions masculinistes, antiféministes qui de fait, sont là non pas pour résoudre mais pour renforcer les préjugés dans les rapports hommes/femmes. J’espère que les poires qui passeront ici, s’il y en a, me liront 🙂

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  17. Pour ceux qui n’ont pas le courage de se taper les 140 pages, un extrait : http://troglobite.tumblr.com/post/86808994245/highinfat-tw-elliot-rodger-racism-sexism
    En gros, 1) « c’est pas normal qu’un Noir descendant d’esclaves ait couché avec une blanche alors que moi qui descend pour moitié de l’aristocratie britannique je suis toujours puceau. »
    2) « les femmes ne devraient pas avoir le droit de choisir avec qui elles couchent, cette décision devrait être prise pour elles par des hommes intelligents et de façon rationnelle, si on laisse les femmes décider, elles vont gâcher le patrimoine génétique parce qu’elles ne couchent qu’avec des cons », blablabla.

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  18. @Caroline & @RashXBucker : On s’est mal compris, en tout cas je n’ai pas réussi à me faire comprendre. Je ne parle pas du rejet sexuel. Je ne crois pas que l’on monnaye sa gentillesse pour de l’affection / du sexe. Et je n’y ai jamais cru. Je ne parlais pas du syndrome du « Nice guy » tel que bien expliqué / documenté.
    « Il y en a qui aiment les timides et pas sportifs. Qui ne se retrouvent pas le moins du monde dans les injonctions à la virilité et qui préfèrent un garçon/homme avec des goûts proches des leurs, ou au contraire qui leur font découvrir d’autres univers. Les garçons gentils et timides, les geeks ne sont pas rejetés par le monde entier » : sans doute. Je n’ai hélas pas eu la chance d’en croiser à une certaine époque. Oh, et je précise, je cherchais à ce moment-là des ami-e-s, pas à coucher. Des gens avec qui être de temps en temps. A qui dire plus que « salut ». Il me semble que nier un malaise ou faire le coup du « oh pauv’ ti chou arrête de te plaindre », c’est écarter un peu trop vite un sujet qui n’est pas si insignifiant. J’ai cru lire qu’à l’Université, où des journalistes ont essayé d’interroger son entourage, personne ne connaissait Elliot (article du Figaro). On est en mai et personne ne le connaît. A-t-il des amis
    « Il n’intéresserait pas ses profs parce qu’il n’a pas l’attitude virile adéquate ? C’est grotesque ». Effectivement, si c’était ça, ce serait grotesque. Je parlais du masque que l’on se sent obligé de porter quand ça ne va pas, qu’on se consume de solitude et qu’on n’arrive pas à parler. Le cliché : « oh le garçon timide qui s’absente bizarrement mais pas assez pour que ça se voie ? Je vais pas me faire chier à essayer de lui parler, il est renfermé de toute façon. Il fait vaguement ses devoirs, ça me va. J’ai des élèves plus intéressants à suivre de près » (conversation réelle entendue depuis une embrasure de porte alors que j’attendais pour aller chez le CPE). En gros, pas assez brillant / vivant pour m’intéresser, pas assez turbulent pour que ça m’oblige. Ça a duré tout le lycée (au collège c’était différent, j’avais trouvé quelques « copains » et un ami). Comme si tu n’existais pas. Alors je précise : j’ai du mal tomber et je ne savais pas parler. Et ça ne m’a jamais donné des envie de tuer quiconque.

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  19. Il n était pas dans mon propos d euphemiser la culture raciste de nos sociétés ni de hiérarchiser telle ou telle oppression (consternant d ailleurs de devoir le préciser) mais même si le traitement par les médias des violences ou des crimes racistes est loin d être satisfaisant je confirme que dés qu il est question de crime ou de violence sexiste, il est quasi inexistant. Suffit d observer le traitement par la presse française du drame de la fusillade de Bruxelles, on hésite pas à politiser ce crime ( ce qui est légitime) quand on psychologise la fusillade us.
    Et je pourrais citer d autres exemples us. Bref mon intervention aura au moins été utile à votre petite démonstration ( un peu rapide mais confortable )

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  20. J ajoute que je ne parlais pas du traitement de ces crimes par la justice mais de traitement médiatique. Enfin ma démarche était de dire que parmi les oppressions, l oppression des femmes était la moins politisée ( pas d opposition ni de hiérarchisation ici). Et à votre tour de me démontrer le contraire : j’ai déjà entendu parler de crime raciste, de crime homophobe je n ai en revanche jamais entendu un média ( autre que féministe) parler de crime misogyne ou sexiste. Cette fois j en ai fini.

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  21. Juste pour rebondir sur un des thèmes du billet :
    « Ce ne sont pas les troubles mentaux qui distinguent Rodger de Poire, c’est le passage à l’acte [la tuerie]. »

    Vous ne pensez pas qu’il faille justement être sévèrement dérangé pour passer à l’acte? Il y aura toujours des gens dérangés et capables des pires extrêmes, et il faudra alors seulement un déclencheur pour les faire passer à l’acte.

    Pour certains ce sera le racisme, pour d’autres la religion, pour d’autres le sexe ou l’orientation sexuelle, pour d’autres encore des oppositions politiques, voire linguistiques, une prétendue « lutte des classes » ou même des raisons encore plus futiles, jusqu’aux moyens de transport!

    Que le crime soit de nature sexiste ne fait aucun doute, mais je crois qu’on ne peut balayer du revers de la main la possibilité que ce soit la raison qu’ait trouvée un esprit malade (en l’occurrence, vu la teneur de son manifeste, ça pourrait aussi être le racisme) pour « justifier » cet acte horrible.

    Bref, lorsque vous dites :
    « Tous ces discours, toutes ces attitudes, et des actes comme celui de Rodger sont les manifestations d’une seule et unique idéologie. »

    Vous avez raison, au détail près qu’une idéologie est une ligne de pensée. Placer le rejet d’une fille par un groupe de geek et l’acte de Rodger dans le même panier, ça se tient (c’est du sexisme dans les deux cas), mais les mettre au même niveau, ça me parait fort peu à propos…

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    • Il ne s’agit pas de les placer sur un même niveau mais de montrer qu’il s’agit d’un continuum, au lieu de présenter l’acte du tueur comme isolé, incompréhensible, incohérent. Cet acte peut être compris (dans le sens: être intelligible, évidemment pas être excusé) si on le replace dans la perspective d’une idéologie dont on trouve les manifestations partout, tout le temps, et que subissent les femmes au quotidien.

      C’est aussi pour ça que je m’opposé à des explications comme celle que vous avancez (« sévèrement dérangé »). Allez faire un tour sur les sites des pick up artists, des masculinistes, ou sur un forum de jeuxvideo.com: les hommes y théorisent tranquillement leur haine des femmes. Ca les fait même rire. Encore une fois, la différence entre eux et Rodger, qui propose de créer des camps de concentration pour les femmes, est une différence de degré.

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  22. Pour celles et ceux qui parle d’un type « sévèrement dérangé » et d’actes qui « ne peuvent être le fruit d’aucune logique » : bien au contraire, c’est la suite « normale » d’un schéma de pensée, ce qu’a très bien expliqué Denis Colombi dans son dernier billet : http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2014/05/portrait-du-tueur-en-mec-normal.html

    Et le fait que tant de commentaires approuvent son geste et le traitent en héros montre bien qu’on est loin d’un taré isolé.

    Asilenus : sans nier le malaise (et je ne voudrais pas non plus dire qu’il n’y a qu’à se bouger un peu pour trouver des ami·e·s, je sais que cela peut être très difficile), je voulais simplement dire que le mec transparent, je suis pas sûre qu’il y en ait assez pour qu’on puisse parler d’un phénomène de « rejet du geek ». Oui, ça arrive à certaines personnes, et c’est triste. Que ça ait joué sur cette affaire-là en particulier, peut-être. Est-ce que pour autant tous les geeks sont rejetés/ignorés par la société, leurs camarades, leurs profs, les filles ? Je ne pense pas et du coup je trouve douteux d’avancer ce genre d’explications.

    (quant à Poire/Nice Guy, c’est un stéréotype différent, qui peut parfaitement recouper le geek, et si on s’en moque c’est parce que c’est un personnage qui n’est pas ce qu’il prétend (gentil) et un système de pensée dangereux qu’il faut déconstruire.)

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  23. Mais c’est le blog de l’improvisation psychopathologique ici !!… Que ce soit dans l’article (la distinction vaseuse entre trouble mental et passage à l’acte) ou dans les commentaires, vous n’avez peur de rien vous autres…

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    • Je ne fais nulle part de distinction entre trouble mental et passage à l’acte, merci de relire l’article avant de faire ce genre de commentaire sympathique. Et je m’évertue depuis hier à expliquer qu’il ne faut pas faire d’analyse psychologique sauvage de Rodger, donc votre commentaire est doublement malvenu.

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  24. N’en déplaise à celles et ceux qui considèrent que le portrait de « Poire » est faux et que jamais personne n’agit en nice guy pour « monnayer » (le terme est parfois fort -parfois pas assez- mais l’idée est là) une relation, quel que soit son degré, pour moi il est clair et limpide que cette sorte de vengeance divine est la suite logique du type frustré d’être « encore » vierge à 18 – 20 25 ou 30 ans, qui n’en peut plus de voir les objets de ses fantasmes (ou de son amour, c’est idem à ce compte-là) préférer des « connards » qui les traitent moins qu’il ne le ferait et qui finit par nourrir sinon un rejet, une haine pour le sexe opposé. (pratique pour ne pas se remettre en question).
    Et ce ne sont pas les mythes du héros, des histoire avec la fin « get the girl », de la princesse à délivrer, du dragon à combattre, du copain salaud à écraser du poing et autres clichés sexistes et lieux communs qui encouragent à considérer les femmes comme des individus actifs, doués elles-aussi d’envies, de désirs, de fantasmes et surtout de leur propre légitimité de choix et le droit de se tromper, de se débrouiller, d’expérimenter, d’évoluer de façon émancipées, autonomes et responsables.
    Et pour les plus ou moins poire (comme je l’ai été), d’apprendre à se détacher de ce « dû » qui n’existe que dans cet inconscient culturel collectif, et qui nourrit autant le sexisme que les frustrations. (2 bons moteurs pour le capitalisme et pour tenir une population sous contrôle)

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  25. C’est moche d’utiliser le fait qu’une personne soit handicapée pour militer pour votre cause 😦

    Belle leçon d’égoïsme et de dénonciation de la différence

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    • Quelle belle « individualisation » d’un problème de société, quel belle dépolitisation d’une question.
      Et qu’en est-il de l’utilisation de cette personne pour enfoncer le clou idéologique qui veut que les meurtriers sont tous forcément des malades mentaux, des monstres, des gens pas comme nous ?

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    • c’est surtout moche d’exprimer une telle sollicitude à l’égard d’un type qui massacre des femmes en utilisant l’expression « dénonciation de la différence » (non mais c’est vrai quoi, on ne laisse pas les tueurs tranquille, on arrête pas de les dénoncer! c’est pas très gentil franchement)

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    • Ce qui est vraiment moche, c’est de stigmatiser les autistes en expliquant un crime explicable autrement par le fait que la personne qui l’a commise est autiste. L’autisme ne prédispose absolument pas à la violence envers autrui; le syndrome d’Asperger encore moins que l’autisme en général.

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  26. C’est moche d’utiliser le fait qu’une personne soit handicapée pour militer pour votre cause, Pierrot de la forêt.
    Belle leçon d’égoïsme et de protection de la misogynie sociétale.

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  27. À lire les différents commentaires, autant ici que sur les réseaux sociaux, qui expriment désespérément leur « souhait » de voir des actes d’une violence inouïe expliqués par la maladie mentale, ça ne traduit que deux choses pour moi :

    1) la grande majorité de la population est complètement inculte par rapport aux diagnostics de troubles psychologiques qu’on appelle plus généralement et malheureusement « maladies mentales ».

    Toutefois, cette même majorité se permet malgré tout d’y aller de son petit grain de sel en utilisant à tort et à travers des termes médiatisés à loisir tels que « autisme » pour expliquer grossièrement des phénomènes complexes et sur lesquels nous n’avons que très peu d’informations. Doit-on rappeler que cela manque franchement de rigueur et d’esprit critique ? Doit-on rappeler que ces utilisations outrancières de diagnostics de comptoir font du tort à des gens qui, eux, n’ont rien demandé (i.e. toutes les personnes lambda en souffrance réelle de ces troubles et ayant le malheur de devoir porter ouvertement l’étiquette du diagnostic) ?

    Déjà les professionnels doivent avoir une conscience et une délicatesse absolue, en mettant quatre paire de gants, pour administrer un diagnostic (qui se transformera inévitablement en étiquette aux yeux du monde), tout en prenant le risque de se tromper et de peut-être faire du tort. Alors imaginez. Les médias, eux, n’ont définitivement pas cette conscience et peu se donnent la peine de dénoncer et condamner cet état de fait. Alors est-il réellement nécessaire, en tant que population, d’en rajouter 36 couches encore ? Merci d’y penser, ne serait-ce que deux minutes, avant d’y aller de vos analyses et de les poster en public.

    2) Le diagnostic de troubles mentaux n’est pas neutre et arrange beaucoup de monde.

    Oui en effet, il est très commode d’expliquer des actes de violence par le simple fait de la « maladie mentale » ou pire, de la « folie », car le diagnostic crée une barrière entre la normalité et le pathologique, donc cela sous-entend que les crimes sont commis par des marginaux déréglés et que les gens dit « normaux » sont à l’abri. Confortable n’est-ce pas ? C’est non seulement faux, mais intellectuellement paresseux de proclamer une telle chose. Les gens qui tuent, qui violent, qui battent, les agresseurs d’enfants, de femmes, les nymphomanes, les stalker et j’en passe sont des gens comme M. et Mme Tout-le-monde.

    La frontière entre le normal et le pathologique est excessivement mince, elle est floue, elle diffère aussi d’une personne à une autre et cela semble très difficile à accepter visiblement. La norme, d’une part, est un peu ce qu’on en fait et elle change avec les époques, les mentalités. Alors comment pouvons-nous « classer » pour ne pas dire hiérarchiser les individus aussi bêtement, dans leurs actes, par un pauvre diagnostic lu dans un journal en ligne ou autre média ? Un fil, un événement, une expérience, un pas de travers qui sera « de trop » aux yeux d’une personne peut suffire à la faire basculer dans un passage à l’acte. Cependant, cet événement « de trop » n’est pas la faute des victimes.

    Personne ne peut porter le fardeau de devoir connaître et agir en conséquence des éventuelles limites inconnues et variables des autres. D’ailleurs, on impose beaucoup aux femmes de devoir être « empathiques », sensibles aux « besoins des autres » et éventuellement à leurs « demandes », d’y répondre adéquatement et sans poser de questions, un peu comme dans une dyade mère-bébé. C’est une vision généralisée de la « bonne mère » que tout un chacun entretient. Il est curieux de voir à quel point cette espérance s’étend à énormément de situations inadaptées, notamment la sexualité… La frustration face à la non réponse ou la réponse jugée « inadéquate » d’une femme semble extrêmement difficile à gérer pour beaucoup de personnes. C’est un problème.

    En ce sens, il est tout à fait juste, de la part de Husson, de dire que le social et les mouvements de fond influent sur la façon de se construire et de répondre aux événements qui parsèment notre vie, notamment la vision que nous entretenons des femmes et la « norme » que nous avons créées dans nos rapports avec elles. C’est même une évidence.

    Que ça plaise ou non de l’entendre, il y a effectivement une misogynie ambiante et puante pouvant effectivement pousser certains individus, qui se retrouvent pour une raison ou une autre dans leurs retranchements, à répondre par un passage à l’acte de ce genre. Cette misogynie ambiante est une composante parmi bien d’autres, certes, mais elle est là et nous la connaissons. Elle s’observe couramment, elle est normalisée malgré les problèmes qu’elle pose, elle est questionnable et il est normal de la soulever.

    J’ai l’impression qu’en Occident, plus spécialement, nous nous plaisons beaucoup à penser que nous sommes mieux que « les autres », que nous sommes plus « évolués », mieux éduqués, mieux armés contre les aléas de la vie, mais c’est faux. N’importe qui, d’autant plus s’il est encouragé par les mouvements de fond sociaux, est sujet à des dérapages et à poser des gestes violents tels que le meurtre. C’est pourquoi il faut dénoncer à la hauteur de nos capacités, se montrer lucide et informés par rapport au monde dans lequel on vit et ne pas rester passif.

    Pourquoi ce jeune homme et pas un autre, dans ce cas ? C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre, par manque d’informations sur la situation. Il faut tolérer de ne pas tout comprendre et ne pas tenter de combler le vide par des conclusions boiteuses sur les « capacités mentales » d’autrui et, de toute façon, probablement bien éloignées de la réalité de cet homme. Chaque cas comporte plusieurs facettes alors il ne sert strictement à rien de stigmatiser pour notre bon plaisir et d’y aller de son diagnostic.

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  28. On voit vraiment du sexisme partout! que 23% des homicides en france soient des femmes tués par leurs conjoints est un pur hasard statistique…

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    • Rassurez-moi : c’est de l’ironie ? (Nan, parce que, sur Internet, c’est parfois difficile de faire la différence entre du premier degré stupide et un énième degré supposé rigolo, surtout quand on parle d’un sujet aussi sensible.)

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    • Ha parce-qu’il faut qu’il y ai meurtre pour que ce soit digne d’intérêt maintenant ?
      Vous avez quelques notions concernant les agressions perpétrés sur les femmes ?
      96% des auteurs de viols sont des hommes. 91% des victimes sont des femmes.
      hasard statistique
      1 femme sur 10 a été ou sera violée au moins une fois dans sa vie.
      hasard statistique
      80% des viols sont commis par une connaissance de la victime, 1/3 ( 33%) par le conjoint.
      hasard statistique
      57% des viols sont envers des mineurs de 18 ans
      Et puis que vient faire cette histoire de conjoint ici de toute façon, alors qu’il s’agit d’une personne « victime » (n’excusant en rien ce massacre) au plus haut degré des injonctions viriarcales, et exerçant une vengeance absurde encouragée par les valeurs mortifères de notre société occidentale tellement modèle.

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  29. @ bobo si tu parles de moi oui c’est tres ironisue envers les noyeurs de poisson professionnels qui vont toujours parler des cas particuliers  » oui mais tu comprennnndsss »
    Pendant la campagne recente contre les violences faites aux femmes on a beaucoup parle d’une femme ruee tous les deux jours hors sur 30 millions de femmes finalement ca parait « petit » a la plus part des gens. Quand j’evoque le nombre d’homicides en france par an dans les 600 pour contredire la perception de meurtre a tous les coins de rues, la plupart des gens vont dire « ah bon mais pourquoi on parle tant de meurtre conjuguaux doit pas en y avoir tant qua ca alors » et la tu prends un grand plaisir desespere a dire qu’effectivement un quart des meurtres sont des femmes tues par leur conjoint, qu’il y a donc un gros probleme et que la vision du violeur de joggeuse irresponsable est tres tres loin dans les statistiques…et la tu prends plaisir a les voir perdre contenance au moins 2 minutes

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  30. mais oui vous avez raison…. j’ai été étonnée, quand j’ai vu cette vidéo postée sur facebook, sans commentaire., j’ai fouillé pour comprendre ce que c’était et trouvé tout comme vous une absence totale de critique, sur ce fait extrêmement grave, l’assassinat de ces jeunes femmes, par ce garçon empli de haine, de rage, envers les femmes…. mesdames et messieurs les journalistes, s’il vous plaît,, faites votre job !

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    • Le seul soucis, si l’on puis dire, pour tout ce déchaînement féministe… c’est que sur les 6 victimes, 4 ne sont pas des femmes. Mince, serait-il davantage misandre que misogyne, ce jeune homme ?!
      En réalité, sa haine il la crache à la face du monde entier, pas seulement envers les femmes (ce qu’il est facile de faire croire quand l’on ne prend le temps de traduire qu’une petite partie de son discours).
      Une mascarade féministe de plus. La violence n’est pas uniquement dirigée contre les femmes, les hommes en sont aussi victimes (spécialement dans cette affaire).
      Sachez vous tenir un peu…

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      • ouais, c’est sûr que ce que le tueur exprime n’a aucune espèce d’importance… le « Sachez vous tenir un peu » est vraiment d’une condescendance… incroyable. Un minimum de respect dans les échanges, serait franchement appréciable, surtout en considérant que la personne à laquelle vous vous adressez à pris la peine de produire un travail d’analyse qu’elle nous fait partager. Là, on part de loin…

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      • Ravale un peu d’égo et renseigne-toi donc sur les courants féminismes, tu verras que la plupart (sinon tous au fond) lutte aussi pour les hommes.
        Et le fait que les tueries de ce genre soient en grande majorité perpétrés par des hommes, ça ne fait pas tilt dans ton cerveau de grand « traducteur » de meurtrier sociopathe ?

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  31. @Lyly

    J’ai cherché mais je n’ai pas trouvé d’article ni de rapport qui faisait état de ces chiffres (sur les homicides), tu aurais un lien avec l’info ? Merci 🙂

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  32. http://www.planetoscope.com/Criminalite/1497-nombre-de-viols-en-france.html
    Ici sont regroupé pas mal de statistiques, mais les sources sont un peu floues, wikipedia source quelques sites un peu plus sérieux.
    Il est également possible de trouver quelques tableaux de statistiques issus des forces de l’ordre canadiennes, assez édifiantes aussi.
    @Lyly, j’étais passé à coté de l’ironie de ton post plus haut, d’où ma réponse, mais j’ai mieux compris comment le lire avec celui qui a suivit. (je vois encore tellement de mecs nier complètement toute violence faite aux femmes, ni le moindre caractère sexiste dans notre société, que je suis un peu partis au quart de tour, désolé u_u)

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  33. excellent article, et j’adore la phrase finale, juste pour te signaler une petite faute de frappe : « Les hommes ont peur que les femmes ne se moquent d’eux. Les femmes ont peut que les hommes ne les tuent.) »
    Les femmes ont peuR (et non « peuT).
    cordialement féministe.

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  34. Pour revenir sur le fait que les tueries de masse sont le fait d’hommes blancs hétéros, un article particulièrement intéressant chez Salon. En gros, ce sont des caprices de privilégiés qui ne sont pas satisfaits qui mènent à ces extrémités (on revient à l’aspect « j’ai droit ») alors que les minorités américaines ne sont pas dans la même posture.
    De plus, quand bien même la police serait prévenue à l’avance suite à la publication de menaces claires en ligne, le côté « propre sur lui et courtois » détourne les forces de l’ordre de poursuivre les investigations alors qu’elles ne le feraient probablement pas s’il s’agissait de noirs ou d’autres communautés.
    http://www.salon.com/2014/05/27/white_guy_killer_syndrome_elliot_rodgers_deadly_privileged_rage

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  35. J’ai beaucoup de mal à trouver une source sur le rapport hommes/femmes mais on est autour d’un rapport 70% d’hommes tués/ 30 % de femmes tuées. Donc 75% des femmes tuées en France le sont par leur conjoint. 75% et on culpabilise les femmes à ne pas sortir faire leur jogging alors que ce sont les hommes qui se font tuer dehors.

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  36. Qu’il soit autiste n’enlève rien à la motivation misogyne de son crime et à son inscription dans la domination masculine. Je n’ai pas lu tout les commentaires mais il me semble qu’une question n’a pas été soulevée: comment se fait il que la majorité des autistes soit des hommes..? Ces réflexions me rappelle d’ailleurs une citation de Beauvoir dans le deuxieme sexe: « l’homme a une sexualité autiste »

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  37. Pingback: [DTFIS] Critique de la vision du féminisme de Minute Papillon partie 2 | La Colonie Du Web

  38. Je suis sidérée par cette complaisance autour du « les pauvres garçons, c’est dur parfois… » comme si les filles ne connaissaient pas le rejet ! On plaint les « pauvres garçons qui n’ont pas de copine » mais personne ne parle des filles « qui n’ont pas de copain » parce que jugées trop « moches », « inbaisables » etc. On pense souvent : « elles n’ont qu’à s’arranger un peu », « elle pourrait faire un effort quand même… ». Elles existent elles aussi, et elles ne crient pas sur les toits « bouhou c’est trop injuste », et aux dernières nouvelles elles ne tuent personne.

    Concernant les jeunes hommes (geeks ou autres) qui se sentent rejetés, bien souvent ils rejettent eux aussi les filles qu »ils ne jugent pas assez bien physiquement. Le comble, c’est le type « quelconque » physiquement qui va draguer une nana uniquement parce qu’elle est « canon » et qui lui dit « Comment, tu ne veux pas de moi ? Tu es superficielle »… LOL
    Elliot Rodger semblait être dans cette optique : « je veux une nana, mais alors attention, une comme ci, comme ça », comme on achète une bagnole, « parce que j’y ai droit ».
    Je me permets de parler un peu d’une expérience personnelle en rapport avec le sujet : j’ai eu un petit ami « poire » qui raisonnait de la même façon : il avait perdu sa virginité à 26 ans, il se plaignait de ne pas assez intéresser les filles, mais il ne pensait qu’à lui ! Il ne cessait de répéter « je mérite ceci, je mérite cela », il était obsédé par l’idée de trouver une fille « à grosse poitrine ET mince » (genre bonnet F, car mon 85 C/D n’était pas suffisant) et il ne s’en cachait pas alors que nous étions ensemble (sympa pour moi…) Inutile de dire que ça n’a pas duré longtemps !

    Je pense vraiment qu’une grande partie (pas TOUS) des garçons qui se plaignent de « ne pas avoir de copine » on des exigences irréalistes. D’ailleurs leur vision de la femme idéale (canon et docile) me fait plus penser à une poupée sexuelle en silicone qu’à un être humain.

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  39. Cette analyse est bourrée de biais et de paradoxes. Prenons dans l’ordre : « C’est une manière de dépolitiser la domination patriarcale, d’en faire une question de psyché individuelle». Sans préambule et arbitrairement, l’auteur fait la prouesse d’attribuer un fait divers à la domination patriarcale : c’est fort. Et c’est DÉJÀ paradoxal, puisqu’il s’agit d’ôter la responsabilité du crime à l’assassin et de l’attribuer à la « société patriarcale », un terme éminemment flou : en l’occurrence le fait divers est américain : la « société patriarcale », serait-ce donc l’humanité toute entière ?
    Le reste du paragraphe n’a pas grand chose à voir avec le fait divers. Comment la société lui aurait inculqué son délire de « mâle alpha »? On ne sait pas trop… Il était abonné à des chaînes masculinistes ok, mais pour autant que je sache ce mouvement reste relativement minoritaire. Si un néo-nazi avait commit un meurtre antisémite, en aurait-on déduit que la société entière est néo-nazie ? J’en doute fort…
    L’évocation qui suit de « Poire » n’est pas moins paradoxale. Baser son analyse sur un stéréotype (oui, car Poire est un stéréotype au sens propre du terme, soit un archétype imaginaire de personne supposé décrire généralement une certaine personnalité.) lui-même créé sur un blog lui-même inspiré d’un…. mème, c’est fort douteux en terme d’analyse.
    « Vous en connaissez, des hommes comme ça». Un peu comme la blonde superficielle ou bien la carriériste castratrice vous voulez dire, à savoir des gens qui incarnent des stéréotypes ?
    Bref, niveau pertinence on repassera.

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  40. Et pour les réponses au commentaire de pouet, que j’approuve entièrement, on repassera aussi, visiblement.

    Je suis toujours étonné de voir l’influence des opinions des uns et des autres sur leur perception des crimes. Pour un (extrême)droitiste, par exemple, les crimes du 11 septembre ou de Mohammed Merah s’expliquent par la violence intrinsèque de l’Islam; les crimes commis par des jeunes de banlieue s’expliquent par la « culture de l’excuse », etc. En revanche, qu’un militant identitaire tue un « antifa », on va aller chercher minutieusement dans son histoire personnelle les causes du « dérapage ».

    En face, c’est l’inverse: les crimes de Merah s’expliquent par son profil, son histoire personnelle, etc; mais la mort de Clément Méric a été causée par « le fascisme ».

    Chacun, en somme, tend à humaniser les criminels qui lui sont le plus proche, et à politiser ceux qui lui sont le plus étranger. On cherche à comprendre les premiers, on récupère les seconds.

    Honnêtement, je ne connais pas grand monde qui ne tienne jamais de discours de haine catégorielle. J’en connais, mais c’est vraiment l’exception. Les riches, les banquiers, les patrons, les fonctionnaires, les hommes, les femmes, les étrangers, les blancs, les sionistes, les musulmans, les cathos, les polytechniciens, les gros, les maigres, les footeux, les intellos… Tout le monde a ses têtes de Turc. Fort heureusement, peu d’entre nous passent à l’acte.

    Le crime dont il est question dans cet article appartient, clairement, à la famille des meurtres à la chaîne. Les médias l’ont traité comme tel, et ils ont eu, pour le coup, raison. C’est en comparant ce type de crimes entre eux qu’on pourra les comprendre et, éventuellement, chercher à les prévenir.

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  41. « En revanche, personne n’est jamais devenu misogyne en raison de problèmes psychologiques. » La misogynie est un problème psychologique. Touchant la société toute entière, hélas…
    Et … : « Ce ne sont pas les troubles mentaux qui distinguent Rodger de Poire, c’est le passage à l’acte. » Un tel passage à l’acte relève à vrai dire vraisemblablement du trouble mental, dans une société comme la notre. Si la misogynie et le sexisme y sont généralisés et violents, c’est le fait d’une violence latente et/ou dissimulée, qui ne va pas jusqu’au meurtre de masse… Non que le harcèlement de rue soit quantité négligeable, certes. Mais perpétrer un massacre puis se suicider, c’est de la folie, point barre. De la folie misogyne, et c’est intolérable en effet que les médias sautent ce point comme si de rien; mais de la folie quand même. Après, je chipote, et j’ai vu que vous disiez « Je ne fais nulle part de distinction entre trouble mental et passage à l’acte, merci de relire l’article avant de faire ce genre de commentaire sympathique. » , mais la phrase de l’article est telle que je ne peux m’empêcher d’y réagir. A moins que le but ne soit d’y suggérer que Poire est aliéné de même que le tueur, à une intensité moindre, et même alors, je trouve cela mal emballé.
    Enfin, la conclusion reste la même : C’est la société qui est malade, il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre; le comment reste moins évident.

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