Arguments anti-féministes (5) « Mais les hommes aussi… »

Je reprends ma série sur les arguments anti-féministes là où je l’avais laissée, notamment parce qu’on m’a fait remarquer que sur mon tumblr « Conseils aux féministes » je ne donnais pas de clés pour répondre aux arguments présentés. Ce n’est pas le but du tumblr, mais cette série d’articles en propose quelques-unes.

Un argument très récurrent consiste à présenter les situations des femmes et des hommes comme symétriques. Quelques exemples (qui viennent avec un trigger warning pour l’évocation des violences conjugales, violences faites aux femmes, viol):

– Quand on parle de male gaze (soit le fait, pour les femmes, d’être soumises en permanence au regard hétéro masculin et jugées selon leur apparence): « mais les femmes aiment aussi regarder les hommes! »

– Quand on parle de jeux vidéo et de féminisation/sexualisation à outrance des personnages féminins: « Mais les personnages masculins aussi peuvent être sexualisés! » Aussi connu sous le nom de « point Nathan Drake ». Tout un article de Mar_Lard sur ce sujet: « Genre et Jeu vidéo (3) : Des muscles et des couilles ».

– Quand on parle de violences conjugales, qui sont dans leur grande majorité des violences commises par des hommes contre leur compagne: « Mais les hommes aussi sont victimes de violences conjugales! »

– Quand des féministes dénoncent la banalisation des violences envers les femmes à l’oeuvre dans certaines chansons d’Orelsan (« Sale pute » et « Saint-Valentin » notamment), la chanteuse Anaïs répond: « Personne ne m’a jamais reproché tout ce que l’on reproche à Orelsan lorsque j’ai fait ma chanson « Christina » ». Rappel: elle y évoque une femme trompée et chante « Je verrais bien une ablation / Sans tes couilles tu s’ras p’têtre moins con ». Et Virginie Despentes, de manière plus surprenante, commente: « Si tu viens au travail et que t’essaies d’attraper tes collaboratrices, là en effet il y a un rapport de genre. Alors que dans le texte d’Orelsan, il n’y a aucun rapport de genre, c’est vraiment amoureux. Moi la première, je peux être très casse-couilles quand je ne suis pas contente de ce qui m’arrive amoureusement. » Le fait qu’Orelsan soit un homme évoquant ses relations avec les femmes ne compterait donc pas.

– Quand on parle de harcèlement de rue: « Mais les hommes aussi ont peur d’être agressés dans la rue! » (Et puis d’ailleurs ce sont elles qui ont commencé.)

Je tiens à être très claire au sujet des types de violences que j’évoque ci-dessus: loin de moi l’idée de nier que des hommes puissent subir de telles violences. Il est important d’en parler, parce que le tabou lié au genre qui pèse sur ces violences reste prééminent. Surtout si l’auteur des violences est une femme, ce qui n’est évidemment pas toujours le cas. En ce qui concerne les violences au sein du couple, pour les couples gays ou lesbiens cela reste, à nouveau, méconnu voire tabou. Ce qu’on connaît le mieux (comme toujours…) ce sont les violences dans les couples hétéros, ou commises par des hommes sur des femmes (ces dernières étant hétéros ou non). Et dans cette configuration, dans leur écrasante majorité, les auteurs des violences sont des hommes, et les victimes sont des femmes. Je vous renvoie à cet article de Crêpe Georgette qui détaille et explique la répartition genrée de la violence conjugale. Rappel: en 2013, en France, 146 personnes sont mortes sous les coups de leur partenaire, dont 121 femmes et 25 hommes. Sur le site du ministère des droits des femmes (sic, ce ministère n’existe plus en tant que tel), vous trouverez tous les chiffres concernant les violences faites aux femmes.

Cette précision étant faite, je voudrais revenir à l’argument lui-même et à ce qu’il signifie. C’est ce que j’appelle l’argument de la symétrisation. Il consiste, comme je le disais d’emblée, à présenter les situations des hommes et des femmes dans la société comme symétriques, c’est-à-dire en fait à nier l’existence même du genre. J’entends ici par « genre » (c’est une définition habituelle dans le champ des sciences sociales) le système de distinction et de hiérarchisation de l’humanité en deux classes, « hommes » et « femmes ». Quand on parle de genre, il ne s’agit donc pas seulement de différences socialement construites entre les hommes et les femmes, mais aussi, toujours, de hiérarchisation entre ces deux groupes, qui conduit à la domination de l’un (les hommes) sur l’autre (les femmes).

Je ne vais pas reprendre ici tout l’argumentaire produit par les études de genre au cours des dernières décennies; ce qui m’intéresse c’est ceci: nous vivons dans une société où les situations des hommes et des femmes ne peuvent pas être présentées de façon symétrique. Anaïs chantant « Je verrais bien une ablation / Sans tes couilles tu s’ras p’têtre moins con », au-delà de la qualité artistique, ce n’est tout simplement pas comparable à Orelsan chantant « J’vais t’mettre en cloque (sale pute) / Et t’avorter à l’Opinel ». Je ne veux pas rentrer dans le débat sur la censure, seulement souligner qu’aucune production artistique n’est coupée de l’espace social, aucune n’est à part, dans les limbes de l’expression artistique; toute production artistique prend sa place dans un contexte social, et le problème ici est que la chanson d’Orelsan évoque une réalité bien présente, douloureuse et traumatisante pour beaucoup de femmes et mortelle pour certaines d’entre elles.

Si je reviens à la question du male gaze, celui-ci fait, de même, partie du système de domination patriarcale. Il n’existe tout simplement pas d' »équivalent » féminin, qui assujettirait les hommes, les transformerait en objets de contemplation perpétuellement disponibles pour la satisfaction du désir masculin hétérosexuel. Il existe de plus en plus d’images d’hommes sexualisés, notamment dans la publicité, comme une sorte de nivellement par le bas (« regardez, on fait la même chose avec les hommes, vous êtes contentes maintenant? » ben non…). Mais ces images ne s’inscrivent pas dans un système de domination des hommes par les femmes. On ne parle donc pas de la même chose. Et qu’on ne me fasse pas à nouveau le coup d’Adopte un mec: il en a déjà été question sur ce blog.

En outre, au sujet de la sexualisation supposée de certains personnages masculins de jeux vidéo, Mar_Lard explique très bien que ces représentations sont destinées à satisfaire l’ego des joueurs masculins, qui se projettent dans un personnage incarnant une masculinité à outrance. Elles ne visent pas en priorité à contenter les joueuses, qui, on le sait, ne sont pas exactement le public privilégié des jeux vidéo mettant en scène cette masculinité stéréotypée.

La question du male gaze est aussi présente dans le problème du harcèlement de rue, puisqu’il est question de ce regard permanent auquel les femmes sont soumises, qu’elles le veuillent ou non. Les agressions dans l’espace public recouvrent des réalités très diverses: elles peuvent être liées à l’identité de genre affichée (agressions hétérosexistes, agressions transphobes), à l’orientation sexuelle affichée (agressions homo/lesbo/biphobes, qui ont bondi en 2013), à la religion affichée (agressions de femmes voilées, là aussi en hausse, agressions antisémites), mais aussi à des vols, etc. Donc oui, évidemment, il y a aussi des hommes qui sont agressés dans la rue. Il y a des hommes qui sont harcelés ou agressés parce qu’ils dérogent aux normes hétérosexistes du genre (parce qu’ils sont homosexuels ou parce que sont des hommes trans, par exemple). Il faut le dire et le répéter parce que ces agressions relèvent, là aussi, du système du genre. Mais il faut aussi signaler que les femmes, cisgenre ou non, sont scrutées, jugées, harcelées, insultées, agressées en tant que femmes: c’est pour cela qu’on parle de harcèlement de rue, et d’une situation spécifique.

En conclusion: l’organisation sociale dans laquelle nous vivons, et plus spécifiquement le système du genre, produisent des situations particulières et non-interchangeables. Une variante de l’argument que je décris consiste à dire qu’il ne faut pas considérer les personnes comme « hommes » ou « femmes » mais comme individus, et que le féminisme opère donc des distinctions arbitraires et serait une forme de communautarisme (gros mot s’il en est en France, comme chacun·e le sait). Cela revient à suivre la logique étrange selon laquelle la distinction hommes/femmes serait produite par le discours féministe et ne lui préexisterait donc pas, et cela va donc à l’encontre de l’expérience de tout un chacun: dans une société où le genre classe les individus, la perception de la réalité est genrée, c’est un fait. Il faut être sacrément de mauvaise foi pour prétendre ne pas « voir » le genre, la couleur, etc. Je souscris à un féminisme qui conteste la répartition binaire de l’humanité selon le genre, il n’empêche que je m’inscris dans un monde gouverné par le genre, et que le genre gouverne à son tour mes expériences et mes perceptions.

AC Husson

27 réflexions sur “Arguments anti-féministes (5) « Mais les hommes aussi… »

  1. argument antiféministe repris un nombre incalculable de fois, avec lequel certains ont l’impression de dire quelque chose de très profond et brillant…🙂 et je trouve qu’il y a peu de distance entre cet argument et celui du « les femmes dominent aujourd’hui les hommes » donc finalement l’existence d’une prétendue domination inversée (parce que tu comprends, les violences faites aux hommes ne sont pas reconnues voire niées, tout ça…) et c’est d’ailleurs bien que tu en parles, ça permet d’invalider les deux arguments d’un coup (d’après mon expérience des échanges sur le net, ils sont souvent conjoints, ou viennent souvent l’un après l’autre dans le développement)

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  2. Je ne comprends pas : si les violences dont les hommes sont les victimes, ou des femmes de la part d’autres femmes, ne sont pas prises en compte dans les statistiques en raison de ce que vous nommez bizarrement un « tabou » (et que moi je nomme l’idéologie patriarcale et phallocratique), comment peut-on prétendre les comptabiliser ? Il est impossible de mettre des chiffres en regard : colonne de gauche violences contre les femmes, colonne de droite violence contre des hommes, puisque les chiffres des violences contre les hommes (et celui des violences que des femmes commettent contre d’autres femmes), on ne les a pas ! Comment sait-on combien d’hommes sont morts sous les coups de leur compagne, puisqu’en raison du « tabou », on ne les comptabilise pas ?

    N’y a-t-il pas ici dissymétrie, qui exonère de toute violence ou presque les femmes qui s’en rendent coupables ? (NB. Il se trouve aussi des gens pour expliquer que quand un homme meurt sous les coups, ou même s’il est simplement frappé ou battu, c’est de sa faute parce qu’il a fait peur à la femme qui le bat ou le tue. Mais c’est toujours la faute des victimes, c’est bien connu…)

    Cela étant, merci pour le lien discret (très discret : il faut cliquer sur le mot « tabou ») vers l’article de Rue89 à propos des viols commis par des femmes, j’ai vu aussi que la pédophilie féminine y était évoquée. Mais là encore, par pudeur peut-être, vous n’évoquez pas le fait qu’il puisse y avoir dissymétrie au sens que je viens d’évoquer. Et pourtant elle existe, flagrante : outre le déni massif de ce phénomène, il se trouve que la loi protège les violeuses – dès lors qu’elle ne reconnaît comme étant un viol qu’un acte de pénétration. Dommage que vous n’en parliez pas, parce que l’émancipation des femmes passe obligatoirement par là : combattre tous les viols, quelque soit le sexe des victimes.

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    • Vous répondez à côté et je ne vois pas où vous voulez en venir…

      Je dis que ces violences sont tabou et relèvent de l’ordre genré. Donc nous disons la même chose. Pour l’aspect tabou, ce n’est pas une manière « bizarre » de nommer les choses, si vous lisez l’article que j’ai mis en lien vous comprendrez ce que je veux dire.

      Sur la question des violences, je donne également plusieurs liens, dont celui de Crêpe Georgette qui détaille très clairement de quels crimes il s’agit et qui les commet.

      Le lien vers Rue89 n’est pas plus « discret » que les autres, il faudrait arrêter de projeter sur cet article des choses qui n’y sont pas. Il n’est pas question de « pudeur », ceci n’est pas un article sur les violences commises par les femmes mais un article sur un argument anti-féministe très courant. J’ai donné tous les détails nécessaires à la compréhension des exemples que je prends. Mon article porte sur un sujet, vous me reprochez de ne pas évoquer un autre sujet: la logique m’échappe.

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  3. hum. en me relisant, ça donne un peu l’impression que je réfute en partie ce que tu dis, mais en réalité, ce que je voulais dire plus précisément c’est: cet argument exprime en effet une absence des rapports hiérarchisés hommes/femmes, comme tu le dis. Et il me semble que dans certains cas, cette mise en évidence d’une absence de domination des hommes sur les femmes permet ensuite, dans le fil de l’argumentation, d’accréditer la thèse plus audacieuse selon laquelle, loin de ne pas exister, la domination aurait changé de visage, serait passé du côté des femmes. Donc c’était plutôt un développement de ce que tu dis, pour l’appliquer à un autre argument connexe. Enfin voilà🙂

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  4. Le truc, c’est que ces antiféministes ne se rendent pas compte que le tort qui est fait aux hommes est nié par les gens qui ont intériorisé les stéréotypes de genre, tandis que les féministes se battent contre ces stéréotypes, simplement en faisant remarquer qu’ils s’inscrivent dans une idéologie patriarcale… que le féminisme combat.

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  5. Bonjour,

    Cet article est salutaire, tant le procédé est très fréquemment repris, en particulier sur Internet. J’ai toutefois quelques questions sur une partie du texte que je n’ai pas comprise :

    « Il n’existe tout simplement pas d’ »équivalent » féminin, qui assujettirait les hommes, les transformerait en objets de contemplation perpétuellement disponibles pour la satisfaction du désir masculin hétérosexuel. Il existe de plus en plus d’images d’hommes sexualisés, notamment dans la publicité, comme une sorte de nivellement par le bas (« regardez, on fait la même chose avec les hommes, vous êtes contentes maintenant? » ben non…). Mais ces images ne s’inscrivent pas dans un système de domination des hommes par les femmes. On ne parle donc pas de la même chose.  »

    Comment faire comprendre que ça n’est pas la même chose à une personne hostile ? Les adversaires du féminisme rejettent l’idée qu’il existe une domination en premier lieu. Leur dire « ce n’est pas pareil puisque les images de femmes sexualisées s’accompagnent d’un environnement qui font d’elles des inférieures et des objets de violence masculine » risque donc de tomber à plat. Tu dis que l’on peut leur rétorquer que la sexualisation n’est pas identique. Quel exemple peut-on leur mettre en avant pour les confronter à la réalité ?

    Merci à ceux qui voudront bien me répondre, et encore bravo pour le blog dans son ensemble et cette série en particulier !

    @Grgrrn

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    • C’est en effet compliqué à démontrer si on ne partage pas les mêmes prémisses. Je prends l’exemple de la publicité. Une manière un peu différente de présenter les choses serait d’utiliser ceci: il s’agit d’inverser les « rôles » (ici, les postures) féminins / masculins dans des publicités pour montrer à quel point le genre est prévalent dans ces représentations et qu’on ne sexualise pas un corps de femme comme un corps d’homme – c’est déjà une première étape. Ces détournements sont frappants car ils montrent que des choses qui nous paraissent évidentes (ici, les postures des mannequins femmes, qui paraissent ridicules dès que ce sont des hommes qui s’y prêtent) ne le sont en fait pas du tout; mais nous voyons tellement d’images semblables que nous les acceptons comme normales. Quelques publicités utilisent délibérément le procédé de l’inversion, comme celle de Coca Light, mais elles jouent justement de l’inversion et de la rupture des codes: c’est l’exception et non la norme. On se souvient de ces quelques exemples parce qu’ils détonent, alors que les pubs qui sexualisent les femmes ne nous marquent pas forcément. (Je ne sais pas si c’est clair…)

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      • Très clair oui, je vois tout à fait « l’effet exception » dont tu parles et l’inversion des positions est tellement évident qu’il devrait suffire à faire apparaître le problème aux personnes de bonne foi.

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  6. « C’est en effet compliqué à démontrer si on ne partage pas les mêmes prémisses. »

    Certes! Et bien souvent, c’est ce qui se passe. Et c’est bien mon cas. Votre raisonnement se tient si on admet que la société, encore aujourd’hui, est organisée globalement suivant un schéma de domination unilatéral des femmes par les hommes. Or, derrière les arguments « symétrisants » que vous démontez (à juste titre), il y a souvent la critique implicite de ce schéma.

    Je ne dis pas ça pour engager le débat sur cette question, je doute qu’on se convainque mutuellement… juste pour dire que souvent, les arguments de ce type visent en fait à relativiser la notion de domination masculine comme facteur global d’explication des relations sociales. Du coup, vos contre-arguments, et notamment les lectures auxquelles vous renvoyez – fondées sur ce présupposé – ne font pas forcément mouche.

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    • C’est justement ce que je dis: cet argument vise à contester l’existence même du genre (qui instaure des rapports de domination). Encore faut-il pouvoir comprendre que c’est ça, le vrai problème dans cet argument. A ce moment-là on peut débattre sur le fond – mais je ne vais pas refaire tout l’argumentaire féministe ici…

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  7. « C’est justement ce que je dis: cet argument vise à contester l’existence même du genre (qui instaure des rapports de domination). »

    Là pour le coup je ne comprends pas: la notion de genre n’est pas nécessairement associée à celle de domination, si? On peut choisir de nommer « genre » la dimension socialement acquise de l’identité sexuelle, sans pour autant estimer que ces identités sont hiérarchisées? Une telle vision ne me paraîtrait en tout cas pas consensuelle au sein même des études de genre; me trompè-je?

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    • Oui.

      Il existe plusieurs définitions du genre. Celle que vous citez n’est pas couramment utilisée en sciences sociales mais elle existe et elle est très importante du point de vue politique; c’est ce qui fonde les politiques trans par exemple. J’ai donné la définition du genre que j’utilise dans l’article et il y a toute une page du blog qui y est consacrée.

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  8. Très clair et accessible, merci. J’ai même vu un petit lien vers un article de la série (arguments anti-féministes) sur ton tumblr, je suis comblé ;p

    Je profite de l’article et de son lien avec une vidéo que je voudrais partager :

    On me l’a pas mal « balancée » comme argument anti-féministe mais je la trouve tout à fait exploitable pour illustrer l’asymétrie induite par le patriarcat et les bénéfices qu’hommes et femmes auraient à rejoindre la lutte féministe afin de s’en débarrasser.

    Un avis là-dessus ? Un article peut être ?

    Bonne journée !

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  9. Bonjour ici

    La vidéo précédente m’inspire celle-ci

    DyE feat. Egyptian Lover – She’s Bad (Official Video) from Dent de Cuir on Vimeo.

    75% des revenus générés par internet concernent la pornographie. Les « clients » sont dans la même proportions des hommes. Nombreux sont ceux qui sont parvenus à se convaincre que ce sont les femmes qui en profitent ! Croqueuses d’hommes, manipulatrices, c’est toujours au même endroit que le bât blesse : les femmes tiennent les hommes par les couilles… et ainsi dominent-elles le monde.

    En suivant le liens vers « du muscle et des couilles », sur les jeux vidéos, j’ai été stupéfaite (non, pas tant que ça) par la VIOLENCE des réactions. Je ne suis pas capable d’en endurer la moitié, voilà pourquoi je me terre, me tais, rase les murs. Je salue votre courage, votre patience. Merci d’élever la voix pour celles que la violence à rendu muettes.

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  10. Hello,

    Tout d’abord, merci beaucoup pour tes articles, ils sont fabuleux et expriment tout ce que je n’arrive pas à expliciter clairement lorsque je tombe dans des débats de comptoir sur le rôle de la femme et de l’homme dans nos sociétés.

    Au niveau de l’hyper sexualisation des femmes dans les jeux vidéos, je voudrais juste souligner quelque chose, c’est que le stéréotype de l’homme proposé par les créateurs de jeu vidéo est aussi pesant pour eux que pour nous. J’explicite : le héro du jeu vidéo est en général très grand très musclé, le type même hyper baraqué – il y a souvent des traits virils qui se répètent dans beaucoup de jeux vidéos (je pense à GTA quand je dis ça mais il y en a d’autres du même type). Or ce stéréotype du mâle est pesant pour beaucoup d’hommes, il véhicule un idéal masculin (le même présent dans les magazines mode hommes) du même type que celui véhiculé par les magazines féminins qui se proposent de présenter comment la femme doit être. Ces stéréotypes genrés, ces affectations des rôles masculins et féminins sont aussi pesants pour les hommes que pour les femmes : tous les hommes n’ont pas un pénis super long et super large, toutes les femmes n’ont pas des putains de boobs énormes et une taille de guêpe.

    Or il faut vraiment souligner que le féminisme n’est pas censé (selon mon humble opinion) servir les intérêts de la femme : il est censé servir les intérêts des hommes ET des femmes, pour une cohésion sociale et une vie en société paisible. Le féminisme contemporain (et tout ce qui en découle, notamment les combats des stéréotypes genrés, les égalités salariales, etc.) est bénéfique A TOUS ! Et c’est ça qu’il faut rappeler dans nos combats quotidiens. La société patriarcale n’est pas une chose évidente ou facile, et ce même pour les hommes : avoir le poids du salaire à ramener au foyer à la mode des années 50 n’est pas forcément un privilège. Et je pense qu’il subsiste une certaine « symétrie » – attention, je module mon propos, je ne veux pas polémiquer – donc il existe une certaine symétrie dans certains cas de figure particuliers, et il ne faut pas les ignorer juste parce qu’ils semblent moins importants que les affronts réalisés aux femmes en comparaison (cf. jeux vidéos).

    Voila voila c’était mon humble avis, merci pour tes articles, bonne continuation.

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  11. Je commencerai par dire une belle lapalissade : Le feminisme est un humanisme. En tant qu’homme je ne me sens pas d’avoir une position masculine sur le sujet, il n’y a qu’un effort objectif qui doit être entrepris pour rapprocher tous les êtres humain sur un plan d’égalité. Ceci dit, je pense que l’homme que je suis, très actif dans mes discours, mes manières et mes choix dans le fait de vivre de manière moderne et équitable avec les personnes du sexe opposé, je me rends compte d’une chose : Là où (malgrès les faits tjs criants de comportements outranciés ou violant ou vaguement choquant), on peut noter une certaine prise de conscience, sur tout ou partie des fronts concernant les hommes (partage des tâches menagère, liberté de vote, de choix de vie professionnelle ou personnelle…), je trouve la plupart des femmes, mise à part celles qui se sont réellement posée des questions comme sur ce forum, nettement moins informées du rôle quelles ont à jouer dans leur libération. Autant la plupart des hommes sont informés (mais ne souscrivent pas forcément), autant les femmes ne remètent pas en question des principes comme la galanterie, le « il doit tout payer pour me séduire », le jeu de soumission/domination dans le couple (se retrouver poussé à ce jeu là à son insu est assez douloureux). Pour moi la responsabilité n’en vient pas aux penseurs, philosophes, mouvements féministes, bien bien à la communication de masse. On nottera nombre d’articles dans les médias traditionnels qui parlent de la progression ou du recul de la position de la femme dans la société, mais uniquement à travers le prisme de la domination masculine. Jamais une seule on ne parle des travers hérités que les femmes perpetuent et alimentent le cercle vicieux. Il y a un gros effort à faire dans ce sens selon moi. Combien de femmes complétement ignorante sur ce thème j’ai rencontré. A part deux copines intéressées par la question, aucune… Quand même les deux beaufs que je compte parmi mes potes, sont informés, (mais s’en carre le bourichon, certe)

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  12. Mouais. Pour m’être clashé encore ce WE avec des gars (et 1 nana) sur des thèmes féministes, je doute fort qu’ils soient sensibles à vos arguments.

    Tout simplement parce que, à moins d’avoir en face quelqu’un d’ouvert-e et de prêt-e à reconnaitre qu’il/elle puisse se tromper ou ignorer tel ou tel fait, ce qui est rare, les gens qu’on va avoir en face Savent, tout simplement. Qu’il n’y a pas de pression sur le corps des femmes, que le maquillage est une liberté, que leur droit de s’épiler est menacé (car les femmes qui se font belles sont de plus en plus agressées)… Certains des thèmes que vous abordez ont été évoqués, je me suis fait jeter.

    Du coup, excusez-moi, mais déjà qu’il n’y a pas de discussion possible sur ce genre de sujet, comment voulez-vous que les distinctions les plus subtiles que vous opérez puissent fonctionner?

    Je suis désolé, je suis sans doute un peu découragé, mais je ne vois malheureusement rien dans ce que vous développez qui puisse vraiment servir face à quelqu’un qui n’est pas déjà acquis-e aux thèses féministes.

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    • Ce que je fais personnellement, c’est isoler les personnes à qui je souhaite parler de féminisme, ça évite les détournements de débat, les railleries, la pression du groupe.

      Il ne faut pas partir avec l’idée que tu vas convaincre tout le monde, beaucoup n’arrivent pas à suivre un raisonnement logique (ou en fournir un). Tu vas souvent tomber sur des gros con aussi, il faut parfois savoir abandonner.

      Mais parfois aussi, tu as des personnes qui vont trouver que bon elle portait une jupe mais c’était un peu léger comme raison pour la violer, malgré la testostérone.

      Perso ce que je trouve important c’est d’être cool, ne pas entrer dans le jeu du clash (là c’est déjà perdu), exprimer ce qu’on a a dire et passer à autre chose. On ne peut pas changer de façon de penser comme ça en 5min, remettre tout en cause simplement parce que c’est logique. Et le message passe parfois.

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  13. Pingback: Arguments anti-féministes (5) "Mais...

  14. J’étais content d’avoir enfin trouvé un blog sur l’étude des genres, francophone, mais il semble que ce n’est encore qu’un n‑ième blog féministe, à en juger par ce billet, qui confond féminisme et antisexisme en faisant croire que l’antisexisme c’est le féminisme (il existe d’ailleurs un blog nommé antisexisme, qui n’est en fait qu’un blog féministe… bienvenues dans le monde de la novlang, au sens propre du mot).

    Même si je parle à un mur, juste de passage en coup de vent, dans les arguments antiféministes, rapidement, peuvent encore être ajouté : si les féministes n’ont rien à craindre de la violence féminine, pourquoi refusent‑elles qu’il puisse y avoir des statistiques sur ce sujet ou les masques quand il y en a; pourquoi elles ne se soucient pas de la circoncision rituelle sur les bébés; pourquoi elles ne soucient pas du plus grands nombre d’hommes que de femmes SDF et de leur sur‑représentation dans les morts dans la rue; pourquoi le plus grand nombre de suicides chez les hommes que chez les femmes ne leur semble pas être un sujet important; pourquoi on a jamais vu les féministes soutenir les mouvements contre le service militaire obligatoire (quand il existait encore); pourquoi on n’entend jamais les féministes se plaindre que les métiers les plus dangereux sont majoritairement occupés par des hommes; pourquoi elles refusent que soient faites des statistiques sur les fausses accusations de viols ou de pédophilies, notamment chez les enseignants (… et il en reste).

    Si l’auteur de ce billet veut répondre à tous les arguments démontrant l’hypochrisie féministe qui n’est pas un antisexisme, mais un sexisme, il reste encore du chemin… ce n’est pas avec du blabla qu’on peut masquer la réalité.

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  15. Je répondrai à tout cela, la domination n’est elle pas plutôt un système qu’un genre? (masculin).

    Je m’explique notamment sur le modèle de la séduction, tout homme qui n’entre pas dans ces critères (pouvoir, physique, argent, charisme) se retrouve au ban de l’amour, l’homme propose (offre), la femme dispose (demande). Et finalement la société de consommation a aliéné les sexes, il y’a une égalité par le bas, les femmes ont subi et subissent encore, et les hommes ne subissaient pas et maintenant subissent pour certaines choses.

    J’en concluerai donc, est-ce que le féminisme ne serait pas la clé pour libérer les hommes aussi de ce poids? J’en parle de ma petite expérience et d’un échec amoureux dans lequel mon physique et ma position sociale m’ont porté préjudice… (« inférieur argent professionnel à celle pour qui je m’étais attaché qui m’a rejeté) et l’expérience avec une femme féministe qui s’est bien passée, et m’a fait voir les choses autrement, avec elle j’étais moi, pas le modèle de l’homme ultra viril beaugosse et macho.

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  16. Pingback: Pardon maman, pardon les hommes, pardon mes sœurs ! | Caroline Huens

  17. Ce n’est pas en mettant sous silence les violences que subis un sexe qu’on fera ressortir autre chose que des frustrations. Il ne faut pas décrier les violences faites au femmes uniquement (même si elles sont majoritairement victimes de ce genre de violence précis) mais l’acte de violence lui-même. Parce quand on n’est victime, peu importe son sexe, on aimerait bien sortir de cette spirale.
    Donc je suis désolé, mais je trouve non avenu le fait de dénoncer uniquement une violence associée à un sexe. Par exemple si vous voulez partir de violences conjugales, un article remet les choses en perspective :
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/10/01016-20150610ARTFIG00442-hommes-femmes-et-enfants-tous-victimes-des-violences-conjugales.php
    Je suis d’accord que compte tenu de ces chiffres, il devrait y avoir des campagnes plus ciblées sur les femmes, mais pas uniquement, car n’importe qui peut en être victime (et je sais très bien de quoi je parle, pour avoir été victimes de violences physiques de la part d’une ex… Alors que je n’ai JAMAIS levé la main sur une femme… Trop peur de faire bien plus de mal que je ne voudrais! -pour info, je fais 1m92 et ai fait longtemps de la natation étant jeune, et quelques années d’arts martiaux…).

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  18. Pingback: Les Zoms | Pearltrees

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