Slogans (3) Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes?

Contexte

Je ne connais pas l’origine exacte de ce slogan (pour le moins génial, disons-le d’emblée). Selon cet article du Monde, il vient d’une question posée lors d’une conférence féministe organisée en octobre 1978 au Centre culturel étudiant de Belgrade, mais le livre 40 ans de slogans féministes le fait remonter à 1972, lors d’une manifestation en soutien à des ouvrières en grève. Il s’agit évidemment d’une parodie du célèbre appel qui conclut le Manifeste du parti communiste: « prolétaires de tous les pays, unissez-vous! ». D’autres slogans qu’on pouvait lire lors de cette manif de 1972: « Le steak d’un militant est aussi long à cuire que celui d’un bourgeois », « Je suis désolée, il n’est pas à la maison maintenant, il est à la manif pour les peuples opprimés ».

travailleurs de tous les pays

Explication

Il faut voir dans cette question provocatrice deux choses essentielles:
– le fait que les « prolétaires » sont, implicitement, des hommes. On voit là l’androcentrisme régnant généralement dans les luttes de gauche (cf. « Un homme sur deux est une femme »);
– il s’agit aussi de prendre à parti les hommes hétéros de gauche en leur mettant le nez dans leurs… chaussettes, afin qu’ils se rendent compte qu’eux-mêmes appartiennent à une classe de sexe (dans le vocabulaire matérialiste) jouissant de privilèges et exerçant une domination systématique.

De nombreuses féministes des années 70 militaient dans les partis de gauche et d’extrême-gauche et des syndicats, mais, souvent, elles ne s’y sentaient pas à leur place. La théorie marxiste, notamment, subordonne l’émancipation des femmes à la lutte des classes, et les rapports de genre ne sont pas questionnés hors des rapports de classe. Comme je l’expliquais dans le billet sur « Le privé est politique », les féministes prennent conscience 1) que le politique ne s’arrête pas aux portes du foyer et 2) que les hommes de gauche refusent généralement de reconnaître l’existence d’une relation systématique de domination des hommes sur les femmes. Ce slogan découle directement de cette prise de conscience fondamentale.

Conséquences

A partir des années 1960, la question du travail domestique se trouve au coeur des réflexions féministes (quel que soit le mouvement concerné). Certaines féministes militent pour sa revalorisation; d’autres, comme les féministes matérialistes, le considèrent comme un outil essentiel d’oppression des femmes. Jusque-là largement invisibles et méconnues, les tâches ménagères doivent bel et bien être considérées comme un travail; cela sous-entend, bien sûr, une redéfinition du concept même de « travail », et par conséquent, dans la perspective marxiste, de la catégorie des prolétaires. Des sociologues comme Christine Delphy ou Danièle Kergoat montrent aussi que certaines tâches, bien que réalisées dans la sphère privée, contribuent à l’activité productive: il s’agit des tâches réalisées par les femmes pour le compte de leur conjoint dans l’agriculture, le commerce, l’artisanat ou les professions libérales.

A partir du moment où on reconnaît l’existence d’un travail domestique gratuit et largement invisible, donc problématique, il faut questionner les raisons pour lesquelles ce travail est considéré comme normal, « naturel » même. Soin aux enfants, ménage, cuisine, jardinage…: autant de tâches qui peuvent être déléguées à des tiers, et qui sont, dans ce cas, rémunérées. Pourquoi considère-t-on donc que les femmes (généralement, mères, compagnes et épouses) doivent les réaliser gratuitement? Il est également possible dès lors de proposer des solutions, qui divergent énormément selon les courants féministes (salaire, socialisation de ce travail, émancipation des femmes par l’activité professionnelle…).

Rappelons qu’aujourd’hui encore, les femmes effectuent la majorité du travail domestique. En 2010, sur une journée, les femmes y consacrent 50% de temps de plus que les hommes. Il faut signaler que ces statistiques ne rendent pas compte des fortes inégalités existant entre les femmes, puisque certaines peuvent déléguer le travail domestique à des tiers rémunéré·es (généralement d’autres femmes).

Pour aller plus loin

Christine Delphy, « Le « travail ménager », son « partage inégal » et comment le combattre » (article en 3 parties sur Les Mots Sont Importants)

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35 réflexions sur “Slogans (3) Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes?

  1. « A partir du moment où on reconnaît l’existence d’un travail domestique gratuit et largement invisible, donc problématique »

    Qu’entendez-vous par « travail domestique gratuit » ? « Gratuit » signifie-t-il non rémunéré ?
    J’espère ne pas dire de bêtises, mais il me semble que dans la théorie économique marxiste, le salaire correspond au prix de la *force de travail* du/de la prolétaire, et non de son *travail*. C’est-à-dire que ce n’est pas le travail lui-même qui est rémunéré : c’est simplement que le/la patron/ne donne à l’employé-e de quoi se nourrir, se vêtir, se loger, etc.

    Du coup, ça n’a pas grand sens de parler de « travail gratuit » dans une perspective marxiste. Le travail de l’homme qui a un-e patron-ne est tout aussi « gratuit » que celui de sa femme qui réalise un travail domestique ; inversement, le salaire permet de reconstituer la force de travail ET de l’homme, ET de la femme.

    Bien sûr on n’est pas obligé-e d’être marxiste. Mais la façon dont vous présentez les choses laisse entendre que c’est en réponse à des théories marxistes que Delphy et Kergoat ont développé leurs propres théories, donc je trouvais ça bizarre.

    Après, ça n’empêche pas qu’on puisse quand même défendre l’idée d’un salaire pour le travail domestique, mais je ne suis pas sûr que ce soit pertinent de dénoncer les prétendues insuffisances de la notion marxiste de « prolétaire » pour le faire.

    Si des gens plus calés que moi en économie peuvent confirmer/infirmer, ou m’éclairer…

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    • « Si des gens plus calés que moi en économie peuvent confirmer/infirmer, ou m’éclairer… »

      Cher Gauvain tu as par exemple Christine Delphy qui explique point par point en partant de la théorie marxiste, pourquoi, les hommes exploitent le travail de leur femme sans le rémunérer et pourquoi il s’agit bien de travail gratuit… L’article en question de Christine Delphy est mentionné à la fin de celui de ce blog avec la mention « pour aller plus loin ».

      C’est pourtant facile, non parce que ta réflexion, ça donne vraiment l’impression d’un mansplaining éhonté 😉

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  2. Pingback: Slogans (3) Prolétaires de tous les pays...

  3. Titine : au temps pour moi, je n’avais pas fait attention au fait que l’article était reproduit (du coup je vais le lire). Par contre, je ne vois pas en quoi ce que je dis relève du « mansplaining ». Je ne vois pas comment un désaccord sur un point technique peut relever du « mansplaining ».

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    • « Explaining (something) in a condescending or self-righteous manner, especially as a man to a woman. »

      Dans l’article, deux scientifiques féministes sont citées, des femmes qui sont des spécialistes de la question, qui ont construit toute une pensé et une théorie autour du concept du travail gratuit des femmes.
      Tu arrives, avec une connaissance très très sommaire de la question (en fait inexistante, tu n’as jamais lu ces deux auteures) et tu poses comme première supposition qu’elles se sont trompées par méconnaissance de la théorie marxiste et qu’elles font donc une erreur dans les termes qu’elles utilisent.
      Puis tu en appelles à un VRAI expert (un homme?) en économie afin de confirmer ou infirmer ce que tu dis.

      Ne crois-tu pas que les deux scientifiques féministes citées sont des expertes et qu’avant de supposer qu’elles se sont trompées tu ferais mieux de les lire.

      Ce n’est pas un désaccord technique, c’est le présupposé d’une personne non informée (toi) d’une erreur qui serait le fait de deux expertes en la matière (en l’occurrence deux femmes).

      Je ne sais pas si les personnes citées avaient été des hommes, aurais-tu supposé, qu’ils avaient mal compris les termes qu’ils utilisaient et qu’ils faisaient une mauvaise interprétation des concepts sur lesquels ils travaillent ? Aurais-tu immédiatement posté pour rectifier leur erreur, puis fait appel à des personnes qui disposeraient de la connaissance pour préciser tes dires ?

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      • « Ne crois-tu pas que les deux scientifiques féministes citées sont des expertes et qu’avant de supposer qu’elles se sont trompées tu ferais mieux de les lire.  »

        En fait, non. Si l’auteure du blog décide de faire des articles de vulgarisation, c’est pour… vulgariser. Si on pose une question par rapport à ce qui est écrit dans l’article, une réponse du type « va lire les auteures concernées » n’a aucune chance de me satisfaire. C’est contradictoire avec le principe de la vulgarisation.

         » et tu poses comme première supposition qu’elles se sont trompées par méconnaissance de la théorie marxiste et qu’elles font donc une erreur dans les termes qu’elles utilisent. »

        Faux. J’ai expliqué pourquoi ce qu’elles disaient me paraissait contradictoire avec ce que je savais, ou croyais savoir, de la théorie marxiste. Il est possible que j’aie mal compris les bases de l’économie marxiste. Il est également possible que Delphy ait raconté n’importe quoi. Je n’en sais rien. Toutes les « expertes » et tous les « experts » ne sont pas forcément d’accord avec elle.

        « Puis tu en appelles à un VRAI expert (un homme?) »

        Oui, naturellement. Un homme blanc hétérosexuel cisgenre valide et non-musulman, même.

        « Je ne sais pas si les personnes citées avaient été des hommes, aurais-tu supposé, qu’ils avaient mal compris les termes qu’ils utilisaient et qu’ils faisaient une mauvaise interprétation des concepts sur lesquels ils travaillent ? Aurais-tu immédiatement posté pour rectifier leur erreur, puis fait appel à des personnes qui disposeraient de la connaissance pour préciser tes dires ? »

        Tu as l’air de supposer que la réponse à cette question est « non », mais c’est évidemment un procès d’intention que tu me fais. Comme quoi, l’usage de certains mots-clés, genre « mansplaining », est parfois bien commode pour court-circuiter la réflexion et lancer des anathèmes de manière parfaitement inopportune.

        Faudrait quand même songer à se calmer un peu, plutôt que de se lancer dans ce genre de procès d’intention plus ou moins paranoïaques…

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        • En ce qui me concerne, je suis tout à fait calme, mais toi par contre tu n’as pas l’air de savoir te remettre en question. Et je ne suis pas non plus paranoïaque, si je t’embête encore un peu tu vas me traiter d’hystérique non ?

          « En fait, non. Si l’auteure du blog décide de faire des articles de vulgarisation, c’est pour… vulgariser. Si on pose une question par rapport à ce qui est écrit dans l’article, une réponse du type « va lire les auteures concernées » n’a aucune chance de me satisfaire. C’est contradictoire avec le principe de la vulgarisation.  »

          Tu ne poses pas vraiment une question, tu affirmes avec une petite nuance qu’elles sont complètement à coté de la plaque alors que tu n’y connais rien. De plus, l’auteur ne vulgarise pas l’article de Delphy (qui n’a pas besoin d’être vulgarisé car il est tout à fait intelligible, tu le saurais si tu avais pris la peine de le lire) elle explicite et place dans son contexte un slogan féministe. Un développement plus complet de la réflexion est donné avec l’article référencé, qui est gratuit et disponible d’un simple clic.

          Donc en fait, tu critiques des auteurs que tu n’as jamais lu, en partant du principe qu’elles se trompent sur un concept central de leur réflexion que tu maîtrises mal ou peu, tu les reprends, et quand on te le fait remarquer, tu te trouves trop bien pour lire l’article cité en référence d’une de ces auteures ?

          Mais bon à part ça, je te fais un procès d’intention… Tu as raison, ne lis pas l’article, ce serait affreux, tu pourrais être confronté au fait douloureux que tu aurais mieux fait de te garder une petite réserve sur ce coup là.

          Moi aussi une fois j’ai critiqué Marx, de toute évidence le pauvre faisait un erreur sur la notion de classe sociale, enfin bref, quand je l’ai fait remarqué on m’a dit de lire Le Capital et d’en reparler éventuellement après. Alors là j’ai dit NON ! Courageusement, j’ai choisi de me murer dans mon ignorance, c’est vrai quoi, ces gens qui essayait de bâillonner ma formidable et fulgurante intelligence en m’obligeant à me renseigner sur le sujet avant d’exercer mon droit à corriger les stupidités de ce vieux ringard (Marx)… C’était tout de même un affront insupportable, je n’allais pas céder, et leur donné raison ! Je préfère continuer à raconter n’importe quoi, c’est plus drôle 😀

          Et tout ceux qui me critiqueraient ne sont que des aigris, agressifs et paranoïaques tchuss!!!

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        • « En ce qui me concerne, je suis tout à fait calme, mais toi par contre tu n’as pas l’air de savoir te remettre en question. »

          Je veux bien me remettre en question si on me montre que j’ai tort. J’attends toujours.

          « Et je ne suis pas non plus paranoïaque, si je t’embête encore un peu tu vas me traiter d’hystérique non ?  »

          Voilà exactement ce que je trouve « paranoïaque ». Tu anticipes une insulte que je n’ai jamais prononcée, parce que tu te construis un interlocuteur imaginaire. Comme auparavant tu avais anticipé/fantasmé une réaction de ma part (comme quoi je n’aurais pas critiqué Delphy si elle avait été un homme). C’est quand même intéressant que tu aies besoin de passer par des accusations fausses de sexisme caricatural pour débattre avec moi…

          « Tu ne poses pas vraiment une question, tu affirmes avec une petite nuance qu’elles sont complètement à coté de la plaque alors que tu n’y connais rien.  »

          C’est complètement faux, mais je me suis déjà expliqué là-dessus.

          « De plus, l’auteur ne vulgarise pas l’article de Delphy (qui n’a pas besoin d’être vulgarisé car il est tout à fait intelligible, tu le saurais si tu avais pris la peine de le lire) elle explicite et place dans son contexte un slogan féministe. Un développement plus complet de la réflexion est donné avec l’article référencé, qui est gratuit et disponible d’un simple clic.  »

          L’auteure s’appuie sur les travaux de Delphy, qu’elle résume en 5 lignes à destination de lecteur/trice-s non spécialistes. Tu peux tourner ça dans tous les sens, ça s’appelle de la vulgarisation.

          « Donc en fait, tu critiques des auteurs que tu n’as jamais lu, en partant du principe qu’elles se trompent sur un concept central de leur réflexion que tu maîtrises mal ou peu, tu les reprends, et quand on te le fait remarquer, tu te trouves trop bien pour lire l’article cité en référence d’une de ces auteures ?  »

          C’est pas que je me trouve trop bien, c’est que j’ai pas que ça à foutre. Sur l’idée que je « critique des auteurs », j’ai déjà explicité la portée exacte de ma critique, donc sur ce point, je vais te laisser à ta paranoïa 🙂

          « Moi aussi une fois j’ai critiqué Marx, de toute évidence le pauvre faisait un erreur sur la notion de classe sociale, enfin bref, quand je l’ai fait remarqué on m’a dit de lire Le Capital et d’en reparler éventuellement après. Alors là j’ai dit NON ! Courageusement, j’ai choisi de me murer dans mon ignorance, c’est vrai quoi, ces gens qui essayait de bâillonner ma formidable et fulgurante intelligence en m’obligeant à me renseigner sur le sujet avant d’exercer mon droit à corriger les stupidités de ce vieux ringard (Marx)… C’était tout de même un affront insupportable, je n’allais pas céder, et leur donné raison ! Je préfère continuer à raconter n’importe quoi, c’est plus drôle 😀 »

          Si quelqu’un a un problème avec la notion de classe sociale et que la seule réponse qu’il reçoit c’est « Va lire le Capital », j’espère que tu vois en quoi c’est un problème. J’espère que tu vois en quoi c’est non seulement contre-productif, mais assez malhonnête. Si cette personne est face à un-e marxiste compétent-e, ce-tte marxiste compétent-e devrait être capable de vulgariser la notion et de lui expliquer son erreur, s’il y en a une. Au mieux, l’objection de la personne en question servira à l’autre à affiner ou à préciser ce qu’il entend par classe. Bref, je crains que ton exemple aille beaucoup plus dans mon sens que dans le mien.

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        • « Si cette personne est face à un-e marxiste compétent-e, ce-tte marxiste compétent-e devrait être capable de vulgariser la notion et de lui expliquer son erreur, s’il y en a une »

          Bien sur, l’auteure de l’article à vocation à faire ton éducation, si tu refuses de lire un article dont elle parle, parce que tu boudes, c’est à elle de te réexpliquer parce que son explication n’était pas assez claire pour ton auguste personne.
          La compréhension est à ta portée, il te suffit de lire l’article avant de commenter sur les erreurs qu’il contiendrait selon toi.

          Tu as tort parce que :
          1. on évite de critiquer un article l’on a pas lu en disant que ça raconte n’importe quoi.
          2. lorsqu’on te fait remarquer qu’avant de critiquer un article il faudrait d’abord le lire il faut éviter de répondre que non on ne va pas le lire car c’est la faute des autres qui l’ont trop mal vulgarisé
          3. on ne traite pas les gens de paranoïaque quand ils te font remarquer ton incohérence et ta puérilité

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        • « Bien sur, l’auteure de l’article à vocation à faire ton éducation, si tu refuses de lire un article dont elle parle, parce que tu boudes, c’est à elle de te réexpliquer parce que son explication n’était pas assez claire pour ton auguste personne. »

          Ce n’est pas une question de « vocation ». Expliquer, c’est cohérent avec l’ambition de vulgarisation de l’article. Après, personne n’est obligé de rien du tout. Si personne ne me répond, c’est pas grave. Simplement, si le but de certaines personnes est de diffuser la pensée de Delphy, c’est dans leur intérêt de l’expliquer et de répondre aux questions.

          Pour le reste, je crois avoir déjà tout dit et répondu à tout. Fin de la discussion pour moi.

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  4. C’est « travailleurs » ou « prolétaires » dans le slogan ? Le texte dit prolétaires, l’image dit travailleurs.
    La cible n’est pas la même (les prolétaires, ce sont spécifiquement les plus exploités des travailleurs… d’où la question : pourquoi les attaquer eux ? les femmes qui ont imaginé ce slogan étaient-elles vraiment compagnes de prolétaires ?).

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      • En fait si on est sensible à des enjeux qui ne sont pas les vôtres, c’est qu’on « évite soigneusement de réfléchir » ? C’est une réaction intéressante.
        En attendant, c’est vous qui « évitez » de répondre à des questions purement factuelles… Sachant que concernant l’exploitation du travail des femmes, votre article ne dit rien de nouveau.

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        • Retournez donc sur les sites d’extrême gauche ou les prolétaires sont tous des hommes et où l’on s’intéresse uniquement à leur sort en tant qu’homme. Et postez des commentaires pour demander si l’on s’intéresse au sort des femmes prolétaires…
          Cela vous donnera peut-être une utilité.

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    • Pourquoi dis-tu que les « prolétaires » sont les plus exploités des travailleurs ? La définition analytique, de base, de « prolétaire », c’est : quelqu’un qui vend sa force de travail. ça n’implique rien quant au taux d’exploitation, ou quant au niveau de vie, etc.

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      • «  » »La définition analytique, de base, de « prolétaire », c’est : quelqu’un qui vend sa force de travail » » »

        Il me semble que si l’on part de cette définition, presque tout le monde aujourd’hui est prolétaire, y compris les PDG (salariés) de grands groupes. Du coup, la catégorie perd de son intérêt.
        Mais bon, manifestement le sujet est hors-sujet ici (cf. réponse de Tuxedo qui m’enjoint de « retourner » (sic) sur les « sites d’extrême-gauche où les prolétaires sont tous des hommes » (re-sic, pas de femmes d’extrême-gauche, c’est bien connu…)), je ne vais donc pas m’étendre.

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        • Oui oui va donc t’étendre ailleurs, personnellement, je suis une femme d’extrême gauche et chaque fois que je vais sur des sites d’extrême gauche et que j’ai le mauvais gout de nommer l’existence des femmes, on m’enjoint de me taire et de me concentrer sur les sujets qui comptent. Quand on ne me traite pas carrément de suppôt de l’extrême droite infiltrée faisant semblant d’être féministe pour déstabiliser les vaillants combattants de gauche (je fais ici explicitement référence au site « le grand soir », carrément sexiste si ce n’est misogyne). Alors, soit vous faîtes l’effort de vous intéresser au sujet de ce site, à savoir la condition féminine, soit effectivement, je vous conseille de retourner d’où vous venez…

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  5. Cet article c’est du n’importe quoi!
    le travail domestique est « gratuit » mais dans le passé il protégeait d’une chose: le risque de mort sur le lieu de travail. Aujourd’hui encore 95% des morts au travail sont des hommes.
    Lorsqu’un homme travaillait à la mine 80 heures par semaine il ne lavait pas ses chaussettes mais risquait sa vie!
    Les marins qui risquaient leur vie étaient des hommes.
    Pourquoi les femmes étaient au foyer?
    Car elles devaient s’occuper des enfants et les allaiter (et seule une femme peut le faire!).
    Lorsque les métiers étaient encore très pénibles, elles ne pouvaient pas travailler autant qu’un homme lorsqu’elles étaient enceintes. Aujourd’hui 80% de l’économie c’est des services donc beaucoup moins contraignant.
    il fallait avoir beaucoup d’enfants car à l’époque il n’y avait pas de retraite et il y avait une forte mortalité infantile. Aujourd’hui c’est différent : il y a énormément moins de mortalité infantile une femme peut tirer son lait et l’homme donner le biberon.

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    • – « le travail domestique est « gratuit » mais dans le passé il protégeait d’une chose: le risque de mort sur le lieu de travail. » Donc pour vous, les femmes ont été assignées à la sphère privée et aux tâches ménagères pour les « protéger » du « risque de mort sur le lieu de travail »? C’est pour cela aussi qu’on leur a si longtemps interdit d’être médecins, notaires, avocates, enseignantes, docteures (et je n’évoque que les métiers bourgeois, mais je pourrais évoquer tous les métiers de l’artisanat par exemple)? Christine Delphy parle de l’exploitation du travail des femmes qui « aident » leurs époux agriculteurs ou médecins: pour les protéger aussi sans doute?
      – L’assignation des femmes au foyer, au travail domestique et à l’éducation des enfants s’est appuyée sur l’idée d’un destin biologique, et c’est exactement le même raisonnement que vous utilisez: les femmes portent les enfants et les allaitent DONC elles doivent rester au foyer toute leur vie DONC elles doivent en prime s’occuper de tout le travail ménager, de leur mari, des personnes âgées… Je ne vais pas refaire ici l’argumentaire, déjà ancien, de Simone de Beauvoir sur cette idée de « destin naturel », mais comme je suis une incorrigible optimiste je vous propose de la lecture: https://cafaitgenre.org/2013/06/05/dans-ma-bibliotheque-simone-de-beauvoir-le-deuxieme-sexe/
      – « Aujourd’hui 80% de l’économie c’est des services donc beaucoup moins contraignant » oublions allègrement les femmes ouvrières, qui, vous semblez l’ignorer, existent depuis la révolution industrielle. Passons. C’est vrai que desmi-temps imposés et une précarisation organisée, un écart de salaire important et persistant, et une double journée puisqu’en revenant il faut encore laver les chaussettes de Monsieur, faire le ménage et s’occuper des enfants, c’est la panacée. Pas « contraignant » pour un sou. De quoi se plaignent-elles, franchement?
      – Quant au lien entre le travail domestique, la mortalité infantile et la capacité à tirer son lait, là, je reste pantoise.

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      • Je pense qu’il faut reprendre depuis le début.
        -Dans le passé l’essentiel du travail était physique. Les femmes en étant enceinte ne pouvaient pas travailler comme un homme. Une fois qu’elles accouchaient elles devaient rester s’occuper de l’enfant pour l’allaiter et le nourrir. Seule la femme peut le faire. Pendant ce temps là l’homme doit nourrir sa famille donc partir à l’extérieur. Vous allez me dire « oui mais une fois que l’enfant grandit et qu’il n’y a pas besoin de l’allaiter elle peut travailler à l’extérieur et l’homme être au foyer ! »
        Oui mais elle aura vite un autre enfant. Pourquoi ? A cause de la mortalité infantile. Au moyen-âge sur 6 enfants 2 atteignaient l’âge adulte. Donc pour perpétuer l’espèce il fallait avoir beaucoup d’enfants. De plus il fallait des enfants pour qu’ils s’occupent de leurs parents une fois qu’ils seront vieux. L’homme lui sera habitué à être à l’extérieur. C’est à lui de risquer sa vie pour sa famille lorsque sa femme est enceinte elle est plus faible il doit la protéger car même une femme forte est plus fragile lorsqu’elle est enceinte de 8 mois.
        -En ce qui concerne les métiers peu dangereux : les hommes devaient travailler pour nourrir leur famille donc être à l’extérieur. Donc ils se sont accaparé les métiers prestigieux. Après puisque l’immense majorité des morts au travail étaient des hommes l’immense majorité des métiers « intéressants » ont été pris par des hommes. : les femmes risquent beaucoup moins leur vie mais n’ont pas de postes intéressants. Les hommes ont les métiers prestigieux mais doivent mourir pour leur famille. Sinon, s’il y avait eu la parité dans les métiers prestigieux mais pas dans les métiers dangereux l’on aurait eu une domination féminine. D’ailleurs comme les féministes réclament la parité partout sauf dans les métiers les plus pénibles l’on va y arriver en Suède par exemple il y a la parité dans les instances dirigeantes
        http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Parite-en-politique-le-modele-suedois-_NG_-2012-05-17-807552
        Mais les accidents du travail et les morts au travail restent du ressort des hommes majoritairement

        -Lorsque je parlais des tires laits : prenons un exemple : une femme vient d’accoucher, elle veut allaiter son bébé car elle pense que le lait maternel est meilleur que le biberon mais elle veut continuer à travailler. Aujourd’hui, elle le peut, elle tire son lait et son mari peut rester à la maison et « allaiter » le bébé. Mais dans le passé ça n’était pas possible !
        Comme la mortalité infantile a chuté, pour que enfants atteignent l’âge adulte il n’y a plus besoin d’en faire 6. Donc une femme sera beaucoup plus disponible pour sa carrière.
        -Sur les femmes ouvrières : elles ont existé mais étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes. Aujourd’hui encore elles ne représentent que 25% des ouvrier-ère-s. Notons au passage qu’en représentant 25 % de cette catégorie les hommes représentent 95% des morts au travail……
        -Sur la double journée : elle n’existe pas. La somme du temps domestique et du travail est (presque) la même pour les hommes et les femmes (7h28 pour les hommes et 7h34 pour les femmes).
        http://insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FHPARIT12g_D3tachesd.pdf (page 4/15). Car si une femme travaille à mi temps elle n’effectue pas une double journée.
        « Pas « contraignant » pour un sou. » Le travail des femmes a toujours été contraignant mais en tout cas moins mortel même s’il existe des femmes qui meurent au travail elles sont moins nombreuses…..

        Prenons les chiffres : chaque année 550 personnes meurent au travail (dont 35 femmes).
        En 1970, il y en avait 2000 par an ! Donc la parité à l’époque ça aurait fait 1000 femmes par an.
        Donc non je n’y crois pas à une oppression systémique des hommes sur les femmes. Les femmes subissent des inégalités je suis d’accord. Mais ne faut il pas oublier que les femmes sont responsables de 15% des délits ; 10% des crimes et représentent 3% de la population carcérale….
        Lorsqu’un père tue ses enfants il est déclaré irresponsable dans 10% des cas et une mère dans 50% des cas…..
        Sur les violences dans le couple un institut a fait une enquête interrogeant les hommes et les femmes en posant les mêmes questions que l’enquête ENVEFF de 1999 a obtenu ce résultat :
        http://www.bva.fr/data/sondage/sondage_fiche/513/fichier_violencescouple050619_de865.pdf

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        • sympa, merci pour le PDF de l’Insee, je l’aurais sous la main quand je voudrais citer que les français de 15 à 60 ans (ni retraités ni étudiants) font 4H01 de travail domestique par jour pour les femmes contre 2H13 pour les hommes (en incluant le jardinage et le bricolage).

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  6. Merci pour cet article, très intéressant, tout comme le reste du site.

    « Lorsqu’un homme travaillait à la mine 80 heures par semaine »
    C’est marrant ce que vous dites, Adrien, ça me fait penser à un livre où des femmes et des hommes travaillaient dans une mine dans des conditions très dures. Germinal, je crois, d’un certain Zola.

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    • Des femmes travaillaient dans les mines mais beaucoup moins que les hommes.
      Les métiers les plus dangereux ont toujours été occupé par des hommes et c’est toujours le cas aujourd’hui. Après être au foyer était à la fois de la sécurité mais gratuit. Donc chaque rôle avait des avantages et inconvénients mais la vision manichéenne de domination masculine s’inspirant des féministes radicales américaines (comme Andréa Dworkin, Valérie Solanas Catherine Mc Kinnon) n’est ni plus ni moins qu’un discours haineux qui n’a rien à envier au Femitheist….
      Parce que si les hommes ont opprimé les femmes, pourquoi les femmes ont-elles laissé faire?
      Les féministes disent « à cause du patriarcat » mais pourquoi n’ont-elles pas empêcher en amont l’installation du patriarcat?

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      • C’est comme les noirs, ou les natifs américains, pourquoi se sont-ils laissés exploités et exterminés ?
        C’est forcément qu’ils en tiraient des avantages.

        Waouh Brillant comme raisonnement !

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      • C’est bien connu Adrien, la culture du viol, tout le monde s’en arrange, les femmes hommes et aussi enfants qui découvrent la sexualité de façon amusante! Tout compte fait, elle a ses avantages et ses inconvénients et chacun prend ce qu’il a besoin. Donc nous lui sommes redevables. #sarcasme

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      • « …la vision manichéenne de domination masculine s’inspirant des féministes radicales américaines (comme Andréa Dworkin, Valérie Solanas Catherine Mc Kinnon) n’est ni plus ni moins qu’un discours haineux qui n’a rien à envier au Femitheist…. »
        Si il marche comme un MRA et parle comme un MRA, c’est sans doute pas un canard.

        Désolé, c’est pas constructif, mais quand on lit ce genre de salades, pffff….

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  7. c’est vrai, adrien. c’est comme ces salauds d’esclaves qui n’ont rien fait que se laisser gentiment emmener et asservir, par exemple. Du coup les gentils occidentaux se sont retrouvés fort marris à devoir s’en servir, c’est ballot.

    C’est bien connu que pour refuser un système qui vous opprime il suffit de dire « heu ça m’arrange pas en fait ». Et du coup celui qui vous opprime change d’avis par magie, c’est facile. Donc si on vous opprime quand même c’est que vous l’avez voulu ou que vous l’avez « laissé faire », c’est certain. On ne va quand même pas accuser les oppresseurs d’être responsables de leurs actes quand tout repose sur les victimes voyons ! Les nombreux exemples dans l’histoire et dans le monde entier vous donnent tellement raison, ça fiche la larme à l’oeil…

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  8. « Mais ne faut il pas oublier que les femmes sont responsables de 15% des délits ; 10% des crimes et représentent 3% de la population carcérale…. »

    Ce qui fait donc 85% de délits causés par des hommes, ainsi que 90% des crimes, et 97% de la population carcérale représentée par des homes.

    Plus globalement, notons une certaine tendance à confondre impunément corrélation et causalité. Amusant, Adrien, amusant. Merci d’avoir égayé ma soirée.

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  9. Donc Adrien si je vous suit bien, encore que je ne souhaite vous suivre nulle part, la double journée n’existe pas, les inégalités salariales s’expliquent par l’histoire et par la biologie, les violences masculines n’existent pas non plus… Et vous dites « Donc non je n’y crois pas à une oppression systémique des hommes sur les femmes ». Fort bien. Moi non plus je n’y crois pas. Car il ne s’agit pas de croyance, mais de faits. Pas ceux relayés par les masculinistes, non non, mais ceux dont témoignent les statistiques et surtout le vécus de millions de femmes que vous venez tranquillement nier ici. Il est probable que vous ne changerez pas d’avis et que nous perdons notre temps. Votre seul but probablement est que, devant vos propos aveugles et révoltant, nous en venions à perdre patience est user de l’insulte. Alors vous pourrez vous poser en victime des féministes mysandres… L’indifférence étant le plus grand des mépris je voulais surtout dire cela : bravo et merci à l’auteure pour la qualité de son blog, la pertinence de ses propos et tout mon soutien aux féministes dans leurs luttent !!!

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  10. Tuxedo, je te réponds là parce que je ne peux pas faire directement « répondre » à ton message.

    Franchement, je t’invite à relire mon premier message. Voilà toutes les modalisations qu’il contient :
    « J’espère ne pas dire de bêtises »
    « il me semble que  »
     » je trouvais ça bizarre. » (pas « c’est bizarre »)
     » je ne suis pas sûr que »

    Suivi d’un appel modeste à des explications supplémentaires :
    « Si des gens plus calés que moi en économie peuvent confirmer/infirmer, ou m’éclairer… »

    Et tout ça en 25 petites lignes.

    Donc je suis désolé, mais tu avoir du mal à faire croire à des gens de bonne foi que mon message affirme que Delphy est à côté de la plaque, ou que je la critique dogmatiquement sans rien savoir, etc. Je pense que tu es aveuglée par la mauvaise foi.

    Ensuite :

    « Et je ne suis pas non plus paranoïaque, si je t’embête encore un peu tu vas me traiter d’hystérique non ?  »

    Voilà exactement ce que je trouve paranoïaque. Voilà exactement un procès d’intention. Je n’ai rien dit, et tu m’attribues par avance une insulte que je n’ai jamais songé à proférer, et qui te permet simplement de te construire un adversaire sur mesure. Comme auparavant tu supposais, sans aucun élément en ce sens, que l’expert que je sollicitais à la fin de mon 1er message était nécessairement un homme, et comme tu supposais que je n’aurais pas réagi pareil si la théorie que je mettais en question avait été produite par un homme. C’est gratuit, c’est du délire pur. Je conçois que ce soit commode de caricaturer ton interlocuteur en sexiste de base, mais ce n’est pas très honnête intellectuellement.

    « Donc en fait, tu critiques des auteurs que tu n’as jamais lu, en partant du principe qu’elles se trompent sur un concept central de leur réflexion que tu maîtrises mal ou peu, tu les reprends, et quand on te le fait remarquer, tu te trouves trop bien pour lire l’article cité en référence d’une de ces auteures ?  »

    C’est pas que je me trouve trop bien (tiens, encore un fantasme qui te permet de construire un adversaire sur-mesure), c’est que j’ai pas que ça à foutre. Et puis rien ne me permettait de penser que l’article répondrait à ma question précise. C’était à tous égards plus logique de poser la question que de lire l’article. Et résumer en 5 lignes les théories de Delphy pour un lectorat non spécialiste, tu peux tourner ça dans le sens que tu veux, ça s’appelle de la vulgarisation.

    « Moi aussi une fois j’ai critiqué Marx, de toute évidence le pauvre faisait un erreur sur la notion de classe sociale, enfin bref, quand je l’ai fait remarqué on m’a dit de lire Le Capital et d’en reparler éventuellement après. Alors là j’ai dit NON ! Courageusement, j’ai choisi de me murer dans mon ignorance, c’est vrai quoi, ces gens qui essayait de bâillonner ma formidable et fulgurante intelligence en m’obligeant à me renseigner sur le sujet avant d’exercer mon droit à corriger les stupidités de ce vieux ringard (Marx)… C’était tout de même un affront insupportable, je n’allais pas céder, et leur donné raison ! Je préfère continuer à raconter n’importe quoi, c’est plus drôle 😀 »

    L’ironie est ratée, parce que l’exemple va dans mon sens. Si quelqu’un a un problème avec la notion de classe sociale, la PIRE des choses à faire, c’est évidemment de lui dire : « Va lire Le Capital ! ». C’est contre-productif, méprisant et malhonnête. Si on est un-e marxiste compétent-e, on doit pouvoir lui répondre précisément, et faire une objection à son objection. Ton exemple abonde dans mon sens, en fait.

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