Le féminisme en 7 slogans et citations (Le Lombard, 10€)

couvJe l’avais annoncé il y a quelques mois, nous y travaillions depuis deux ans: mon premier livre vient de sortir aux éditions du Lombard, dans la collection La petite bédéthèque des savoirs. C’est le résultat de ma collaboration avec Thomas Mathieu, qui a réalisé l’énorme travail de transformer mes textes en bande dessinée, et je dois dire que j’en suis extrêmement fière 🙂

La BD est désormais en vente dans toutes les bonnes librairies, et vous pouvez la commander sur le site du Lombard ou sur leslibraires.fr.

Elle a déjà été chroniquée sur Libération et sur Les Nouvelles News, et Le Monde a choisi d’en faire un de ses « grands formats » (plusieurs chapitres y restent en accès libre). Pour l’anecdote, même Christine Boutin y a appris quelque chose, c’est dire.

Le projet

Je m’étais rendu compte qu’il n’existait pas vraiment de livre simple et accessible à tou·tes sur le féminisme qui puisse être utilisé comme outil pédagogique. J’avais donc commencé à travailler de mon côté sur un projet nourri par le travail fait sur ce blog, avec l’idée de viser en priorité un public qui ne connaîtrait rien ou pas grand-chose du féminisme. A peu près à la même époque, Thomas Mathieu, qui venait de publier Les Crocodiles et m’avait demandé d’écrire une postface, m’a parlé d’un projet de collection aux éditions du Lombard. L’idée était de créer une sorte de collection « Que sais-je » en bandes dessinées, qui allierait des chercheur·es en sciences humaines et sociales et des dessinateurs/trices. Il devait s’agir de livres courts et accessibles à un public très large (à partir de 14 ans). Je lui ai parlé de mon propre projet, qui reposait sur une série de billets que j’étais en train de publier sur mon blog, où j’expliquais des slogans féministes phares. L’idée a plu au Lombard, et c’est de là qu’est née notre collaboration.

Le principe du livre

Aborder un sujet aussi vaste que le(s) féminisme(s) dans un format aussi court relevait évidemment du défi. Mon domaine de recherche étant la linguistique, il m’a paru à la fois évident et fructueux de partir des discours des féministes. Or rien de tel que des citations phares et des slogans (qui condensent dans des formes frappantes des idées fondamentale) pour servir à la fois de points d’entrée dans les discours des féministes et de points de départ pour expliquer ce qu’on peut entendre par « féminisme ». C’est pourquoi le livre est divisé en sept chapitres, qui correspondent à autant de slogans ou citations. Cette approche m’a aussi permis d’aborder un certain nombre de figures du féminisme, de notions-clés et d’évènements fondateurs. A la fin de chaque chapitre se trouvent un gros plan sur un sujet liés au thème du chapitre en question: une chronologie de l’obtention du droit de vote pour les femmes dans le monde, une autre retraçant l’histoire de l’avortement en Belgique, des portraits…

Des difficultés et des limites

J’ai l’habitude d’écrire des textes relativement longs, fouillés, avec des références, des liens extérieurs, des ouvertures sur d’autres sujets… Impossible, évidemment, d’écrire le texte d’une bande dessinée comme j’écris pour ce blog ou (encore moins!) dans le cadre de mes recherches. Non seulement le nombre de pages était limité, mais pour exploiter réellement le potentiel de la bande dessinée, il était nécessaire de ne pas écrire de textes trop denses ni trop longs. Je tiens une nouvelle fois à saluer le travail effectué par Thomas, qui a eu la lourde tâche de rendre mes textes BD-friendly… Il y a toujours pas mal de texte pour une bande dessinée, mais je trouve que Thomas a réussi à créer un bel équilibre entre le texte et le dessin, de sorte que l’un se trouve au service de l’autre — mais bon, je le reconnais, je ne suis pas très objective.

Autre difficulté majeure: il était essentiel que mon travail soit aussi rigoureux et couvre autant d’aspects du féminisme que possible, tout en restant dans le cadre dont je viens de parler. Cette introduction au(x) féminisme(s) se fait donc forcément à grands traits. Elle couvre, je l’espère, pas mal d’époques, de notions et d’idées, mais elle ne peut évidemment pas parler de tout. J’ai essayé de montrer la variété des sujets abordés par les féministes et des façons d’être féministe. Mais, comme je l’explique dans l’introduction, il faut bien garder à l’esprit qu’il existe aussi toute une variété de féminismeS. Si vous êtes un tant soi peu familier·es du sujet, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il existe beaucoup de points de divergence au sein du mouvement (<– euphémisme de l’année). Il est donc essentiel de ne pas réduire « le féminisme » à une seule voix ou une seule pensée. Pour autant, se concentrer sur les divergences pour ce genre de livre me paraissait tout aussi contre-productif. J’espère donc qu’en refermant le livre, il sera clair pour tout le monde que l’idée apparemment simple d’une « cause des femmes » recouvre un domaine vaste, divers et complexe. J’espère  surtout que ce livre donnera à ses lectrices et lecteurs l’envie d’en savoir davantage — et plus si affinités.

 

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Dans ma bibliothèque – Désirée et Alain Frappier, Le choix (2015)

le choix

Cette bande dessinée vient de paraître aux éditions La Ville brûle (qui ont notamment publié J’ai avorté et je vais bien, merci), à l’occasion des 40 ans de la loi Veil. Vous en trouverez ici quelques planches.

Désirée Frappier est journaliste et écrivaine, Alain Frappier peintre, graphiste et illustrateur. La BD aborde la question de l’avortement et de cet événement historique que fut la loi Veil à travers l’histoire personnelle de Désirée. Je cite la 4ème de couverture, signée Annie Ernaux (dont le roman L’événement est évoqué dans l’ouvrage):

Désirée et Alain Frappier nous font revivre les années 1970 à 2014 sous l’angle – excusez du peu, il s’agit de la moitié de la population – de la conquête du droit des femmes à choisir de procréer ou non. Ils le font à leur manière sensible, mêlant le personnel et le social, l’intime et le politique pour nous rappeler comment c’était « avant », avant la loi Veil, pour montrer combien cette liberté, gagnée dans le combat le plus important du XXe siècle, reste menacée par des nostalgiques d’une société patriarcale. Le Choix, travail de mémoire et de vigilance, est aussi un manifeste pour une vie libre et heureuse.

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