Trigger warnings

**Trigger warning**: je parle notamment de viol et de violences au sein du couple; je fais simplement mention d’autres formes de violences.

Je range ce billet dans la catégorie « concepts féministes » même s’il ne s’agit pas vraiment d’un concept; on peut cependant rapprocher ce terme d’autres termes dans cette catégorie, eux aussi empruntés à l’anglais, comme slutshaming, mansplaining ou male gaze. Pourquoi empruntés à l’anglais? Parce que les féministes anglophones, nord-américaines en particulier, sont très actives sur internet, très créatives aussi, et qu’elles ne cessent d’augmenter le stock de mots disponibles pour rendre compte d’expériences d’oppression et/ou de discrimination.

« Trigger warning » est donc, je le disais, un peu différent. Il s’agit d’une pratique inventée en ligne (mais qui ne s’y limite pas forcément), dans les années 90 – début des années 2000, sur des forums et des blogs féministes. Depuis, la pratique s’est répandue au-delà de la blogosphère féministe; on trouve par exemple la formule « trigger warning » employée en tête d’articles sur des sites d’information en anglais.

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Empathie médiatique et violences contre les femmes

En ce moment se déroule le procès de Marcel Guillot, accusé d’avoir battu à mort et abandonné dans un ruisseau attenant à sa maison une amie, Nicole El Dib. Pour les médias, la particularité de ce procès est qu’il concerne « le plus vieil accusé de France »: il a 93 ans. Mais c’est justement le traitement médiatique et l’empathie pour l’accusé qui ont attiré mon attention.

Comme me l’a fait remarquer @MelleArmelle sur Twitter, Le Télégramme fait particulièrement fort en reprenant en titre le sobriquet « Papy Marcel », avancé par l’avocat de Marcel Guillot: « C’est un homme sans histoire, serviable, jamais violent, qu’on appelle communément Papy Marcel ». La stratégie de la défense semble claire: provoquer de la compassion à l’égard de ce très vieil homme qui, comme il le dit, avait un « béguin » pour la victime et avait été « éconduit » par elle. Deux motifs de compassion, donc: son âge et son statut d’amoureux déçu.

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